AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Dossier 64 (212)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
LydiaB
  12 mai 2014
Comme il s'agit du tout premier roman que je lis de cet auteur, j'ai fait la connaissance de la fine équipe d'enquêteurs de ce fameux Département V, devant se dépatouiller avec un dossier corsé. Carl, policier cynique, un brin chafouin, à la vie bien remplie, tiraillé entre sa compagne, Mona, psychologue, et son ex-femme ; Rose, tout en charme mais au furieux dédoublement de personnalité et Assad, le mystérieux, qui se complaît à cacher sa vie. Quel trio mes aïeux ! Avec de telles personnalités, on peut comprendre que ces trois-là soient relégués aux affaires non élucidées.

L'auteur va profiter d'une enquête pour exhumer une vieille affaire de l'histoire danoise : la stérilisation des femmes sur l'île de Sprogø. Des années 20 aux années 60, ce petit îlot fut la destination des jeunes filles qui dérogeaient à la règle de la bonne moralité. On cataloguait toutes celles qui étaient enceintes sans être mariées (ou toutes celles qui faisaient commerce de leur corps) d'attardées mentales et on les stérilisait contre leur gré, bien entendu, dans ce lieu éloigné. Inutile de dire que, le plus souvent, ce lieu devenait leur dernière demeure.

Dans le roman, l'équipe de Carl est chargée d'ouvrir à nouveau un vieux dossier, celui de Rita Nielsen, disparue en 1987. de fil en aiguille, elle va mener au témoignage, plus récent, de Nete, et mener à un certain centre de stérilisation tenu par Curt Wad, dangereux extrémiste appartenant au mouvement "Lutte secrète" dont le fondateur, René Linier, prônait la race pure...

Je le disais au début de ce billet, il s'agit de mon tout premier Adler-Olsen. Mais nul doute que je vais lire les autres. J'aime beaucoup cette façon d'imbriquer plusieurs histoires afin de faire référence à L Histoire avec un grand H tout en faisant réfléchir le lecteur. Je n'avais jamais entendu parler de l'île de Sprogø et cela m'a permis de me renseigner et d'en apprendre un peu sur le passé du Danemark, même s'il ne s'agit pas de la partie la plus brillante.

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          932
Eve-Yeshe
  24 novembre 2016
C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la fine équipe du département V, avec notre commissaire Carl Morck, dont la vie familiale est toujours aussi agitée, Rose qui met la main sur un dossier « cold case » et le suit de manière opiniâtre, et Assad sur lequel on apprend un peu plus de choses, tous trois persécutés par un virus terrible qui leur fait squatter les toilettes et renifler.

J'aime bien la façon dont l'auteur mène deux récits parallèles, entremêlant des faits remontant à 1987, quand Nette tente de régler ses comptes en nous racontant son histoire, et l'enquête de Carl Morck de nos jours qui cherche à faire un lien entre des disparitions de l'époque et l'agression d'une tenancière de bordel de nos jours.

Jussi Adler-Olsen à travers une enquête menée tambour battant, un suspense qui va crescendo, nous parle d'un problème qui m'intéresse énormément, l'eugénisme, et tout ce que l'on peut faire au nom d'une race que des médecins appellent supérieure. Cet horrible Dr Curt Wad est une émanation de Mengele, et stérilise toutes les femmes qu'il juge indigne d'enfanter. Avortements provoqués, viols, enfermement après avoir subi des soi-disant tests d'intelligence sur cette île de Sprogø, où ces femmes sont enfermées, sous camisole chimique quand elles se révoltent.

de même, il nous montre la manière dont ce médecin a pu constituer son réseau, avec d'autres confrères aussi dénaturés que lui, pour arriver à construire un parti politique et accéder au pouvoir. La façon dont il fait chanter les gens qui pensent différemment, les achetant ou s'en débarrassant, par la violence. Il se sent tellement au dessus des autres, avec sa suprématie planche qu'il n'hésite pas à tenir des propos racistes, xénophobes, sans vergogne.

