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ISBN : 2709636263
Éditeur : J.-C. Lattès (22/08/2012)

Note moyenne : 2.57/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Laurent, ouvrier depuis plus de vingt ans dans une usine de pots catalytiques, la Contilis, est brutalement licencié pour cause de délocalisation en République tchèque. A la suite d'une séquestration mouvementée de son patron, il se retrouve seul : sa femme, l'unique amour de sa vie, est partie en emmenant leur fils. Laurent semble alors condamné aux stages inutiles et au chômage longue durée, jusqu'au jour où le Conseil régional lui propose de disputer avec ses anc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
reveline
  16 septembre 2012
En ouvrant ce roman, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. La quatrième de couverture laissant augurer d'un drame social (la fermeture brutale d'une usine) mâtiné d'humour et d'une belle leçon d'espoir. J'avoue que j'étais assez inquiète de devoir me lancer ainsi dans l'inconnu et surtout du ressenti négatif que je pourrai avoir éventuellement sur le livre après avoir eu une expérience malheureuse par le passé avec un autre ouvrage de Carl Aderhold (Mort aux cons) que j'avais abandonné après seulement quelques chapitres tant l'humour ne m'emportait pas comme on me l'avait pourtant promis et tant le style de l'auteur me déplaisait. Et pourtant, j'ai une sainte horreur d'abandonner un livre en cours de route...
J'étais donc anxieuse de la critique négative que peut-être j'aurai à écrire sur ce livre mais surtout assez angoissée à l'idée de ne pas pouvoir le lire jusqu'au bout peut-être.
Alors, qu'en est-il finalement ?
La couverture à la fois colorée et décalée avec ses casques de chantier multicolores pouvait faire songer à un roman léger et humoristique de même que le titre en forme de jeu de mot « Fermeture éclair » qui donne immédiatement le ton du nouveau roman de Carl Aderhold. Mais cet ouvrage à mi-chemin entre le drame et la comédie sociale est empli de bien plus de gravité qu'il n'y parait de prime abord ou que la quatrième de couverture promettant une leçon d'espoir semblait le laisser supposer.
Ce qui se remarque dès les premières pages est le rythme soutenu de l'écriture. Les chapitres sont courts, les phrases aussi, les paragraphes rédigés d'un seul souffle sans ponctuation envahissante qui alourdirait la fluidité d'un style qui reste simple et plaisant à lire. L'auteur écrit comme on parle sans fioritures pour faire joli ou tarabiscotage pour faire « écrivain ». le choix d'intégrer certains dialogues dans le corps du récit accentuant encore davantage le débit véloce du roman. Comme pour la plupart des romans de cette rentrée littéraire, la police de caractère choisie est très grosse mais cela possède l'avantage de rendre la lecture encore plus fluide.
Saisissante et impitoyable est la vision cruellement réaliste que nous donne l'auteur du monde du travail actuel et, en corollaire, de la dislocation d'une usine française en voie de délocalisation dans un pays de l'est, qui s'inspire manifestement d'événements récents comme on en voit hélas trop dans les journaux télévisés, désespoirs, violences et séquestration en tête. L'analyse des rapports entre les ouvriers et les syndicats est pertinente et le fonctionnement d'une entreprise est finement décrypté pour le lecteur lambda, comme moi, peu au fait de leur fonctionnement économique.
La psychologie des personnages est fouillée. Les trajectoires intimes de chacun des protagonistes atteignent leur cible, notre coeur compatissant et nous nous attachons à cette équipe de « bras cassés », de « robin des bois » ivre de vengeance et de ressentiment.
Le cynisme des politiciens et notamment du conseil général de l'Orme qui « récupère » les chômeurs pour exploiter leur misère afin de s'attirer les faveurs de l'opinion publique en les inscrivant à la Coupe du monde de football des chômeurs, atterre et révulse à la fois et c'est dans ce contexte que toute l'ironie de Carl Aderhold a la place de s'exprimer librement. Après tout, n'existe-t-il pas une coupe du monde de football des SDF ? L'auteur n'est donc pas si éloigné que cela du cynisme de notre société occidentale.
