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EAN : 9782070468812
416 pages
Éditeur : Gallimard (15/04/2016)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 359 notes)
Résumé :

Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d'Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable.

Sa générosité et son courage politique (il possède le seul journal indépendant du pays) en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  17 février 2018
Dans ce premier roman de Chimamanda Ngozi Adichie, Kambili, une jeune Nigériane de 15 ans, nous raconte son calvaire sous le joug d'un père, certes adoré d'elle comme de beaucoup pour ses bonnes oeuvres, homme courageux, pieux catholique et riche entrepreneur, mais surtout tyran fanatique et violent dans sa famille. Puis son épanouissement auprès de Tatie Ifeoma et ses enfants, libres, bienveillants et joyeux.
Si le thème des violences familiales est (malheureusement) assez classique en littérature, l'originalité vient ici de l'ambivalence du père, côté pile un homme bon prêt à risquer sa vie pour lutter contre la dictature au Nigéria ou à aider sa communauté à bâtir des écoles, et côté face un fils qui a renié son père non-catholique, un mari qui frappe sa femme et un père qui n'a aucune tolérance pour les faiblesses de ses enfants.
Le point de vue de Kambili est très intéressant, car on la voit évoluer, ouvrir et apprendre à penser par elle-même. Elle aime et admire son père, toujours, mais découvre peu à peu une autre façon de vivre, avec moins d'argent et plus de tendresse, de rires, de curiosité, de réflexion personnelle...
Le Nigéria est très bien raconté : celui des pauvres comme celui des riches, les atteintes aux libertés comme la corruption, mais aussi la cuisine, l'habillement, les traditions, les paysages ou les voitures qui manquent d'essence.
En lisant, j'ai parfois été agacée par la lenteur, voire la langueur de l'histoire. Mais écrire ce commentaire me fait réaliser qu'elle tient surtout à la personnalité grave et calme de la narratrice Kambili. Et, comme Kambili, l'histoire recèle de trésors sous ses dehors tranquilles et un peu ennuyeux.
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popie21
  28 août 2017
Une belle claque, si j'ose dire, car ce livre m'a boulerversée sans violence. C'est pourtant d'elle qu'il est question, et tout particuièrement de celle faite aux femmes et aux enfants. Chimamanda Ngozie Adichie décrit ici les mécanismes particulièrement retors de la violence qui s'installe comme une habitude au sein d'une famille, de l'amour qui subsiste malgré tout, de l'horreur et de la mort que cette violence déclenchent. Mais elle le fait avec une subtilité et une réserve qui évitent le "pathos" - comme quoi on peut décrire des événements tristes sans tomber ni dans l'excès de larmes ni dans celui de la froideur – et qui tout doucement nous plongent dans la noirceur du quotidien de Kambili. Cette jeune adolescente vivant à Enugu au Nigéria et dont la personnalité est étouffée par l'extrémisme religieux et les coups de son père. Ce père qui détruit sa famille à coups de préceptes moraux et de violences physiques. Il lui faudra traverser beaucoup d'orages et profiter d'un séjour avec son frère Jaja chez leur tante Ifeoma pour pouvoir enfin s'affranchir de l'emprise de cet être perdu. Alors pour Kambili commence un difficile chemin vers la liberté, liberté de penser, liberté d'être, liberté de rire et surtout, liberté d'aimer et ironiquement, comme un pied de nez à cette religion catholique importée "en boîte", d'aimer un prêtre. Il lui faudra comprendre qu'une autre vie est possible et que ce qu'elle et sa famille ont traversé n'est pas "normal".
A travers ce douloureux itinéraire, l'auteure nous parle de la violence ordinaire faite aux femmes, en particulier à celles à qui l'on a fait croire qu'elles ne peuvent vivre sans un homme, que leurs diplômes, aussi prestigieux soient-ils, ne sont que des ornements destinés à faire briller leur époux, qu'elles n'ont pas d'autre choix que de se conformer à ce qu'on attend d'elles. Je suis heureuse qu'une plume aussi brillante que celle de Chimamanda Ngozie Adichie se charge de dénoncer avec autant de délicatesse et de talent ce fléau qui, plus fort que la peste, a traversé les siècles et perdure encore bien plus qu'on ne le pense. Nul besoin d'être féministe pour adhérer à ce magnifique roman
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gonewiththegreen
  17 avril 2020
Kambili et Jaja sont deux jeunes adolescents. Ils vivent à Enugu, Nigéria, dans la province catholique peuplée d'Ibos.
