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Pierre Clinquart (Traducteur)Mélanie Amaral (Illustrateur)
EAN : 9791090724273
544 pages
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (15/09/2016)
4.2/5   679 notes
Résumé :
C’est dans les fourrés de collines verdoyantes et idylliques que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie.

Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (208) Voir plus Ajouter une critique
4,2

sur 679 notes

Piatka
  28 décembre 2016
Il était une fois deux frères lapins, Hazel et Fyveer, qui, accompagnés d'une bande de congénères, décident un jour de fuir leur paisible garenne de la campagne anglaise suite aux prémonitions inquiétantes de Fyveer. Débute alors une odyssée captivante dans le double but de trouver à la fois un endroit propice à la construction d'une nouvelle garenne et des hases pour la peupler.
Rebondissements multiples, suspense permanent et addictif, écriture et trame narrative efficaces, personnages attachants ou franchement détestables, émotions, frayeur, réconfort : ce bouquin est une vraie réussite selon moi. Pourtant, j'ai débuté cette épopée un brin dubitative - une histoire de lapins ? Allez, pourquoi pas en période de fêtes de fin d'année.
Puis, progressivement, on se laisse prendre par l'histoire, on tremble avec les héros, on découvre leurs légendes, leur courage, leurs limites aussi. Bref, on tourne les pages pour connaître la suite de leurs aventures, et on finit par vivre dans la peau d'un…lapin. Surprenant !
Il faut dire qu'ils font preuve d'une sacrée humanité ces lapins avec leur langage particulier, leurs réflexions, et même leur héros légendaire Shraavilshâ. Un régal d'imagination !
Je viens de lire que Richard Adams, âgé de 96 ans, est décédé la veille de Noël. Coïncidence peut-être…mais ne dit-on pas que c'est la nuit pendant laquelle les animaux parlent ?
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berni_29
  06 avril 2018
Je vous assure, il n'est pas facile d'évoquer un livre qui parle d'une histoire de lapins. Et encore moins lorsqu'on l'a aimé. Car j'ai aimé Watership Down, écrit par un auteur dont j'ignorais jusqu'au nom - Richard Adams - avant d'avoir effleuré la couverture du livre que mettait en avant sur un présentoir la bibliothèque communale que je fréquente régulièrement. J'ai été aussi encouragé à saisir ce livre lorsque j'ai découvert de quelle maison d'édition il s'agissait : Monsieur Toussaint Louverture. Si vous ne connaissez pas encore cet éditeur, courrez-y vite, gambadez vers lui, traversez champs et prairies pour découvrir son étonnant et merveilleux catalogue.
Lorsque vous arriverez à la fin de cette chronique, vous n'aurez plus aucun doute sur mes choix éclectiques de lecture.
Si j'osais un raccourci, je pourrais dire que Watership Down, c'est un peu l'Art de la Guerre façon Bugs Bunny. Mais bien entendu, timide depuis mon terrier, je n'ose pas vous l'exprimer comme cela...
Au départ l'histoire est toute simple : c'est une prairie avec des lapins. Le temps ressemble au bonheur, à l'éternité, à un champ de verdure et de carottes. A l'entrée de la prairie, un panneau va déclencher une épopée lapine : « Ce domaine idéalement situé - trois hectares d'excellent terrain à bâtir – va être loti par une société immobilière pour y construire des résidences modernes de grand standing ».
À l'initiative de deux frangins lapins, Hazel et Fyver, ceux-ci entraînent toute une communauté à quitter leur garenne menacée par cette destruction imminente, et tant qu'à faire, autant partir, tout quitter pour aller chercher la terre promise. Forcément, quand on va chez les autres, ça coince, ça frotte. C'est bien comme cela que les guerres commencent, n'est-ce pas ? Quand on commence à regarder du côté du voisin, de l'autre côté de la barrière, celle que nous n'avons pas le droit de franchir.
Je vous avoue, cette histoire de lapins m'a un peu dérouté au premier abord. En découvrant les premières pages, je me suis demandé : où suis-je ? où vais-je ? dans quel terrier j'erre ? Mais, après les 541 pages dévorées comme des carottes, je gambadais, alerte, dans la prairie...