Carl Aderhold explore le spectre des conséquences qui découlent de la fermeture brutale d'une usine et de la mise au chômage d'un groupe d'individus emplis tout autant de colère que de fierté et d'espoir. L'occasion est là d'évoquer pêle-mêle les problèmes de couple après plusieurs années de mariage, la crise d'adolescence, la politique hexagonale ou bien encore les difficultés de l'intégration des immigrés…
Je passerai sur l'humour de l'auteur que j'ai trouvé un peu trop graveleux et souvent trop masculin à mon goût et préfère insister ici sur la causticité dont il sait faire preuve au travers de cette histoire de vengeance pire de revanche sur la vie orchestrée par une bande de copains que la trop grande honnêteté fait parfois ressembler aux « pieds nickelés ».
J'avais un peu peur d'un roman trop social qui ne constituerait qu'une longue diatribe contre notre société contemporaine mais au final, avec cette histoire qui n'est pas sans évoquer le formidable film The Full Monty (film britannique où une bande de chômeurs aux abois décident de monter un spectacle de strip-tease pour gagner un peu d'argent), l'auteur nous propose un roman assez corrosif et dans l'air du temps qui se révèle sympathique à lire.
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Nadouch
  12 novembre 2012
Roman reçu dans le cadre de Masse Critique (merci !). le titre et l'accroche m'avaient bien tentée, curieuse que j'étais de voir comment serait traitée la situation, fort banale, de fermeture d'usine, de chômage, et en même temps, au niveau individuel, de séparation conjugale.
Autant le dire de suite, ce roman ne m'a pas emballée. 3 grandes phases dans l'histoire, d'intérêt divers : d'abord, la phase de fermeture d'usine et son annonce auprès des ouvriers (dont Laurent, personnage central du roman, même si certains chapitres sont centrés sur d'autres, il reste le fil rouge), puis le départ de la femme de Laurent. Cette première "partie" m'a bien plu : de bonnes descriptions des situations de travail, un bon rendu du sentiment d'impuissance face aux décisions dictées par l'économie, bref, un visage du capitalisme et de ses conséquences assez bien dépeint, quoique de façon assez convenue. Rien de révolutionnaire, un petit côté "Des vivants et des morts" sur certains passages, très fortement même, avec une différence fondamentale au niveau de l'écriture, que j'ai trouvée par moment relativement maladroite, voire bâclée.
2ème phase : certains des nouveaux chômeurs sont sélectionnés pour la Coupe du Monde de football des sans emploi, et là le roman aurait pu devenir plus mordant. Hélas, il prend alors une tournure très bien pensante (ah, l'esprit d'équipe sorti d'on ne sait où mais qui vainc tout), sans compter le focus sur le fils de Laurent, qui s'enferme dans sa chambre et devient un parfait "geek" (ah, les poncifs sur l'Internet qui coupe de la vraie vie mais fait d'un ado boutonneux un petit génie capable d'infiltrer les ordinateurs de tout un chacun). Tout ceci a commencé à m'agacer un peu, sans oublier l'écriture, par trop elliptique et sentencieuse...
Enfin, 3ème phase, l'après coupe du monde, la tentative de reconquête de Laurent auprès de sa femme, la vengeance envers le patronat. Tout ceci très convenu, assez plat, même s'il est vrai que l'on sent bien une certaine évolution du personnage de Laurent, mais trop caricaturale...
Pour conclure, je dirais qu'en lisant ce roman j'ai eu l'impression de regarder un téléfilm de France Télévisions : on me donne ce que j'ai envie de voir (ou ce qu'on pense que j'ai envie de voir), ça me fait passer le temps, ça me montre un certain quotidien qui pourrait être le mien (ou ce qu'on pense être le quotidien de certains) et on me rassure sur la nature humaine... Voilà, un roman facile mais sans beaucoup d'intérêt, il lui manque le mordant que le titre laissait présager.
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rvclaire
  07 novembre 2012
Inscrit dans le temps présent, celui des drames collectifs engendrés par la crise et les fermetures d'usines, celui des drames familiaux également engendrés par la crise et les fermetures d'usines, ce roman de Carl Aderhold conte une histoire tristement banale, trop réelle, avec de bons mots.
Ce récit est celui d'une « fermeture éclair » qui touche une usine du groupe Contilis. La fermeture intervient d'un coup, d'un seul. Sans échappatoire. Les Contilis sont dans l'imaginaire ce que peuvent être les Conti, les Pétroplus, les M'Real dans nos journaux d'actualité bien réels de ces années 2010 qui égrainent chaque jour le nom d'entreprises au bord du gouffre, parfois sauvées, toujours en sursis, souvent condamnées. L'entreprise du roman était familiale et appartenait depuis trois ans à un groupe américain. Proie d'un plan social au moment du changement de propriétaire, elle est au moment de la narration victime d'un second plan, définitif, qui touche Laurent et tous ses collègues.
