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ISBN : 2-259-00916-6
Éditeur : Plon (01/01/1982)

Note moyenne : 4/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Arlette, dix-huit ans, a les cheveux blonds et les yeux noirs. Elle aime le monde et pratique les sports, mais elle n'est vraiment heureuse que dans sa chambre avec ses bouquets de roses et ses rêves bleus. Elle prend volontiers des airs excentriques, mais c'est pour mieux cacher sa tendresse, car elle est surtout sentimentale. Catastrophe ! Il lui faut aller vivre, loin de son cher Paris, entre quatre vieilles cousines, au fond de la demeure la plus triste qui exis... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
dgwickert
29 janvier 2017
A Paris, dans les années vingt. Papa s'est suicidé endetté. Arlette, 18 ans, et son frère n'ont plus rien. Arlette va se réfugier auprès de ses cousines dans le Pas de Calais, quatre vieilles filles, Ces dames aux chapeaux verts. Telcide, l'aînée, 50 ans, lèvres minces et pincées, "moi je", "je vous ferai plier", est perfide, hypocrite... Arlette est parisienne enjouée, libre, moderne et excentrique : hum !
Roman frais de l'après guerre, édité en 1921. Les femmes se libèrent, Paul Poiret lance ses collections, les années folles débutent, Paris s'amuse ! Mais dans le Nôôôrd, trois vieilles filles, sous la coupe implacable de l'aînée, ont de vieux principes : tout est réglé comme du papier à musique. Je suis charmé par les prénoms anciens, mais le caractère acariâtre très bien décrit de Telcide, je connais trop, il y en a plusieurs dans ma famille : c'est une perverse narcissique. Il n'y a pas trente six solutions face à ces gens là ! Les clashs Telcide-Arlette sont des moments très intéressants du livre, tout comme quand Germaine Acremant se met dans la tête du gros professeur Ulysse Hyacinthe. Un prof heureux met-il de meilleures notes ?
Arlette découvre un secret : réussira t-elle à venir à bout de son projet ? Encore faut-il qu'elle ait la liberté de sortir, bridée comme elle l'est par Telcide !
Vers la fin, l'auteure, dans la bouche de la fameuse Telcide, livre une superbe tirade :
"Vieilles filles ! Nous sommes des vieilles filles ! On nous désigne ainsi quand nous passons. On fait presque de ce nom une injure qu'on nous jette à la face. On raille nos défauts. On critique notre caractère. On reproche notre égoïsme, nos scrupules, nos préjugés. Nous ne sommes pas élégantes, nous sommes laides, nous demeurons isolées... " Etc...
Heureusement, les vieilles filles n'existent plus, enfin je crois !


