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Critiques sur Paradis amer (25)
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Titania
  24 août 2015
C'est une histoire d'amour et de guerre particulière et intense que je viens de terminer, en refermant ce roman autobiographique. Je reste encore étonnée qu'il ait été publié treize ans après la mort de son auteur.

Il raconte le huis clos dans des camps de prisonniers de la seconde guerre mondiale. Un style éblouissant vous embarque dans ce récit sans temps mort, merveilleusement construit, qui évoque les événements et dissèque les sentiments avec délicatesse.

Le narrateur, c'est Tom Smith, qui reçoit des années après les événements, un courrier de Danny, son compagnon de captivité, qui le replonge dans leur Odyssée entre Tobrouk, l'Italie, l'Allemagne, et le retour en Angleterre, dans ces « paradis amers » que les hommes plongés dans les pires situations de privation construisent sans cesse, avec des petits riens.

Dans les camps, c'est toute une société d'hommes qui se met en place, avec son économie interne, au départ calquée sur la hiérarchie militaire, et les groupes nationaux, puis qui invente ses propres réseaux de troc et petits services. Petite chronique d'un quotidien fait de dénuement magistralement évoqué !

La promiscuité, la faim, l'ennui exacerbent les passions et ce sont des histoires d'amour et de haine qui naissent au fil des années de cette captivité. La frontière est mince entre l'homosexualité assumée de Tony, le charismatique metteur en scène, et le triangle amoureux de Tom, Douglas et Danny, qui se débattent entre amour et jalousie qu'ils ne reconnaissent pas comme tels. Entre langage viril brocardant les homosexuels, émotion du contact des corps et pudeur des sentiments, qui les effraient, l'auteur pointe avec subtilité les contradictions résultant de l'éducation qu'ont reçu ces hommes, les blessures héritées de l'enfance et le contexte particulier de la captivité qui les fragilise tellement.

J'ai beaucoup aimé les pages particulièrement lyriques sur le théâtre, lorsque Tom découvre le bonheur de jouer un rôle sous la conduite d'un Tony dont la passion pour son art ouvre un réel espace de liberté derrière les barbelés.

Tatamkhulu Afrika, dont le nom dans la langue de Nelson Mandela signifie « grand-père de l'Afrique » est l'un de ces écrivains de l'Afrique australe qui comme Nadine Gordimer, John Maxwell Coetzee ou André Brink, savent peindre la tragédie et les tempêtes de l'âme humaine, sans demi mesure, avec force et émotion.

un vrai bonheur de lecture, et une très heureuse découverte !

Je remercie tout particulièrement l'éditeur et Babelio, pour cette opération masse critique


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spleen
  05 septembre 2015
Délicat sujet qu'aborde Tatamkhulu Afrika dans Paradis amer , récit autobiographique , celui de l'amour non charnel entre hommes .

Lorsqu'il reçoit une lettre et un colis de son ami Danny qui vient de mourir , Tom Smith, alors âgé, replonge dans ses souvenirs quelques cinquante ans plus tôt .

Soldat Sud africain engagé dans la campagne en Afrique lors de la seconde guerre mondiale, Tom est fait rapidement prisonnier par l'armée italienne et est envoyé dans un camp en Italie .La description de la marche sans répit de ces prisonniers puis du voyage en cargo, entassés dans la cale est poignante mais n'est pas la partie essentielle du roman.

L'arrivée dans le camp en Italie puis plus tard en Allemagne, nous fait basculer dans un autre univers car, au delà des barbelés qui entourent le camp et des soldats qui le gardent, c'est tout un monde parallèle qui se crée avec son économie d'échanges et de services, ses castes avec ses règles , sa troupe de théâtre ou son orchestre . Description qui peut paraitre plutôt hallucinante quand on ne s'est jamais trop posé la question de l'organisation entre prisonniers d'un camp .

L'épisode du rossignol qui chante et qui fait sortir les hommes de leur baraquement pour écouter quasi religieusement le chant de l'oiseau est particulièrement émouvant .

Et puis bien sur, au milieu de ces journées à passer , privées de liberté , de nourriture correcte et d'activités habituelles , se créent des amitiés et des conflits .