Ceux-ci peuvent bien se battre avec l'énergie du désespoir, le vrai – accentué pour une séparation pour notre anti-héros socialement et humainement défait – ils n'obtiendront rien sinon le droit de participer à une dérisoire « coupe du monde des chômeurs ».
Irréelle mais pas irréaliste cette compétition de football permet à l'auteur de ce roman social de sanctifier l'humain, l'équipe, en même temps qu'il décrédibilise l'action publique : son histoire est tristement réaliste alors qu'elle décrit une manifestation organisée par des collectivités publiques (dont un conseil général), une manifestation financée par le groupe qui a fermé l'usine locale…
Tristement réaliste mais trop binaire, l'auteur livre un manifeste qui ignore parfois la complexité humaine. Moins pour la composition de l'équipe constituée autour de Laurent, entraînée par l'ancien DRH, soignée par l'ancienne comptable que pour cet ancien patron qui pourrait peut-être leur remettre la coupe, ce patron qui n'a connu comme moment de gloire dans sa carrière qu'une prise d'otage savamment orchestrée … par lui. Manipulateur de chiffres, manipulateur d'hommes. le portrait est vraiment peu reluisant. Moins convaincant que celui des licenciés. Trop à charge dans ce récit auquel on pourrait par conséquent reprocher son manichéisme.
Ce roman emporte cependant le lecteur. Il est certes noir : d'un côté les ouvriers perdent leur raison d'être, ils sont condamnés à errer dans un monde qui ne sait quoi faire d'eux, sinon les ériger en faux sportifs, réels paumés, vrais anti-héros ; de l'autre les responsables politiques n'ont aucune arme, que des maux.
Mais il tient en haleine parce qu'il ne se contente pas d'être misérabiliste. L'auteur introduit une force, une intrigue et érige ses personnages, Laurent, et ses comparses sinon en héros au moins en acteurs. Laurent et ses collègues ne s'écrasent pas sous la machine capitalistique qui leur a tout pris, sous la machine politique qui ne les honore pas. Ils souhaitent prendre une revanche, montrer qu'ils sont plus que des ouvriers, plus que des chômeurs, plus que rien. Parce qu'à défaut d'avoir un rôle économique ils sont encore des maris, des amants, des parents, ils feront tout pour obtenir de leur ancien employeur-voyou 50 000 euros qui sont tout à la fois le bout du monde et leur dignité.
Claire,
Aix-en-Provence-Paris, le 29 octobre 2012
NB: Merci à Babelio et à son opération Masse critique de m'avoir non seulement permis la découverte d'un auteur mais encouragé à reprendre la plume pour écrire sur des lectures toujours aussi nombreuses et heureuses, en particulier avec ce flot de romans 2012, plus qu'enthousiasmant.
Lien : http://traindelivres.unblog...
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carode07
  28 septembre 2012
« FERMETURE ECLAIR »
-comme la vitesse à laquelle ce système économique règle leur compte aux ouvriers des usines délocalisées,
-comme cet objet si inventif qui, d'un coup de zip, cache la misère de la réalité qu'il recouvre,
-comme cet ornement futile qui peut juste servir au décorum de certains vêtements à la mode…
Nous voici donc , avec le dernier roman de Carl Aderhold, plongés dans un « Germinal » du 21ème siècle…la conviction en moins, le virtuel en plus.
Le thème de ce roman pourrait paraître, de prime abord, bien banal , sur-médiatisé : une fermeture d'usine, quoi de moins inhabituel, de nos jours ? …chronique d'un fait-divers industriel…c'est qu'on en a déjà décrits, de ces délocalisations scandaleuses, de leurs suites déstructurantes sur le monde ouvrier, de leurs conséquences en « effet papillon » sur la vie familiale des employés, l'avenir des régions, de la société !
Illogisme de ce siècle, qui préfère aduler quelques sportifs, soudainement projetés sous les feux des projecteurs médiatiques, plutôt que de valoriser les valeurs vraies du travail et de l'humain !
