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ISBN : 2258116848
Éditeur : Les Presses De La Cite (03/09/2015)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Un vieil homme, Tom Smith, reçoit une lettre et un colis de la part d'une personne qu'il n'a pas vue depuis cinquante ans : Danny, avec qui il fut prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp dirigé par les Italiens, en Afrique du Nord. Dans cette intimité contrainte, tous deux se surprirent à ressentir l'un pour l'autre des sentiments très forts qui les aidèrent à supporter les conditions terribles de détention, mais qui furent aussi source de confli... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Titania
24 août 2015
C'est une histoire d'amour et de guerre particulière et intense que je viens de terminer, en refermant ce roman autobiographique. Je reste encore étonnée qu'il ait été publié treize ans après la mort de son auteur.
Il raconte le huis clos dans des camps de prisonniers de la seconde guerre mondiale. Un style éblouissant vous embarque dans ce récit sans temps mort, merveilleusement construit, qui évoque les événements et dissèque les sentiments avec délicatesse.
Le narrateur, c'est Tom Smith, qui reçoit des années après les événements, un courrier de Danny, son compagnon de captivité, qui le replonge dans leur Odyssée entre Tobrouk, l'Italie, l'Allemagne, et le retour en Angleterre, dans ces « paradis amers » que les hommes plongés dans les pires situations de privation construisent sans cesse, avec des petits riens.
Dans les camps, c'est toute une société d'hommes qui se met en place, avec son économie interne, au départ calquée sur la hiérarchie militaire, et les groupes nationaux, puis qui invente ses propres réseaux de troc et petits services. Petite chronique d'un quotidien fait de dénuement magistralement évoqué !
La promiscuité, la faim, l'ennui exacerbent les passions et ce sont des histoires d'amour et de haine qui naissent au fil des années de cette captivité. La frontière est mince entre l'homosexualité assumée de Tony, le charismatique metteur en scène, et le triangle amoureux de Tom, Douglas et Danny, qui se débattent entre amour et jalousie qu'ils ne reconnaissent pas comme tels. Entre langage viril brocardant les homosexuels, émotion du contact des corps et pudeur des sentiments, qui les effraient, l'auteur pointe avec subtilité les contradictions résultant de l'éducation qu'ont reçu ces hommes, les blessures héritées de l'enfance et le contexte particulier de la captivité qui les fragilise tellement.
J'ai beaucoup aimé les pages particulièrement lyriques sur le théâtre, lorsque Tom découvre le bonheur de jouer un rôle sous la conduite d'un Tony dont la passion pour son art ouvre un réel espace de liberté derrière les barbelés.
Tatamkhulu Afrika, dont le nom dans la langue de Nelson Mandela signifie « grand-père de l'Afrique » est l'un de ces écrivains de l'Afrique australe qui comme Nadine Gordimer, John Maxwell Coetzee ou André Brink, savent peindre la tragédie et les tempêtes de l'âme humaine, sans demi mesure, avec force et émotion.

un vrai bonheur de lecture, et une très heureuse découverte !
Je remercie tout particulièrement l'éditeur et Babelio, pour cette opération masse critique

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spleen
05 septembre 2015
Délicat sujet qu'aborde Tatamkhulu Afrika dans Paradis amer , récit autobiographique , celui de l'amour non charnel entre hommes .
Lorsqu'il reçoit une lettre et un colis de son ami Danny qui vient de mourir , Tom Smith, alors âgé, replonge dans ses souvenirs quelques cinquante ans plus tôt .
Soldat Sud africain engagé dans la campagne en Afrique lors de la seconde guerre mondiale, Tom est fait rapidement prisonnier par l'armée italienne et est envoyé dans un camp en Italie .La description de la marche sans répit de ces prisonniers puis du voyage en cargo, entassés dans la cale est poignante mais n'est pas la partie essentielle du roman.
L'arrivée dans le camp en Italie puis plus tard en Allemagne, nous fait basculer dans un autre univers car, au delà des barbelés qui entourent le camp et des soldats qui le gardent, c'est tout un monde parallèle qui se crée avec son économie d'échanges et de services, ses castes avec ses règles , sa troupe de théâtre ou son orchestre . Description qui peut paraitre plutôt hallucinante quand on ne s'est jamais trop posé la question de l'organisation entre prisonniers d'un camp .
L'épisode du rossignol qui chante et qui fait sortir les hommes de leur baraquement pour écouter quasi religieusement le chant de l'oiseau est particulièrement émouvant .
Et puis bien sur, au milieu de ces journées à passer , privées de liberté , de nourriture correcte et d'activités habituelles , se créent des amitiés et des conflits .
C'est beaucoup plus complexe que l'attirance sexuelle entre deux êtres , c'est un besoin vital d'avoir un "pote " , celui sur lequel on peut se reposer, lâcher un peu la vigilance qu'il faut maintenir vis à vis des autres qu'ils soient prisonniers ou matons .