Comme le souligne l'auteur dans sa note, « les stérilisations étaient pratiquées en application des lois pour la pureté de la race et l'eugénisme promulguées dans les années 1920 et 1930 dans un certains nombres de pays occidentaux dotés d'un gouvernement social-démocrate et marqués par le protestantisme » et sur l'île de Sprogø de 1923 à 1961, donc jusqu'à une période tout de même assez récente.

C'est le quatrième livre de Jussi Adler-Olsen que je lis, étant tombée sous le charme de son premier roman, j'adore cette équipe improbable et haute en couleurs, et j'apprécie ces enquêtes qui, l'air de rien, aborde toujours un phénomène de société. Ce quatrième opus m'a plu tout autant que les précédents. Au bout d'une cinquantaine de pages, j'ai dévoré, pratiquement en apnée, j'attends le suivant…

Note : 8,8/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          670
sandrine57
  07 janvier 2016
Mauvaise surprise pour Carl Mørck quand il arrive dans le bureaux du département V en ce matin de novembre 2010. Børke Bak, flic à la retraite et ennemi personnel du commissaire, lui demande de retrouver et de punir celui qui, dans la nuit, a aspergé de soude caustique sa soeur Esther, tenancière d'une maison close dans le quartier de Vesterbro, le menaçant de faire resurgir l'histoire très ancienne de la mort de son oncle. Si Mørck est furieux, Rose, sa secrétaire, voit là l'occasion de se pencher sur une vieille affaire non résolue, la disparition, dans les années 80, de Rita Nielsen, propriétaire d'une agence d'escort girls. Sous son impulsion, le commissaire et son assistant, l'énigmatique Assad, découvrent une série de disparitions suspectes ayant les mêmes caractéristiques. Leur enquête va les conduire dans le sombre passé du Danemark sur les traces de Nete Hermansen, enfant, puis femme broyée par le système et les idées néfastes de certains.

C'est toujours un plaisir de retrouver le bougon Carl Mørck, empêtré dans une vie privée compliquée, et assisté dans son travail par deux assistants hauts en couleurs. Jussi Adler Olsen a su créer des personnages originaux et attachants qu'on aime retrouver au fil de leurs enquêtes. Cold case oblige, ils vont remonter le temps jusqu'aux années 50 dans le passé de Nete Hermansen, qu'aujourd'hui on qualifierait de ''cas social'' et de son persécuteur, le docteur Curd Wad, gynécologue à la retraite, fondateur de Renie Linie, un parti politique extrémiste en passe d'accéder au parlement en cette année 2010.
Si tous les livres de ce génie du polar sont fantastiques, tant au niveau des intrigues que de la qualité d'écriture, celui-ci est un cran au-dessus, peut-être en raison du sujet abordé, à savoir l'eugénisme. Après la deuxième guerre mondiale et la chute d'Hitler, certains danois ont continué à s'inspirer de ses idées sur la race pure. Ainsi, les femmes jugées indignes de procréer ont été avortées et stérilisées de force. Cette ''lutte secrète'' visant éliminer les familles nombreuses des classes populaires ou encore les mères célibataires s'accompagne aussi d'un racisme à peine dissimulé.
Avec Nete, le lecteur est plongé dans la vie d'une femme déchue qui s'est relevée pour tomber à nouveau et ne plus penser qu'à la vengeance. C'est avec un sentiment d'injustice et une profonde empathie que l'on suit son triste parcours.
Encore une fois, Adler Olsen frappe fort avec l'histoire de cette ''bonne fille'' qui n'a pas eu de chance. Et si le noir domine son roman, il sait aussi ménager au lecteur des plages de détente où l'on s'amuse des mésaventures de Carl avec son ex-femme ou avec sa nouvelle petite amie et de ses tentatives infructueuses pour agir en chef avec sa fine équipe. Un très bon opus, voire le meilleur de la série.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          524
gruz
  03 janvier 2014
4° aventure du trio d'enquêteur Mock / Assad / Rose, 10 millions d'exemplaires vendus dans le monde pour cette série traduite dans 4 pays, et un mystérieux dossier 64 qui se profile. Ça c'est pour les chiffres.

