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Mona de Pracontal (Traducteur)
ISBN : 284337281X
Éditeur : Anne Carrière (25/08/2004)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 244 notes)
Résumé :

Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d'Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable.

Sa générosité et son courage politique (il possède le seul journal indépendant du pays) en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  17 février 2018
Dans ce premier roman de Chimamanda Ngozi Adichie, Kambili, une jeune Nigériane de 15 ans, nous raconte son calvaire sous le joug d'un père, certes adoré d'elle comme de beaucoup pour ses bonnes oeuvres, homme courageux, pieux catholique et riche entrepreneur, mais surtout tyran fanatique et violent dans sa famille. Puis son épanouissement auprès de Tatie Ifeoma et ses enfants, libres, bienveillants et joyeux.
Si le thème des violences familiales est (malheureusement) assez classique en littérature, l'originalité vient ici de l'ambivalence du père, côté pile un homme bon prêt à risquer sa vie pour lutter contre la dictature au Nigéria ou à aider sa communauté à bâtir des écoles, et côté face un fils qui a renié son père non-catholique, un mari qui frappe sa femme et un père qui n'a aucune tolérance pour les faiblesses de ses enfants.
Le point de vue de Kambili est très intéressant, car on la voit évoluer, ouvrir et apprendre à penser par elle-même. Elle aime et admire son père, toujours, mais découvre peu à peu une autre façon de vivre, avec moins d'argent et plus de tendresse, de rires, de curiosité, de réflexion personnelle...
Le Nigéria est très bien raconté : celui des pauvres comme celui des riches, les atteintes aux libertés comme la corruption, mais aussi la cuisine, l'habillement, les traditions, les paysages ou les voitures qui manquent d'essence.
En lisant, j'ai parfois été agacée par la lenteur, voire la langueur de l'histoire. Mais écrire ce commentaire me fait réaliser qu'elle tient surtout à la personnalité grave et calme de la narratrice Kambili. Et, comme Kambili, l'histoire recèle de trésors sous ses dehors tranquilles et un peu ennuyeux.
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popie21
  28 août 2017
Une belle claque, si j'ose dire, car ce livre m'a boulerversée sans violence. C'est pourtant d'elle qu'il est question, et tout particuièrement de celle faite aux femmes et aux enfants. Chimamanda Ngozie Adichie décrit ici les mécanismes particulièrement retors de la violence qui s'installe comme une habitude au sein d'une famille, de l'amour qui subsiste malgré tout, de l'horreur et de la mort que cette violence déclenchent. Mais elle le fait avec une subtilité et une réserve qui évitent le "pathos" - comme quoi on peut décrire des événements tristes sans tomber ni dans l'excès de larmes ni dans celui de la froideur – et qui tout doucement nous plongent dans la noirceur du quotidien de Kambili. Cette jeune adolescente vivant à Enugu au Nigéria et dont la personnalité est étouffée par l'extrémisme religieux et les coups de son père. Ce père qui détruit sa famille à coups de préceptes moraux et de violences physiques. Il lui faudra traverser beaucoup d'orages et profiter d'un séjour avec son frère Jaja chez leur tante Ifeoma pour pouvoir enfin s'affranchir de l'emprise de cet être perdu. Alors pour Kambili commence un difficile chemin vers la liberté, liberté de penser, liberté d'être, liberté de rire et surtout, liberté d'aimer et ironiquement, comme un pied de nez à cette religion catholique importée "en boîte", d'aimer un prêtre. Il lui faudra comprendre qu'une autre vie est possible et que ce qu'elle et sa famille ont traversé n'est pas "normal".