Au fond, plus qu'un art de la guerre, je vois aussi dans ce roman foisonnant un art de l'entraide, de la solidarité et aussi de la survie. C'est avant tout un roman d'aventures. D'ailleurs, faut-il y voir autre chose ? À qui appartient l'imaginaire qui sort d'un récit ? À son auteur ou bien au lecteur ? Bien sûr, il ne faut sans doute pas y voir autre chose qu'un roman d'aventures, d'ailleurs l'auteur semble nous l'avoir recommandé à d'autres endroits et nous garder d'y voir tout anthropomorphisme, mais comment ne pas voir dans cette histoire de lapins : nos gestes, nos limites, nos horizons au-delà de nos propres prairies ? Notre façon de parvenir de l'autre côté ou de pas y parvenir ? Ensemble, pas ensemble, l'entraide quoi...
Malgré l'épaisseur du livre, on ne s'ennuie jamais. Le rythme est toujours soutenu, haletant. Parfois, je me suis retrouvé bêtement à attendre, espérer, imaginer, bref me prendre à cette histoire de lapins, à être dedans, parmi eux, dans les garennes, courir presque comme eux dans les herbes sauvages et mouillées. Il y a une forme de suspense puisque l'élan de solidarité nous prend aussi, nous avons envie d'être avec eux, de les aider, mais pour le coup pas en tant qu'être humain, seulement en tant que lapin. Et c'est là que l'imaginaire de Richard Adams opère puisque brusquement la métamorphose se fait et nous sommes bien transformé en lapin au milieu d'une garenne. Ce qui rassure lorsque nous devenons lapin, c'est que nous ne sommes jamais seul. Des amis surviennent de manière inattendue, parfois fragiles, parfois maladroits, mais toujours là et c'est bien là la définition d'un ami. Et puis nous apprenons ici les mots propres aux lapins : Farfaler, c'est aller se promener dans les herbes... Faire raka, je ne vous fais pas un dessin ?
Pour avoir expérimenté différentes métamorphoses durant des lectures animales, il vaut mieux entrer dans la peau d'un lapin que dans celle d'un loup ou d'un renard. Vous serez moins seuls et sans doute plus à l'abri du danger, quoi que...
Dans le roman de Watership Down, il y a des héros (comment retenir Bigwig jusqu'à nous), des anti-héros, des méchants (le général Stachys, sinistre), un héros légendaire (Shraavilshâ), des Dieux (par le grand Krik !), des faux-culs, des traites, des hases aussi, objets de convoitise par la tribu des lapins en fuite, en guerre, en désir aussi. Parfois la guerre se fait pour elles aussi ou bien à cause d'elles... Tiens, la Guerre de Troie n'est guère loin... Elles sont très effacées... Certaines meurent. Elles n'ont pas le beau rôle. On ne leur demande pas leur avis. Richard Adams n'était sans doute pas un grand féministe, doux euphémisme, c'est là le seul reproche qu'on peut lui faire. À moins justement de n'y voir qu'une unique histoire d'aventures et de lapins. Car dès qu'on se met à interpréter cette histoire à l'aune d'une lecture passionnante, forcément le risque est de ramener cela à nos propres vies intimes et collectives... À l'époque où de nombreux migrants fuient leur terre natale pour tenter de trouver un quelconque eldorado au prix de nombreuses vies, nous voyons ici et là des actes de solidarité, des marins pêcheurs dans des barques qui tendent leurs bras pour sauver des enfants qui se noient... Watership Down est cela aussi. Je vous le dis, prenez un temps pour venir farfaler dans la garenne...
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HundredDreams
  04 février 2021
Une histoire de lapins, bof, me direz-vous… Et bien non, ce roman est super ! Il ne faut vraiment pas se fier aux apparences.
Passés les premiers à priori et les premiers chapitres d'adaptation, ce n'est que du bonheur ! Je me suis surprise de nombreuses fois à reprendre ma lecture dès que j'avais un petit instant de tranquillité. C'est pour vous dire la qualité du récit.
*
Lire ce roman, c'est, grâce aux descriptions méticuleuses de l'auteur, s'immerger totalement dans le décor champêtre de Watership Down, ces bois, ces bosquets, ces champs, ces rivières qui serpentent, ces collines verdoyantes, et cette garenne.
Lire ce roman, c'est passer un très agréable moment en compagnie de cette petite troupe de lapins.
Lire ce roman, c'est savourer le style et l'écriture de Richard Adams, pleine d'humour.
Lire ce roman, c'est ressentir toute une palette d'émotions.