Passons aux lettres, parce que les romans de Jussi Adler-Olsen sont tellement plus que ces chiffres, lui qui a gagné ses lettres de noblesse grâce à cette série en cours. Son nom est à écrire en lettres capitales dans le panthéon des auteurs nordiques.

Si vous recherchez de l'adrénaline à chaque mot, passez votre chemin. L'univers de l'auteur est fait d'ambiance, avec des personnages à la psychologie fouillée et une plume vraiment étonnante. Mais rassurez-vous, c'est un vrai polar qui sait instiller la tension.

Adler-Olsen est un auteur étonnant avec ses livres qui sont d'une profondeur assez incroyable.

Premier grand point fort de ses romans : les personnages. Les essayer c'est les adopter. Entre un inspecteur un peu bourru et ses assistants, le syrien Assad qui est sûrement l'un des personnages les plus atypiques de la littérature de genre et Rose à la personnalité changeante, c'est un véritable feu d'artifice. Les autres personnages introduits dans ce nouveau roman sont eux aussi d'une incroyable densité.

L'autre point fort, c'est cette alternance dans la narration, entre chapitres très travaillés pour décrire l'évolution de l'intrigue et chapitres où les dialogues entre les trois compères sont un florilège de bons mots, de drôlerie, avec ce ton un peu décalé du meilleur effet.

Ce quatrième opus ne déroge pas à la règle et la montée en puissance de Adler-Olsen continue à se faire sentir. Oui je trouve cet épisode encore meilleur que les autres, plus émouvant, plus décalé, plus profond, plus hypnotisant. Il peut se lire individuellement, mais connaître les personnages est un véritable plus.

600 pages qu'il convient de savourer, une atmosphère un peu rétro mais jamais désuète et des dialogues dynamiques. Une maîtrise narrative impressionnante et une profondeur de l'intrigue éblouissante. L'auteur prend son temps pour asseoir son récit et développer ses personnages, une ambiance tendue mais tellement addictive qu'on voudrait ne pas en sortir.

Un « Cold Case » à la scandinave, où l'auteur égratigne sérieusement la société danoise, si lisse en apparence. Un regard acerbe sur la société et des propos qui peuvent très facilement se transposer dans l'histoire et l'actualité française. Nous aussi nous avons nos casseroles et vivons le retour en force des idées extrémistes.

Intrigue menée de main de maître, personnages mémorables et complexes, ton singulier, moments de pure émotion et un final absolument magnifique (alors que l'on s'imagine avoir tout deviné longtemps avant). Tout simplement admirable si on aime ce genre de lecture !
Lien : http://gruznamur.wordpress.com
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          502
Ellane92
  08 janvier 2016
Avis de grippe au Danemark ! Carl et son équipe doivent enquêter sur un dossier qui a tapé dans l'oeil de Rosie, concernant la disparition d'une mère-maquerelle. En parallèle, une patronne de boite d'escort girls, qui est également la soeur d'un policier à la retraite, a été défigurée à l'acide. Son frangin décide de lui venir en aide, en n'hésitant pas pour cela à faire pression sur Carl.
Dans le genre vieilles affaires qui ressurgissent (c'est quand même la spécialité du département V que dirige C. Mock), il y a également du nouveau sur l'affaire qui a couté la vie d'un de ses co-équipiers, sa mobilité à un autre, et des cicatrices et sa confiance en lui à Carl : en démolissant la maison où s'est passé la fusillade à l'origine de tous ces débordements, on a retrouvé un cadavre découpé et proprement rangé dans un sac poubelle puis dans une caisse en bois ; le mort a été tué d'un clou dans la tête, ce qui était la signature du malfaiteur que Mock et son équipe poursuivaient ce jour-là. Enfin, on suit les agissement de Nete, une femme qui semble, après en avoir bavé, avoir trouvé le bonheur entre les bras de son médecin de mari. Sauf que ce mari est mort dans l'accident de voiture qu'elle a provoqué quand a été évoquée en public son passé de fille de mauvaise vie.
Mais bon, la vie a aussi ses bons côtés, et Mona, la psy dont est amoureux Carl, lui propose un diner, accompagné d'une surprise, qui, on peut s'en douter, ne correspondra pas forcément à l'idée première de notre flic désabusé !

