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ISBN : 275786081X
Éditeur : Points (05/10/2017)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 96 notes)
Résumé :
« Parfois, mieux vaut avoir de la chance que d'être bon. »

Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n'a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n'hésite pas à s'enfoncer dans les quartie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  21 octobre 2017
« Une fascinante plongée dans les bas-fonds de la société japonaise ». Voilà ce que nous promet « Le Monde ». J'ajouterai : « Un Américain au pays des yakuzas ».
Quatrième de couverture plus que prometteuse pour « Tokyo Vice » où le titre donne à penser à une lecture surprenante de l'écrivain Jake Adelstein, un journaliste américain, le premier occidental à travailler pour le quotidien japonais « Yomiuri Shinbun », (c'est donc un gaijin).
Le livre commence ainsi :
« Vous supprimez cet article, ou c'est vous qu'on supprimera. Et peut-être votre famille aussi. Mais on s'occupera de vous en premier, pour que vous appreniez quelque chose avant de mourir.
(…) Ce n'est jamais une bonne idée de se trouver du mauvais côté du Yamaguchi-gumi, la plus grande organisation criminelle du Japon. Avec ses 40 000 membres environ, ça fait un paquet de mecs à qui on les brise ». (page 11)
Jake décide d'écrire cet article malgré cet ordre pas vraiment réjouissant et sa réponse est que c'est son boulot car il tient un très bon sujet en or avec une histoire de trafics d'organes et de greffes multiples mais ce n'est pas sans danger car les personnages incriminés sont très haut-placés au Japon.
Il va donc passer dix ans en immersion dans les bas-fonds japonais et ce journaliste d'investigation nous donne son point de vue, ses découvertes sur la pègre, nous dévoile la traite d'êtres humains, des assassinats, la corruption, la prostitution… tout y passe.
Mais il doit faire attention de ne pas tomber dans les erreurs de ceux qui débutent au Japon.
Son histoire est simple. Ses reportages le font remarquer. Il nous raconte un Japon méconnu avec certaines anecdotes et des portraits de personnages dont certains sont attachants, mais d'autres repoussants.
Le portrait des yakuzas, ces hommes – ces gangsters aux neuf doigts et hyper tatoués – nous en apprend beaucoup sur la mafia japonaise.
Son travail l'entraîne autant à coopérer avec la police qu'avec ces yakuzas. C'est une plongée fascinante dans ce monde pour lequel on ne connaît surtout que de belles images mais ici, c'est du côté noir dont il est question.
Il pense s'intégrer plus facilement en apprenant les arts martiaux mais ce n'est pas suffisant.
Sa vie est menacée ainsi que celle de sa famille….
Le style de l'auteur est tout simple et il nous démontre combien l'honneur et la tradition, qui étaient importants pour les yakuzas, sont passés après le profit et de sordides trafics ainsi qu'une prostitution incroyable.
Mais il arrive à garder un certain humour au milieu d'un Tokyo pourri jusqu'à la moelle.
Je m'attendais à une lecture captivante, elle l'a été ; et grande a été ma surprise de découvrir autant de laideur, de personnages plus pervers et cyniques les uns que les autres.
On se demande aussi comment va s'en sortir Jake qui a laissé femme et enfants dans son pays et pour lesquels la mafia japonaise a émis des menaces de mort. Mais Jake tient bon et nous décrit comme personne des scoops insensés sur cette immense corporation criminelle, peut-être l'une des plus grandes au monde.
Il reconnait d'ailleurs avoir vécu dans la peur jusqu'à la parution de son livre.
On apprend également que la plupart des Japonais ont peur de ces yakuzas, mais il en est qui les admirent en les considérant comme un mal nécessaire ?!? Pourquoi ? Parce que pour eux c'est un peu comme un mythe. A ceux-là, je dis : "Mais lisez donc ce livre". Ou alors ont-ils peur eux aussi et font-ils semblant de ne pas croire à toutes ces horreurs ou de se voiler la face ?
