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ISBN : 2351782011
Éditeur : Gallmeister (25/04/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :


Tous les jours, Mary est tout près de son époux, à l’hôpital. Tous les jours depuis trois ans, après son retour d’Irak. Eden est inconscient, et ses blessures ne guériront pas. Personne ne sait plus comment l’appeler, sauf elle : c’est son mari, et il est toujours en vie. Leur fille, qu’Eden n’a pas eu le temps de connaître, grandit dans cet hôpital où Mary attend avec patience et détermination un changement. Un jour, en son absence, Eden semble trou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
BillDOE
  04 avril 2019
Il y a trois ans, dans la vallée d'hamrin, leur humvee a sauté sur une mine. Tous les commandos marines sont morts sauf lui, Eden, dont le corps git aujourd'hui sur ce lit d'hôpital, dans le secteur des grands brûlés. Des cents kilos qu'il pesait à l'époque, il n'en reste que trente à force d'amputations. Sa femme Mary et sa fille Andy, trois ans, le veillent, jusqu'à ce jour où il manifeste subitement le besoin de communiquer alors qu'on le donnait pour mourant. Une seule question se pose : quelle décision prendre alors qu'il n'a plus de vie mais qu'il n'est pas mort ?
Eliot Ackerman a été l'un de ces marines pendant huit ans. Il a connu l'Irak et l'Afghanistan. le récit qu'il nous fait est époustouflant, bouleversant de vérité et pose de façon adroite la question de la gestion de la fin d'une vie, les soins palliatifs et l'euthanasie. La construction de son histoire est remarquable.
C'est un livre qu'il faut absolument lire car il sort complètement des sentiers battus, un livre unique qui ne peut pas laisser indifférent.
Belle traduction de Jacques Mailhos.
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JIEMDE
  07 avril 2019
Dans sa chambre de l'hôpital des grand brûlés de San Antonio, Eden s'éteint. Seul survivant de l'explosion d'une mine au passage de son véhicule en Afghanistan, son corps n'est plus que l'ombre du Marine qu'il a été. Sans la vue ni la parole, relié au monde par les sondes de ses moniteurs et les tuyaux de ses perfusions, il ne lui reste que sa conscience, ou son âme, c'est selon.
Son monde, c'est Mary sa femme et Andy sa fille qui le veillent ; et aussi son ami et compagnon d'arme décédé dans l'explosion dont la présence plane au-dessus de son lit. Les vivants contre les morts… La lumière contre les blattes… Quelques jours où tout peut basculer entre ces deux états. Ou il faut agir, décider, trancher… Mais Eden, lui, a besoin de communiquer malgré tout :
« Il avait besoin d'être entendu, et dans ce désespoir, il sentait une liberté qu'il n'avait pas connue depuis la mine, la liberté d'un but. Mon Dieu faites qu'ils comprennent que je suis là faites qu'ils comprennent que je veux que ça cesse faites qu'ils comprennent faites qu'ils comprennent je vous en supplie mon Dieu ».
En attendant Eden de Elliot Ackerman – avec Jacques Mailhos à la traduction toute en sensibilité – est un court roman sur le lien qui unit les êtres à la vie, sur le lien qui unit deux êtres entre eux, sur la force de l'amour confrontée à la mort, sur la loyauté entre les êtres. Un roman où transpire l'humanité, l'élégance et la profondeur…
Un roman d'amour, quoi !
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alexb27
  03 juin 2019
Dans son corps, il n'y a plus qu'un coeur qui bat...Eden est revenu d'Irak gravement brûlé par une mine qui a sauté au passage de son véhicule. Son corps n'est plus qu'une grande plaie. Sa femme, parfois sa fille ainsi que le corps médical, le veillent depuis 3 ans dans l'attente d'une réaction de sa part...Un très beau et émouvant roman qui retrace la (courte) vie de ce militaire éprouvé par la guerre, ses relations avec sa femme et son meilleur ami. C'est un récit qui questionne aussi sur l'acharnement thérapeutique et la fin de vie. Au final, un texte dur et terriblement efficace, qui pose réflexion.
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mumuboc
  15 juin 2019
"Je veux que vous compreniez Mary et ce que Mary a fait. Mais j'ignore si vous y parviendrez. Vous devez vous demander si au bout du compte, dans des circonstances similaires, vous feriez le même choix qu'elle, Dieu vous garde. (…) Depuis lors, je continue à traîner dans les parages, je suis seulement de l'autre côté, je vois tout et j'attends.(p9)"
Celui qui s'adresse à nous n'est plus, lui n'est pas revenu, lui l'ami, le compagnon d'armes. Lui il n'a pas choisi : il était avec Eden dans le Humvee quand celui-ci roula sur une mine dans la vallée du Hamrin, en Irak. Il se dit chanceux car Eden, lui, est tout juste survivant.