A travers ce douloureux itinéraire, l'auteure nous parle de la violence ordinaire faite aux femmes, en particulier à celles à qui l'on a fait croire qu'elles ne peuvent vivre sans un homme, que leurs diplômes, aussi prestigieux soient-ils, ne sont que des ornements destinés à faire briller leur époux, qu'elles n'ont pas d'autre choix que de se conformer à ce qu'on attend d'elles. Je suis heureuse qu'une plume aussi brillante que celle de Chimamanda Ngozie Adichie se charge de dénoncer avec autant de délicatesse et de talent ce fléau qui, plus fort que la peste, a traversé les siècles et perdure encore bien plus qu'on ne le pense. Nul besoin d'être féministe pour adhérer à ce magnifique roman
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indira95
  05 août 2016
Décidément, j'aime beaucoup cette prometteuse auteur découverte avec le roman Americanah ou les tribulations d'une jeune nigériane chez l'Oncle Sam (plus ou moins autobiographiques). L'hibiscus pourpre est son 1e roman, écrit à l'âge de 25 ans et le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'a pas à en rougir, tant la maturité du sujet et de son traitement sont étonnants.
Imaginer le calvaire d'une famille nigériane sous le joug du fanatisme religieux du père, fervent catholique, fallait oser. Sujet grave s'il en est qui éclaire le lecteur sur le poids de la religion dans la sphère sociale et culturelle du Nigeria et de l'Afrique en général, prise entre l'étau d'un catholicisme hérité des colons, celui d'un évangélisme croissant qui séduit une population défavorisée qui y trouve matière à s'exprimer et d'un animisme ancestral (que le père de notre héroïne appelle paganisme), culte des esprits et des divinités. Sans oublier l'Islam.
Kambili, notre héroïne, est une jeune femme de 15 ans, discrète et studieuse qui appartient à la bourgeoise éclairée et bien-pensante d'Enugu. Son père, Eugène, riche homme d'affaires, est un self made man élevé chez les religieux européens et qui en a conservé 1) la foi 2) la ferveur mystique 3) la volonté de se hisser parmi les puissants. Tout lui a réussi et il entend bien diriger sa famille selon les préceptes de l'Église : la dévotion ainsi que la réussite de ses enfants, Kambili et Jaja son fils, magnifient et rendent gloire à Dieu. Cette éducation à la dure ne va pas sans violence et chaque manquement, ne serait-ce qu'infime, mérite punition et pénitence.
Un séjour de quelques jours chez Tatie Ifeoma, la soeur d'Eugène, catholique éclairée et tranquille, qui élève seule ses 3 enfants tout en assumant un emploi d'enseignante à l'université, exemple même d'une femme forte et courageuse, moderne et libérée, éduquant ses enfants dans l'amour de Dieu et la tendresse, va pourtant bousculer le monde si rigide et sinistre de Kambili et Jaja.
Roman du passage de l'enfance vers l'âge adulte, L'hibiscus pourpre couve sous des apparences simples, une violence manifeste : celle du fanatisme bien sûr et de ses conséquences désastreuses sur l'équilibre familial, la manipulation de la parole divine pour asseoir une autorité toute séculière, le rejet de l'éducation et l'aspiration d'une jeunesse bridée à se détacher des entraves sociales et culturelles. Derrière le titre enjôleur qui laisserait supposer un roman léger, sans aspérités, se cache un récit intelligent, déroutant et dur, qui pourrait aussi bien se dérouler au Nigeria qu'en France ou partout ailleurs. Une belle prise de conscience pour un roman marquant et je dirais même, plus saisissant qu'Americanah.
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Malivriotheque
  21 mars 2015
Au Nigeria, la jeune Kambili admire son père Eugene et ne rêve que de son approbation. Sous son toit, Eugene est le maître, et si sa femme et ses enfants s'approchent ne serait-ce que d'un cheveu du péché, il n'hésite pas à les corriger violemment. C'est en allant chez leur tante Ifeoma que Kambili et son frère découvrent une vie douce où le rire éclate sans honte...
Bien qu'un peu long sur sa partie centrale (on comprend vite le principe, pas de quoi s'étaler sur 200 pages), c'est un très beau livre sensible et réussi que l'auteur nous offre, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord il nous plonge dans cette Afrique que le monde occidental persiste à ignorer. Nous la découvrons au Nigeria, dans son côté privilégié comme son côté bien plus modeste, en plein coup d'état militaire sanglant et anti-libertaire.