Voici donc nos héros ( Laurent, 50 ans, et ses quelques collègues d'infortune), licenciés, bafoués, oubliés, qui soudainement se voient sortir de l'ignorance et de la « désexistence » sociale , de par leur participation à une « coupe du monde de foot des chômeurs » …
C'est réellement une bien belle fiction sociale que ce roman de Carl Aderhold…..
quoique… : « fiction » ???

Cette aventure romanesque ouvre les portes d'une autre réflexion sociologique, plus vraie, plus réaliste, face à la crise ouvrière.

L'intrigue, parfaitement ficelée ;
Le ton, juste et sans concession ;
Le style, imagé et agréable sans pour autant être léger ;
Tout cela fait de cet ouvrage un petit régal littéraire.
Je vous laisse le soin de découvrir le rebondissement final, en lueur d'espoir générationnelle !
Merci, Monsieur Aderhold, pour ce « film » écrit avec autant de tendresse et de justesse que d'humanisme ( avis aux scénaristes qui auraient la lumineuse idée de découvrir ce livre, qui, à mon humble avis, pourrait donner vie à une adaptation cinématographique succulente).
Merci pour cet éclairage nouveau, fictif, mais tellement positif, sur notre avenir ouvrier.
Merci d'avoir tué les cons, et laissé vivre les porteurs de valeurs vraies.
Fermeture-éclair , ou ouverture lumineuse ?
A vous, lecteurs avertis, d'en décider !
Lien : http://chroniquesdelarentree..
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sofy74
  22 août 2013
Un profond ennui pour moi désolée
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
sld09sld09   22 octobre 2017
Habille-toi. Ce soir on sort. L'idée, surgie comme un éclair, lui parut d'une si violente évidence qu'il crut qu'elle allait tout réparer. Pauvres hommes lents à bouger, leur imagination est un bien faible talisman.
Elle lui reprochait de ne plus jamais rien faire. Elle le regarderait étonnée d'abord, puis ravie. Il en était sûr.
"Qu'est-ce qu'on fête ?"
Toi ! Ma princesse, celle sans qui je ne suis rien. Il sourit. Jamais il n'oserait.
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BazartBazart   07 novembre 2012
Il est des hommes que la beauté des femmes électrise, réveillant en eux l’instinct de possession, d’autres, dépourvus de toute imagination, chez qui elle ne produit qu’une brève oscillation parmi le flux des informations gérées par leur cerveau, et d’autres enfin que ce spectacle tétanise. Ainsi était Laurent.
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NadouchNadouch   12 novembre 2012
La victoire n'était pas la seule raison. Le public supportait tout autant des équipes moins fortes ou au palmarès moins fourni. Ce qui comptait, c'était la possibilité de vaincre. La possibilité. Pas la certitude, ni le résultat, mais le fait que, transcendé par l'enjeu, n'importe quel club, même le plus faible, pouvait l'emporter. Le football, c'était le monde tel que les hommes aimeraient qu'il soit. Chacun avait son destin en main, il suffisait de le vouloir.
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grandcaffegrandcaffe   08 septembre 2016
Seule la certitude de la débâcle donnait à la physionomie des hommes cette gravité âpre. La dignité des vaincus.
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baladinbaladin   03 octobre 2017
Au début de leur mariage, elle lui avait fait promettre de s'épargner les interminables engueulades qui semblaient le lot de tous les couples. Les reproches étaient inutiles. On ne se réforme pas. On se quitte.
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Videos de Carl Aderhold (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carl Aderhold
Rouge de Carl Aderhold aux éditions Les Escales
Après la mort de son père, alors qu'il doit vider la maison, Carl est assailli par son passé : de vieux numéros de L'Humanité, des portraits de Marx et Lénine et, surtout, un cahier d'enfant. Sur la première page, un titre écrit de sa main : " Histoire de ma famille ", et en dessous : " de Cologne à Paris, quatre générations d'Aderhold ". Ce sont les traces de sa jeunesse, une jeunesse rouge, à la fois exaltante et honteuse. Des brumes de la mémoire surgit alors un monde dans lequel la politique contrôlait tout : les lectures, les jeux, les sentiments, les rêves. La débâcle sera terrible. Mais la remémoration des défaites n'est-elle pas, pour l'écrivain, à la fois consolation et chant d'amour ?
Dans une langue éblouissante, Rouge explore la filiation impossible, les trahisons, les colères d'une génération, et retrace la folle histoire d'une famille française à travers le XXe siècle.
http://www.lagriffenoire.com/31567-romans-rouge.html
Vous pouvez commander Rouge sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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