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EAN : 9782351782019
Éditeur : Gallmeister (25/04/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Tous les jours, Mary est auprès de son époux, à l’hôpital. Tous les jours depuis trois ans, après son retour d’Irak. Eden est inconscient, et ses blessures ne guériront pas. Personne ne sait plus comment l’appeler, sauf elle : c’est son mari, et il est toujours en vie. Leur fille, qu’Eden n’a pas eu le temps de connaître, grandit dans cet hôpital où Mary attend avec patience et détermination un changement. Un jour, en son absence, Eden semble trouver un moyen de reprendre contact avec le monde extérieur. Dès lors, c’est Mary seule qui aura la responsabilité d’interpréter ces signaux et de prendre des décisions, ramenée tout d’un coup face à certaines vérités troublantes sur leur mariage.

D’une profonde humanité, "En attendant Eden" est une méditation perçante sur la loyauté et la trahison, la peur et l’amour.
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  08 février 2020
J'ai été très remuée par ce roman.
Touchée par l'intelligence (et l'expérience personnelle) avec laquelle Elliot Ackerman parvient à décrire les traces physiques et morales, laissées, de tout temps, par la guerre sur ceux qui la font (ici la guerre d'Afghanistan puis d'Irak).
Émue par la lente mais irrémédiable désagrégation de leur construction psychique, source d'incompréhension et d'éloignement de leurs proches, bien incapables de faire le poids face à l'ampleur des douleurs et traumatismes qui lézardent leurs relations.
Admirative face l'acharnement à vivre de Mary, alors qu'Eden, son mari autrefois solide et fort comme un roc, a, dès avant se sauter sur une mine en Irak, déjà renoncé à fonder une famille, incapable de se projeter dans l'avenir au retour d'Afghanistan.
Acharnée, tout comme Mary qui a délaissé sa fille et s'est épuisée à maintenir Eden en vie, alors que Gabe, l'infirmier, n'attendait qu'un signe d'elle pour mettre un terme aux souffrances de son mari.
Mais surtout, épouvantée par les souffrances et les délires d'Eden, enfermé dans un corps qui n'en n'est plus un, et qui implore par les maigres moyens dont il dispose la mort libératrice qui ne vient pas assez vite le délivrer.
Avoir choisi un narrateur qui « observe les situations d'en haut », et pour cause, puisqu'il est le compagnon de guerre décédé d'Eden, permet à l'auteur de nous amener d'un endroit à un autre, d'une conscience à une autre, pour nous en faire partager les pensées et les secrets.
C'est très réussi.
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BillDOE
  04 avril 2019
Il y a trois ans, dans la vallée d'hamrin, leur humvee a sauté sur une mine. Tous les commandos marines sont morts sauf lui, Eden, dont le corps git aujourd'hui sur ce lit d'hôpital, dans le secteur des grands brûlés. Des cents kilos qu'il pesait à l'époque, il n'en reste que trente à force d'amputations. Sa femme Mary et sa fille Andy, trois ans, le veillent, jusqu'à ce jour où il manifeste subitement le besoin de communiquer alors qu'on le donnait pour mourant. Une seule question se pose : quelle décision prendre alors qu'il n'a plus de vie mais qu'il n'est pas mort ?
Eliot Ackerman a été l'un de ces marines pendant huit ans. Il a connu l'Irak et l'Afghanistan. le récit qu'il nous fait est époustouflant, bouleversant de vérité et pose de façon adroite la question de la gestion de la fin d'une vie, les soins palliatifs et l'euthanasie. La construction de son histoire est remarquable.
C'est un livre qu'il faut absolument lire car il sort complètement des sentiers battus, un livre unique qui ne peut pas laisser indifférent.
Belle traduction de Jacques Mailhos.
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Crossroads
  17 mars 2021
La guerre, c'est moche, ça tue.
Puis parfois, c'est pire.
Quand Harry rencontre Sally, c'est bien.
Quand Eden rencontre une mine, ça craint.
Eden qu'il s'appelle, le gars, vous imaginez pire antagonisme pour un mec revenu d'Irak, désormais appelé à végéter sur son lit d'hôpital en attendant la mort.
Longue, l'attente.
Douloureuse, forcément.
Intolérable pour Mary, sa femme.
Inéluctable pour son pote, narrateur magnifique parti en éclaireur lui baliser le trajet du voyage sans retour.
C'est beau, c'est tendre, c'est triste, c'est la vie, puis ça ne l'est plus.
C'est l'histoire d'un gars qui avait tout pour être heureux sauf le facteur chance dans le trigone de Neptune.
Elliot Ackerman possède un pédigrée des plus impressionnants.
Vétéran du Corps des Marines.
Ancien membre des Forces Spéciales, ça vous légitime un cv.
