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Critique de okidoki


okidoki
  25 mai 2019
Je suis désolée d'avance vis à vis des précédentes critiques enthousiastes, de venir ternir un peu l'aura de ce roman qui reste un bon roman à mon sens .

Mais il y a certains points qui ne sont pas assez développés, et j'ai vraiment regretté cela.
Bien sûr il va sans dire que l'univers est des plus intrigants et que l'analogie avec l'Afrique et son histoire vraiment intéressante. On sent que l'auteure a à coeur de démontrer combien la haine appelle la haine, et que le désir de vengeance ne fait qu'alimenter les massacres sur des générations sacrifiées. Mais parfois, cette volonté est au détriment de l'univers mis en place, qui peine à prendre son essor. Mélanger réalité universelle et monde imaginaire fait que ce second aspect est régulièrement étouffé. L'auteur nous offre un monde dense, mais en fait trop dense pour être suffisamment exploité. On le traverse sans jamais vraiment l'appréhender. du coup, il fût difficile pour moi de réellement m'immerger dans ce monde qui aurait dû être tellement plus décrit, plus foisonnant. On perd sans cesse, en raison des innombrables émotions et questionnements des héros, l'essence magique de cette Afrique merveilleuse qui nous était promise.
Pourtant j'ai adoré tout ce qui concerne la mythologie mise en place,elle est parfaitement maîtrisée, l'expression de la magie bien exprimée, visuelle, et elle résonne en la lectrice que je suis...Mais là encore, pour les raisons évoquées plus haut, elle ne suffît pas pour moi à cette immersion désirée, noyée encore une fois, au milieu des souvenirs et des états d'âme des protagonistes. Cela finit par prendre une telle place, que le reste ne reste qu'une toile de fond.
De plus, le choix d'un roman choral était sûrement judicieux quant à l'expression des différents points de vue, des histoires et éducations,tout ce qui a fait de nos héros ce qu'ils sont, et explique leurs enjeux, leurs caractères. Evidemment j'ai bien compris que cela permettait une amplitude et une objectivité plus large, évitant ainsi tout manichéisme. le monde n'est pas noir ou blanc. Avec ces 4 visions, ces 4 caractères, elle nous balade à travers des émotions controversées, et tourmentées....Chacun de ces 4 héros est embrigadé dans son éducation, dans ce qu'ils pense savoir. Ils sont autant pétris de certitudes que de doutes, mais à la finale, malgré toutes les turpitudes du destin, ces certitudes seront à peine ébranlées. A part la princesse Amari, personnage solaire et bienveillant, les autres n'ont pas vraiment évolués vers un libre-arbitre qui ferait d'eux des héros plus matures, entiers et libres....Je regrette particulièrement que le personnage d'Inan, à mon sens le plus complexe et le plus intéressant par son idéalisme perpétuellement contrarié, n'ait pas été plus largement utilisé. On le voit, en définitive, évoluer réellement que dans des scènes ou la magie l'anéantie, ou dans celles de romance, et cela m'a frustré, il aurait mérité davantage d'implication. Bon ou mauvais, son potentiel aurait pu ouvrir une réelle quête personnelle.

Mais peu importe, ce que je voulais surtout dire, c'est que ce roman à quatre voix de jeunes gens perpétuellement rappelés par leur passé, en perd régulièrement son rythme. Pourtant les actions ne manquent pas, les rebondissements sont nombreux, mais ces introspections à répétitions cassent la fluidité du récit, et du coup font que pour moi la trame se gelait sans arrêt.
Ce ne fût une lecture ni addictive, ni fébrile, et le pire c'est que je le regrette. J'aurais voulu rentrer dedans et ne plus le lâcher parce que je reste persuadée que c'est un bon livre, original et prometteur pour le second tome à venir.
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