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EAN : 9782351782019
Éditeur : Gallmeister (25/04/2019)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Tous les jours, Mary est tout près de son époux, à l’hôpital. Tous les jours depuis trois ans, après son retour d’Irak. Eden est inconscient, et ses blessures ne guériront pas. Personne ne sait plus comment l’appeler, sauf elle : c’est son mari, et il est toujours en vie. Leur fille, qu’Eden n’a pas eu le temps de connaître, grandit dans cet hôpital où Mary attend avec patience et détermination un changement. Un jour, en son absence, Eden semble trouver un moyen de reprendre contact avec le monde extérieur. Dès lors, c’est Mary seule qui aura la responsabilité d’interpréter ces signaux et de prendre des décisions, ramenée tout d’un coup face à certaines vérités troublantes sur leur mariage.

D’une profonde humanité, En attendant Eden est une méditation perçante sur la loyauté et la trahison, la peur et l’amour.
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  08 février 2020
J'ai été très remuée par ce roman.
Touchée par l'intelligence (et l'expérience personnelle) avec laquelle Elliot Ackerman parvient à décrire les traces physiques et morales, laissées, de tout temps, par la guerre sur ceux qui la font (ici la guerre d'Afghanistan puis d'Irak).
Émue par la lente mais irrémédiable désagrégation de leur construction psychique, source d'incompréhension et d'éloignement de leurs proches, bien incapables de faire le poids face à l'ampleur des douleurs et traumatismes qui lézardent leurs relations.
Admirative face l'acharnement à vivre de Mary, alors qu'Eden, son mari autrefois solide et fort comme un roc, a, dès avant se sauter sur une mine en Irak, déjà renoncé à fonder une famille, incapable de se projeter dans l'avenir au retour d'Afghanistan.
Acharnée, tout comme Mary qui a délaissé sa fille et s'est épuisée à maintenir Eden en vie, alors que Gabe, l'infirmier, n'attendait qu'un signe d'elle pour mettre un terme aux souffrances de son mari.
Mais surtout, épouvantée par les souffrances et les délires d'Eden, enfermé dans un corps qui n'en n'est plus un, et qui implore par les maigres moyens dont il dispose la mort libératrice qui ne vient pas assez vite le délivrer.
Avoir choisi un narrateur qui « observe les situations d'en haut », et pour cause, puisqu'il est le compagnon de guerre décédé d'Eden, permet à l'auteur de nous amener d'un endroit à un autre, d'une conscience à une autre, pour nous en faire partager les pensées et les secrets.
C'est très réussi.
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BillDOE
  04 avril 2019
Il y a trois ans, dans la vallée d'hamrin, leur humvee a sauté sur une mine. Tous les commandos marines sont morts sauf lui, Eden, dont le corps git aujourd'hui sur ce lit d'hôpital, dans le secteur des grands brûlés. Des cents kilos qu'il pesait à l'époque, il n'en reste que trente à force d'amputations. Sa femme Mary et sa fille Andy, trois ans, le veillent, jusqu'à ce jour où il manifeste subitement le besoin de communiquer alors qu'on le donnait pour mourant. Une seule question se pose : quelle décision prendre alors qu'il n'a plus de vie mais qu'il n'est pas mort ?
Eliot Ackerman a été l'un de ces marines pendant huit ans. Il a connu l'Irak et l'Afghanistan. le récit qu'il nous fait est époustouflant, bouleversant de vérité et pose de façon adroite la question de la gestion de la fin d'une vie, les soins palliatifs et l'euthanasie. La construction de son histoire est remarquable.
C'est un livre qu'il faut absolument lire car il sort complètement des sentiers battus, un livre unique qui ne peut pas laisser indifférent.
Belle traduction de Jacques Mailhos.
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Annette55
  12 février 2020
Voici un grand roman d'amour court , unique, profond, à la beauté intense si douloureuse....
L'histoire d'un homme Eden, au corps devenu une masse de chair souffrante qui se désagrégeait après un passage de leur Humvee sur une mine en Irak, alité, suffoquant, enfermé dans un corps qui ne lui appartient plus, se débattant pour respirer dans un centre dédié aux grands brûlés de San Antonio ...
Éden est inconscient , ses blessures ne guériront pas.
Mais son esprit n'a pas disparu. ...
J'ai été incroyablement touchée par l'effacement inexorable , lent, irréversible du corps de ces soldats abîmés par la guerre d'Afghanistan puis d'Irak.