Lire ce roman, c'est peut-être aussi retrouver son âme d'enfant, le côté enfantin marqué par ces animaux qui parlent. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, cette histoire n'est pas pour les enfants, elle est beaucoup plus profonde et sérieuse qu'il n'y paraît à première vue. Pour ceux qui veulent lire un récit d'aventures sans temps mort, ils seront comblés. Mais pour ceux qui recherchent autre chose, « Watership Down » est une belle fable écologique avec des réflexions sur les thèmes autour de l'exil, la survie, la rébellion, la liberté, la solidarité, l'amitié, l'héroïsme, la préservation de la nature et de notre environnement et une critique des régimes totalitaires.
*
C'est l'histoire d'Hazel, un jeune lapin qui décide de suivre les prémonitions de Fyveer, son freluquet de frère. Celui-ci prédit la disparition de leur garenne natale. Il constitue un petit groupe de lapins, et ensemble, ils partent à la recherche d'un nouveau territoire où fonder une nouvelle garenne.
*
Il est peut-être difficile de l'admettre, mais, au fil de ma lecture, je me suis attachée à ces petits lapins. Chacun a un petit nom : Hazel, Fyveer, Pipkyn, Rubus, Léondan, Dandelion, Bigwig , Stachys,…
Chacun a son petit caractère : on trouve le meneur, l'aventureux, le débrouillard, l'intuitif, le doux, le peureux, l'astucieux, le teigneux, le lourdaud, le tyran, …
*
Pour la citadine que je suis, on se prend à aimer la campagne.
Le moindre petit bosquet devient un paradis grâce aux descriptions de toute beauté. On s'y croirait. L'air embaume de senteurs de plantes, de thym, de cerfeuil sauvage, de brunelle, de primprenelle, de lupiline, de marjolaine, et autres plantes, aux noms si beaux, aux parfums si suaves et appétissants.
Chaque page est une ode à la beauté de la nature, même si quelques pages nous font frémir. Aux fragrances délicieuses se mêlent parfois des odeurs moins plaisantes, de maladie, de mort.
Car leur vie n'est pas facile. Ils sont si mignons, à croquer ! Les belettes, les renards, les oiseaux de proie, les chats ou même les rats ne vous diront pas le contraire ! La moindre inattention peut se révéler fatale !
Et puis trouver un coin tranquille et sans danger, ce n'est pas si facile. Les pièges, les traquenards ou les attaques s'enchaînent tout au long de leur périple pour trouver un nouvel havre de paix.
*
C'est aussi une épopée formidable aux rebondissements multiples où les émotions sont fortes. On se prend à trembler de peur, à grelotter de froid, à compatir face à leurs souffrances, leurs vilaines blessures.
Mais ces jeunes aventuriers sont courageux et audacieux : si le besoin s'en fait sentir, certains n'hésitent pas à aider leurs compagnons, se battre, mordre, griffer, donner des coups de pattes.
Luttant pour leur survie quotidiennement, ils apprennent l'entraide, la solidarité.
*
Mais le tour de force de l'auteur est, sans aucun doute, d'inventer tout un univers passionnant, avec une langue propre aux lapins, comme le vilou, la formbre, les raka, …
L'auteur va encore plus loin avec des expressions lapines, des proverbes, et même une blague, façon carambar.
Ils ont aussi un héros, l'astucieux Shraavilshâ, une sorte d'Ulysse, toujours secondé par son acolyte Primsaut, et même un Dieu, Krik !
Le soir, le conteur Dandelion raconte de beaux récits mythologiques.
*
J'y ai trouvé des références littéraires comme « La communauté de l'anneau » de Tolkien, ou « le vent dans les saules » de Kenneth Grahame.
*
L'histoire est passionnante, simple mais unique en son genre, avec du suspens, de la tension.
Le style de l'auteur, humoristique, avec un brin d'espièglerie, contraste avec les graves dangers auxquels sont exposés ces braves petits lapins. Les épreuves qu'ils traversent les rendent sympathiques et attachants. L'écriture, belle, délicate, puissante, douce, terrible m'a beaucoup plu.
Vous l'aurez bien compris. J'ai adoré !
Les résumés présentent souvent ce roman comme un grand classique de la littérature anglo-saxonne, voire même un chef d'oeuvre. La lecture et son ressenti sont très personnels, mais je comprends le succès de cette extraordinaire histoire. Pour moi, oui c'est un superbe roman, peut-être bien un chef d'oeuvre ! En tous les cas, je vous le recommande très sincèrement. Si vous suivez mon conseil, j'espère que vous passerez un très agréable moment à Watership Down.