On voit aussi que parmi ces yakuzas se trouve la grande famille de Yamagucho-gumi et qu'il y a eu une séparation avec les Kobe Yamaguchi-gumi. Il faut lire ce livre pour comprendre tous ces noms japonais.
Un livre très passionnant et "Le Monde des Livres" a écrit ceci : "Tokyo Vice rejoint d'autres ouvrages majeurs de la littérature du réel parmi lesquels Baltimore ou Gomorra".
A signaler qu'à la fin du livre, dans sa "Note sur la protection des sources", Jake Adelstein a précisé : "L"une des difficultés que j'ai affrontées en rédigeant ce livre, c'est de réussir à l'écrire sans mettre en danger mes informateurs ni porter préjudice aux personnes mentionnées. Au Japon, un officier de police qui confie une info à un journaliste peut se retrouver au tribunal, et cela peut parfaitement lui coûter son travail" (page 481).
On ne peut donc que saluer le courage de l'écrivain et le féliciter pour toutes ces révélations, aussi sombres soient-elles, puisqu'elles ne sont que le reflet de la triste vérité d'un pays que l'on préférait voir sous un autre angle, plus beau, plus exotique, ce "Pays du Soleil Levant".
Une remarque aussi sur la couverture du livre des Éditions Marchialy dont l'illustration représente une gravure d'art de leur graphiste, Guillaume Guilpart. C'est vraiment agréable et particulier.
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sandrine57
  07 novembre 2017
En 1993, Jake Adelstein a 24 ans quand il intègre le Yomiuri Shinbun, le quotidien le plus vendu de la planète. Contre toute attente, un juif américain, un ''gaijin'', est embauché pour travailler à l'égal des journalistes japonais dans ce journal conservateur qui recrute les meilleurs dans les grandes universités de Tokyo. Il y restera 12 ans, commençant sa carrière par des affaires mineures en banlieue pour finir au press club de la police de Tokyo à enquêter sur les yakuzas, du blanchiment d'argent au trafic d'êtres humains. Quand, menacé de mort par la mafia nippone, il quitte le journal, et même le pays, il continue son travail d'investigation pour faire tomber Tadamasa Goto, l'un des dirigeants yakuza les plus importants. Sa femme et ses enfants en sécurité aux Etats-Unis, il revient à Tokyo, protégé par la police et se payant les services d'un garde du corps personnel.
Dans Tokyo vice, le journaliste raconte par le menu sa difficile intégration au sein du journal, sa découverte de l'entreprise, le respect de la hiérarchie, les horaires de travail étirables à l'envi, la recherche d'informateurs dans tous les milieux, les rapports parfois houleux avec la police, son immersion dans les quartiers chauds de la ville, ses relations ambiguës avec les voyous et, bien sûr, ses enquêtes au sein de la pieuvre yakuza.
Reportage journalistique, documentaire sociétal, récit initiatique, polar noir non fictionnel...Tokyo vice est tout cela à la fois. C'est le témoignage engagé, sans doute partial, mais incroyablement vivant d'un jeune journaliste qui fait ses armes dans une société dont il apprend en même temps les usages. Loin d'un Japon idyllique, policé et zen, Adelstein raconte la violence, la prostitution, la traite d'êtres humains, les bas-fonds, les accointances entre politique et mafia, les policiers démunis, la puissance des yakuza. Parés d'une aura de mystère, craints et respectés, ces mafieux ont longtemps bénéficié d'une image romanesque mais les temps ont changé, le code d'honneur n'est plus respecté, les civils non plus, l'argent est devenu roi et justifie toutes les exactions. Usure, immobilier, drogue, commerce du sexe, les yakuza ont la main mise sur tout ce qui permet de soutirer, extorquer, engranger de l'argent, manipuler, menacer, tuer ceux qui résistent.
Un récit nerveux, parfois drôle, souvent effrayant, émouvant aussi quand il évoque ce policier intègre, mort d'un cancer dans l'indifférence générale ou cette collègue journaliste suicidée après une mise au placard injuste ou encore cette amie prostituée disparue sans laisser d'adresse alors qu'elle enquêtait pour lui. le style est journalistique donc sans grand relief mais le témoignage est suffisamment fort pour faire abstraction des imperfections et des répétitions. Sincère et instructif.