C'est beaucoup plus complexe que l'attirance sexuelle entre deux êtres , c'est un besoin vital d'avoir un "pote " , celui sur lequel on peut se reposer, lâcher un peu la vigilance qu'il faut maintenir vis à vis des autres qu'ils soient prisonniers ou matons .
Besoin de parler, de se confier , besoin de tendresse et de chaleur humaine avec souvent le sexe qui reste tabou malgré la promiscuité . Ces relations demeurent cependant ambiguës et on assiste même à des scènes de marivaudage assez étonnantes dans le contexte .

Cette lecture a été pour moi une source d'étonnement et d'interrogations car il faut saisir les nuances aux quelles l'auteur accorde beaucoup d'importance entre l'homosexualité et l'amour entre hommes et je remercie vivement Babelio et les Editions Presses de la cité pour cet envoi car je n'aurais pas choisi spontanément ce livre .
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Bouldegom
  01 septembre 2015
Ce livre est le récit d'une histoire d'amour entre deux hommes, prisonniers pendant la seconde guerre mondiale.
Tom Smith, alors qu'il coule ses vieux jours avec sa femme Carina, reçoit une lettre et un paquet de l'homme qu'il aima naguère dans un camp de prisonniers, dans leur « Paradis amer ». Il apprend ainsi son décès. En lisant la lettre de Danny, que l'étude notariale lui a fait parvenir, Tom plonge dans ses souvenirs et se remémore leur histoire.
Danny, un anglais et Tom, sud-africain, sont faits prisonniers en Afrique du Nord. Séquestrés en camp puis déportés en Allemagne via l'Italie, ils verront naître entre eux une amitié sensuelle et exclusive qui les aidera à surmonter l'horreur de leur condition. A la fin de la guerre et devant l'imminence de leur séparation, le masque tombe, et l'amour se révèle.
De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre : les conditions de vie dans les camps de prisonniers, les marchés noirs et les hiérarchies qui s'y installent ; les différentes communautés dont les membres se regroupent, (dans le camp, ce sont les homosexuels qui majoritairement s'occupent du théâtre). La promiscuité, le manque de sécurité et de confort, le froid, favorisent les rapprochements tant physiques qu'émotionnels, et l'on peut se demander si des circonstances exceptionnelles ne peuvent engendrer des comportements exceptionnels, l'humain s'adaptant pour survivre quitte à transgresser des frontières morales pourtant reconnues jusqu'alors.
« Paradis amer » est un beau récit autobiographique. L'auteur raconte son passé sur un ton juste et authentique qui restitue au lecteur la complexité des émotions, des sentiments qui l'ont traversés au contact de Danny durant sa période de détention.
Ce fût une belle expérience de lecture pour laquelle je remercie Babelio et l'éditeur « Presses de la cité ».