Le père est un magnat local : Industriel , propriétaire d'un journal , il est aussi très impliqué dans la religion catholique : Grand donateur certes, il est aussi d'un rigorisme absolu avec sa famille et ne passe rien à ses enfants.
Au retour de la messe des rameaux il s'emporte contre Jaja qui n'a pas été communier.
Beau roman qui aborde plusieurs sujets graves . Non linéaire chronologiquement, il nous amène lentement vers l'incident du début du livre , en posant bien la dictature du père sur le restant de sa famille. Père prêt à tout renier, bannir, battre au nom de rites et de croyances religieux, pléonasme : Son père, sa soeur, sa femme, ses enfants.
L'auteur lui a opposé pourtant des gens impliqués dans la foi dans des grandeurs bien plus communes et même encore démesurées vues de l'occident. Pas sur que l'on trouve encore beaucoup de catholiques qui bénissent 10 minutes les carottes rappées.
C'est pour moi une des grandes forces du combat de l'auteur : Elle oppose des personnages qui sont du même bord et qui ont tout pour être heureux: l'argent, le respect, une famille aimante, de bons résultats , la foi. le chemin vers la liberté des deux jeunes n'en prend que plus de force.
Au delà de ce thème central du livre , on plonge en Afrique , avec certes une écriture occidentalisée même si les mots "ibos" pleuvent. Les fleurs ont des couleurs que l'on ne connait pas, les habits éblouissent les yeux , les routes sont surchargées de vendeurs ambulants, la vie collective est omniprésente, la cuisine fait voyager.
Enfin, sans doute lié à son expérience personnelle, l'auteur pleure sur la situation du Nigéria, obligeant ses talents à fuir et laissant les plus faibles lutter avec les despotes.
Un livre dense , un peu lent dans ses deux premier tiers, où les yeux d'une adolescente de quinze nous racontent un drame familial d'un pays livré à des bandits. C'est un livre sur le très difficile chemin vers la liberté, l'émancipation.
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Mimeko
  23 mai 2019
A Enugu dans le sud-est du Nigéria, une région majoritairement Igbo et catholique, Eugène est à la tête d'un journal engagé et possède plusieurs entreprises agroalimentaires. Catholique fondamentaliste, il impose à sa famille une religiosité et une rectitude de conduite sévère, une contrainte religieuse et physique. Cette rigueur lui a permis de se construire et réussir socialement, un modèle de construction qu'il martèle à ses enfants. Quand les évènements politiques tournent au vinaigre, les deux enfants - la jeune Kambili et son frère Jaja, 15 et 16 ans - sont accueillis par Tatie Ifeoma, la soeur d'Eugène. Veuve, professeur à l'université et mère de 3 enfants dont les 2 ainés ont le même age que leurs cousins d'Enugu, elle déborde de solutions pour subvenir aux besoins des enfants, une vie modeste mais pleine d'amour et de vie, de discussions et de rires, une ambiance dans laquelle Kambili et Jaja ont du mal à se positionner, trop pétris d'interdits et qui les déstabilise quand le grand père est hébergé, lui qui stigmatise les origines païennes de la famille.
L'hibiscus pourpre est le premier roman de Chimamanda Ngozi Adichie . Un roman qui décrit un Nigéria éduqué, empreint à la fois de religion et de rites païens, subissant les revers politiques et les coups d'état. C'est aussi un roman d'apprentissage où, passer d'une éducation sous contrainte tant morale que religieuse à l'aide de châtiments corporels à une éducation plus libre et respectueuse n'est pas facile, voire déstabilisante pour les deux adolescents. S'émanciper, s'autoriser l'échec, le rire et apprendre la légèreté ne va pas de soi et ces expériences seront un long apprentissage pour la jeune adolescente.