Besoin de parler, de se confier , besoin de tendresse et de chaleur humaine avec souvent le sexe qui reste tabou malgré la promiscuité . Ces relations demeurent cependant ambiguës et on assiste même à des scènes de marivaudage assez étonnantes dans le contexte .
Cette lecture a été pour moi une source d'étonnement et d'interrogations car il faut saisir les nuances aux quelles l'auteur accorde beaucoup d'importance entre l'homosexualité et l'amour entre hommes et je remercie vivement Babelio et les Editions Presses de la cité pour cet envoi car je n'aurais pas choisi spontanément ce livre .
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Fortuna
12 septembre 2015
Seconde guerre mondiale, camp de prisonniers venus d'Afrique du sud et de Grande Bretagne, geôliers italiens puis allemands. Conditions de vie difficiles, nourriture pauvre, dysenteries, punaises, poux, morpions…L'ennui, les rigueurs de l'hiver, la canicule de l'été, les nouvelles des proches reçues trop tard. Quelques consolations : les colis de la croix rouge, le troc de cigarettes contre des aliments plus nourrissants que l'affreuse tambouille quotidienne, l'amitié entre hommes pour oublier femmes, enfants, parents restés à la maison…Parfois une représentation théâtrale, jouée par des hommes dont certains très féminins…La vie à deux dans les baraquements qui s'apparente parfois à une vraie vie de couple entre Douglas et Tom…Douglas est marié et père de famille mais il se comporte parfois avec Tom comme une épouse maternante… Jusqu'au jour où Tom rencontre Danny qui vient allonger son corps nu contre le sien…
Un monde d'hommes, une vie entre hommes, dont les femmes sont absentes, se dérobent même, remplacées par des souvenirs, par un rôle dans une pièce joué par un homme mais dont l'évocation trouble certains…Des désirs naissent, refoulés mais insistants, certains sont passé à l'acte faute de mieux, d'autres par goût, d'autres n'osent pas…Au-delà de l'amitié mais refusant l'amour, Tom et Danny vont vivre blottis l'un contre l'autre, cherchant la tendresse mais fuyant une homosexualité latente au nom de leur virilité...Alors que Douglas a sombré dans la folie et connaitra une fin tragique, Tom et Danny poursuivent leur relation jusqu'au jour où enfin...ils sont libérés.
Mais le sont-ils vraiment, repartant chacun vers leur destin, l'un en Angleterre, l'autre en Afrique du sud, à des milliers de kilomètres. Ils ne se reverront jamais, jusqu'au jour où Tom, vieil homme, reçoit une lettre et un mystérieux paquet.
Une très belle écriture, un livre très moderne, qui soulève la fameuse question du genre dans les relations humaines, la part de féminité blottie en chaque homme, réprimée souvent par la société, mais qui peut se révéler dans des conditions extrêmes, une part de choix restant pour chacun d'accepter ou non son destin...
Merci à Masse critique et aux éditions Presse de la cité de m'avoir permis de découvrir ce très beau roman qui continue de m' interroger bien après que j'ai tourné sa dernière page.
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Bouldegom
01 septembre 2015
Ce livre est le récit d'une histoire d'amour entre deux hommes, prisonniers pendant la seconde guerre mondiale.
Tom Smith, alors qu'il coule ses vieux jours avec sa femme Carina, reçoit une lettre et un paquet de l'homme qu'il aima naguère dans un camp de prisonniers, dans leur « Paradis amer ». Il apprend ainsi son décès. En lisant la lettre de Danny, que l'étude notariale lui a fait parvenir, Tom plonge dans ses souvenirs et se remémore leur histoire.
Danny, un anglais et Tom, sud-africain, sont faits prisonniers en Afrique du Nord. Séquestrés en camp puis déportés en Allemagne via l'Italie, ils verront naître entre eux une amitié sensuelle et exclusive qui les aidera à surmonter l'horreur de leur condition. A la fin de la guerre et devant l'imminence de leur séparation, le masque tombe, et l'amour se révèle.
De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre : les conditions de vie dans les camps de prisonniers, les marchés noirs et les hiérarchies qui s'y installent ; les différentes communautés dont les membres se regroupent, (dans le camp, ce sont les homosexuels qui majoritairement s'occupent du théâtre). La promiscuité, le manque de sécurité et de confort, le froid, favorisent les rapprochements tant physiques qu'émotionnels, et l'on peut se demander si des circonstances exceptionnelles ne peuvent engendrer des comportements exceptionnels, l'humain s'adaptant pour survivre quitte à transgresser des frontières morales pourtant reconnues jusqu'alors.
« Paradis amer » est un beau récit autobiographique. L'auteur raconte son passé sur un ton juste et authentique qui restitue au lecteur la complexité des émotions, des sentiments qui l'ont traversés au contact de Danny durant sa période de détention.
Ce fût une belle expérience de lecture pour laquelle je remercie Babelio et l'éditeur « Presses de la cité ».

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cecilestmartin
13 septembre 2015
Un grand merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour m'avoir permis de découvrir un roman formidable !
