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Mona de Pracontal (Traducteur)
EAN : 9782072943928
112 pages
Éditeur : Gallimard (30/09/2021)
4.06/5   42 notes
Résumé :
Comment dire adieu à un être cher alors que le monde entier est frappé par une crise sanitaire, que le défunt repose au Nigeria et que ses enfants sont bloqués en Angleterre et aux États-Unis ? Le père de Chimamanda Ngozi Adichie vient de mourir. Séparée de ses proches, cette dernière vit un deuil empêché et solitaire. Elle écrit alors sous la forme de courts chapitres, composés comme des soubresauts de chagrin et de rage, où l’amour et l’admiration qu’elle portait ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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fanfanouche24
  03 octobre 2021

« Comment dire adieu à un être cher alors que le monde entier est frappé par une crise sanitaire, que le défunt repose au Nigeria et que ses enfants sont bloqués en Angleterre et aux États-Unis ? le père de Chimamanda Ngozi Adichie vient de mourir. Séparée de ses proches, cette dernière vit un deuil empêché et solitaire. Elle écrit alors sous la forme de courts chapitres, composés comme des soubresauts de chagrin et de rage, où l'amour et l'admiration qu'elle portait à son père explosent à chaque page.”
Cet extrait du quatrième de couverture dit le noyau central de ce très beau texte, où Chimamanda Ngozi Adichie exprime avec la plus grande énergie le chagrin insoutenable de la mort brutale d'un père tant aimé et tant admiré, et le supplément de douleur dû à la pandémie et aux restrictions sanitaires, où même enterrer les êtres aimés devient très, très compliqué ou impossible !
L'auteure parle avec talent, finesse, tendresse infinie de la personnalité extraordinaire d'un père savant, lucide , bienveillant, tolérant dans un Nigéria à l'histoire violente, un père et un époux très aimant envers sa famille, ses six enfants qui vont réussir aux quatre coins du monde , dont notre écrivaine, envers qui il ressent , lui-aussi, une fierté immense !
Chimamanda Adichie , parallèlement à ces notes de chagrin foudroyantes, nous parle aussi de son pays natal , des noirceurs de son histoire, des coutumes et traditions spécifiques, envers lesquelles son père n'était pas toujours en accord. ..
Un petit trésor de pudeur et d'intelligence pour honorer un Père, qui fut un socle d'Amour et de Savoir. Comme une flamme, un exemple, un modèle référent, à jamais ; une ABSENCE impossible à combler… !
Ce précieux récit intime me donnera un autre regard, une autre attention affinée, lorsque je lirai ses textes… ce que je vais faire très vite… « Americanah » étant depuis des lustres dans ma PAL… Je viens de réserver à l'une de mes bibliothèques un autre texte mettant en exergue ces traditions nigérianes et les excès qu'elles entraînent parfois : « L'Hibiscus pourpre ». Cela sera une de mes prochaînes lectures !
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Bazart
  05 novembre 2021
Il y a des noms qui sont un "argument" suffisant pour se précipiter dans une librairie et acheter un livre et Chimamanda Ngozi Adichie en fait assurément partie.
🍂 Alors non je n'ai pas regardé l'émission de la grande librairie dans laquelle Chimamanda Ngozi Adichie a été invitée récemment mais j'ai tellement aimé ses romans ( Americanah, L'autre moitié du soleil, L'hibiscus prourpre), qu'on s'est précipité sur son nouveau livre .
🍂 Pas de fiction cette fois, mais des notes prises suite au décès de son père pendant le confinement.
🍂 Chimamanda Ngozi Adichie écrit avec concision et une incroyable justesse sur la surprise (quelques jours avant, elle échangeait avec son père sur Zoom et il n'était pas malade), la colère, la culpabilité ressenties, les réactions physiques, les "et si" qu'on se repasse en boucle et dans ce contexte si particulier, l'impossibilité d'enterrer cet être cher.
Elle écrit les consolations inexistantes, les paroles-conseils souvent à côté de la plaque de ceux et celles qui pensent vous aider mais aussi toutes les choses que son père lui a apporté, l'influence qu'il a eue sur sa vie et sur son caractère.
A la fois si intime et universel.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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jolliyaya
  01 novembre 2021
Quand on n'arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce que l'on ressent devant la terrible épreuve de la mort du père au point de ne pas le savoir soi-même, pourquoi ne pas aller chercher les mots d'une autre, une auteure que l'on apprécie.
Chaque deuil est unique. Chaque réaction est différente. Ce livre n'est pas un traité de philosophie mais le ressenti personnel de Chimamanda Ngozi Adichie.
Cependant, des circonstances comparables, telles que l'éloignement et l'impossibilité de se rendre sur place, engendrent des réactions qui peuvent être similaires.
Je vais en rester là et m'en tenir aux nombreuses citations que j'ai recopiées, tirées de ce petit opus car "J'écris sur mon père au passé et je n'arrive pas à croire que j'écris sur mon père au passé."
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EmmanuelleCarpenter
  06 novembre 2021
L'autrice, installée aux États-Unis, se trouve confrontée au cauchemar de la perte d'un être cher en plein pandémie. Son père est mort au Nigéria et tout doit se jouer sur Zoom.
Dans ces notes, Chimamanda Ngozi Adichie évoque sa douleur mais aussi sa culture, partagée entre féminisme occidental et tradition Igbo, en complète opposition.
Nous découvrons aussi ce père, James Nwoye Adichie, homme de plusieurs temps forts de l'Histoire du Nigéria, intellectuel progressiste et père aimant.