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Sylviegeo
  01 octobre 2016
Chapeau bien bas pour le tour de force et saluons l'audace de Jake Adelstein. Il semble qu'intégrer un des plus grands journaux japonais , pour un étranger, soit tout un exploit.
Avant d'exposer mon opinion, permettez-moi de commenter l'édition. Mention spéciale 5 étoiles pour le travail léché. Magnifique illustration de couverture de Guillaume Gullpart, les titres de chapitre à la japonaise, donc à la verticale, les notes et commentaires à côté du texte, vraiment, une mise en page exemplaire et innovante. Bravo.
Tokyo Vice ce sont les mémoires de ce "gaijin", embauché comme journaliste au Yomiuri Shinbun (rien que plus ou moins 15 millions de lecteurs) . C'est aussi un peu l'histoire de son intégration à la société japonaise ce qui ne semble pas si évident.
Il commence donc par couvrir la banlieue tokyoïte et ses petites délinquances durant quelques années. Et vient la mutation vers le grand Tokyo où il suivra les enquêtes pour homicides, suicides, disparitions, prostitutions, trafics, etc.
Il y découvre le "grand crime organisé". Enquêter sur les "yakuzas" avec tout ce que cela comporte de dangers, de menaces personnelles ou pour l'entourage, relève clairement de plus que de l'esprit d'aventure.
Jake Adelstein s'acharnera en particulier sur un leader de cette pègre japonaise surnommé le "vautour". Vautour qui a fait son argent dans les prêts usuraires entre autres choses.
Toutefois, je ressens un malaise en refermant ce livre. Malaise qui ne concerne pas l'exploit de l'auteur mais plutôt sa personnalité. Je ne crois pas que j'aimerais ce genre de personne. Malgré que ce qu'il a fait en dénonçant les pratiques hautement criminelles des yakuzas soit des plus louables, ce genre de personnage ne me plait pas. Centré sur lui-même, égoïste, individualiste, plein de soi, non il ne m'a pas plu. Je suis peut-être trop sévère mais c'est ce que j'ai ressenti. Même quand il nous raconte son inquiétude pour sa famille ( 2 petits enfants, 1 conjointe) ou pour son amie (Helena) ça m'a semblé artificiel comme préoccupations, bien loin d'être senti. Son empathie devenait obligation et non compassion...enfin...
Mais soyons honnête c'est une lecture hautement intéressante et Tokyo Vice se lit comme un roman de chroniques du Japon moderne.
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blandine5674
  06 septembre 2017
C'est sûr qu'après ce livre, je ne verrai plus jamais le Japon de la même façon. Je connaissais les mangas, les cerisiers, les tsunamis. Dans cette bio, je découvre la mafia des yakuzas, officiellement 58 600 membres fin 2013. C'est la plus grande organisation au monde d'un groupe de crime organisé. Jake Adelstein est arrivé au Japon à 19 ans pour y poursuivre des études de journalisme. En 1993, il est embauché dans un quotidien japonais, le plus vendu sur la planète.
Il nous raconte son embauche, accompagné des rituels propres au pays. Je ne pensais pas qu'il y avait autant de codes en usage chez les nippons. Certains sont drôles, d'autres ridicules pour un européen. En tant que journalisme d'investigation, il nous entraîne dans les milieux de la prostitution et tout ce qui tourne autour et qui fait du fric. le tout chapeauté par la mafia. Beaucoup de similitudes avec Gomorra de Roberto Saviano. Normal puisque les deux ont le même métier et dénoncent à peu près la même chose. Par contre le style est différent. L'auteur se met en scène sans fausse pudeur ni orgueil. Des témoignages de prostitués qui font froid dans le dos. Ce qu'il dit de sa sexualité après ces révélations est d'une grande force. Il a porté une grosse pierre pour démanteler ces réseaux, au risque de sa vie et de ses proches. Espérons que cela continue à porter ses fruits.