La guerre, il connait, il a pratiqué, a eu la chance d'en revenir indemne, tout du moins physiquement.
En attendant Eden est juste bouleversant d'humanité alors qu'Eden n'a, finalement, plus rien d'humain au niveau du visu optique oculaire.
Dans sa prison de chair carbonisée, il est soumis aux affres de douleur d'un corps qu'il ne maîtrise plus, porté par le soutien inconditionnel d'une femme amoureuse comme au premier jour.
La plume, d'une intensité folle, se veut à la fois originale sur le plan narratif et d'une cruauté sans bornes pour ces trois accidentés de la vie.
Si l'Eden ressemble à ça, merci d'annuler ma réservation premium.
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marina53
  31 août 2020
Voilà trois ans qu'Eden est alité dans le centre des grands brûlés de San Antonio. Depuis que son Humvee roula sur une mine, dans la vallée du Hamrim. Seuls survivants parmi ses compagnons d'armes. de ses cent kilos, aujourd'hui, il n'en pèse plus que 30, à force d'amputations. Absent, inconscient mais toujours là. Trois ans que sa femme, Mary, le veille. Parfois accompagnée de sa fille, Andy, que le jeune homme n'a pas eu le temps de connaître. Trois ans qu'elle attend un signe, un changement, aussi infime soit-il...
Son ami, lui aussi dans le Humvee, se dit chanceux car Eden, lui, est tout juste survivant. de là-haut, il garde un oeil sur son compagnon. Et l'attend, patiemment. Spectateur de ses souffrances...
Elliot Ackerman, Vétéran du Corps des Marines ayant effectué plusieurs missions en Afghanistan et en Irak, signe un roman bouleversant et poignant. Considéré comme le plus grand blessé des deux guerres réunies, Eden gît sur son lit d'hôpital. Même si tout le monde s'accorde à dire qu'il ne guérira jamais, Mary, sa femme, veille sur lui, refusant de le laisser partir. le narrateur, qui n'est autre que l'ami d'Eden, nous dévoile, de là où il est, les pensées et les sentiments de ce dernier et de Mary mais aussi, par bribes, leur passé, leur amour et leurs secrets. Si ce récit aborde avec intensité et sensibilité la guerre et ses traumatismes, l'amour et la loyauté dans un couple, il donne aussi à réfléchir sur la fin de vie. Les personnages, empreints d'humanité, sont d'une force incroyable. Original de par sa narration puissante, ce roman, à la plume épurée, se révèle d'une justesse rare.
Intense et viscéral...
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Annette55
  12 février 2020
Voici un grand roman d'amour court , unique, profond, à la beauté intense si douloureuse....
L'histoire d'un homme Eden, au corps devenu une masse de chair souffrante qui se désagrégeait après un passage de leur Humvee sur une mine en Irak, alité, suffoquant, enfermé dans un corps qui ne lui appartient plus, se débattant pour respirer dans un centre dédié aux grands brûlés de San Antonio ...
Éden est inconscient , ses blessures ne guériront pas.
Mais son esprit n'a pas disparu. ...
J'ai été incroyablement touchée par l'effacement inexorable , lent, irréversible du corps de ces soldats abîmés par la guerre d'Afghanistan puis d'Irak.
Fascinée , par la force de Mary, son épouse, qui attend patiemment un changement.
Elle tente , malgré cette masse de chair gémissante qui n'était plus un époux, de reprendre contact et d'interpréter les signaux ...
Mary laisse sa fille chez sa mère pour se consacrer à Éden qui n'est plus Eden.
Ce qui ajoute un surplus d'émotion au texte c'est le narrateur que choisit l'auteur, : un ami cher , compagnon de guerre en Irak, lui même décédé ...
Blessures , bouleversements, mots choisis accompagnent ce texte où loyauté , trahison , amour, regrets et acceptation , souffrances , ressentiments, donnent le ton, une espèce de méditation perçante, profonde, vraie.
Elliot Ackerman interroge sur les dilemmes insurmontables liés à la fin de vie, développe ce lien d'amour , de loyauté et de vie avec profondeur , élégance et humanité ...
Un roman fort , maitrisé, subtil, sur l'amour, l'attente, la repentance, la culpabilité et la perte .
Une réflexion de qualité magistrale !
Difficile de le critiquer , il faut le lire .....
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   12 août 2019
Il a beau ne pas être très épais, ce roman se penche sur la fin de vie avec une étonnante profondeur.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   12 juillet 2019
Elliot Ackerman déconstruit les idées préconçues sur la fidélité et l’engagement. Sa langue, épurée et authentique, sonne juste lorsqu’il interroge les dilemmes insoutenables liés à la fin de vie. Un roman viscéral, intense et maîtrisé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   07 février 2020
Je veux que vous compreniez Mary et ce que Mary a fait. Mais j'ignore si vous y parviendrez. Vous devez vous demander si au bout du compte, dans des circonstances similaires, vous feriez le même choix qu'elle, Dieu vous garde.