La plume de l'autrice est toujours aussi délicieuse, les anecdotes familiales sont intéressantes et ces 100 pages très intimes permettent de mieux comprendre cette combattante de la cause féminine, partagée entre tradition et modernisme. Rien n'est simple et tous les combats sont portés par une histoire très personnelle.
J'ai beaucoup aimé, mais je sais que je suis peu objective: je ne suis pas du genre groupie girl, mais j'apprécie énormément l'autrice, sa culture, son charisme. Elle est inspirante et puissante, mais dans ces quelques lignes, elle n'est qu'une femme, qu'une fille, comme nous toutes.
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Chestakova
  23 novembre 2021
Chimannge Ngozi Adichie livre ici un texte court pour dire son effondrement dans le deuil, après la mort de son père le 10 juin 2020., en pleine crise sanitaire avec ce qu'elle a entraîné d'éloignement subi. Dans ses lignes, elle use d'une précision chirurgicale pour disséquer le chagrin, dans son processus, sa pesanteur aux allures de machine autonome, qui écrase et qui étouffe. Dans la radioscopie de sa détresse, elle découvre avec étonnement la force de la vague qui l'abat, et fait l'expérience de cette douleur-là qui ne ressemble à rien de ce qu'elle a connu. On pense au texte de Marguerite Duras « la Douleur » qui plonge dans cet abîme de l'âme, le texte de Chimanage Ngozie Adichie n'atteint pas le même caractère dramatique mais il dit avec des mots simples la découverte de la souffrance. Dans le corps d'abord : « je ne savais pas qu'on pleurait avec ses muscles », plus loin : « La chair, les muscles, les organes, tous sont compromis. Aucune position n'est confortable ». Dans la tête ensuite qui échappe au contrôle, ne répond plus, se perd. Elle place également ce deuil dans le contexte culturel Igbo, ethnie familiale : elle raconte l'importance du rite communautaire qui rattache le mort à son peuple, elle souligne la difficulté de plonger dans l'organisation concrète et matérielle alors que tout l'écrase, il faut payer l'umunna, prévoir les glacières pleines de riz et les bêtes à donner à la communauté : le mort à des comptes à rendre au groupe qu'il vient de quitter. La mort du père c'est aussi un arrachement pour l'écrivaine, car elle voit partir une mémoire, et tout ce qu'elle portait de gestes et de rites ancestraux et les regrets de n'avoir pas tout noté se mêlent à la peine,
J'ai apprécié le dépouillement des mots et l'étonnement de la découverte du naufrage, le lecteur est loin avec ce texte des autres écrits de l'écrivaine, elle se livre avec une grande sincérité et fait la preuve de ce que l'écriture peut porter dans une découverte de soi qui vise à l'humain dans son éternité.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
ManyothManyoth   03 décembre 2021
C’est un acte de résistance et de refus : le chagrin vous dit que c’est fini et votre cœur que ça ne l’est pas ; le chagrin essaie de réduire votre amour au passé et votre cœur dit qu’il est au présent
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ManyothManyoth   30 novembre 2021
Le chagrin est un enseignement cruel. On apprend combien le processus du deuil peut être brutal, combien il peut être lourd de colère. On apprend combien les condoléances peuvent paraître creuses. On apprend combien le chagrin est question de langue, l’échec de la langue et la tentative de s’y raccrocher. Pourquoi mes flancs sont-ils si courbaturés, si endoloris ? C’est à force de pleurer, me dit-on. Je ne savais pas qu’on pleurait avec ses muscles.
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ManyothManyoth   30 novembre 2021
Le chagrin n’est pas vaporeux ; il a du corps, il est oppressant, c’est chose opaque. Son poids est plus lourd le matin, après le sommeil : un cœur de plomb, une réalité obstinée qui refuse de bouger. Je ne reverrai jamais mon père. Jamais plus. J’ai l’impression de ne me réveiller que pour sombrer, encore et encore. À ces moments-là, je suis certaine de ne plus jamais vouloir faire face au monde.
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ManyothManyoth   01 décembre 2021
Les épaisseurs de perte donnent le sentiment que la vie est mince comme du papier.
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julienleclerc45julienleclerc45   23 novembre 2021
Le chagrin est un enseignement cruel. On apprend combien le processus du deuil peut être brutal, combien il peut être lourd de colère. On apprend combien les condoléances peuvent paraître causes. On apprend combien le chagrin est question de langue, l’échec de la langue et la tentative de s’y accrocher. Pourquoi mes flancs sont-ils si courbatures, si endoloris ? C’est à force de pleurer, me dit-on. Je ne savais pas qu’on pleurait avec ses muscles. La souffrance n’est pas une surprise, mais sa dimension physique en est une : j’ai la langue d’une amertume insupportable, comme si j’avais mangé un plat que je déteste et oublié de me brosser les dents ; sur ma poitrine un poids horrible et lourd ; à l’intérieur de mon corps une sensation de liquéfaction sans fin.
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Videos de Chimamanda Ngozi Adichie (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chimamanda Ngozi Adichie
L'autrice nigériane Chimamanda Ngozi Adichie publie un très court livre mais percutant et bouleversant, intitulé "Notes sur le chagrin", chez Gallimard. Ce dernier raconte son père, sa mort pendant la pandémie de Covid-19 et l'impossibilité pour elle, bloquée aux États-Unis, de prendre un avion pour le Nigéria et de l'enterrer. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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