Visiblement Marchialy est une nouvelle maison d'édition. J'ai apprécié les bas de pages (qu'il faudrait dans ce cas renommer) qui sont placés dans la marge au niveau de l'astérisque.
De la qualité comme ça, j'en redemande.
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Kirzy
  18 novembre 2017
Tout est vrai dans ce livre-enquête au point de vue unique : celui du seul journaliste occidental admis dans le club de presse de la police métropolitaine de Tokyo. Une dizaine d'années à couvrir les aspects les plus sombres du Japon avec en fil conducteur, les fameux Yakuzas : extorsions, assassinats, corruption, traite des êtres humaines, prostitution, une vraie plongée dans les bas-fonds de Tokyo jusqu'à l'ultime scoop qui met sa vie en danger. S'il reste en vie, c'est que les Yakuzas croient qu'il est agent de la CIA.
Voilà une chronique extrêmement informative, souvent trépidante avec des scènes souvent truculentes comme lorsque le narrateur se rend chez un inspecteur important et cherche à l'amadouer en apportant des glaces à sa fille.
Cela peut faire penser à Gomorra sur la mafia napolitaine, mais Tokyo vice manque un peu de " chair ", comme si l'auteur avait eu besoin de recul pour pouvoir décrire ce qu'il a vécu. Certains chapitres s'enchaînent comme une suite de micro- enquêtes sans qu'on s'y intéresse complètement. Mais dès que l'auteur revient sur le terrain des Yakuzas, cela redevient passionnant.
A noter que ce livre n'a jamais été publié au Japon, les éditeurs n'ont pas osé suivre ...
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critiques presse (1)
Liberation   15 février 2016
Dans une atmosphère de photos de Moriyama, il y interroge nos pratiques et notre rapport à l’information, à une culture différente, à l’autre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   16 novembre 2017
Les Japonais ont un mot si subtil et compliqué pour désigner la tristesse qu’aucune traduction ne lui rend justice.
Setsunai est habituellement traduit par triste, mais il écrit plutôt un sentiment de tristesse et de solitude si fort que vous pouvez le sentir physiquement dans votre poitrine, comme si vous étiez oppressé, comme si vous ne pouviez plus respirer : une tristesse physique et tangible. Il y aussi ce mot, yarusenai, qui désigne une peine ou une douleur si intense que vous ne pouvez pas vous en débarrasser, qu’il est impossible d’en faire le deuil.
(…)
Je connais une magnifique chanson pour enfants, écrite par Takehisa Yumeji qui s’appelle La Primevère du soir. Il s’agit d’une fleur, jaune ou blanche, qui n’éclot que la nuit, puis se teinte de rouge le matin avant de faner. (…)
Tu vis et attends, attends, attends
Mais l’autre ne viendra peut-être jamais
Comme quand tu attends la primevère du soir
Ce sentiment de tristesse infini
Ce soir, il semble même
Que la lune ne viendra pas.
P.297/298
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EnkiEnki   23 novembre 2016
Le bar où il m’avait donné rendez-vous était un troquet sordide. Microscopique. Ça ressemblait plus à un placard. Un comptoir en pierre de lave traversait la pièce. Il n’y avait ni fenêtre ni table à laquelle s’asseoir. Il faisait si noir que chaque fois que j’allumais une cigarette j’avais l’impression de déclencher un incendie.
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30553055   17 février 2016
Après la cérémonie, Matsuzaka, l'ancien étudiant de Sophia qui avait appuyé ma candidature, m'emmena boire un coup. À ce stade de ma carrière, je ne buvais pas encore d'alcool. Nous allâmes dans un bar à shot de Ginza, où John Coltrane sortait des enceintes incrustées dans le plafond, et dont les tables en marbre et les petits verres alignés étaient tellement lustrés que même la faible luminosité les faisait étinceler. C'était un endroit très classe et certainement pas le genre de tripots autour desquels les journalistes du Yomiuri avaient tendance à graviter. Je commandai un coca et commençai à raconter que j’avais hâte d'être assigné à un service et d'"apprendre le métier". Matsuzaka me coupa la parole d'un geste de la main. "Il ne s'agit pas d'apprendre, mais de désapprendre. Il s'agit de lâcher prise, de se laisser aller, de se débarrasser de toutes préconceptions, d'oublier tout ce que tu croyais savoir. C'est la première chose que tu apprendras. Si tu veux être un excellent journaliste, tu dois t'amputer de ton passé. Tu dois laisser tomber ton orgueil, ton temps libre, tes loisirs, tes préférences et tes opinions.
