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EAN : 9782070426850
187 pages
Éditeur : Gallimard (15/01/2003)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 154 notes)
Résumé :
"Au moment de prendre le bain, j'ai enlevé ma montre, une montre offerte par l'homme que j'aime et où l'artiste a inscrit sur le cadran, en demi-cercle, À ce soir. J'ai constaté que le cadran était totalement embué. On dit que la peur crée des sécrétions toxiques. À ce soir était comme effacé. La date, elle, était bien visible.

Treize juillet. Dix-sept ans après la mort de Rémi.

Le texte qui suit s'est imposé à moi juste après. Il a sur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
mlseditions
  28 janvier 2016
Après 17 ans de silence, un accident va déclencher le besoin de raconter la disparition d'un fils. Subitement, le petit Rémi va être transporté dans un hôpital vétuste où il est mis sous respirateur artificiel. Les médecins ne se prononcent pas ni sur sa pathologie ni sur l'espoir de guérison. Les parents sont plongés dans un univers second entre attente et espoir, entre culpabilité et incompréhension. Puis, le petit Rémi est transféré dans un autre hôpital où l'environnement et le personnel soignant prennent une dimension tellement humaine que l'espoir renaît. le petit Rémi reprend des forces et semble atteindre la voie de la guérison mais l'espoir est de courte durée, le conduisant vers la mort.
Ce témoignage est celui d'une mère qui raconte l'agonie de son fils, la culpabilité qu'elle ressent de ne pas avoir été présente quand tout a démarré et de survivre à son enfant. Il est question également de la façon dont les parents vivent un tel drame face à un corps médical parfois silencieux, des questions que l'on ose pas poser préférant garder l'espoir intact.
Le récit est abordé dans des paragraphes courts et avec un démarrage un peu confus comme une nécessité pour se donner de la force de dire l'indicible car le dire, c'est accepter en quelque sorte la réalité des faits.
Les personnages n'ont pas de nom à part le petit Rémi mais l'auteur n'en fera usage que rarement.
Un témoignage douloureux écrit longtemps après mais dont les souvenirs sont intacts.
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Marti94
  21 avril 2020
Laure Adler ne dira jamais "A ce soir" à Rémi, son bébé mort de maladie avant sa première année. C'était il y a longtemps et depuis elle a eu deux filles. Mais un jour, dix-sept ans après le drame, alors qu'elle évite un grave accident de la route, elle a besoin de raconter ce qu'elle a vécu. Pourtant elle écrit "Ceci n'est pas un récit. C'est une tentative de raccommodement avec le monde".
A l'hôpital, Laure Adler passe de longues journées mais aussi de longues nuits à attendre, à guetter le moindre regard du bébé lorsqu'il se réveille.
J'ai moi-même eu un bébé hospitalisé et il est vrai que la communication ne se fait que par les yeux surtout lorsqu'on ne peut pas le toucher et qu'il y a tout un appareillage autour de l'enfant.
Elle raconte son impuissance à agir ou même à poser des questions, faisant entièrement confiance au corps médical. Ce qu'elle regrette par moment car elle se rend compte que la première équipe qui a soigné son bébé n'a pas toujours été à la hauteur. Mais sa seule force est d'être présente, de croire en la guérison.
Son fils est mort et elle reste vivante. Alors elle ne tente pas d'apaiser sa douleur car cela lui semble impossible mais seulement de la maîtriser. Comme Baudelaire l'écrit dans un poème "Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille", elle sait que la douleur est quelque chose de concret.
C'est terrible car on ressent sa solitude face à son impuissance de sauver Rémi. Elle ne dit presque rien sur le père (qui semble pourtant présent) comme si le drame ne pouvait pas être partagé. C'est un point de vue touchant et très personnel.
Lu en avril 2020
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Pasoa
  17 décembre 2016
"À ce soir" est un récit autobiographique. Laure Adler y relate la disparition de son tout jeune enfant survenue il y a dix-sept ans. En découvrant le thème de cet ouvrage, j'ai redouté la profusion de détails à la limite du supportable, un voyeurisme déplacé, l'emprise du pathos sur le récit. Durant toute la lecture de ce livre, je n'ai rien senti de tel.
Dans les premières pages, Laure Adler utilise un moyen détourné (un accident de voiture sans conséquences graves) pour amener lentement le lecteur au coeur du sujet du livre. Sujet très sensible que celui du décès d'un petit garçon âgé d'à peine un an.
L'auteur y parle avec émotion, avec une belle sensibilité (il y a des passages sur sa grossesse et sur les liens qu'elle a entretenu avec son fils durant l'hospitalisation qui sont pleins d'une tendre pudeur) et retenue. le fait qu'il se soit passé dix-sept ans entre les faits et l'écriture de ce récit donne au livre une richesse très réelle.
Le transport aux urgences, le diagnostic, la vie à l'hôpital, les soins prodigués, les rapports avec les médecins, le silence, les non-dits, le temps qui se fige tout autour, la colère, le désarroi, l'espoir, la fatigue toujours mais aussi (et surtout) tous les liens ténus qui unissent la mère à son petit garçon. Tous ces sentiments qui se confondent, se confrontent, s'opposent les uns aux autres, la souffrance qui jamais ne s'efface sont, dans ce récit, très justement abordés.
Pas d'effets de style, pas de surabondance de détails, etc. Juste ce qu'il faut pour rester au plus près.
Un récit touchant, très humain.
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Zabouille
  07 août 2015
Malgré un démarrage un peu confus, l'histoire de cette maman, son combat, ses espoirs de voir guérir son petit garçon m'a touchée et cette fin tragique m'a émue... L'écriture est douce et poignante à la fois, composée de paragraphes parfois très courts et très espacés, qui donnent un certain rythme à la narration et la sensation de ressentir, nous aussi, ces instants de doute ou d'espérance et d'incompréhension. Très belle découverte de lecture, malgré le sujet ô combien dramatique et dur...
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jg69
  01 avril 2015
Laure Adler va attendre dix sept ans pour pouvoir parler de la mort de son petit garçon de neuf mois. Dix sept ans, c'est très long et cela n'arrive pas par hasard. Au volant de sa voiture, à un carrefour, sa vie a failli basculer. L'irrémédiable n'a pas été commis. Elle s'est rendu à son travail comme si rien ne s'était passé, mais une fois chez elle, la mort de son fils a fait écho à ce qu'elle avait failli vivre. Alors, elle a écrit, raconté, dix sept ans après.
Le récit est forcément plus distancié, mais paradoxalement les faits plus précis, l'histoire plus détaillée sur certains faits. Car Laure Adler va accompagner son premier enfant dans la mort. Victime, à priori, d'une infection pulmonaire, mais sans certitude précise, le petit garçon, qu'elle évoque très peu par son prénom, va être placé sous assistance respiratoire. Il lui faudra parfois plusieurs machines pour continuer à vivre. D'abord transporté dans un hôpital vétuste, qui fermera d'ailleurs ses portes, le petit garçon sera ensuite transféré dans un hôpital où il sera encadré par un personnel soignant exceptionnel. L'espoir renait, le petit garçon reprend des forces, grossit même, on espère qu'il puisse bientôt respirer seul. Mais malheureusement, l'issue tant espérée n'arrivera pas.
La scène la plus terrible à se remémorer, à mon sens, est le moment où elle apprend que son fils ne va pas bien. Elle rentre chez elle. La voisine ne se souvient pas précisément de l'endroit où la nounou et sa soeur l'ont emmené. D'abord chez un médecin, non dans une clinique, non à l'hôpital... Puis l'attente, à en devenir folle.
Et puis la culpabilité, si j'avais été là, il est gravement malade et je ne suis pas à ses côtés.
Témoignage très touchant et très bien écrit.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   11 mai 2014
Le samedi matin, les parents avaient le droit de venir plus tôt. Le professeur s'est arrêté dans la chambre de notre fils. Il l'a contemplé longuement, avec amour et même admiration. Je savais qu'il appréciait sa manière de lutter. Un grand professeur peut éprouver de la considération pour un petit enfant. Curieusement il n'a pas tâté son pouls, n'a pas vérifié les courbes des machines. Il l'a embrassé et nous a proposé de le suivre dans son bureau, il nous a fait asseoir, nous a demandé de poser nos mains sur la table de fer. Il a pris nos mains qu'il a enveloppées dans les siennes. Puis il a levé les yeux et, le regard embué de larmes, nous a annoncé que c'était fini.
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babounettebabounette   08 juillet 2009
Je n'écris pas pour apaiser la douleur. Je sais depuis dix-sept ans que la douleur est et demeurera ma compagne. Je vis avec elle. Je la tiens en laisse. Quelquefois, elle me bouscule et me fait tomber.

