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ISBN : 9791091871044
Éditeur : Médias & Médiations (21/04/2014)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Depuis quelques décennies, les domaines d’exercice de la médiation se sont élargis. Les médiateurs côtoient davantage les avocats, qui, eux-mêmes trouvent intérêt à se former à la médiation. De ces croisements découlent des difficultés d’ordre relationnel, économique, politique et même éthique. L’interaction entre ces deux champs professionnels questionne. Comment voient-ils leurs places et leurs rôles dans le processus de médiation ?
Les auteurs ont mené l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Aline1102
  07 juin 2014
Un tout grand merci à Babelio et aux éditions Médias & Médiations pour cet ouvrage reçu dans le cadre de l'opération Masse critique. J'ai particulièrement apprécié cette lecture étant donné que j'ai étudié le droit pendant plusieurs années.
Pour répondre à la question posée par le titre, je dirais que les médiateurs et les avocats semblent plutôt être des ennemis, alors qu'ils devraient être alliés. Les auteurs ont basé leur ouvrage sur des questionnaires qu'elles ont envoyés à des avocats et des médiateurs ; grâce aux réponses qu'elles ont reçues (de la part de ceux qui ont bien voulu répondre, du moins), elles ont pu analyser les relations de ces deux métiers qui sont amenés à se rencontrer de plus en plus, étant donné l'évolution des professions juridiques.
Les réponses apportées par les uns et les autres illustrent une certaine méfiance. Les avocats ne prennent pas toujours les médiateurs au sérieux et ces derniers sont parfois intimidés par la prestance des juristes auxquels ils ont affaire. Il faut dire que la médiation est un phénomène encore récent dans nos sociétés (au contraire du système anglo-saxon, où la médiation existe en parallèle avec la résolution judiciaire des conflits depuis de nombreuses années). La discipline en est encore à ses balbutiements et n'est pas organisée comme l'est, par exemple, un barreau ou un Ordre des avocats. de ce fait, les médiateurs sont parfois perçus par les avocats comme étant une profession "peu sérieuse" et profitant de l'engouement pour les modes alternatifs de résolution des conflits pour gagner un peu d'argent.
Cette façon qu'ont les médiateurs et les avocats de se considérer les uns les autres est assez regrettable. de ma lecture de cet ouvrage, j'ai retenu une chose essentielle : ces deux professions devraient apprendre à mieux se connaître et à collaborer. Ils pourraient ainsi aboutir à une meilleure gestion de leurs dossiers communs et, en plus de cela, convaincre plus de personnes de se diriger vers la médiation.
Car ce mode de résolution d'un conflit présente plus d'avantages qu'un procès : plus rapide (étant donné l'engorgement épouvantable des tribunaux), moins onéreuse, la médiation permet également à ses participants de mentionner leur ressenti lors des séances, contrairement à ce qu'il se passe dans une salle d'audience, où seul le droit et son application / interprétation comptent.
Par contre, là où les auteurs ne sont pas parvenues à me convaincre, c'est quand elles parlent de la formation des avocats à la médiation. J'ai un peu envie de dire, concernant les points qu'elles ont soulevés à ce sujet, "Chacun son métier". Un médiateur travaille dans le ressenti et me semble plus proche du psychologue. Les avocats sont des gens précis et rigoureux : la loi ne laisse pas de place aux sentiments. Comment un bon avocat pourrait-il donc devenir un bon médiateur, ou vice-versa ? Selon moi, il n'appartient pas au médiateur de connaître les subtilités juridiques à appliquer pour rédiger un accord de médiation qui tient la route ; mieux vaut pour cela qu'il collabore avec un juriste.
Il ne faut néanmoins pas croire que tous les juristes sont des machines sans sentiment (j'ai parfois eu l'impression, lors de la lecture de certains passages, que c'est ce que considéraient les auteurs) : au cours de mes stages, j'ai rencontré bon nombre de magistrats qui se basent notamment sur l'équité pour juger les dossiers dont ils sont chargés. Mais, bien entendu, ils doivent aussi appliquer le droit ; ils n'ont pas trop le choix. Et ils ne peuvent pas, comme les médiateurs, se permettre d'écouter le ressenti et les émotions de chacun : cela prendrait un temps fou et ferait encore traîner des affaires qui occupent le tribunal pendant plusieurs mois.
Un autre élémént de l'ouvrage m'a paru un peu exagéré : les auteurs citent un jeune chercheur qui, dans sa thèse de doctorat, affirme que les avocats / juristes ne sont pas assez formés en sciences humaines, ce qui ferait d'eux de très mauvais médiateurs. Il préconise donc une révision de la formation des juristes, qui devraient avoir plus de cours de sciences humaines.
Le chercheur en question n'a peut-être pas eu vent des anciens programmes de candidature en droit (qui existaient en Belgique avant la réforme de Bologne). En tout cas, quand j'ai commencé mes études de droit, les horaires des deux premières années étaient bien plus chargés de cours de sciences humaines que de cours de droit : psychologie (cours + séminaire), philosophie, sociologie. Sans compter l'économie, l'histoire, les sciences religieuses et même les langues. Encore aujourd'hui, les programmes des facultés de droit regorgent de cours de sciences humaines lors des premières années.
De même, renforcer la formation en médiation des jeunes avocats ne me paraît pas une excellente idée. En Belgique, pour devenir avocat, il faut accomplir trois années de stage après l'obtention de son master en droit. Et ces trois années ne sont pas de tout repos : cours, examens, conférences, séminaires,... Les stagiaires passent leur temps à se former et à présenter des examens : comment, dans ces conditions, encore "caser" une formation en médiation dans cet horaire surchargé ?
Des avocats médiateurs serait donc, selon moi, une mauvaise idée.
Cet ouvrage m'a plutôt fait comprendre qu'il faudrait apprendre aux médiateurs et aux avocats à se respecter mutuellement et à travailler en étroite collaboration. Chacun pourrait alors garder les "spécificités" qui font la force de sa profession et suivre des formations pour son champ de compétence, sans empiéter sur celui de l'autre. Les exemples de médiation qui fonctionne, dans l'ouvrage de Sylvie Adijès et d'Hélène Lesser, sont les séances au cours desquelles les avocats et les médiateurs ont décidé de régler le problème de leurs clients ensemble.
Un développement encore plus important de la médiation serait donc une excellente chose, mais uniquement si elle est pratiquée par des professionnels de cette technique, et non par des juristes qui souhaitent "surfer" sur la vague de succès rencontrée par ces nouvelles techniques de règlement des conflits.
N.B. pour les non juristes ou les allergiques au vocabulaire juridique (si, si, cela existe : l'une de mes soeurs déteste le monde judiciaire depuis qu'elle a failli être juré aux Assises) : cet ouvrage est totalement compréhensible pour qui n'est pas juriste. Bien écrit, illustré de nombreux exemples et témoignages, le récit utilise un langage clair et non un jargon juridique que ne comprendraient que les spécialistes. Toute personne curieuse de se familiariser avec la médiation et ses nombreux avantages peut donc découvrir cet ouvrage sans crainte : les auteurs ont veillé à le rendre très accessible.
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gege255
  30 juin 2014
Etant juriste de formation, c'était très intéressant pour moi d'étudier les rapports entre les avocats et les médiateurs, avec quelques regards sur d'autres professions et beaucoup d'anecdotes.
Un excellent "manuel" qui a pour but d'expliquer pourquoi ces professions peuvent se compléter ou s'affronter.
Et merci à Babelio et aux Editions Médias et Médiations de m'avoir ouvert les yeux sur ce phénomène, à mon avis d'avenir
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