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Annick Le Goyat (Traducteur)
ISBN : 9782283024324
Éditeur : Buchet-Chastel (01/08/2011)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Kittur est une petite ville imaginaire de l’Inde du sud située sur la côte du Karnataka – entre Goa et Calicut – dont l’auteur du Tigre blanc fait le théâtre de ses dernières histoires. Avec ses castes supérieures et inférieures, ses religions multiples, ses immigrés tamouls, ses enfants des rues, ses rikshawallahs, ses fonctionnaires corrompus, Kittur contient l’Inde tout entière.
On y croise Ziauddin, un de ces garçons faméliques qui hantent toutes les gare... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Well-read-kid
  16 octobre 2011
En 2008, Aravind Adiga obtient le Booker Prize pour son premier roman, le tigre blanc, sombre portrait d'une Inde corrompue. L'année suivante, il publie Between the assassinations, traduit en français cette année sous le titre Les ombres de Kittur. Kittur, ville imaginaire d'Inde du Sud, où évoluent des personnages tous différents les uns des autres, entre 1984 et l'assassinat d'Indira Gandhi, et 1991 et celui de son fils Rajiv Gandhi.
Deux dates importantes dans l'histoire indienne contemporaine et qui marquent un tournant pour tout un peuple. Kittur n'existe pas, mais pourrait être n'importe quelle ville d'Inde, grouillante, sale, avec ses conflits religieux, ses castes, ses mille et uns dialectes. Les ombres de Kittur est à la fois un guide touristique, et un recueil de nouvelles.
Afin de brosser le portrait le plus complet possible de Kittur, bourgade imaginaire mais pourtant terriblement réaliste, Aravind Adiga, en quelques dizaines de pages, décrit le quotidien d'un habitant : du journaliste qui se rend compte que la réalité n'est pas ce qu'il croyait à la petite fille obligée de mendier pour payer la drogue de son père, en passant par le professeur désabusé. Il semble envisager toutes les possibilités et décrire ce qui le révolte le plus dans son pays. Ainsi, avec le patron intègre qui se fait rançonner par les impôts, la compagnie d'électricité, la police et la pègre, il dénonce la corruption qui gangrène le pays. Il n'hésite pas non plus à nous dévoiler les rivalités religieuses qui déchirent le pays, principalement entre Musulmans et Hindous, le travail des enfants, ou les coutumes maritales comme la dot. Mais ce qui semble être son cheval de bataille dans ce livre, c'est assurément le système de castes qui régit toujours la vie sociale de la majeure partie des Indiens. La caste détermine tout chez un individu, de ce qu'il mange à qui il épousera. Honte au brahmane qui fait une mésalliance avec un hoyka ! Cependant, avec le vingtième siècle et l'indépendant de l'Inde, le système de caste s'est vu bouleverser : ainsi, les mariages hors-castes sont plus fréquents, certaines castes dites « inférieures » voient leurs membres prospérer, et certains brahmanes peuvent très bien avoir chu sur l'échelle sociale au point d'être serviteurs. Aravind Adiga nous montre un pays où il est très important, crucial même de connaître sa place. le lecteur occidental découvre ce monde avec beaucoup de surprise.
Ainsi, comme pour le tigre blanc, l'immersion culturelle est totale. On retrouve certains thèmes présents dans le premier roman, comme la corruption, la tentation du vol pour les employés et l'impunité des riches. Cependant, ceux qui ont beaucoup aimé le tigre blanc resteront sûrement sur leur fin, car ces « nouvelles » sont trop courtes pour que l'on puisse s'attacher autant aux personnages qu'au jeune Balram du Tigre Blanc. Malgré cela, ces historiettes ont chacune leur intérêt et sont des petits morceaux de vies intéressants. J'ai pour ma part beaucoup aimé, et j'ai hâte de lire le prochain roman de l'auteur. Merci à Babelio à Buchet Chastel !
Lien : http://enlivrons-nous.com/20..
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Fransoaz
  25 octobre 2011
Kittur est une ville imaginée par l'auteur et située dans le sud-ouest de l'Inde au bord de la mer d'Oman. C'est dans cette ville que l'auteur a repéré et épinglé les 14 ombres de son recueil. Aravind Adiga nous guide dans les rues de la cité comme le ferait un guide touristique. Mais foin des belles plages, des éléphants ou des saris multicolores, le touriste-lecteur s'assomme contre la misère, la saleté, la pauvreté, rebondit de corruption en débauche, de vols en attentats.
Vous démarrerez votre périple à la gare et tomberez peut-être sur Ziauddin, "le petit garçon couvert de poussière" qui prépare le thé et sert les samosas sous l'oeil bienveillant d'un ivrogne.
Vous continuerez par le port pour vous trouver à l'usine de brodeuses de chemises d'Abbasi qui résiste et refuse la corruption qui gangrène toutes les institutions.
Une pause au Bunder pour un curry de crevettes et vous pourrez vous aventurer à Lighthouse Hill où Xerox vient de se faire arrêter pour copies illégales et vente des Versets Sataniques.