Une fois n'est pas coutume, je trouve que Jussi Alder-Olsen s'améliore avec le temps, tout en renouvelant les pans de l'histoire du Danemark qu'il dénonce dans ses romans. J'ai trouvé cet opus particulièrement réussi. Les dialogues et les situations entre membres de l'équipe du département 5, souvent loufoques et décalés, apportent un agréable contrepoids à l'histoire particulièrement sordide et touchante de Nete. Dossier 64 aborde un épisode franchement pas reluisant de l'histoire du Danemark, un de ceux que tous les pays tentent de cacher sous leurs tapis... Il s'agit des activités liées l'île de Sprogo, où l'on internait et stérilisait les femmes débiles et de mauvaise vie, ou, plus simplement, celles qui étaient gênantes. Mock, qui se trouve un peu moins en mille morceaux, m'a semblé plus capable d'empathie, et gère de main de maitre, assisté par Assad et Rosie, une histoire particulièrement émouvante et touchante.
Pour tout dire, les enquêtes du département V ne sont pas de la grande littérature, pas même le summum des romans policiers. J'en lis un de temps en temps pour me détendre, parce que je sais que l'histoire tiendra globalement la route, que l'intrigue est honnête, les personnages amusants. J'y trouve de l'humour, un peu de dépaysement, un chouïa de violence mais pas trop, et j'apprends toujours deux ou trois choses sur le Danemark. Dossier 64 m'a pour le coup étonnée, je l'ai trouvé meilleur que ce à quoi je m'attendais, et j'ai même été surprise par le final, ce qui est plutôt rare ! Bref, c'est un bon voire excellent opus , amusant, intéressant, bien mené.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
SMadJ
  03 mars 2014
Hilarantes, pittoresques et déjantées les aventures de cette équipe du département V danois égrènent la liesse et la folie douce.
Loufoque, loup phoque même.
C'est ce vent de fraîcheur bienvenue, qui change drastiquement des polars scandinaves habituels (plutôt lourds et dépressifs même si souvent excellents) qui fait le charme de ce bouquin et probablement des précédents (pas encore lus).
Car c'est quand même à un trio de policiers bigarrés que nous avons affaire, de Carl Mørck, loser magnifique et désabusé, en passant par Assad son énigmatique assistant cintré et cette folle furieuse schyzo et mal-aimable de Rose qui les seconde ou les triconde (ils sont 3 après tout).
Le talent principal de Jussi Adler Olsen réside dans l'évocation de leur échanges iconoclastes quotidiens dont le rythme est soutenu et truculent. Un petit régal.
Sans compter toute la galerie de personnages secondaires qui illumine le bouquin.

Cela n'empêche pas l'auteur de tirer à boulets rouges sur une société danoise confrontée à ses démons noirs passés et présents. Société prête aux pires atrocités pour conserver une certaine idée de pureté de race.

L'intrigue en elle même n'est pas folle mais suffisamment intense pour accrocher.
Elle est fluide et agréable et surtout fait le lien narratif entre les personnages.