Avec ce premier roman sensible et intelligent, Chimamanda Ngozi Adichie fait découvrir les facettes multiples d'un Nigéria à la fois moderne et traditionnel et l'émancipation d'une jeune génération prête à remettre en question tradition et rigueur.
Une très belle découverte qui me donne envie de lire Americanah.
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indira95
  05 août 2016
Décidément, j'aime beaucoup cette prometteuse auteur découverte avec le roman Americanah ou les tribulations d'une jeune nigériane chez l'Oncle Sam (plus ou moins autobiographiques). L'hibiscus pourpre est son 1e roman, écrit à l'âge de 25 ans et le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'a pas à en rougir, tant la maturité du sujet et de son traitement sont étonnants.
Imaginer le calvaire d'une famille nigériane sous le joug du fanatisme religieux du père, fervent catholique, fallait oser. Sujet grave s'il en est qui éclaire le lecteur sur le poids de la religion dans la sphère sociale et culturelle du Nigeria et de l'Afrique en général, prise entre l'étau d'un catholicisme hérité des colons, celui d'un évangélisme croissant qui séduit une population défavorisée qui y trouve matière à s'exprimer et d'un animisme ancestral (que le père de notre héroïne appelle paganisme), culte des esprits et des divinités. Sans oublier l'Islam.
Kambili, notre héroïne, est une jeune femme de 15 ans, discrète et studieuse qui appartient à la bourgeoise éclairée et bien-pensante d'Enugu. Son père, Eugène, riche homme d'affaires, est un self made man élevé chez les religieux européens et qui en a conservé 1) la foi 2) la ferveur mystique 3) la volonté de se hisser parmi les puissants. Tout lui a réussi et il entend bien diriger sa famille selon les préceptes de l'Église : la dévotion ainsi que la réussite de ses enfants, Kambili et Jaja son fils, magnifient et rendent gloire à Dieu. Cette éducation à la dure ne va pas sans violence et chaque manquement, ne serait-ce qu'infime, mérite punition et pénitence.
Un séjour de quelques jours chez Tatie Ifeoma, la soeur d'Eugène, catholique éclairée et tranquille, qui élève seule ses 3 enfants tout en assumant un emploi d'enseignante à l'université, exemple même d'une femme forte et courageuse, moderne et libérée, éduquant ses enfants dans l'amour de Dieu et la tendresse, va pourtant bousculer le monde si rigide et sinistre de Kambili et Jaja.
Roman du passage de l'enfance vers l'âge adulte, L'hibiscus pourpre couve sous des apparences simples, une violence manifeste : celle du fanatisme bien sûr et de ses conséquences désastreuses sur l'équilibre familial, la manipulation de la parole divine pour asseoir une autorité toute séculière, le rejet de l'éducation et l'aspiration d'une jeunesse bridée à se détacher des entraves sociales et culturelles. Derrière le titre enjôleur qui laisserait supposer un roman léger, sans aspérités, se cache un récit intelligent, déroutant et dur, qui pourrait aussi bien se dérouler au Nigeria qu'en France ou partout ailleurs. Une belle prise de conscience pour un roman marquant et je dirais même, plus saisissant qu'Americanah.
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   14 mars 2017
Une fois Mama partie, je regardai longuement la porte fermée, sa surface lisse, et repensai aux portes de Nsukka et à leur peinture écaillée. Je pensai à la voix musicale de père Amadi, à l’espace large qu’on voyait entre les dents d’Amaka quand elle riait, à Tatie Ifeoma remuant un ragoût sur son poêle à kérosène. Je pensai à Obiora remontant ses lunettes sur l’arête de son nez et à Chima pelotonné sur le canapé, dormant à poings fermés. Je me levai et allai en boitillant chercher le portrait de Papa-Nnukwu dans mon sac. Il était toujours dans l’emballage noir. Bien qu’il fût dans une poche latérale discrète de mon sac, j’avais trop peur pour le déballer. Papa le découvrirait, d’une manière ou d’une autre. Il sentirait la présence de la peinture dans la maison. Je passai le doigt sur l’emballage de plastique, sur les légères aspérités de peinture qui se fondaient pour dessiner la forme mince de Papa-Nnukwu, ses bras croisés avec aisance, les longues jambes étendues devant lui.
