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EAN : 9782876530898
Gallimard (10/10/1990)
2.81/5   8 notes
Résumé :
Par-delà le temps, à deux siècles d'écart, deux personnages dont les sensibilités se répondent, sont entraînés dans une suite d'évènements bizarres.

Source : Electre
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Pourquoi exhumer un roman de 1990 (1985 en VO) qui, il faut être honnête, n'a pas déchaîné les foules et fait l'objet ici de multiples critiques dithyrambiques ?
La raison tient en trois mots : Bowie Book Club.
Alors que je pleure encore, deux ans après, la mort de mon héros David Bowie, son fils, Duncan Jones, a la riche idée de remettre au goût du jour un club de lecture à la mémoire de son père. le but : lire ou relire les 100 livres préférés de Bowie, dont il avait fait la liste en 2013. Premier titre choisi : Hawksmoor de Peter Ackroyd.
Forcement, je suis de l'aventure !
Je vous passe le compte rendu de mes difficultés pour trouver en français cet ouvrage, évidemment indisponible en librairie, difficilement trouvable sur le net, peu diffusé en audio livre (en français tout au moins) et dont les rares exemplaires encore en circulation ont connu une hausse exponentielle de leurs prix ces dernières semaines, jusqu'à atteindre 300 dollars aux États-Unis !
Mais bon : j'ai obtenu mon ouvrage, heureusement sans endetter ma fille et mes éventuels petits-enfants sur 70 ans.

« L'Architecte assassin », comme son titre français l'atteste, s'attache à la légende qui voudrait que, lors de la construction de monuments symboliques, un sacrifice humain soit fait, volontairement ou non, afin de garantir la pérennité de l'oeuvre architecturale.
Nous suivons donc, dans les années 1710 à Londres, l'architecte Nicholas Dryer, chargé de la réalisation et de la construction de sept nouvelles églises dans la cité. En parallèle, de nos jours (enfin dans les années 1990), nous suivons également l'histoire de l'inspecteur Hawksmoor, qui enquête sur des morts mystérieuses survenues aux abords de plusieurs églises de la ville.
Très vite il apparaît que Dryer et Hawksmoor, totalement obsédés par leurs missions respectives, perdent peu à peu le fil de la réalité, franchissent la frontière du fantastique et se retrouvent connecter malgré le temps qui les sépare.

L'ouvrage de Peter Ackroyd n'est pas d'un accès aisé, ni sur le fond, ni sur la forme.
Question forme, Peter Ackroyd a rédigé la partie consacrée à Dryer en ancien anglais... La traduction en tient donc compte et la langue, alambiquée et altérée, n'est pas facile à lire. Cependant une fois que le lecteur a pris le pli, cette difficulté n'en est plus une, et donne au contraire un cachet original.
Autre embarras, suivre le cheminement d'esprit de Nicholas Dryer, qui a une fâcheuse tendance à sauter du coq à l'âne régulièrement, évoquant trois sujets en parallèle tout en faisant quelque chose d'autre... La concentration est donc de mise.
Question fond, « L'Architecte assassin » se tient à la frontière du roman fantastique, avec les sous-entendus, les mystères laissés en suspens propres à ce genre littéraire. le lecteur cartésien risque donc d'être passablement frustré de cette absence volontaire d'explications. Cette enquête policière n'en est pas vraiment une et le nom du coupable ne sera jamais écrit noir sur blanc : au lecteur de se faire sa propre idée !

Le roman de Peter Ackroyd est donc surtout un roman d'ambiance, à l'atmosphère étouffante, sinistre et angoissante, jouant avec les impressions, les sensations, les troubles de la perception, que renforce une écriture dense et parfois opaque.
Une bonne dose de vigilance est demandée de la part du lecteur, ainsi qu'une connaissance de base de l'histoire de la capitale anglaise et de sa disposition (une carte suffit, n'exagérons pas !), ainsi que quelques notions de mysticisme et d'occultisme.
En bref, une lecture qui m'a paru confuse, vraisemblablement à cause d'un manque de références de ma part, mais qui a l'avantage d'évoquer le thème de la construction symbolique et architecturale des églises de Londres.