*
Enfin, je remercierais la maison d'édition « Monsieur Toussaint Louverture » pour sa traduction de grande qualité et son très beau travail éditorial. Quel plaisir j'ai ressenti tout le long de ma lecture ! Que du bonheur !
* 
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Josephine2
  26 octobre 2016
Ceci est un précieux bien. « Lorsque j'étais petite, mes parents en avaient acheté 3 exemplaires, car à la maison on se l'arrachait, on se battait pour le lire… » dixit ma libraire.
Comment ?! Vous ne connaissez pas ce chef-d'oeuvre écrit en 1920 par Richard Down ! Et bien non, je n'en avais jamais entendu parler. Pourtant, moi férue de livres pour la jeunesse, je suis passée à côté. Mais ce n'est que partie remise, car en moins de deux, je l'ai dévoré. C'est une réédition remaniée, grâce à Monsieur Toussaint Louverture, qui vient de sortir.
Si vous voulez connaître l'histoire des lapins de garenne de la montagne Watership Down, vivre leurs péripéties, trembler pour eux, et enfin « peloter » en toute tranquilité, immergez-vous dans cette histoire. Vous retomberez en enfance et ça fait fichtrement du bien.
Une belle idée de cadeau de Noël pour nos chères têtes blondes ! Il y a tout pour les séduire.
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  23 novembre 2020
Il était une fois une bande de petits lapins qui vivaient tranquillement dans leur garenne de la campagne anglaise, farfalant au milieu des herbes tendres, menant de temps à autre des raids sur les potagers avoisinants.
Un matin de sinistre augure, Fyveer fit part à son frère Hazel de ses prémonitions d'une catastrophe imminente : un terrible danger était sur le point de s'abattre sur leur garenne et de la détruire. Il fallait donc fuir au plus vite, vers d'autres prairies plus vertes et clémentes.
Les deux frangins réussirent à convaincre quelques congénères de partir avec eux, et voilà la petite troupe en route vers une terre promise inconnue, où fonder une nouvelle garenne et vivre en paix.
La quête est évidemment ardue et pleine de dangers, mais nos petits amis sont courageux et déterminés, en plus d'être aidés par les visions de Fyveer. Bientôt, ils trouvent le lieu idéal, mais comprennent aussitôt que leur projet ne pourra se réaliser pleinement qu'à la condition de pouvoir perpétuer leur lignée. Et même si les lapins sont rapides pour ce faire, il n'en reste pas moins que des lapines sont indispensables à cet égard. Or, de lapines dans leur petite troupe, point.
Qu'à cela ne tienne, ils iront en quérir dans les garennes voisines, à leurs immenses risques et périls.
Eh bien, si on m'avait dit que je serais à ce point captivée par une histoire de lapins étalée sur plus de 500 pages, je ne l'aurais pas cru, par le grand Krik ! Il y a bien quelques longueurs, mais globalement c'est plein de charme et drôlement addictif. Au point que quand je levais le nez du bouquin pour regarder par la fenêtre, je m'attendais presque à voir des lapins gambader sur la pelouse.
Ces petits personnages aux grandes oreilles sont hyper-sympathiques et attachants, et l'auteur parvient à nous immerger totalement dans leur univers, qu'il rend encore plus cohérent avec l'ajout de mythes fondateurs et de contes et légendes "lapinesques". On peut y voir différents niveaux de lecture, on y retrouve du Seigneur des Anneaux dans la quête de Watership Down, avec une figure du Mal effrayante et a priori invincible ; on pense aussi à la Ferme des Animaux et à sa dénonciation des sociétés totalitaires. Watership Down est une fable parfois cruelle et violente, une épopée aussi (re)bondissante que Hazel et ses amis. Une histoire qui ne rend pas chèvre mais lapin, un plaisir de lecture qui fait la part belle à l'amitié, la solidarité et la liberté, et qui donne envie de croire qu'un monde meilleur existe, même si ce n'est que dans les livres.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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critiques presse (2)
Elbakin.net   07 décembre 2016
Un livre à lire, alors que quand on y réfléchit, beaucoup s’avèrent superflus…
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
LeJournaldeQuebec   18 octobre 2016
Un truculent roman dépassant le cadre de la littérature jeunesse que certains n’hésitent pas à comparer au Seigneur des anneaux.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (118) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   16 juillet 2018
Les hommes n'ont pas conscience que le jour n'est pas celui qui chasse la nuit. Pour eux, même lorsqu'elle est voilée de nuages, la présence du soleil est l'état naturel de la terre et du ciel. Quand ils pensent aux collines, ils ne les imaginent pas dans l'obscurité, de même qu'ils ne se représentent jamais un lapin sans fourrure. Ils oublient le squelette sous la chair, ils oublient le clair de lune et prennent le jour pour acquis, alors que celui-ci ne fait pas partie des collines. Le clair de lune est inconstant, il décroît puis croît à nouveau. Les nuages peuvent l'obscurcir bien plus qu'ils n'obscurcissent le soleil. On ne peut vivre sans eau, mais on peut se passer de cascades. Elles sont jolies, elles sont un luxe. On a besoin du jour, il est donc utile, mais pas du clair de lune. Quand il descend, il ne satisfait aucun besoin. Il transforme. Il se pose dans les vallons et sur les prairies, et distingue la longue tige de la voisine ; d'un seul monceau de feuilles couvertes de givre, il fait une myriade d'éclats étincelants ; il file son trait tremblant le long des branches humides comme si la lumière elle-même était malléable.