Fascinée , par la force de Mary, son épouse, qui attend patiemment un changement.
Elle tente , malgré cette masse de chair gémissante qui n'était plus un époux, de reprendre contact et d'interpréter les signaux ...
Mary laisse sa fille chez sa mère pour se consacrer à Éden qui n'est plus Eden.
Ce qui ajoute un surplus d'émotion au texte c'est le narrateur que choisit l'auteur, : un ami cher , compagnon de guerre en Irak, lui même décédé ...
Blessures , bouleversements, mots choisis accompagnent ce texte où loyauté , trahison , amour, regrets et acceptation , souffrances , ressentiments, donnent le ton, une espèce de méditation perçante, profonde, vraie.
Elliot Ackerman interroge sur les dilemmes insurmontables liés à la fin de vie, développe ce lien d'amour , de loyauté et de vie avec profondeur , élégance et humanité ...
Un roman fort , maitrisé, subtil, sur l'amour, l'attente, la repentance, la culpabilité et la perte .
Une réflexion de qualité magistrale !
Difficile de le critiquer , il faut le lire .....
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alexb27
  03 juin 2019
Dans son corps, il n'y a plus qu'un coeur qui bat...Eden est revenu d'Irak gravement brûlé par une mine qui a sauté au passage de son véhicule. Son corps n'est plus qu'une grande plaie. Sa femme, parfois sa fille ainsi que le corps médical, le veillent depuis 3 ans dans l'attente d'une réaction de sa part...Un très beau et émouvant roman qui retrace la (courte) vie de ce militaire éprouvé par la guerre, ses relations avec sa femme et son meilleur ami. C'est un récit qui questionne aussi sur l'acharnement thérapeutique et la fin de vie. Au final, un texte dur et terriblement efficace, qui pose réflexion.
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JIEMDE
  07 avril 2019
Dans sa chambre de l'hôpital des grand brûlés de San Antonio, Eden s'éteint. Seul survivant de l'explosion d'une mine au passage de son véhicule en Afghanistan, son corps n'est plus que l'ombre du Marine qu'il a été. Sans la vue ni la parole, relié au monde par les sondes de ses moniteurs et les tuyaux de ses perfusions, il ne lui reste que sa conscience, ou son âme, c'est selon.
Son monde, c'est Mary sa femme et Andy sa fille qui le veillent ; et aussi son ami et compagnon d'arme décédé dans l'explosion dont la présence plane au-dessus de son lit. Les vivants contre les morts… La lumière contre les blattes… Quelques jours où tout peut basculer entre ces deux états. Ou il faut agir, décider, trancher… Mais Eden, lui, a besoin de communiquer malgré tout :
« Il avait besoin d'être entendu, et dans ce désespoir, il sentait une liberté qu'il n'avait pas connue depuis la mine, la liberté d'un but. Mon Dieu faites qu'ils comprennent que je suis là faites qu'ils comprennent que je veux que ça cesse faites qu'ils comprennent faites qu'ils comprennent je vous en supplie mon Dieu ».
En attendant Eden de Elliot Ackerman – avec Jacques Mailhos à la traduction toute en sensibilité – est un court roman sur le lien qui unit les êtres à la vie, sur le lien qui unit deux êtres entre eux, sur la force de l'amour confrontée à la mort, sur la loyauté entre les êtres. Un roman où transpire l'humanité, l'élégance et la profondeur…
Un roman d'amour, quoi !
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   12 août 2019
Il a beau ne pas être très épais, ce roman se penche sur la fin de vie avec une étonnante profondeur.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   12 juillet 2019
Elliot Ackerman déconstruit les idées préconçues sur la fidélité et l’engagement. Sa langue, épurée et authentique, sonne juste lorsqu’il interroge les dilemmes insoutenables liés à la fin de vie. Un roman viscéral, intense et maîtrisé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   07 février 2020
Je veux que vous compreniez Mary et ce que Mary a fait. Mais j'ignore si vous y parviendrez. Vous devez vous demander si au bout du compte, dans des circonstances similaires, vous feriez le même choix qu'elle, Dieu vous garde.
A l'époque où je les rencontrai, elle et Eden, les temps étaient meilleurs. Ils essayaient alors de fonder une famille.