Au final, un bouquin très fréquentable et sympathique : Mâchez danois. 3,5/5
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          430
kuroineko
  14 mai 2019
Après trois premiers tomes bien prenants, le Danois Jussi Adler-Olsen poursuit sa série du Département V avec Dossier 64. J'y ai retrouvé avec grand plaisir le trio de choc des cold cases de Copenhague : l'inspecteur Carl Mørck, bougon, ironique, souvent dépassé entre son équipe et la smala qui vit sous son toit, son assistant Assad, à la fois attachant et ambigu par les mystères autour de lui, et la benjamine aux multiples personnalités Rose.

Le premier ennemi contre lequel doivent lutter nos héros est la grippe qui frappe la Direction de police en ce mois de novembre 2010. Pas simple de réfléchir avec la tête engluée dans la fièvre et le nez gouttant à qui mieux mieux...

Un vieux dossier de disparition datant de 1987 attire l'oeil de la gothique Rose et force est au reste du trio de s'y mettre (toujours avec un bel entrain du côté d'Assad... beaucoup moins côté Mørck). Cette enquête va les plonger dans un passé pas si ancien et très dérangeant du Danemark. En effet, durant plusieurs décennies (globalement entre 1920 et 1970), l'État mena une politique de type eugéniste en déportant et stérilisant de force des femmes jugées immorales ou qui ne rentraient pas dans les critères de valeurs établies par des médecins indignes. Rabaissées, humiliées, considérées comme mentalement déficientes et déviantes sexuelles risquant de "salir" la société des "bons" Danois en pondant gosses sur gosses en recourant à l'aide sociale, battues et enfin opérées afin de ne plus pouvoir enfanter, ces femmes étaient ensuite rendues à la vie civile, marquées comme des bêtes et généralement dans l'incapacité de s'intégrer socialement.

A ça, s'ajoute les volontés d'accès au parlement danois d'un parti d'extrême-droite aux terrifiants et nauséabonds relents nazis, Rene Linier ("lignes pures"... tout le programme dans le nom...).

Avec de tels éléments, on comprend que Rose, en tant que femme, et Assad en tant qu'immigré soient particulièrement portés et investis - professionnellement et émotionnellement - sur cette enquête. Quant à Mørck, ce n'est pas qu'il ne suive pas le mouvement, mais ressort de nouveaux points sur l'affaire du tueur aux clous antérieures à la série et qui a valu au policier de se retrouver en sous-sol au Département V, une cicatrice de blessure par balle à la tête et l'esprit encore torturé de la vision de ses collègues tombant sous l'assaut, l'un mort, l'autre tétraplégique. Plus l'agitation chez lui, plus les difficultés inhérentes aux débuts d'une liaison avec la belle Mona... Ça fait beaucoup pour un seul homme, non?

Jussi Adler-Olsen explique que le système de mise à l'écart et de stérilisations forcées a bel et bien existé et que, jusqu'à ce jour, il n'y a jamais eu de mea culpa ni de reconnaissance de cette part sombre de son XXème siècle par les gouvernements danois qui se sont succédés. N'étant pas très au fait de l'Histoire de ce pays, cette découverte m'a surprise et choquée par la violence physique et idéologique d'une telle planification eugéniste.

De même, les parties concernant l'organisation et les velléités du parti Rene Linier m'ont interpellée quant à l'actuelle montée en puissance en Europe de nombreux partis et mouvances identitaires, certains s'inscrivant ouvertement dans le prolongement de vieux démons du XXème siècle : l'idéologie mussolinienne par exemple en Italie. L'approche des élections européennes agite et met en avant ces hydres inquiétantes pour la démocratie et les valeurs humaines.

Ainsi, en plus d'être un roman passionnant à lire - peut-être même le plus abouti de la série pour l'instant -, Dossier 64 interroge à la fois sur les côtés sombres de nos Histoires (car le Danemark est loin d'être le seul à en avoir, ce serait trop simple) et sur les périls actuels des montées d'extrémismes de divers types (ici politique et idéologique, mais également religieux et sociétaux avec l'homophobie par exemple).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
bilodoh
  28 mars 2016
Un sombre polar où on déterre de vieux dossiers au Danemark, avec une institution où on internait les femmes parce qu'elles dérangeaient ou bien parce qu'on les disait attardées ou infirmes.