Cet ouvrage de Peter Ackroyd ne fera donc pas partie de ma liste des 100 meilleurs ouvrages lus. Mais comme vous l'avez remarqué, je ne suis pas David Bowie !
Seul clin d'oeil qui m'a particulièrement touchée : la croyance dans la persistance des âmes à travers des objets symboliques... Je ne vais plus regarder mes Cds de Bowie avec le même regard !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
D'ordinaire il pouvait prévoir combien de temps prendrait une enquête. Ce n'était pas le cas cette fois-ci. Essoufflé, il s'arrêta. Il se vit soudain comme les autres devaient le voir et fut frappé par l'impossibilité de sa tâche. La mort de l'enfant n'était pas un fait simple puisqu'elle n'était pas unique et, s'il essayait de remonter à sa source, de dérouler le temps dans le sens opposé (mais avait-il un sens?), il ne gagnait pas en clarté. On pouvait remonter, en suivant le principe de causalité, jusqu'à la naissance du garçon, un jour précis en un lieu déterminé, et peut-être plus loin dans la nuit des temps. Mais le meurtrier ? Quelle série d'événements l'avait conduit à se promener dans les parages ? Événements fortuits et pourtant reliés, éléments d'un schéma si vaste qu'il demeurait inexplicable. Il faudrait donc peut-être qu'il invente tout un passé à partir des indices dont il disposait. L'avenir, dans ce cas, serait-il lui aussi une invention ? Il lui semblait examiner un des ces dessins où premier et arrière-plan composent des paysages totalement différents : impossible de les fixer longtemps.
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Le clocher de l'église de Limehouse égrenait les heures. Chacun, l'un après l'autre, sombrait dans le sommeil – redevenu soudain un enfant qui, épuisé par une journée d'aventures, s'endort brusquement, sans penser à rien. Un visiteur solitaire aurait pu se demander, en les observant allongés ainsi, comment ils en étaient arrivés là, par quels stades ils étaient passés : quand celui-ci s'était-il mis à marmonner comme ça sans s'en apercevoir ? Quand cette femme avait-elle commencé à s'isoler, à rechercher les ombres ? Quand chacun avait-il compris que tout espoir était illusoire, que la vie ne pouvait qu'être subie ? Les errants sont souvent objets de suspicion, sinon de crainte ; ces quatre-là, réunis dans la maison près de l'église, avaient atteint un lieu, un temps peut-être, d'où on ne revient pas.
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Il me plaît de marcher seul en cet Enclos silencieux & muet, car, s'il est vrai que le Tems est Blessure, il l'est donc egalemen que les Defuns peuvent guerir. & lors que pose la Tête sur les Tombes, les ois converser : « L'Herbe sur nos têtes », disent-ils, « a beau être teintée de bleu, nous la voyons encor : pourquoi ? Pourquoi ne sommes-nous pas arrachés à la Terre ? » Les ois murmurer, les Morts-depuis-long-tems, à Cripplegate, à Farrington, dans la Rue-des-Cordonniers & aux Frères de la Sainte-Croix : collés les uns aux autres telles les Pierres dans le Mortier, les ois parler de la Cité qui les retient. Neant-moins, les Paroles recentes de Walter me brûlent encor & il me vient cette Pensée : pourquoi, ô pourquoi les Vivans me hantent encor lors que je suis parmi les Morts ?
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& pourtan, lors-même qu'il parloit, je me repetoi à moi-même, Que dois-je faire ? Que dois-je faire ? Je songeoi alors à la Phrase de Vitruve, « Toi, Homme, simple Pigmée, combien ephemere face à la Pierre ! » & me rappeloi que mon Humeur chagrine changeroit bien-tôt, puisque chaque Humeur, cedan sa place à une nouvelle, est oubliée dès qu'elle est passée. Lors que mon Nom ne sera plus que pouissiere, & que mes Passions, qui, au Jour d'Hui, echauffent ce Reduit, se seront refroidies à jamais, lors que cet Âge-même, ne sera plus, pour des Generations futures, que Rêve d'Antan, mes Églises vivront, plus noires, plus compactes, que la Nuit qui approche.
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Je longeoi la Rue-de-Cranborn, où les Rôtisseurs se tenoient, ruisselans, devan leur Porte, puis la Rue-des-Porteurs, où Noix & Huîtres s'entassoient sur des Échoppes montées sur Roues. Tout cela periclitera, tout cela tombera en Poussiere, cependan, mes Églises survivront. De là je m'engageoi dans la Ruelle-du-Goret, où, m'agrippa le Bras, un Vendeur de Drilles me demanda, « Qu'est-ce qui vous manque, Sir ? » Moi ? Il me manque le Monde, puisque je le traverse tel un Fantôme.
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Videos de Peter Ackroyd (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Ackroyd
Avec ce conte gothique de l?Angleterre victorienne, son réalisateur nous parle des monstres humains.
Adapté du roman Dan Leno and the Limehouse Golem de Peter Ackroyd (1994), présenté au Festival de Toronto et au festival du film policier de Beaune 2017 où il a remporté le Prix du Jury spécial police, The Limehouse Golem ou Golem, le tueur de Londres sort le 23 janvier 2018 en VOD. Nous avions rencontré son réalisateur, Juan Carlos Medina, en avril dernier.
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