+ Lire la suite
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LutopieLutopie   24 avril 2019
Le vent souffle ... souffle sur l'herbe des champs.
Le vent agite les chatons des saules ; les feuilles brillent d'argent.
Vent, où vas-tu ? Très loin, si loin,
Par-delà les collines, par-delà les lisières du monde.
Emporte-moi, ô vent, bien plus haut que le ciel,
Je t'accompagne, je serai lapin-du-vent
Au ciel, ciel de plume et lapin ensemble.
Le fleuve coule, coule sur les cailloux
Traverse le cresson bleu, les têtes-d'or, le bleu et l'or de mai
Fleuve, où vas-tu ? Très loin, si loin,
Par-delà les bruyères, toute la nuit durant.
Emporte-moi, ô fleuve, là-haut sous les étoiles.
Je t'accompagne, je serai lapin-du-fleuve
Au fil de l'eau, eau verte et lapin ensemble.
En automne volent les feuilles jaunes et brunes.
Elles se froissent dans les fossés et se débattent sur les haies.
Feuilles, où fuyez-vous ? Très loin, si loin,
En terre nous allons, où vont les fruits et la pluie.
Emportez-moi, ô feuilles où vous emporte votre course noire.
Je vous accompagne, je serai lapin-des-feuilles.
Au fin fond de la terre, terre et lapin ensemble.
Krik repose dans le ciel du soir. Les nuages sont rouges autour de lui.
Je suis ici, Seigneur, je cours dans l'herbe longue.
Emporte-moi, toi qui descends derrière les bois,
Très loin, jusqu'aux entrailles du jour, vers le silence.
Car je suis prêt à te donner mon souffle et ma vie,
Cercle lumineux, soleil et lapin ensemble.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   18 décembre 2016
Les créatures qui n'ont ni heure ni minute sont aussi sensibles aux secrets du temps qui passe qu'à ceux du temps qu'il fait ; elles savent également parfaitement s'orienter, comme en témoignent leurs extraordinaires migrations. Un lapin est capable de percevoir les changements de température et d'humidité du sol, la baisse d'intensité de la lumière, les variations du mouvement des feuilles dans la brise, ainsi que la direction et la force des courants d'air au ras du sol.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   19 décembre 2016
La troupe était devenue plus méfiante, plus maligne ; les lapins savaient ce qu'ils voulaient, se comprenaient et travaillaient dans un esprit de solidarité. Plus de disputes. Ils s'étaient rapprochés les uns des autres, s'appréciant désormais avec moins de retenue, et comptaient davantage sur les compétences de chacun. Ils avaient conscience que leur survie dépendait entièrement de leur cohésion, et ils étaient bien décidés à ne rien gâcher de leurs atouts.
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HundredDreamsHundredDreams   31 janvier 2021
Le Maître devait son rang non seulement à la vigueur dont il avait fait preuve dans sa jeunesse, mais également à sa sagesse et à une retenue contrastant avec la nature impulsive qui caractérisait la plupart des lapins. Chacun savait qu’il ne se laissait jamais impressionner ni par les rumeurs ni par le danger. Il était resté calme – certains l’avaient même trouvé insensible – devant l’horrible hécatombe provoquée par la myxomatose. Sans pitié, il avait chassé tous les lapins qui semblaient présenter des symptômes, s’était farouchement opposé à toute idée de migration et avait imposé aux siens une sorte de confinement qui, en les isolant complètement, les avait certainement sauvés de l’extinction.
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