Eden a fait deux guerres et celle qu'il mène désormais c'est la dernière, l'ultime. Mais enfermé dans un corps souffrant qui n'a plus rien d'un corps mais n'est qu'un amas de chair carbonisée, il n'a pas les armes pour se battre, il dépend des machines et des autres. Il ne lui reste que des sensations et la mémoire, parfois, quelques moments de lucidité. Il attend depuis trois ans de rejoindre ceux qui ne sont jamais revenus et de délivrer Mary de ce poids, elle qui passe ses journées au pied de son lit avec sa fille, Andy, une fille inconnue car jamais vue, il n'a pas le choix des armes et doit s'en remettre aux autres.
Son ami lui le sait le combat qu'il mène, il le veille de là où il est, il l'attend. Il se fait narrateur des souffrances d'Eden, de ses obsessions, détenteur d'un secret qu'il partage avec Eden et Mary, enfermé dans un silence éternel, il l'attend dans le pays blanc qu'Eden le rejoigne.
Mais est-ce vivre que d'être depuis trois ans dans un service de Grands Brûlés, ne peser que 31 kgs, d'être en vie uniquement parce que votre coeur bat mais dans un corps qui n'est qu'une carapace de cuir brûlé à fleur de douleur, que tout votre organisme est à bout, qu'il lance des alertes de mort imminente mais qu'il tient, encore, toujours ?
Chacun possède sa prison : elle peut être physique ou morale et les trois personnages le savent. Ils attendent tous les trois mais l'attente n'est pas la même pour chacun. Ils portent chacun le poids d'une vérité sur leur lien. le corps peut être une prison mais il y a aussi la conscience qui demande à s'alléger. Pouvoir se délivrer des poids qui pèsent, pouvoir accepter les preuves d'amour voilà leur dernier combat.
C'est un court et puissant roman sur l'enfermement que peut représenter un corps, sur la décision impossible à prendre, sur l'amour et l'amitié. C'est un roman sur les vies bouleversées quand la guerre n'a pas tout détruit, tant qu'il reste un mince souffle mais que ce souffle ne demande qu'à cesser. Comment arriver à se délivrer de cette enveloppe qui n'est plus que douleur, horreur, peur ? Comment faire comprendre à ceux qui vous aiment, que vous aimez qu'il est temps, que ce n'est pas vous, ce n'est plus vous, qu'en les délivrant vous les délivrez aussi.
Tous les trois partagent un passé, il y aurait tant à dire, chacun leur tour ils vont s'y plonger afin d'exorciser ce qui les ronge, remonter les souvenirs, les silences, les non-dits.
Et puis il y a Gabe, l'infirmier, qui pourrait et voudrait aider, qui est à l'écoute d'Eden, de Mary, qui peut soulager et aider à franchir le dernier pas, qui n'attend qu'un geste, un mot, un signe. Mais pour cela il faut choisir le bon moment, pas le plus facile, accepter de laisser partir, accepter que l'autre que l'on a aimé soit délivré de son corps et de soi.
J'ai lu ce roman en apnée, suspendue aux délires d'Eden, à ces visions, à cette volonté impuissante d'en finir, qui construit et imagine une forme d'expression pour qu'on l'entende. J'ai lu ce roman en soutenant Mary dans son désir d'être là, près de l'homme qu'elle aime, de lui faire connaître son enfant qu'il n'a jamais vu, en attendant le moment où elle aura la force de répondre à sa demande, de le délivrer.
J'ai lu ce roman en comprenant que tout n'était pas clair entre eux, qu'au fil des confessions de chacun se dessinait un secret les unissant à jamais : un lien d'amour. Chacun est dans l'attente des mots des autres, de ce qui n'a pas été dit.
Avec une écriture sans détour, franche et directe, un style quasi militaire parfois mais empreint malgré tout d'humanité, Elliot Ackerman évoque les blessures des corps et de l'âme, celles de l'amour et de l'amitié, des silences et des aveux. Parce qu'il est des instants où les mots sont inutiles, où les silences prennent toute la place, où un regard et une écoute suffit.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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frueka
  06 juillet 2019
3,4/5,4/2,4/1,5/4,2/5,1 "Ce petit morceau de chair qu'elle touchait abritait un combat bien plus grand qu'elle n'en avait dans son corps tout entier. Sous son doigt, il y avait la survie, il y avait ce qu'un corps pouvait et devait être lorsqu'on le saccageait jusqu'à l'extrême limite."