Et des mois plus tard, cette nuit-là dans la vallée de Hamrin, j’étais assis à côté d’Eden et j’eus plus de chance que lui lorsque notre Humvee roula sur une mine, nous tuant moi et tous les autres, le laissant, lui, tout juste survivant.
Depuis lors, je continue à traîner dans les parages, je suis seulement de l’autre côté,  je vois tout et j’attends.

Trois années se sont écoulées et mon ami a passé chacun de ces jours alité dans ce centre des grands brûlés de San Antonio.
Je pourrais vous donner le catalogue de ses blessures, mais je ne le ferai pas. Pas parce que je pense que vous ne le supporteriez pas, mais parce que je ne pense pas que cela vous en apprendrait beaucoup sur le genre d'état dans lequel il se trouve.
Je vous dirai seulement ceci : avant, il pesait cents kilos, et certains matins, quand nous faisions notre gym ensemble, il pouvait soulever bien plus que soixante-dix kilos de fonte au-dessus de sa tête, le nuque dégoulinant de sueur sous se cheveux noirs.
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HarioutzHarioutz   07 février 2020
Bientôt Eden devint comme un appendice de son propre corps, un appendice dont elle était la porte-parole.
Greffes, soins à l'hydrogel, toilettes : c'était elle qui décidait de tout.
Le corps d'Eden devint le sien, et elle y avait jeté l'ancre.
Mais alors même qu'il refusait de partir, elle voulait qu'il meure.

Il lui suffisait de regarder sa fille, Andy, pour ressentir ce besoin. La fillette fit ses premiers pas sur le linoléum des couloirs du centre des grands brûlés.
Au bout ce cette première année, la culpabilité qu'elle éprouvait envers sa fille supplanta la culpabilité qu'elle éprouvait envers son époux.

Quelques soirs après ces premiers pas, elle appela sa mère et lui demanda si Andy pouvait aller chez elle, dans l'Est. Elles convinrent ensemble que la fillette viendrait à l'hôpital tous les deux ou trois mois, seulement pour voir sa mère – elles lui épargneraient les visites à Eden – et que cet arrangement n'était censé durer que peu de temps. Mais ni l'une ni l'autre ne voulut dire jusqu'à quand.
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HarioutzHarioutz   08 février 2020
Ce n'est ni plaisant à dire ni plaisant à penser, mais jusqu'à ce Noël-là, les bouts d'Eden au sujet desquels sa femme et ses médecins se préoccupaient ne représentaient pas grand-chose.
C'est mon ami, alors je peux le dire, et dans un moment de calme les médecins vous le diraient aussi.
Ils vous expliqueraient à quel point son cerveau était endommagé : trente pour cent de perte d'activité du lobe frontal, cinquante pour cent de perte d'activité du lobe pariétal, des contusions partout.
C'était comme ça. Même si vous laissiez les brûlures de côté, l'explosion avait fendu son casque en deux. Et le peu de lui qui était encore là, eh bien, il était difficile de dire que c'était lui.
Il avait un esprit, c'est sûr, mais cet esprit était désormais comme un puzzle dont on aurait encore coupé les pièces. Des pièces dans les pièces.
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Annette55Annette55   12 février 2020
«  Il voulait être comme ce policier.
Il sentait la sueur qui s’évacuait de lui alors qu’il était allongé là, les pincements de douleur dans ses plaies ouvertes autour du cou et sur ses flancs, et le drap qui se mouillait et lui collait au dos, et puis aussi son cœur qui tambourinait contre les parois de sa cage thoracique, trop grand et trop puissant pour simplement mourir. Il avait l’impression que son cœur l’enterrait, le martelait pour l’enfoncer de plus en plus profondément dans son lit , tellement profondément qu’au bout du compte les draps finiraient par l’envelopper, pour se refermer imperceptiblement au- dessus de sa tête comme un sable mouvant » ....
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BazartBazart   10 janvier 2020
La chair du jeune gars était tendue et boursouflée au niveau des jambes et des hanches. La vieille infirmière posa ses mains sur lui à cet endroit. Il était encore chaud et elle sentit une plénitude qui glougloutait comme une bouillotte. Des pas remontèrent la rampe du C-17, un unique secouriste. Garée derrière lui, une ambulance normale. — Sacré boulot, vous deux, dit-il. (Puis il décrocha un Motorola de sa ceinture et l’agita à leur attention.) Ça fait cinq minutes qu’ils volent et il est toujours stable. Vous voulez qu’on charge votre autre type ?"
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