A l'époque où je les rencontrai, elle et Eden, les temps étaient meilleurs. Ils essayaient alors de fonder une famille.
Et des mois plus tard, cette nuit-là dans la vallée de Hamrin, j’étais assis à côté d’Eden et j’eus plus de chance que lui lorsque notre Humvee roula sur une mine, nous tuant moi et tous les autres, le laissant, lui, tout juste survivant.
Depuis lors, je continue à traîner dans les parages, je suis seulement de l’autre côté,  je vois tout et j’attends.

Trois années se sont écoulées et mon ami a passé chacun de ces jours alité dans ce centre des grands brûlés de San Antonio.
Je pourrais vous donner le catalogue de ses blessures, mais je ne le ferai pas. Pas parce que je pense que vous ne le supporteriez pas, mais parce que je ne pense pas que cela vous en apprendrait beaucoup sur le genre d'état dans lequel il se trouve.
Je vous dirai seulement ceci : avant, il pesait cents kilos, et certains matins, quand nous faisions notre gym ensemble, il pouvait soulever bien plus que soixante-dix kilos de fonte au-dessus de sa tête, le nuque dégoulinant de sueur sous se cheveux noirs.
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HarioutzHarioutz   07 février 2020
Bientôt Eden devint comme un appendice de son propre corps, un appendice dont elle était la porte-parole.
Greffes, soins à l'hydrogel, toilettes : c'était elle qui décidait de tout.
Le corps d'Eden devint le sien, et elle y avait jeté l'ancre.
Mais alors même qu'il refusait de partir, elle voulait qu'il meure.

Il lui suffisait de regarder sa fille, Andy, pour ressentir ce besoin. La fillette fit ses premiers pas sur le linoléum des couloirs du centre des grands brûlés.
Au bout ce cette première année, la culpabilité qu'elle éprouvait envers sa fille supplanta la culpabilité qu'elle éprouvait envers son époux.

Quelques soirs après ces premiers pas, elle appela sa mère et lui demanda si Andy pouvait aller chez elle, dans l'Est. Elles convinrent ensemble que la fillette viendrait à l'hôpital tous les deux ou trois mois, seulement pour voir sa mère – elles lui épargneraient les visites à Eden – et que cet arrangement n'était censé durer que peu de temps. Mais ni l'une ni l'autre ne voulut dire jusqu'à quand.
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HarioutzHarioutz   08 février 2020
Ce n'est ni plaisant à dire ni plaisant à penser, mais jusqu'à ce Noël-là, les bouts d'Eden au sujet desquels sa femme et ses médecins se préoccupaient ne représentaient pas grand-chose.
C'est mon ami, alors je peux le dire, et dans un moment de calme les médecins vous le diraient aussi.
Ils vous expliqueraient à quel point son cerveau était endommagé : trente pour cent de perte d'activité du lobe frontal, cinquante pour cent de perte d'activité du lobe pariétal, des contusions partout.
C'était comme ça. Même si vous laissiez les brûlures de côté, l'explosion avait fendu son casque en deux. Et le peu de lui qui était encore là, eh bien, il était difficile de dire que c'était lui.
Il avait un esprit, c'est sûr, mais cet esprit était désormais comme un puzzle dont on aurait encore coupé les pièces. Des pièces dans les pièces.
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Annette55Annette55   12 février 2020
«  Il voulait être comme ce policier.
Il sentait la sueur qui s’évacuait de lui alors qu’il était allongé là, les pincements de douleur dans ses plaies ouvertes autour du cou et sur ses flancs, et le drap qui se mouillait et lui collait au dos, et puis aussi son cœur qui tambourinait contre les parois de sa cage thoracique, trop grand et trop puissant pour simplement mourir. Il avait l’impression que son cœur l’enterrait, le martelait pour l’enfoncer de plus en plus profondément dans son lit , tellement profondément qu’au bout du compte les draps finiraient par l’envelopper, pour se refermer imperceptiblement au- dessus de sa tête comme un sable mouvant » ....
+ Lire la suite
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BazartBazart   10 janvier 2020
La chair du jeune gars était tendue et boursouflée au niveau des jambes et des hanches. La vieille infirmière posa ses mains sur lui à cet endroit. Il était encore chaud et elle sentit une plénitude qui glougloutait comme une bouillotte. Des pas remontèrent la rampe du C-17, un unique secouriste. Garée derrière lui, une ambulance normale. — Sacré boulot, vous deux, dit-il. (Puis il décrocha un Motorola de sa ceinture et l’agita à leur attention.) Ça fait cinq minutes qu’ils volent et il est toujours stable. Vous voulez qu’on charge votre autre type ?"
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