Un peu décontenancée les cinquante premières pages par le lyrisme de l'auteur, j'ai eu des difficultés à entrer dans le quotidien de Tom Smith, fait prisonnier à Tobrouk par les italiens à la fin de la seconde guerre mondiale. Puis, familiarisée avec le style de l'auteur, je me suis laissée totalement embarquée par l'incroyable histoire d'amitié amoureuse que le narrateur dévoile dans Paradis amer.
L'oxymore est parfait pour décrire les deux ou trois années de détention vécues par les prisonniers de guerre. En Afrique puis en Europe, entre les mains des italiens, puis des allemands, la centaine d'hommes originaires de différents pays vit dans des conditions d'hygiène précaires, avec des rations le plus souvent insuffisantes, dans un présent insécure du fait de leur isolement total et de leur ignorance de l'avancée du conflit. Paradis, parce que c'est aussi dans cette promiscuité, dans cette incertitude du lendemain que se développent des relations intenses, inédites, des rapprochements entre les hommes. C'est ainsi que Tom et Danny deviennent amis, qu'une intimité née entre eux. le quotidien qu'ils vont partager va faire évoluer leur camaraderie en autre chose, qu'il leur est de plus en plus difficile de nommer.
Au-delà de cette relation tendre et virile à la fois, teintée de doutes et de questionnements, la vie du camp est décrite avec pudeur et sensibilité par Tatamkhulu Afrika. Il n'y a ni bons ni méchants, juste des circonstances qui font que ceux-ci sont gardiens et ceux-là prisonniers. de fait, les geôliers sont tout autant victimes et sont parfois compatissants. Les prisonniers, confrontés à de rudes conditions de vie, composent en permanence avec leurs principes et le réel. Leur humanité en prend parfois un coup, quand il s'agit de survivre, on est parfois moins regardant et on sacrifie à ce qui faisait la norme avant la guerre. On devient aussi davantage attentif aux menues choses : le chant du rossignol, la parole d'encouragement du gardien, l'arrivée du printemps qu'on devine à la floraison du seul arbuste du camp. de fait, les sentiments sont exacerbés, les corps recherchent la chaleur d'autres corps et ce qui semblait inimaginable, l'apparition du désir, devient envisageable.
Une magnifique leçon d'humanité, des protagonistes inoubliables parce que décrit dans leur complexité, c'est pour moi un grand roman qu'on achève à regret. Une de ces belles histoires qui, parce qu'elles sont vraies, offrent à la fois réflexion et voyage tant l'écriture est précise et poétique à la fois.
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
TitaniaTitania24 août 2015
C'est alors qu'on se rend compte que le passé peut être à la fois définitivement révolu et absolument présent. Si une grande partie s'efface de la mémoire récente comme une inscription dans l'eau ou sur le sable, ce qui demeure est aussi terrible ou agréable que si hier et aujourd'hui ne faisaient désormais, à jamais, plus qu'un. P. 161
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FortunaFortuna10 septembre 2015
Les organes génitaux ne sont pas ceux d'un enfant, cependant. Adultes, agressifs, brutaux, ils s'étalent là, comme jetés par une main négligente. Je les examine avec attention pour la première fois. Loin de renforcer notre intimité, ils nous éloignent car, même dans ce triste paradis, ils représentent le tabou par excellence, la zone absolument interdite devant laquelle notre virilité brandit une lame tout aussi absolue.
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leolechatleolechat20 septembre 2015
Il dispose dans l'allée ses peintures et son chevalet pliant fabriqué par lui-même, bloquant ainsi la circulation, ce qui semble ne gêner personne, puis "fait" mon œil gauche, sa main normalement si tremblante à présent compétente et assurée. Je demande si je peux voir la peinture et il me regarde comme si j'étais toqué, avant de hausser les épaules. Ce que je vois m'épouvante.
- Pourquoi est-ce que je louche d'un œil et où est la peau de mon visage ?
Patiemment, comme s'il parlait à un enfant, il explique :
- L'œil qui bigle est ton mauvais œil. Nous sommes tous ange et démon, comme tu sais. Et ton visage n'a pas de peau parce que je ne peins pas ta peau. Je peins ce qui se trouve sous ta peau, ta vraie personnalité que tu ne veux pas que je vois.
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Sophie_BazarSophie_Bazar05 septembre 2015
Les trilles s'élèvent, à une note de l'intelligible, et, sans qu'il ait besoin de s'époumoner comme un chanteur ni de pincer des cordes comme un musicien, se déversent aussi profusément que la lumière lunaire, naturellement, sur les collines, les églises, les chapelles ou le ramassis de pauvres types que nous sommes.
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cecilestmartincecilestmartin13 septembre 2015
« Accroche-toi bien ! » me lance Danny en se redressant de toute sa hauteur, mais je le supplie de me reposer par terre, hoquetant avec hystérie que c’est inutile à présent. « La ferme, sale con ! rétorque-t-il. T’es tout ce qui me reste ! Tiens bon ou je te flanque un nouveau gnon entre les yeux ! ». Je tiens bon.
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