Saccagé jusqu'à l'extrême limite, Eden l'est bel et bien. Végétant depuis 3 ans dans un centre pour grands brûlés à San Antonio, l'ancien Marine est devenu l'homme le plus grièvement blessé de l'histoire de la guerre après que son Humvee a sauté sur une mine en Irak, tuant tous les occupants mais le laissant, lui, tout juste survivant. 31 kg. C'est tout ce qu'il reste de ce colosse de 100 kg. de cet homme, mari et jeune père, il ne subsiste qu'un amas de chair entièrement brûlé, un corps amputé en dessous du torse et un cerveau irrémédiablement endommagé. Eden n'est plus qu'une présence immobile et silencieuse clouée à jamais dans un lit.
Elliot Ackerman signe avec En attendant Eden un court roman (mais ô combien intense et poignant) à la construction remarquable et au style maîtrisé, une histoire de vie bouleversante, de celles qui nouent la gorge et marquent durablement.
Sans aucun pathos mais avec beaucoup d'humanité, l'auteur évoque la guerre et ses conséquences dévastatrices autant sur les victimes que sur leur entourage et incite à la réflexion en soulevant les questions si douloureuses de la fin de vie, de l'acharnement thérapeutique et de l'euthanasie.
Grâce à un narrateur omniscient, un fantôme qui traine dans les parages en attendant qu'Eden passe de l'autre côté, il dit l'amitié et le grand amour. Mais il dit aussi et surtout la terrible souffrance liée à une lente et douloureuse agonie. Les délires d'un cerveau abîmé, d'un corps en souffrance et la volonté d'en finir enfin. Il dit l'ambivalence des sentiments d'une épouse aimante. Sa loyauté et sa culpabilité. Énorme. Il dit l'attente. Terrible. L'attente et toutes ces vies en suspension. La délivrance qui n'arrive pas.
En attendant Eden. Un roman fort et douloureux, lu en quasi apnée.
Une très belle découverte.
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critiques presse (1)
LeMonde   12 juillet 2019
Elliot Ackerman déconstruit les idées préconçues sur la fidélité et l’engagement. Sa langue, épurée et authentique, sonne juste lorsqu’il interroge les dilemmes insoutenables liés à la fin de vie. Un roman viscéral, intense et maîtrisé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   06 avril 2019
Et le peu de lui qui était encore là, eh bien, il était difficile de dire que c'était lui. Il avait un esprit, c'est sûr, mais cet esprit était désormais comme un puzzle dont on aurait encore coupé les pièces. Des pièces dans les pièces.
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rkhettaouirkhettaoui   11 avril 2019
Ce petit morceau de chair qu’elle touchait abritait un combat bien plus grand qu’elle n’en avait dans son corps tout entier. Sous son doigt, il y avait la survie, il y avait ce qu’un corps pouvait et devait être lorsqu’on le saccageait jusqu’à l’extrême limite. C’était de l’humain pénétrant par la souffrance dans les fondations de ce qui viendrait ensuite, quoi que ce fût ; c’était un amphibien qui devenait terrien ; c’était le premier primate à se dresser debout. C’était cette forme d’adaptation grotesque et incroyablement pure: la vie.
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rkhettaouirkhettaoui   11 avril 2019
Il avait un esprit, c’est sûr, mais cet esprit était désormais comme un puzzle dont on aurait encore coupé les pièces. Des pièces dans les pièces.
Il avait oublié beaucoup de choses. Ou peut-être que les vieilles choses étaient seulement devenues moins importantes. Il ne se souvenait par exemple plus du nom de la vallée où tout avait eu lieu, le Hamrin, mais il reconnaissait l’odeur du pin brûlé et la douleur des gerçures sanglantes que l’air sec des montagnes ouvrait dans ses narines et sur ses lèvres. Il ne se rappelait pas avoir été caporal dans le 1er bataillon du 6e régiment de Marines, mais il se rappelait ce que cela faisait d’être loin de chez soi, d’avoir envie de tuer et d’avoir peur de la mort. Il se rappelait qu’il avait eu des amis qui ressentaient la même chose.
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mumubocmumuboc   15 juin 2019
Je veux que vous compreniez Mary et ce que Mary a fait. Mais j’ignore si vous y parviendrez. Vous devez vous demander si au bout du compte, dans des circonstances similaires, vous feriez le même choix qu’elle, Dieu vous garde. (…) Depuis lors, je continue à traîner dans les parages, je suis seulement de l’autre côté, je vois tout et j’attends.(p9)
Commenter  J’apprécie          10
JIEMDEJIEMDE   07 avril 2019
Peut-être que le corps était mieux à même de décider que la médecine.
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