Près des échafaudages de la cathédrale, George pense avoir trouvé sa princesse, une femme riche qui l'emploie pour démoustiquer son jardin.
La rencontre de la petite Soumya va vous serrer le coeur. Elle va, dans l'espoir gratifiant des câlineries de son papa, traverser la ville en traînant son petit frère pour mendier dans le quartier des riches et ramener la drogue dont son père à besoin.


L'auteur nous donne à voir l'Inde multiple entre sous-développement et modernité: le désespoir du pauvre et la morgue du riche,
"Tu sais quelle est la plus grande différence entre les riches et les pauvres comme nous? Les riches peuvent commettre des erreurs encore et encore. Les pauvres , à la moindre erreur, ils perdent tout."
le système de castes qui perdure dans l'organisation de la société, le travail des enfants, la mendicité, le ravage de l'alcool et des drogues, la multiplicité des langues et des religions,
"A la lisière de la ville se dressaient, l'un après l'autre, un minaret, un clocher d'église, une tour de temple, comme autant de panneaux indicateurs pour signaler les trois religions de la ville aux voyageurs venus de l'océan. "
Aravind Adiga écrit avec une grande précision comme s'il voulait compenser ainsi l'ignorance du touriste-lecteur de l'histoire et des coutumes de son pays. le plan de la ville, la chronologie historique de Kittur et de l'Inde, le glossaire de fin de livre sont des supports nécessaires pour se glisser dans les 14 nouvelles.
Je suis sensible à la façon originale dont l'auteur présente son recueil, il a mis beaucoup de soin à concocter pour le lecteur un lieu et un temps pour se familiariser avec l'Inde contemporaine. Il coule de ces 14 portraits l'authenticité et l'acuité d'un regard sans concessions qui cinglent avec force le lecteur.
Merci aux éditions Buchet Chastel et à Babelio.

Lien : http://bevanhalennebzh.over-..
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kathel
  25 août 2011
Vous vous souvenez peut-être, certainement si vous aimez la littérature indienne, du Tigre blanc, paru il y a trois ans chez le même éditeur. Les deux couvertures ont un air de famille, d'ailleurs... le premier était un roman, retraçant un itinéraire particulier dans l'Inde d'aujourd'hui. Ce texte-ci est plus proche d'un recueil de nouvelles, même s'il y a un lien de temps et d'espace entre elles : elles se situent entre l'assassinat d'Indira Gandhi (1984) et celui de son fils Rajiv (1991) et toutes ont pour cadre la ville imaginaire de Kittur, qui rassemble toutes les cités du sous-continent à elle seule. Quelques phrases au début de chaque nouvelle décrivent à la manière d'un guide touristique cette ville, à visiter en une semaine, de la gare au port, du marché à la citadelle.
Du petit porteur de la gare au chef d'entreprise obligé de participer à la corruption généralisée, du bouquiniste qui vend des photocopies de livres au journaliste qui veut, une fois au moins, écrire la vérité, toutes évoquent des figures qui émergent de la multitude d'habitants de cette ville. Très souvent miséreux et sans toit, parfois plus aisés, ils sont toutefois coincés dans le rôle que leur a attribué leur naissance ou la société. Moins cynique que le tigre blanc, ce livre est toutefois fondamentalement pessimiste, et tout en montrant les dysfonctionnements de la société indienne, il prouve que tenter de se révolter ou de sortir de sa condition est bien souvent voué à l'échec.
Malgré le cynisme et la noirceur dont elles sont imprégnées, ces chroniques se révèlent particulièrement émouvantes, et je me souviendrai longtemps de l'histoire de Keshava, qui «deux ans auparavant, était arrivé à Kittur avec un nom, une caste et un frère», de celle de Chenayya le coolie, répétant comme un mantra « je ne peux pas continuer comme ça » ou de celle Soumya, la petite mendiante. le style sans fioritures d'Aravind Adiga fait naître des images, des bruits, des odeurs, des couleurs, et chaque plongée dans ce livre est un voyage en Inde. A lire si vous voulez en savoir davantage sur ce pays fascinant.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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traversay
  28 août 2012
Ce n'est pas un roman. Un recueil de nouvelles, plutôt, enchâssées dans de brèves descriptions touristiques d'une ville du sud de l'Inde, au bord de la mer d'Oman. Une cité qui n'existe pas, censée symboliser le pays tout entier. Les ombres de Kittur s'intéresse avant tout aux petites gens, à leur destin, qui semble tout tracé depuis l'enfance, quels que soient leurs efforts pour se sortir de leur condition. Une vision noire, bien dans la manière d'Aravind Adiga, découvert avec le tigre blanc. L'ensemble est assez inégal, certains récits semblent suspendus dans le temps et inachevés. D'autres, en revanche, ont une puissance peu commune, comme l'histoire de ce serviteur au service d'une grande dame et qui, peu à peu, se rend indispensable au point de croire qu'il peut s'élever jusqu'au rang de sa patronne. Il tombera de très haut. La misère, les castes, la corruption, les haines religieuses, la diversité des langues : c'est tout l'Inde que Adiga tente de concentrer en 350 pages. Sans nier son talent, la mission est impossible, c'est un pays qui ne se met pas en conserve, trop complexe, trop difficile à comprendre. Reste la qualité de la narration et tous ces personnages qui touchent par leur énergie et leur rébellion. Paradoxalement, si le propos est ambitieux, c'est dans l'humilité que l'auteur est le plus convaincant.