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traversay
  06 décembre 2015
Mais comment un roman tel que Paradis amer a t-il pu rester sans traduction française pendant 13 ans ? Son auteur, Tatamkhulu Afrika, est mort l'année de sa parution, à l'âge de 82 ans. Sa vie fut marquée par une lutte constante contre l'apartheid, qui lui valut d'être emprisonné pendant 11 ans. Devenu poète à 60 ans, il écrivit enfin Paradis amer, roman en grande partie autobiographique qui raconte sa vie de prisonnier dans les camps aux mains des italiens puis des allemands au cours de la seconde guerre mondiale. Dans ce combat quotidien pour la survie, dans un environnement exclusivement masculin, Tatamkhulu Afrika a sans doute vécu la période la plus sombre et paradoxalement la plus riche de son existence. Il serait facile de parler d'homosexualité mais la relation entre Tom et Danny est autrement plus complexe, comme un mélange d'amour, d'amitié, de solidarité, de cruauté aussi, que seuls ces deux-là ont ressenti et que le roman réussit à nous communiquer avec des mots crus et tendres qui disent toute la complexité des sentiments qui unissent deux êtres qui ont compris que, l'un sans l'autre, ils mourraient. La grande force du livre est de nous faire partager cette intimité, sans aucun tabou, viscéralement et de la rendre presque palpable. Un vrai choc que cette histoire d'une pudeur impudique qui laisse pantois. Une émotion comparable à celle de Sur la route de Madison ou du Secret de Brokeback Mountain, en plus brute et plus profonde.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Fortuna
  12 septembre 2015
Seconde guerre mondiale, camp de prisonniers venus d'Afrique du sud et de Grande Bretagne, geôliers italiens puis allemands. Conditions de vie difficiles, nourriture pauvre, dysenteries, punaises, poux, morpions…L'ennui, les rigueurs de l'hiver, la canicule de l'été, les nouvelles des proches reçues trop tard. Quelques consolations : les colis de la croix rouge, le troc de cigarettes contre des aliments plus nourrissants que l'affreuse tambouille quotidienne, l'amitié entre hommes pour oublier femmes, enfants, parents restés à la maison…Parfois une représentation théâtrale, jouée par des hommes dont certains très féminins…La vie à deux dans les baraquements qui s'apparente parfois à une vraie vie de couple entre Douglas et Tom…Douglas est marié et père de famille mais il se comporte parfois avec Tom comme une épouse maternante… Jusqu'au jour où Tom rencontre Danny qui vient allonger son corps nu contre le sien…
Un monde d'hommes, une vie entre hommes, dont les femmes sont absentes, se dérobent même, remplacées par des souvenirs, par un rôle dans une pièce joué par un homme mais dont l'évocation trouble certains…Des désirs naissent, refoulés mais insistants, certains sont passé à l'acte faute de mieux, d'autres par goût, d'autres n'osent pas…Au-delà de l'amitié mais refusant l'amour, Tom et Danny vont vivre blottis l'un contre l'autre, cherchant la tendresse mais fuyant une homosexualité latente au nom de leur virilité...Alors que Douglas a sombré dans la folie et connaitra une fin tragique, Tom et Danny poursuivent leur relation jusqu'au jour où enfin...ils sont libérés.
Mais le sont-ils vraiment, repartant chacun vers leur destin, l'un en Angleterre, l'autre en Afrique du sud, à des milliers de kilomètres. Ils ne se reverront jamais, jusqu'au jour où Tom, vieil homme, reçoit une lettre et un mystérieux paquet.
Une très belle écriture, un livre très moderne, qui soulève la fameuse question du genre dans les relations humaines, la part de féminité blottie en chaque homme, réprimée souvent par la société, mais qui peut se révéler dans des conditions extrêmes, une part de choix restant pour chacun d'accepter ou non son destin...
Merci à Masse critique et aux éditions Presse de la cité de m'avoir permis de découvrir ce très beau roman qui continue de m' interroger bien après que j'ai tourné sa dernière page.
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QueLire
  20 août 2015
Unique - Retrouvez cette chronique sous format Prezi avec musique et images en suivant le lien !

Roman autobiographique retraçant les années de détention de l'auteur dans des camps de prisonniers lors de la seconde guerre mondiale; Paradis amer, écrit plus de cinquante ans après les faits, relate l'histoire de Tom Smith, mais aussi celle de bien d'autres détenus qui pour survivre à la déchéance mentale et physique noueront des liens d'amitié pouvant parfois se muer en histoires d'amour.

Paradis amer, est certes, un roman sur les conditions de vie des prisonniers, mais avant tout un récit sur les sentiments provoqués par ce confinement qui les amène à remettre en doute leur orientation sexuelle.

Quand l'amitié et l'amour se confondent, c'est entre désir et dégoût qu'oscillent ces hommes en manque d'affection. Les corps fatigués et les âmes en peine, leur virilité remise en question, les détenus que la promiscuité et la peur rapprochent s'empêcheront mutuellement de sombrer dans la folie.

Après avoir reçu une lettre de Danny, son compagnon d'infortune, Tatamkhulu Afrika a choisi de nous confier dans ce témoignage une part enfuie de son existence. Il aura fallu près d'un demi siècle pour que l'un des deux hommes qui s'étaient perdus de vue après la libération ose renouer le contact et ainsi aider l'autre à sortir de son mutisme.