Ensuite, il nous dépeint un personnage complexe, extrêmement généreux envers les plus démunis mais tortionnaire fanatique et extrémiste catholique au sein de son propre foyer. Les relations familiales sont décrites avec justesse et subtilité, en particulier celle qu'entretient Kambili avec son père, qu'elle idolâtre, comme beaucoup d'enfants idolâtrent leurs parents, seuls exemples de repères qu'ils ont à leur disposition. On a de la peine pour cette enfant qui ne cherche que l'amour de son père et qui sait que pour l'obtenir elle doit être la meilleure en tout, sans réellement voir que ce n'est pas normal.
Enfin, il nous offre une vision de la religion catholique, de ses rites dépassés à travers les actes et pensées d'un enragé des dogmes et autres préceptes religieux. le personnage de Dieu est très présent dans le récit de par son absence, étouffé par une liste de contraintes ahurissantes et de prières à la douzaine pour pardonner tous les péchés les plus ridicules. Kambili et Jaja découvrent que l'amour de Dieu ne passe pas par le punitif, ce cheminement est puissant. Tout comme la fin, à la fois inattendue et pourtant prévisible, qui oppose un jugement de Dieu inexorable et un crime irrémissible.
C'est l'histoire d'une fleur qui s'ouvre, qui s'épanouit, qui éclot dans la vie... dans la couleur pourpre.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Myriam3
  28 septembre 2017
Une fois passée la petite déception par rapport au style beaucoup plus classique qu'Americanah, j'ai littéralement plongé dans ce premier roman de Chimamanda Ngozi Adichie.
Par le biais de deux adolescents, Kambili et son frère, élevés par un père catholique fondamentaliste dans un milieu aisé, l'auteure confronte religion et rites païens, richesse et pauvreté,dans un pays, le Nigeria, au contexte politique et social fragile.
La vie des deux adolescents et de leur mère est tout simplement cauchemardesque mais Kambili surtout ne pourra pas se dépêtrer seule des lavages de cerveau de son père, qu'elle admire et adore malgré ses violences. C'est lorsque sa tante paternelle décide de les prendre quelques jours chez elle auprès de ses propres enfants, dans un appartement sans eau ni électricité, que la jeune fille et son frère vont se réveiller et commencer à vivre hors du regard pesant de leur père. Ils découvrent la misère mais aussi la joie, le rire, la possibilité de s'affirmer et que la religion peut se vivre dans le bonheur, l'amour et le chant.
Le fait que Kambili soit la narratrice nous oblige à réfléchir et accepter une vision dérangeante de la vie. C'est une lecture forte et bouleversante à la fois sur l'amour et la situation nigériane. Elle me conforte dans l'idée que Chimamanda Ngozi Adichie est vraiment une grande écrivaine.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   14 mars 2017
Une fois Mama partie, je regardai longuement la porte fermée, sa surface lisse, et repensai aux portes de Nsukka et à leur peinture écaillée. Je pensai à la voix musicale de père Amadi, à l’espace large qu’on voyait entre les dents d’Amaka quand elle riait, à Tatie Ifeoma remuant un ragoût sur son poêle à kérosène. Je pensai à Obiora remontant ses lunettes sur l’arête de son nez et à Chima pelotonné sur le canapé, dormant à poings fermés. Je me levai et allai en boitillant chercher le portrait de Papa-Nnukwu dans mon sac. Il était toujours dans l’emballage noir. Bien qu’il fût dans une poche latérale discrète de mon sac, j’avais trop peur pour le déballer. Papa le découvrirait, d’une manière ou d’une autre. Il sentirait la présence de la peinture dans la maison. Je passai le doigt sur l’emballage de plastique, sur les légères aspérités de peinture qui se fondaient pour dessiner la forme mince de Papa-Nnukwu, ses bras croisés avec aisance, les longues jambes étendues devant lui.
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clarinetteclarinette   04 juillet 2008
"A la maison la débâcle a commencé lorsque Jaja, mon frère, n'est pas allé communier et que Papa a lancé son gros missel en travers de la pièce et cassé les figurines des étagères en verre. Nous venions de rentrer de l'église. Mama plaça les palmes fraîches, mouillées d'eau bénite, sur la table à manger. Plus tard, elle les tresserait pour en faire des croix, un peu avachies, qu'elle accrocgerait au mur, à côté de notre photo de famille dans son cadre doré. Elles y resteraient jusqu'au mercredi des Cendres, où nous les emporterions à l'église pour les donner à brûler et réduire en cendres. Papa, vêtu d'une longue robe grise comme les autres oblats, aidait tous les ans à distribuer les cendres. Sa file était la plus lente car il appuyait son pouce couvert de cendres bien fort sur chaque front pour tracer une croix parfaite et prononçait posément et avec conviction, en articulant chaque mot, le "Tu es poussière et tu retourneras à la poussière"."
