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EAN : 9782707174086
240 pages
Éditeur : La Découverte (28/02/2013)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
La mondialisation libère les uns et oppresse les autres. Et dans cette partition du monde, chacun est renvoyé à une identité prétendument essentielle et « vraie ». D'où un véritable « piège identitaire », négation de l'autre et de sa subjectivité, parfois justifié par l'anthropologie - à l'opposé de sa vocation humaniste et critique. Face à ce défi, le regard contemporain sur le monde doit être repensé, en dépassant le relativisme culturel et ses « ontologies » iden... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Apoapo
  04 juin 2016
Michel Agier est un anthropologue, spécialiste ès migrations, « hors-lieux » de l'exil – camps de réfugiés, campements urbains, centres de rétention et autres lieux d'enfermement et refoulement des « indésirables ». Dans cet ouvrage d'une extrême densité (qu'il convient de relire à plusieurs reprises), il se penche sur les présupposés phénoménologiques et méthodologiques respectivement 1. du monde tel qu'il se présente, modifié depuis la mondialisation, en tant qu'objet d'étude de l'anthropologie, et 2. de celle-ci, en tant que discipline qui requiert d'être repensée à cause dudit phénomène. Aux pages théoriques, qui introduisent un grand nombre de concepts novateurs tirés de l'ensemble des sciences sociales, s'alternent quelques (rares) exemples qui, s'ils sont reconnaissables comme héritiers de la prose anthropologique « classique », illustrent néanmoins la manière dont peut être envisagée cette nouvelle approche disciplinaire.
Deux grands thèmes constituent l'écho des deux critiques (phénoménologique et méthodologique), tout en formant aussi les parties du livre : I. Les frontières dans le nouvel état du monde ; II. L'identité, « piège » à dépasser et remplacer par des logiques du sujet ; ou comment passer de l'analyse structuraliste aux analyses situationnelles.
« […] la mondialisation […] dont la réalité s'est imposée comme la marque d'une nouvelle modernité d'après la guerre froide, provoqu[e] cette sensation forte et diffuse d'incertitude à propos des frontières des lieux et des peuples. Pourtant, aucun humain n'a jamais été "autochtonien" et toutes les frontières ont toujours été instables. Toutes les histoires de peuplement qu'étudient les ethnologues le montrent : c'est le "déjà là", rien de plus, du premier arrivant qui peut se transformer, à partir d'un point de vue relatif et stratégique, en un "toujours là" face aux suivants, cela au prix d'une opération qui fige et essentialise l'être en mouvement […] et qui fixe alors l'identité de l'espace de façon arbitraire. L'invention des mythes d'origine participe de cette antériorité relative. » (p. 37)
La frontière est alors un processus social inscrit dans la temporalité outre que dans la spatialité, caractérisé par l'instabilité et l'inachèvement : elle est le contraire de l'autochtonie, et les « murs » (environ 18.000 km en construction dans ces dernières années) en constituent aussi la négation. Par ailleurs, l'anthropologie s'intéressera à « tout ce dont la frontière est le lieu », c-à-d. aux « situations de frontière » (« une anthropologie dans la frontière ») davantage qu'à sa liminarité (« une anthropologie de la frontière »).
Ch. 2 : « Le monde comme problème ». de comment la mondialisation économique, affaiblissant les États-nations, introduit la violence par rapport aux frontières ; de comment, en même temps, apparaissent des « paysages globaux » qui rendent une nouvelle actualité à la notion kantienne de « cosmopolitisme » ; aperçu sur les frontières dans le Nord du monde et en Afrique et sur les « murs de la guerre » partout dans le monde, issus d'un « désir de murs ».
Ch. 3 : « La condition cosmopolite aujourd'hui ». de « l'homme-frontière : figures de la relative étrangeté » - le vagabond, le métèque, le paria, l'étranger dans son labyrinthe.
Ch. 4 : « Quelle anthropologie pour comprendre le monde qui nous entoure ? ». Les trois décentrements – culturel, épistémologique, politique ; en finir avec « l'usage schizogénique du temps » ; le passage à l'approche situationnelle.
Ch. 5 : « La question de l'identité à l'heure de la mondialisation » : pourquoi l'identité est un piège ; des formes et problèmes de l'essentialisme.
Ch. 6 : « Civilisation, race, culture : trois explorations conceptuelles ». Sur l'obsolescence de ces trois concepts, par des exemples à travers le temps. (NB : sur « race », ex. 1. de la pensée raciale en France en relation avec la naissance de la République et l'empire colonial ; et ex. 2. du Brésil, « démocratie raciale »)
Ch. 7 : « Logiques et politiques du sujet ». de la « personne » à « l'individu », de la « subjectivation » au « sujet en situation » ; trois analyses situationnelles : le sujet rituel, le sujet esthétique, le sujet politique (en demande de citoyenneté).
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   18 avril 2016
En Europe, (...) les gouvernements des Etats-nations les plus "dénationalisés" dans la gestion des marchandises, des images et du travail ont semblé placer tout le fondement de leur légitimité dans l'opposition idéologique et politique à la mondialisation humaine. Ils se sont faits "protecteurs" de leurs populations contre les effets néfastes de cette mondialisation, en ciblant ses plus fragiles manifestations : le corps des migrants les moins protégés (économiquement et juridiquement) et des réfugiés, ou encore leurs descendants, considérés le plus souvent comme des "étrangers" infiltrés au sein même des périmètres nationaux.
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