Ce livre, évoque l'homosexualité dans le milieu militaire qui se veut pourtant très machiste. Ecrit avec beaucoup de pudeur, on y sent encore la tendresse qui liait jadis l'auteur à son ami.

Voici une très belle découverte, tout d'abord, pour le sujet si rarement abordé,mais aussi pour les souvenirs emprunts de tant de poésie qui nous sont confiés. A noter aussi, qu'on ne peut qu'apprécier la plume de cet auteur qui a le don de rendre poétique un écrit dramatique.
Après avoir vécu une vie si éprouvante, comme peut l'être celle d'un homme ayant toujours eu le courage de ses convictions, Tatamkhulu Afrika trouve enfin le succès qu'il aurait du connaître il y a soixante ans.

Une lecture qui m'a comblée malgré la tristesse et la mélancolie qui m'ont submergé une fois la dernière page tournée.





Lien : http://que-lire.over-blog.co..
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cecilestmartin
  13 septembre 2015
Un grand merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour m'avoir permis de découvrir un roman formidable !
Un peu décontenancée les cinquante premières pages par le lyrisme de l'auteur, j'ai eu des difficultés à entrer dans le quotidien de Tom Smith, fait prisonnier à Tobrouk par les italiens à la fin de la seconde guerre mondiale. Puis, familiarisée avec le style de l'auteur, je me suis laissée totalement embarquée par l'incroyable histoire d'amitié amoureuse que le narrateur dévoile dans Paradis amer.
L'oxymore est parfait pour décrire les deux ou trois années de détention vécues par les prisonniers de guerre. En Afrique puis en Europe, entre les mains des italiens, puis des allemands, la centaine d'hommes originaires de différents pays vit dans des conditions d'hygiène précaires, avec des rations le plus souvent insuffisantes, dans un présent insécure du fait de leur isolement total et de leur ignorance de l'avancée du conflit. Paradis, parce que c'est aussi dans cette promiscuité, dans cette incertitude du lendemain que se développent des relations intenses, inédites, des rapprochements entre les hommes. C'est ainsi que Tom et Danny deviennent amis, qu'une intimité née entre eux. le quotidien qu'ils vont partager va faire évoluer leur camaraderie en autre chose, qu'il leur est de plus en plus difficile de nommer.
Au-delà de cette relation tendre et virile à la fois, teintée de doutes et de questionnements, la vie du camp est décrite avec pudeur et sensibilité par Tatamkhulu Afrika. Il n'y a ni bons ni méchants, juste des circonstances qui font que ceux-ci sont gardiens et ceux-là prisonniers. de fait, les geôliers sont tout autant victimes et sont parfois compatissants. Les prisonniers, confrontés à de rudes conditions de vie, composent en permanence avec leurs principes et le réel. Leur humanité en prend parfois un coup, quand il s'agit de survivre, on est parfois moins regardant et on sacrifie à ce qui faisait la norme avant la guerre. On devient aussi davantage attentif aux menues choses : le chant du rossignol, la parole d'encouragement du gardien, l'arrivée du printemps qu'on devine à la floraison du seul arbuste du camp. de fait, les sentiments sont exacerbés, les corps recherchent la chaleur d'autres corps et ce qui semblait inimaginable, l'apparition du désir, devient envisageable.
Une magnifique leçon d'humanité, des protagonistes inoubliables parce que décrit dans leur complexité, c'est pour moi un grand roman qu'on achève à regret. Une de ces belles histoires qui, parce qu'elles sont vraies, offrent à la fois réflexion et voyage tant l'écriture est précise et poétique à la fois.
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majolo
  03 septembre 2015
Ce roman m'a été offert par Babelio. Dans la lettre des Presses de la Cité accompagnant le livre, on me souhaitait une bonne lecture tout en espérant que je confirme qu'il s'agit bien d'un classique de la littérature: je confirme, ce roman mérite le label "grand classique".
Il est de ces romans qu'on n'oublie pas. Ce récit autobiographique relate les années de captivité de l'auteur dans les camps de prisonniers durant la deuxième guerre mondiale. Dans l'enfer des camps, il rencontre Danny, prisonnier comme lui, avec qui il tisse des liens très forts,transformant cette prison en "paradis amer": tout en attendant la libération, il craint aussi désormais de le quitter. L'écriture est magnifique; servie sans aucun doute par une traduction de qualité. A lire, relire, étudier et faire circuler. Merci à Babelio et aux Presses de la Cité.
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leolechat
  19 septembre 2015
Alexandre Soljenitsyne disait "Souvent, dans le grouillement pénible des camps, dans les colonnes de prisonniers, lorsque les guirlandes de lanternes percent les ténèbres des frimas nocturnes, jaillissaient au-dedans de nous les mots que nous aurions voulu crier au monde, si le monde extérieur avait pu nous entendre." Des maux terribles que Tatamkhulu Afrika n'hésitera pas à expulser et qui donneront naissance à des mots forts, poignants, sous la forme de son roman autobiographique "Paradis amer".

