AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Floyd2408


Floyd2408
  09 avril 2020
Je poursuis ma quête de lecture féminine avec ce livre regroupant deux discours de l'auteure Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, l'un donné en 2012 au TEDxEuston, un colloque consacré à l'Afrique, le second en 2009 au TEDglobal. Ces deux discours sont regroupés dans ce livre pour nous faire découvrir une voix nouvelle, une vision universelle humaine de notre monde de disparités entre les deux sexes, et de cultures. Nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie a eu une enfance heureuse, ses parents travaillant dans l'éducation, dans un Nigéria instable, un pays misogyne, où le féministe est une histoire de blanc récolté dans les livres. Elle part faire ses études au États-Unis, elle obtient un diplôme de sciences politiques à la Eastern Connecticut State University, un master en littéraire à l'université Johns Hopkins de Baltimore et maitrises en art d'études africaines à l'université de Yale. Elle est aujourd'hui romancière et navigue en Lagos et Washington. C'est une femme engagée ayant l'apanage d'une universalité humaine, voguant vers une parité entre l'homme et la femme et une universalité des cultures dans une ouverture d'échanges.
Le discours de Mary Beard est basé sur l'anthropologie des codes façonnés au fil des époques, illustrant ses propos par des faits historiques, littéraires et des personnages publics pour bien accompagner sa pensée, au contraire de celui de Chimamanda Ngozi Adichie étayé par des exemples personnelles, ceux qui lui sont propres, une analyse de son horizon, celle de la vie qu'elle mène, ce kaléidoscope personnel est d'une justesse intime plus forte. Lorsque Mary Beard aborde sa propre expérience, c'est pour parler de son viol et de #METoo, un aparté de ces deux discours réunis dans son livre Les femmes et le pouvoir.
Nous sommes tous féminisme, ce titre interroge, peut être assez provocateur pour certain, avoir du bon sens pour les autres, suis-je féministe est une question qui me vient à l'esprit immédiatement. Dès le début de son discours notre auteure nous raconte sa première fois avec le féministe, ce mot qu'elle entend dans la bouche de son ami, la qualifiant ainsi lors d'une discussion animée. La surprise est totale, la jeune fille de 14 ans devient sans le savoir féministe par ses idées profondes, sans connaitre sa définition précise, celle-ci est si peu flatteuse dans le dictionnaire. Au fil des choix de la vie de sa grand-mère, sans le savoir, elle était pour sa petite fille une féministe. Même le jeune frère de l'auteure était dans son coeur un féministe ignoré. Chimamanda Ngozi Adichie avec simplicité donne un sens fraternel à ce mot féministe trop souvent utilisé avec une ferveur extrémiste le travestissant de sa notion initiale, ce mot je peux me l'associer, comme beaucoup, l'égalité des sexes doit être une complicité de tous.
Avec beaucoup d'humour Chimamanda Ngozi Adichie, se définit comme Féministe, puis féministe heureuse et enfin féministe Africaine heureuse, cette nigérienne n'a jamais pu lire de livres sur le féminisme, les trouvant trop ennuyeux, ne recherchant seulement la parité et non comme beaucoup de femmes un affranchissement de la féminité, pour une domination et une vengeance sur la masculinité qui a le pouvoir. L‘Afrique semble être hermétique à ce féministe, trop occidentale comme le souligne une universitaire à notre auteur avec cette remarque : « le féministe ne faisait pas partie de notre culture, que le féminisme n'était pas africain et que c'était sous l'influence des livres occidentaux que je me présentais comme une féministe. » La femme Nigérienne est souvent invisible dans ce pays aux traditions bien misogynes, au restaurant les hommes doivent payer, seul les hommes ont de l'argent, comme avec cette anecdote d'avoir donné un pourboire et c'est l'homme qui est remercié, montre bien l'ironie de la situation. Les femmes n'ont le droit de rentrer seule dans certains endroits, celles-ci sont interrogées avec virulence lorsqu'elles vont seules dans un hôtel, le commerce sexuelle est toujours suspecté, l'homme est libre…D'ailleurs Chimamanda Ngozi Adichie a écrit un article sur la condition féminine à Lagos, certains l'ont trouvé violent, c'est surtout une colère salvatrice de changement, une colère positive d'espoir !
Au-delà de son expérience Chimamanda Ngozi Adichie, son espoir du changement l'habite au plus loin de son être, de sa grand-mère, de son petit frère et son ami décédé, elle puise au tour d'elle ces tableaux où la femme n'est pas encore l'égale des hommes socialement, politiquement, économiquement, culturellement aussi, mais cette culture est façonné par les personnes et non le contraire, Chimamanda Ngozi Adichie affirme à la fin de son discours qu'une personne est féministe lorsqu'elle dit oui à la question du genre, l'homme et la femme sont unis pour apporter une culture nouvelle , une société égalitaire ou la force ne sera plus signe de pouvoir.
Son deuxième discours est plus court, traitant du discours unique, comme celui de notre société avec le rôle de la femme, ce discours unique qui a exploité cette condition féminine sous le prétexte de la force masculine, ce petit préambule souligne la coexistence de ces deux voix. Sa première expérience à l'enfance, identifié ses personnages dessinés comme ceux lu dans ces livres anglais, sans imaginer qu'il puisse avoir une autre histoire physique et sociale de ces héros, elle ne lisait pas les romans Africains, du moins, ces livres étaient rares. Ce petit exemple simple démontre facilement que la pluralité permet d'avoir un discours pluriel dans son imagination. Cette découverte littéraire africaine en lisant Chinua Achebe et Camara Laye lui permettra de s'imaginer en héroïne les blancs ne sont pas les seuls à avoir l'apanage des belles histoires, la petite noire peut aussi avoir cette chance ! Poursuivant ainsi sa démonstration Chimamanda Ngozi Adichie en arrivant en Amérique sa colocataire avait une histoire unique sur l'Afrique, surprise qu'elle puisse avoir comme langue originale l'anglais et aimer Maria Carey mais vice versa lorsqu‘elle visita le Mexique, sous l'influence polluée, des débats sur l'immigration, comme des pauvres de son pays, nous sommes tous trompé par ces récits uniques, trompant notre perception des choses, loin de 1984 d'Orwell à modifier pour avoir un récit Unique, Chimamanda Ngozi Adichie d'une érudition facile, proposant des faits simples, parlant à tous. Elle prône cette pensée multiple, elle a créé une association à but non lucratif avec son éditeur nigérian, Farafina Trust, pour des bibliothèques, en construire et en rénover, créer des ateliers de lecture et d'écriture.


Chimamanda Ngozi Adichie est une femme profondément humaine, une justesse d'âme et de liberté, elle s'habille femme pour elle-même, ne pas plaire mais se plaire à soi-même, ses mots ont la liberté d'avoir racine au sein de sa propre expérience qu'elle partage avec passion et conviction, sa rage est positive et son espoir elle le construit pour qu'il puisse vivre, elle anticipe, elle agit, elle est active de son féministe naturelle, elle a cette fraicheur de vie qui cristallise autour d'elle une aura magnétique.
Je me suis retrouvé dans les deux discours, je suis féministe, je me rappelle de cet été et d'une discussion avec Louison sur le féministe, ce sont les actes qui déterminent les choses, les mots sont là pour nous faire agir.
Commenter  J’apprécie          30



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (3)voir plus