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charlottelitcharlottelit   02 mai 2017
Ses lettres parlent surtout de moi. JE LEs emporte avec moi parce qu'elles
sont longues et détaillées, parce qu'eles le rappellent ma valeur,
parce qu'elles me touchent dans mes sentiments
il a écrit qu'il ne voulait pas que je cherche les pourquoi
parce que certaines choses se produisent pour lesquelles nous ne
pouvons pas formuler de pourquoi.
je les emporte aussi parce qu'elles me donnent de la grâce
Je ne me demande plus si j'ai le droit d'aimer père Amadi ;
je l'aime et c'est tout.
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litolfflitolff   16 novembre 2010
J’étais dans ma chambre après le déjeuner, en train de lire le chapitre V de l’Epître de Jacques parce que j’allais parler des racines bibliques de l’onction des malades pendant le temps familial, quand j’entendis les bruits. Des coups rapides et lourds sur la porte gravée à la main de la chambre de mes parents. Je m’imaginai que la porte s’était coincée et que Papa essayait de l’ouvrir. Si je l’imaginais assez fort, alors ça deviendrait vrai. Je m’assis, fermai les yeux et me mis à compter. Compter donnait l’impression que ça ne durait pas si longtemps que ça, que ça n’était pas si grave. Parfois, c’était fini avant que j’arrive à vingt. J’en étais à dix-neuf quand les bruits cessèrent. J’entendis la porte s’ouvrir. Les pas de Papa sur les marches étaient plus lourds, plus gauches que d’habitude.
Je sortis de ma chambre au moment où Jaja débouchait de la sienne. Debout sur le palier, nous regardâmes Papa descendre. Maman était jetée sur son épaule comme les sacs de riz en jute que les ouvriers de son usine achetaient en gros à la frontière à Seme.
« Il y a du sang par terre, dit Jaja. Je vais chercher la brosse à la salle de bains. »
Nous nettoyâmes le filet de sang, qui s’étirait jusqu’en bas comme si quelqu’un avait descendu un bocal d’aquarelle rouge percé, qui aurait dégouliné tout du long. Jaja frottait, et moi j’essuyais.
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IndiaSongIndiaSong   01 septembre 2015
(…) Il rit et dit qu’il était convaincu qu’ils pouvaient sauter plus haut qu’ils ne le croyaient eux-mêmes, et qu’ils venaient tous de prouver qu’il avait raison.
C’était ce que faisait Tatie Ifeoma avec mes cousins, me rendis-je compte alors : leur placer la barre de plus en plus haut dans sa façon de leur parler , dans ce qu’elle attendait d’eux. Elle le faisait tout le temps, confiante qu’ils pouvaient franchir la barre. Et ils la franchissaient.
C’était différent pour Jaja et moi. Nous ne franchissions pas la barre parce que nous nous en croyions capables, nous la franchissions parce que nous étions terrifiés à la pensée de ne pas y arriver.
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Videos de Chimamanda Ngozi Adichie (80) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chimamanda Ngozi Adichie
A l'occasion d'une interview exclusive, Chinelo Okparanta, auteure du roman de la rentrée littéraire Belfond "Sous les branches de l'udala", nous dévoile les ?uvres littéraires qui l'ont marquée. En savoir plus sur le roman "Sous les branches de l'udala" : https://bit.ly/2Lbglm8
Dans la lignée d?Imbolo Mbue et de Chimamanda Ngozi Adichie, la découverte coup de c?ur d?une voix puissante et singulière. Nommé pour de nombreux prix littéraires, porté par une atmosphère foisonnante où se bousculent les sensations, un roman bouleversant de courage sur la quête de soi, le poids dévastateur de la religion et des traditions, et la force éperdue de l?amour.
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