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isabellelemest
  06 janvier 2013
Ce recueil de nouvelles trace un lien géographique entre les quatorze héros, des personnages pitoyables qui personnifient les divers maux de l'Inde : tous vivent en Inde du Sud, dans la ville imaginaire de Kittur, située quelque part entre Goa et Calicut, sur la mer d'Oman.
Rien ne rapproche en effet l'enfant des rues, un petit musulman de la campagne, qui va devenir voleur et paresseux, de ce patron du textile exploitant ses ouvrières et grugé par des fonctionnaires corrompus, ce journaliste honnête et désireux de publier la vérité sur les affrontements inter-religieux et qui découvre que ces faits masquaient une profitable opération immobilière, de ce sous-directeur du lycée catholique constatant avec amertume le goût immodéré pour le cinéma X de son meilleur élève, ce qui lui vaudra une crise cardiaque fatale... Cet adolescent qui cache sa maladie vénérienne à son père et qui recourt à des charlatans, de cet ouvrier qui va perdre par imprudence un bon emploi d'homme à tout faire chez une patronne pour une fois compréhensive...
Misère, crasse, exploitation, désillusions, corruption généralisée, incurie, affairisme, c'est la face sombre de l'Inde que se plait à peindre A. Adiga dans ce recueil... Aucun espoir, aucun rayon de soleil, ne vient éclairer ce sombre tableau, où l'honnêteté rime avec bêtise, où les ambitions intellectuelles ou les scrupules sont bafoués... de surcroît l'absence de lien entre les nouvelles décourage le lecteur le mieux disposé...
Une fresque impitoyable, sans concessions, et déprimante des vices de l'Inde...
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critiques presse (2)
Lexpress   19 septembre 2011
Corruption, famine, précarité, violence, c'est une Babel à la dérive que dépeint Adiga : sous sa plume, la "Shining India" s'habille de noir et ses espérances se déchirent lamentablement, aux antipodes du prétendu "miracle économique".
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   26 août 2011
Dans ce texte très - peut-être trop - travaillé, on retrouve la puissance descriptive déjà remarquée dans Le Tigre blanc (Buchet Chastel, 2008).
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   25 août 2011
Chenayya quitta la gare, mais les paroles de l'homme le poursuivaient. Il n'arrivait pas à les chasser de son esprit. C'était comme un robinet qui gouttait. Tap. Tap. Tap. Il passa devant une statue de Gandhi dont la vue le replongea dans ses réflexions. Gandhi s'habillait comme un pauvre. Mais qu'avait fait Gandhi pour les pauvres ?
D'ailleurs, Gandhi avait-il existé ? Toutes ces choses - l'Inde, le Gange, le monde extérieur à l'Inde - étaient-elles réelles ?
Comment pouvait-il le savoir ?
Un seul groupe d'individus lui était inférieur. Les mendiants. Un seul faux pas, et il tomberait à leur niveau. Un accident, et il deviendrait l'un d'eux. Comment les autre coolies vivaient-ils avec cette pensée ? En réalité, ils ne vivaient pas avec. Ils avaient choisi de ne pas y penser.
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VepugVepug   04 octobre 2011
Abbasi contempla la mer d'Oman. Le soleil étincelait sur l'eau. Un bateau quittait lentement le port vers les eaux bleues du large qui changeaient de couleur et prenaient une teinte plus sombre. Le navire allait bientôt rejoindre une nappe de soleil éclatant, une oasis de lumière pure.
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GabySenseiGabySensei   31 juillet 2011
Tu sais quelle est la plus grande différence entre les riches et les pauvres comme nous? Les riches peuvent commettre des erreurs, encore et encore. Les pauvres, à la moindre erreur, ils perdent tout.
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VepugVepug   04 octobre 2011
Tout à coup, en plein milieu de la circulation, il s'arrêta et descendit de son triporteur, envahi par une pensée simple et claire : je ne peux pas continuer comme ça.
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AtasiAtasi   29 août 2015
Il les foudroyait du regard, les yeux exorbités, les tendons du cou saillants. Il était devenu l'un de ces êtres maigres et solitaires, aux yeux pénétrants, qui hantent toutes les gares de l'Inde, fumant leurs bidis dans un coin, l'air prêt à frapper ou à tuer à tout moment.
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Payot - Marque Page - Aravind Adiga - Le dernier homme de la tour
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