L'auteur nous livre toute crue son expérience de prisonnier de guerre. Nuls pleurs et atermoiements, seulement une réalité brute que subissent des hommes arrivés au point culminant de leur virilité, gorgés de testostérone et qui se retrouvent malgré eux parqués comme des animaux, privés de toute humanité et qui doivent taire leurs désirs, sous peine de la sentence de leurs semblables. La faim qui tenaille le ventre, les punaises qui grignotent la peau et les nuits, l'abstinence d'amour qui les ronge tout autant que les morpions qui viennent se loger au creux de leur intimité... Alors ils essaient de se recréer un petit paradis, ils rejouent les pièces de Shakespeare au milieu d'une terre aride qui broie leurs cœurs et leurs muscles... Et la tragédie n'est jamais bien loin ! Au milieu de ce chaos naîtra une amitié amoureuse qui résistera aux balles de l’ennemi, celle de l'auteur et de son ami Danny. Un ami qui n'hésitera pas (malgré la faiblesse de ses jambes) à porter son ami sur son dos, faisant fi de son épuisement et parcourant de nombreux kilomètres afin d'éviter une mort certaine à son compagnon de galère !

Malgré l'âpreté du récit, j'ai dévoré ce texte, vibrant de sensibilité et de poésie, non sans ressentir une certaine gêne à la lecture de certains passages, tellement l'auteur dévoile son intimité et livre ses sentiments sans retenue (bien qu'en toute pudeur).
Ce que je retiendrais de cette lecture ? Des écrits qui cognent, une plume caustique et ensorcelante, un récit à la fois terrible et plein d'espoir, qui nous fait dire que la plus belle des fleurs peut éclore au milieu du purin !

Merci à Babelio et aux "Presses de la Cité" pour cette belle découverte !
Lien : http://leslecturesdisabello...
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Sophie_Bazar
  05 septembre 2015
Des histoires prenant pour cadre un camp de prisonniers, on garde souvent en tête des récits glorieux d'amitié virile, d'actes de bravoure et de spontanée solidarité humaine. Lorsque Tatamkhulu Afrika nous raconte sa propre expérience de prisonnier à Tobrouk durant la Seconde Guerre Mondiale, il évoque à travers Tom, son double, la promiscuité, la crasse, la dégradation des corps, la perte de dignité et l'ambiguïté des relations de dortoir, le tout sans aucun détour.

Et au milieu de ce chaos où l'intimité est forcée et l'humiliation permanente, survient un fait miraculeux : la rencontre de deux désirs. Alors que Tom est l'objet de toutes les attentions de Douglas, c'est Danny l'anglais qui lui inspire de forts sentiments, mais dans un contexte où la violence est latente et prête à exploser, il convient de refouler son désir en attendant la libération – au sens propre.
C'est donc avec un réalisme cru que l'auteur nous raconte le quotidien des prisonniers dans le camp où s'est reconstitué un semblant de hiérarchie entre gradés militaires, où les communautés (et les tensions) se forment, où l'on survit à coups de petits trafics et au gré de la distribution des colis de la Croix Rouge.

Mais c'est surtout un récit sur le trouble, le désir, et les vaines tentatives de s'en défendre, réservant de très belles pages d'espérance comme cette scène où chaque prisonnier garde le silence pour mieux entendre chanter un rossignol.
Lien : http://anyuka.canalblog.com/..
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