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sylviesylvie   14 décembre 2007
"A la nuit tombée, je suis rentrée à la maison. Je n'ai rien dit. Pourquoi parler de quelque chose qui n'a pas existé ?

Au moment de prendre le bain, j'ai enlevé ma montre, une montre offerte par l'homme que j'aime et où l'artiste a inscrit sur le cadran, en demi-cercle, A ce soir. J'ai constaté que le cadran était totalement embué. On dit que la peur crée des sécrétions toxiques. A ce soir était effacé. La date, elle, était bien visible.

Treize Juillet. Dix-sept ans après la mort de Rémi.

Le texte qui suit s'est imposé à moi juste après. Il a surgi de la nuit."
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mlseditionsmlseditions   28 janvier 2016
Vivre après, avec la force de son amour, intacte par delà les jours, et qui nous amène à vouloir parler, m^me s'il n'y a pas de mots - chacun en fait l'expérience- capables de dire la séparation, l'absence, le manque qui vous déchire.
Vivre après, dans l'espace abandonné par la mort qui, elle, ne fait jamais défaut, à sa façon, un A ce soir, qui résonne comme une menace.
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Marylou26Marylou26   24 juin 2018
Je n’écris pas pour me souvenir. Je n’écris pas pour apaiser ma douleur. Je sais depuis dix-sept ans que la douleur est et demeurera ma compagne. Je vis avec elle. Je la tiens en laisse. Quelquefois, elle me bouscule et me fait tomber. Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille. Ce poème que j’ai découvert comme tout le monde à l’adolescence m’a habitée, dès la première lecture. J’avais eu l’impression de l’avoir compris biologiquement. Aujourd’hui je sais que Baudelaire a raison. La douleur est bien quelque chose de vivant, de concret, de palpitant, de turbulent comme un grand chien fou qui, en s’amusant, peut vous enfoncer sans crier gare ses crocs jusqu’au sang.
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