Dans cet établissement, on « soignait » les femmes, on les occupait et on en abusait, mais elles ne pouvaient en sortir que si elles acceptaient d'être stérilisées. Et elles pouvaient être stérilisées contre leur volonté en punition de leur comportement jugé inconvenant.

Ce qu'il y a de triste dans cette histoire c'est que ses fondements historiques sont réels, cette institution a existé, et pas seulement au Danemark, et jusque dans les années 60 !

Sur ce fond de tragédie humaine, c'est un thriller complexe où une équipe policière insolite se heurte à des complots politiques, dans des milieux où la vie humaine vaut moins que l'honneur et le bien du parti.
Un bon suspens, mais un pavé noir et dur, dans une société difficile à accepter…
Commenter  J’apprécie          350
soleil23
  24 décembre 2018
Mon premier roman danois. le mot "cold case" a motivé mon choix car j'aime bien ce genre d'enquêtes défiant le temps.
Jussi Adler Olsen sait piquer la curiosité des lecteurs et les scotcher à leur fauteuil. Des questions, des faits, des cadavres et surtout il est question de femmes. Un bon début et une première étoile à la page 112.
Des images du passé reviennent en flashback pour combler les vides. le film des souvenirs défile dans Dossier 64 et les pistes se perdent dans un dédale de chemins sinueux pour les uns et les autres. le passé refait surface et pour ce thriller, une seconde étoile brille sur Babelio.
L'intrigue est bien ficelée et les personnages mènent bien leur jeu et le récit se révèle passionnant et une troisième étoile car le dossier 64 est l'arbre qui cache la forêt. Et quand je sacrifie une sortie pour terminer ce roman c'est que la quatrième étoile n'est pas de trop pour une histoire qui nous tient par les tripes et le coeur. La douleur y est palpable et quand je lis que cette île a vraiment existé et que tout n'est pas de la fiction, là c'est le coup de coeur et la cinquième star pour cet auteur qui a su faire découvrir la souffrance de plus de onze mille femmes.
Au final, un très bon roman sur un sujet douloureux alors un seul mot A LIRE.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          321
PiertyM
  21 août 2017
Un agréable moment de lecture! Une inextricable enquête menée avec subtilité ! L'auteur prend le plaisir de tout passer au peigne fin, tout en blaireautant les qualités de chacun des membres du département V. On retrouve un Assad plus que jamais habile à retrouver le diable dans les détails, une Rose plus que jamais engagée à dénicher l'information où qu'elle se cache, et souvent de manière anticipée, et un Carl plus mature, plus que jamais maitre de ses humeurs. Ça en fait une équipe choc, qui se retrouve dans le tourbillon d'élucider une série de disparition survenue il y a 23 ans. Une affaire qui tourne autour du dossier 64, qui implique la vie d'une femme... il faut dire des femmes dites de mauvaises mœurs qui, contraintes d'exclusion, sont confinées sur une île et astreintes à subir des pratiques qui aviliront à jamais leur vie. Le dossier 64 est aussi une affaire de vengeance. Une affaire jamais clarifiée, pourtant un des instigateurs est sur le point de faire basculer la politique danoise vers une nouvelle ère fasciste...
J'ai été emballée par la structure de ce livre qui va dans tout les sens mais dont l'écriture peaufine la portée, si bien que j'y suis allée tout doucement avec ma lecture laissant mon plaisir s'éclater au fil des pages!!!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260


Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quiz sur le livre "Dossier 64" de Jussi Adler Olsen.

Qu'écoute le couple dans la voiture au début du roman ?

Mickaël Jackson
Sting
Nirvana

10 questions
29 lecteurs ont répondu
Thème : Dossier 64 de Jussi Adler-OlsenCréer un quiz sur ce livre
.. ..