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litolfflitolff   16 novembre 2010
J’étais dans ma chambre après le déjeuner, en train de lire le chapitre V de l’Epître de Jacques parce que j’allais parler des racines bibliques de l’onction des malades pendant le temps familial, quand j’entendis les bruits. Des coups rapides et lourds sur la porte gravée à la main de la chambre de mes parents. Je m’imaginai que la porte s’était coincée et que Papa essayait de l’ouvrir. Si je l’imaginais assez fort, alors ça deviendrait vrai. Je m’assis, fermai les yeux et me mis à compter. Compter donnait l’impression que ça ne durait pas si longtemps que ça, que ça n’était pas si grave. Parfois, c’était fini avant que j’arrive à vingt. J’en étais à dix-neuf quand les bruits cessèrent. J’entendis la porte s’ouvrir. Les pas de Papa sur les marches étaient plus lourds, plus gauches que d’habitude.
Je sortis de ma chambre au moment où Jaja débouchait de la sienne. Debout sur le palier, nous regardâmes Papa descendre. Maman était jetée sur son épaule comme les sacs de riz en jute que les ouvriers de son usine achetaient en gros à la frontière à Seme.
« Il y a du sang par terre, dit Jaja. Je vais chercher la brosse à la salle de bains. »
Nous nettoyâmes le filet de sang, qui s’étirait jusqu’en bas comme si quelqu’un avait descendu un bocal d’aquarelle rouge percé, qui aurait dégouliné tout du long. Jaja frottait, et moi j’essuyais.
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clarinetteclarinette   04 juillet 2008
"A la maison la débâcle a commencé lorsque Jaja, mon frère, n'est pas allé communier et que Papa a lancé son gros missel en travers de la pièce et cassé les figurines des étagères en verre. Nous venions de rentrer de l'église. Mama plaça les palmes fraîches, mouillées d'eau bénite, sur la table à manger. Plus tard, elle les tresserait pour en faire des croix, un peu avachies, qu'elle accrocgerait au mur, à côté de notre photo de famille dans son cadre doré. Elles y resteraient jusqu'au mercredi des Cendres, où nous les emporterions à l'église pour les donner à brûler et réduire en cendres. Papa, vêtu d'une longue robe grise comme les autres oblats, aidait tous les ans à distribuer les cendres. Sa file était la plus lente car il appuyait son pouce couvert de cendres bien fort sur chaque front pour tracer une croix parfaite et prononçait posément et avec conviction, en articulant chaque mot, le "Tu es poussière et tu retourneras à la poussière"."
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charlottelitcharlottelit   02 mai 2017
Ses lettres parlent surtout de moi. JE LEs emporte avec moi parce qu'elles
sont longues et détaillées, parce qu'eles le rappellent ma valeur,
parce qu'elles me touchent dans mes sentiments
il a écrit qu'il ne voulait pas que je cherche les pourquoi
parce que certaines choses se produisent pour lesquelles nous ne
pouvons pas formuler de pourquoi.
je les emporte aussi parce qu'elles me donnent de la grâce
Je ne me demande plus si j'ai le droit d'aimer père Amadi ;
je l'aime et c'est tout.
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IndiaSongIndiaSong   01 septembre 2015
(…) Il rit et dit qu’il était convaincu qu’ils pouvaient sauter plus haut qu’ils ne le croyaient eux-mêmes, et qu’ils venaient tous de prouver qu’il avait raison.
C’était ce que faisait Tatie Ifeoma avec mes cousins, me rendis-je compte alors : leur placer la barre de plus en plus haut dans sa façon de leur parler , dans ce qu’elle attendait d’eux. Elle le faisait tout le temps, confiante qu’ils pouvaient franchir la barre. Et ils la franchissaient.
C’était différent pour Jaja et moi. Nous ne franchissions pas la barre parce que nous nous en croyions capables, nous la franchissions parce que nous étions terrifiés à la pensée de ne pas y arriver.
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Nous devrions tous être féministes - Chimamanda Ngozi Adichie Discours présenté au TEDxEuston en 2012 lors d'un colloque sur l'Afrique
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