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cardabelle
06 février 2017
Ces derniers temps, après quelques choix littéraires malheureux la critique de Dgwickert m'a interpellée .
Et, l'idée d'une petite récréation a germé : choisir moi aussi ce classique qui a un goût de " madeleine "...
Et, je me suis plongée dans cette comédie de moeurs comme on regarde une photo jaunie, une photo sépia aux bords dentelés !
C'est ainsi que m'est apparu ce roman , un témoignage de la vie provinciale dans les années 20 au travers de l'histoire de ces cousines.
Arlette, la parisienne débarque en province, autant dire une autre planète à l'époque !
D'une vie de plaisirs et de modernité elle se retrouve au coeur d'un monde austère et étriqué.
Et, bien sûr le contraste va fournir l'occasion d'égratigner au passage les traits de caractère dominants de chaque personnage , avec souvent une petite pointe d'excès pour le plus grand bonheur du lecteur !
L'auteur ,d'une plume très académique va livrer le fruit de son observation d'un monde de petits bourgeois ,régi à outrance par la morale religieuse et les conventions.
Et, pour pimenter le récit, l'humour et la caricature sont de mise !
Mais, que d'émotion aussi à l'évocation de ces destins brisés, malmenés par les saintes familles !
J'y ai retrouvé comme une atmosphère balzacienne.
Et, adulte, on porte bien sûr un regard différent sur les rapports sociétaux : les temps changent mais aujourd'hui, avons-nous réussi à défaire les carcans ?
Encore une fois, j'ai plaisir à constater que la lecture ( ou relecture ) de ces classiques est bien salutaire .
Ce livre publié en 1922 ,fut une agréable parenthèse .
Et, merci Denis pour cette critique fort opportune .
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claireo
28 avril 2017
Je l'ai lu il y a fort longtemps, et je garde un bon souvenir de ce roman. Il a vieilli, certes, mais je retrouve avec plaisir les descriptions savoureuses de l'auteur, son humour, et les caractères des personnages. Une bonne lecture, un peu surannée, empreinte de nostalgie.
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mariech
27 septembre 2011
Ah ' Ces dames aux chapeaux verts ' , voilà que j'avais oublié que je l'avais lu (il y a très très longtemps ) et voilà qu'il me revient en mémoire grâce à Babélio . je ne saurai pas en faire une critique car j'en ai un trop vague souvenir , mais quel souvenir agréable , une véritable madeleine de Proust . Merci à toutes les lectrices de ce tendre roman pour cette façon bien agréable de retourner dans le passé .
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madameduberry
24 octobre 2013
Alors moi, j'ai gardé de déménagement en déménagement ce volume de la bibliothèque verte qui a tellement diverti mes neuf ans! Puis mes dix, onze douze…etc ... jusqu'à présent.
J'y ai glané une certaine science du badinage amoureux (Arlette et Jacques de Fleurville); le mot local de "nochère" pour la gouttière, le prénom si original de Telcide (si vous avez une fille…), le choc des cultures entre la "province" comme on disait encore, et Paris, la jeunesse et l'âge de discrétion, le désir de vivre et le célibat subi plus que choisi (la guerre de quatorze a fait des veuves et des fiancées éternelles)
Je me souviens de la scène du jeu du cadavre exquis, auquel j'ai d'ailleurs beaucoup joué dans mon enfance.
Je me souviens de l'humour, de la critique sociale, et de la tendresse timide des deux vieux fiancés, M.Hyacinthe et Marie.
Un de mes meilleurs souvenirs de lecture, toutes années confondues.
N'est-ce pas ce qu'on appelle un bon livre?
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
genougenou04 octobre 2015
Faites ici, mon enfant, votre éducation ménagère… vous voyez, nous profitons des beaux jours de l’été. Le linge doit sécher rapidement pour ne pas s’abîmer et assez lentement pour ne pas durcir. Il faut savoir apprécier le juste milieu… À Paris, on n’a pas de linge. On a des chemises en toiles d’araignée ; des draps qui sont des mouchoirs de poche ; des mouchoirs de poche qui sont des dessous de carafes… On a douze serviettes, trois nappes… Tandis qu’en province… Ah ! En province, c’est autre chose… Nous pourrions rester vingt-quatre mois sans faire aucune lessive. Nous n’avons que des pures toiles inusables. À chaque génération, avec chaque héritage, notre lingerie s’augmente…
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GrecieGrecie03 mai 2015
Vieilles filles ? c'est certain que nous le sommes, vieilles filles ! mais pourquoi le sommes-nous, est-ce qu'on s'en inquiète ? (...) Il y a les femmes d'un seul amour, qui ont attendu d'un homme, qui ne leur a pas donné, l'aveu qu'une autre a reçu... Il y a les femmes de devoir, qui ont consacré leur jeunesse à des parents malades, à des enfants abandonnés, et qui se sont trouvées trop âgées pour en profiter, lorsque la liberté leur a été rendue... Il y a des femmes pauvres, dont le seul crime était de n'avoir pas de dot... Il y a... il y en a des quantités d'autres... mais surtout il y a le troupeau lamentable des femmes qui n'ont jamais été jolies. Peu importe qu'elles aient eu la bonté, l'éducation, l'intelligence, tout ce que la volonté personnelle peut acquérir ou développer. Les hommes sont passés, les dédaignant et ne disant : "Je vous aime" qu'aux créatures quelquefois sèches de coeur, mais riches d'une beauté qui n'a jamais dépendu d'elles... Vieilles filles ! on ne sait pas ce que cet état peut représenter de rancoeurs et de désillusions. On nous voit modestes et tranquilles. On ne cherche pas plus loin. Et pourtant nos coeurs ressemblent aux grands lacs au lendemain des tempêtes. Les eaux sont redevenues sereines, mais les berges sont ravagées...
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genougenou04 octobre 2015
– C’est du savon vert…
– Qu’à Paris on appelle du savon noir…
– Sans doute parce qu’il est jaune.. »
Des deux pavillons en brique qui sont dans la cour et que ces demoiselles Davernis appellent « leurs dépendances », des ballons de vapeur sortent. Une odeur se répand, faite de cent odeurs, de linge battu, de savon trempé, de sueur… Quatre femmes, le cou et les bras gonflés par la chaleur et l’effort, gesticulent dans cette atmosphère de buanderie en travail. Elles ont, pour jeter en monceau les toiles mouillées, le même geste que les pêcheurs lorsqu’ils jettent, avec un bruit de ventouse, les limandes, les soles et les grosses raies sur le carreau des halles.
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genougenou07 septembre 2013
Faites ici, mon enfant, votre éducation ménagère… vous voyez, nous profitons des beaux jours de l’été. Le linge doit sécher rapidement pour ne pas s’abîmer et assez lentement pour ne pas durcir. Il faut savoir apprécier le juste milieu… À Paris, on n’a pas de linge. On a des chemises en toiles d’araignée ; des draps qui sont des mouchoirs de poche ; des mouchoirs de poche qui sont des dessous de carafes… On a douze serviettes, trois nappes… Tandis qu’en province… Ah ! En province, c’est autre chose… Nous pourrions rester vingt-quatre mois sans faire aucune lessive. Nous n’avons que des pures toiles inusables. À chaque génération, avec chaque héritage, notre lingerie s’augmente…
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED27 mars 2013
Un samedi jour de marché.

La grande et la petite place sont bruyantes et
tumultueuses. Les appels des marchandes, les discus-
sions des ménagères se mêlent aux cris des canards,
aux gloussements des poules, aux hennissements des
chevaux. Des charlatans installent., aux carrefours,
des voitures coloriées et, montés sur le siège comme
dans une chaire, entreprennent de démontrer aux
foules que la pâte « Triplepâte » est capable à la fois
de combattre la migraine, de chasser les cors aux
pieds et de faire briller les métaux.
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