"Si tu as un petite copine, elle s'en ira dès que tu ne seras plus dans les parages, et tu ne vas pas beaucoup y être. Tu dois laisser tomber ton amour-propre parce que tout ce qu tu crois savoir est faux.
"Tu dois te montrer amical envers des gens que tu n’apprécies ni politiquement, ni socialement, ni moralement. tu dois respecter les journalistes qui sont tes aînés. Tu ne dois pas juger les gens mai apprendre à juger la qualité des informations qu'ils te donnent. Tu dois diminuer tes heures de sommeil, de sport et de lecture. Ta vie va se réduire à lire le journal, boire des coups avec tes sources, regarder les infos, vérifier que l'on ne t'a pas piqué un scoop et respecter les deadlines. Tu sera abreuvé d'un travail qui te paraîtra insignifiant et stupide mais tu le feras quand même.
"Tu apprendras à laisser de côté ce que tu aimerais être vrai et trouver ce qu'est la vérité, et tu la rapporteras telle qu'elle est, et non telle que tu la souhaites. C'est un travail important. Les journalistes sont les seuls dans ce pays à tenir tête aux forces dominantes. Ils ont les derniers gardiens de cette démocratie fragile que nous avons au Japon.
"Laisse tomber tes partis pris, ta dignité, ton orgueil, et fais le boulot. Si tu peux faire ça, tu pourras devenir un grand journaliste."
Il dit tout ça sans marquer de pause, dans un monologue calme et maitrisé. Il était évident qu'il y réfléchissait depuis très longtemps.
Mais il n'avait pas fini.
"Souviens-toi de ça. Sois prudent, sans quoi tu perdras tout ce qui copte pour toi, jusqu’à ta propre personne. C'est un numéro d'équilibriste ardu. Parfois les gens s’abandonnent complètement à leur travail et n'en tirent rien en retour. Cette entreprise s'occupera bien de toi tant que tu lui seras utile, et à moins de commettre un crime, tu ne seras jamais viré. C'est une vrai sécurité de l'emploi. Toutefois, en tant que journaliste tu deviens une marchandise remplaçable. Une fois ton utilité obsolète, tu ne seras plus journaliste. Tu feras autre chose. Un journaliste n'a qu'une vie très court dans cette maison. Profites-en tant que ça dure. En clair, déleste-toi de tout ce qui est superflu, mais fais en sorte de laisser derrière toi quelque chose qui mérite d'exister."
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EnkiEnki   06 mars 2016
« Tu as fait la seule chose que tu pouvais faire. Tu as pris la bonne décision. Aucun article ne vaut la peine de mourir, aucun article ne mérite non plus que ta famille meure. Les héros sont simplement ceux qui n’ont plus le choix. Tu avais encore le choix. Tu as fait le bon. »
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blandine5674blandine5674   04 septembre 2017
Parfois, dans la montagne, les animaux finissent par dessiner un sentier à force d’emprunter toujours le même chemin. Si tu ne le sais pas, tu es tenté de croire qu’il a été tracé par des hommes – parce que ça en a l’air. Si tu suis ce chemin, le sentier des bêtes, tu n’aboutiras nulle part. Les gens se perdent dans la nature, ils s’enfoncent de plus en plus et finissent complètement perdus. Parfois ils ne peuvent plus faire demi-tour et ils meurent. Cette voie n’est pas faite pour les hommes, c’est un détour mortel. Es-tu sûr de vouloir t’y aventurer ? Car cela ne te mènera pas là où tu veux aller.
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