AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070136049
512 pages
Éditeur : Gallimard (07/03/2013)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Il n?est pas facile d?entretenir une relation adultérine quand on est fonctionnaire au sein d?une institution culturelle sous le règne de Ceausescu, dans la Roumanie des années soixante-dix. La politique s?infiltre partout, que ce soit dans les bureaux et les couloirs de l?Édifice où travaillent Letitia Arcan et Sorin Olaru, à l?ombre de la statue de Lénine, ou dans l?appartement miteux que leur prête un ami en banlieue pour leurs ébats. Sorin cherche l?amour et Let... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
horline
  19 août 2013
Situation provisoire c'est une vie qui s'écoule entre les draps froissés d'une garçonnière et les commérages de bureaux pour Létitia. Mariée au bourru Petru pour lequel elle n'éprouve que des sentiments de lassitude et de culpabilité mêlées, elle guette chacun des gestes, chacun des regards conspirateurs de son collègue Sorin pour des rendez-vous clandestins.
Cet amour au goût d'interdit pourrait être frivole, distractif, une parenthèse de joie et de liberté. Mais sous la Roumanie qui n'en finit pas avec le communisme stalinien, la romancière dessine une relation désenchantée, baignée par un sentiment de tristesse et d'amertume lancinantes pour Sorin et Lety qui appartiennent à cette génération d'après-guerre coincée entre deux temps, deux mouvements, deux révolutions.
Ils naviguent dans un monde « où les modèles sont des idoles déchues », ils ont été éduqués par le Régime, « c'est lui qui [leur] a serré la cravate de pionnier autour du cou, lui qui [leur] a mis en main le carnet de l'Union des Jeunesses communistes ». Ils ont appris à ne dire à personne ce qu'ils entendaient à la maison, surtout les histoires de famille qui ont tremblé toute leur vie. L'auteure prend bien le temps de dérouler l'histoire de ces familles bourgeoises inévitablement traversée par l'histoire politique du pays, sous l'oeil inquisiteur de Moscou puis de la Securitate.
Ici et nulle part ailleurs, ce sont des histoires de famille qui sédimentent et laissent une empreinte indélébile sur les dossiers personnels et les histoires d'amour … de sorte que, même si Létitia préfère se laisser porter par ses rêves littéraires, elle garde en elle des réflexes de méfiance marxiste et une mémoire saturée de vieilles histoires qui la conduisent à porter un regard distant et écoeuré.
C'est donc un récit dense qui laisse peu de place aux moments de légèreté et d'allégresse. On assiste à une progression lente vers quelque chose qui mène à un sentiment d'impuissance des personnages, écrasés par les fantômes du passé et par le poids de leur résignation face à un futur voilé. Gabriela Adamasteanu ne cesse de rappeler que l'État policier est partout, il voit tout, entend tout et sait tout ; et ce qu'il ne sait pas, il l'invente. de fait, il épuise toute résistance et toute patience, broie les individus comme les intentions nobles.
Ce sentiment d'impuissance est d'autant plus fort qu'il est au coeur d'une relation entre des personnages indécis et timides qui ont choisi une vie hasardeuse, faite d'improvisation et d'heures volées au quotidien. Dés lors, rongée par le doute et une insatisfaction croissants, la voix intime de Létitia est parfois étouffante pour le lecteur. On se désespère parfois de ses envies avortées, de son aveuglement, des crises d'angoisse permanente, de son mutisme et de son immobilisme … et si c'était finalement une évolution des sentiments qui dépasse la question de l'emprise politique ?
Roman magnifique et exigeant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
mayang
  01 juin 2013
Gabriela Adamesteanu est un grand écrivain qui s'est hissée à la place qu'elle occupe aujourd'hui au prix de beaucoup de luttes et de ténacité. Son livre est empreint de toute cette frustration, de cette peur au quotidien, qui paralysent et contre lesquelles il est difficile de lutter. Letitia Arcan et Sorin Olaru, ses héros sont traqués, épiés par cet oeil multiforme qu' était la Securitate où même s'aimer était interdit. L'écriture est belle, âpre et exigeante et la lecture en est passionnante de bout en bout. Ceux d'entre vous qui ont vu le film de Cristian Mungiu: 4 mois, 3 semaines, 2 jours palme d'or en 2007 et qui l'ont aimé comprendront ce qui les attend: une impression d'étau qui se resserre inexorablement. Il serait dommage de passer à côté d'un tel roman.
Commenter  J’apprécie          30
Nikoz
  02 mai 2014
Un très bon livre, presque un "grand" livre... Ceci dit, la littérature du ou issue du rideau de fer est fréquemment d'une incroyable profondeur.
Commenter  J’apprécie          20


critiques presse (2)
Actualitte   07 octobre 2014
Gabriela Adameşteanu maîtrise parfaitement cette capillarité du récit qui fait que les personnages – nombreux – ne soient jamais nets : des branches occultées (ou tenues en réserve par le régime oppressif) de leur arbre généalogique peuvent à tout instant refaire surface. Le tissu tendu à outrance des relations peut se déchirer à tout moment.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   22 avril 2013
La grande Gabriela Adamesteanu fut le porte-drapeau de la dissidence roumaine. Avec Situation provisoire, elle signe un récit terrible sur le viol de la vie privée en régime totalitaire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
horlinehorline   19 août 2013
Notre amour, promené de lits étrangers en lits étrangers, à l’abri des silences et des mensonges, tracassé par les soupçons réciproques et les désirs constamment ajournés, par l’habitude et le ressentiment, sous les yeux de ces femmes et de ces hommes qui nous épient. Nous parlons toujours en chuchotant, l’oreille collée à la porte, nous nous comprenons en échangeant des regards étrangers, ironiques, en cachette ! Combien de temps résisterons-nous de la sorte, et où tout cela nous conduira-t-il ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
jujusorel75jujusorel75   23 novembre 2015
Après sa discussion avec Serghei, ce soir-là, Letitia a compris que ce n'est pas l'avenir qui nous réserve le plus de surprises, mais le passé, que nous ne finissons pas de relire pendant toute notre vie.
Commenter  J’apprécie          10
jujusorel75jujusorel75   29 novembre 2015
Intoxiqué par les vapeurs politiques, dont il suit les méandres sans arriver nulle part. Incapable de supporter plus longtemps la pression qui pèse sur son corps de garçon solitaire, dont le ventre pointe sous sa chemise et les mains tirent les poches de son pantalon tandis qu'il court, pourchassé par les spectres de l'histoire.
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Gabriela Adamesteanu (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabriela Adamesteanu
Gabriela ADAMESTEANU .
autres livres classés : roumanieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
1158 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre