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Critique de Pois0n


Pois0n
  19 juin 2018
Lagos Lady avait tout pour lui. Vraiment, vraiment tout. du moins jusqu'à ses dernières lignes. Ce qui n'était écrit nulle part, c'est que Lagos Lady n'est pas un one-shot mais un tome 1, et pas du genre à pouvoir se lire de façon indépendante mais de ceux abandonnant leur intrigue en plein milieu ; en mode « la fin au prochain numéro ». Frustrant à l'extrême, non pas à cause du fait en lui-même, mais bien parce que ce n'était pas indiqué ! Pour avoir la fin donc, il va falloir être patient, très patient, puisque celle-ci paraîtra en Septembre en VO...

Pour le reste, on passe quand même un très bon moment à suivre Guy, l'anglais ne sachant pas trop dans quoi il a mis les pieds, et Amaka, la justicière improvisée au tempérament de feu, dans les rues de Lagos ; en passant par un flic moins corrompu que la moyenne ou des petits caïds voulant jouer dans la cour des grands. le début du roman s'avère franchement longuet, mais passé le tiers de celui-ci, le rythme ne retombera plus, pour au contraire constamment s'accélérer.

Si le duo formé par les deux personnages principaux se veut complémentaire, la pseudo-romance qui se développe entre eux ne convainc pourtant pas. Trop rapide au départ, compliquée par l'attitude timorée de l'un et trop méfiante de l'autre, elle se transforme presque aussitôt en « je t'aime moi non plus » sans grand impact sur l'intrigue.
Heureusement, on peut compter sur les personnages secondaires pour développer celle-ci, à commencer par Knockout et Go-Slow, des apprentis gangsters caricaturaux tant ils manquent de jugeotte et presque drôles malgré eux, auxquels s'ajoute Catch-Fire qui, vivant dans sa maison bling-bling entouré de prostituées, ne vaut pas tellement mieux. Et puis il y a les méchants les vrais, les politicards véreux (tout le monde ou presque semble corrompu dans ce bouquin), les nouveaux riches l'étant devenus personne ne sait trop comment et la petite bourgeoisie bien comme il faut se préoccupant davantage de l'image de marque du quartier que des victimes. Tout ce petit monde plus ou moins pourri se croise, se recroise, et au fil de ces interactions se dessine une version parallèle de l'histoire, vue de l'intérieur et beaucoup plus intéressante que l'enquête hésitante d'Amaka et Guy.

Niveau ambiance, on n'est donc pas là pour rigoler, entre voitures de luxe et étudiantes n'ayant pas d'autre choix que vendre leur corps pour survivre, petites frappes prêtes à tout pour devenir « des vrais » quitte à faire vraiment n'importe quoi, pots-de-vin à gogo et quartiers qu'il vaut mieux ne même pas traverser. Dans un univers où réussir et rester intègre semblent complètement incompatibles, l'opposition et la proximité entre le luxe le plus opulent et la misère totale ne cesse jamais de transparaître. D'un côté, l'on a donc du blabla, des jeux de pouvoir et des coups de fil ; de l'autre, une scène de fusillade absolument mémorable arrivant à point nommé pour réveiller l'intérêt du lecteur. Et si l'on n'échappe pas à quelques clichés (), c'est malgré tout un plutôt bon polar que ce Lagos Lady, certes pas toujours passionnant, mais rudement bien ficelé et où l'on finit presque par se méfier de tout le monde.

Reste cette fin, ou plutôt cette non-fin qui laisse tout en suspens...
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