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ISBN : 2371140716
Éditeur : Envolume (06/01/2020)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Les mensonges laissent leurs traces sur nos histoires de vie, comme l'écume sur la mer. Lorsque Fabienne demande à ses quatre enfants d'accompagner le corps de leur père vers son dernier voyage, de Marseille à sa Corse natale, l'un d'eux n'est pas au rendez-vous. Peut-on en finir avec les tricheries de l'existence ? Comment se délester du poids du secret ? Un roman désarmant sur une famille corse, ses paradoxes, ses déchirures. Un livre inoubliable et universel sur ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Leraut
  12 janvier 2020
Crissures sur les vitres gercées de givre. Clairvoyant, subtil « La traversée des mensonges » est un huis-clos familial, relevé, intuitif. L'aérienne posture de la trame est un enchantement. Ciselée, maîtrisée, légère, elle rend grâce au lecteur. Affirme un auteur Joseph Agostini, digne d'un génie évident. Sans lourdeurs, lassitudes, l'histoire est une envolée polyphonique, unique. Pourtant, ce jeu des 7 familles est commun à beaucoup. Chacun (e) trouvera sa propre carte. Cette traversée des mensonges est un saut dans les flaques des non-dits. Des portes qui claquent sous un courant d'air vif. Des règlements de compte, et plus que tout, des protagonistes en proie aux névroses. Les verres volent en éclat. Cette fratrie dont la fierté est dans une contemporanéité de renom. « La traversée des mensonges » pointe du doigt là où ça fait mal. Ce nectar familial se déguste comme du petit lait. Joseph Agostini est doué, très. On ressent cette ampleur d'orfèvre qui se donne. Délivre des mots sur maux. Cette traversée des mensonges est calme et trompeuse. Nous sommes dans une histoire intime où les voix résonnent en nous. le père, Claude décède. Détonateur d'une traversée existentielle. Cet homme au caractère bien trempé, un peu réactionnaire voire beaucoup, est intransigeant et dur. Sous cette paroi aride où se cache la forêt aux feuillages de tendresse. Il faudra attendre l'arrivée des petits-enfants, l'attrait d'un jardin nourricier pour découvrir sous les écorces, ce père corse, altier mais fissuré. Un père de tous les drames, emblème d'une Corse qui s'entredéchire, rude, aux mystères de plénitude. Dans la famille je demande la mère, Fabienne. Névrosée, au passé lourd d'un drame accouché de l'enfance, caricature d'une femme en proie aux angoisses, perdue. Elle aura toute sa vie durant essayé de raccommoder les trous dans la nappe du faux-semblant. Peine perdue. Les enfants ne sont plus. Adultes devenus, affirmés, cabossés. Portant sur leurs dos les affres d'une éducation rigide. Eaux troubles d'une traversée ultime. Les vérités vont éclater. L'enfance a disparu. La mère n'a plus de prise. Et, c'est là, le drame de toutes vies. La séparation avec la matrice, avec ce générationnel bafoué qui ne sera jamais le sceau d'une glorieuse famille. On reste accroché à la rive de ce sublime récit. de ce fils Georges, fil rouge de l'histoire. Mon préféré. Invisible sur le bateau. Fantôme présent, avocat à la ville, le mouton noir des Santini. « Pendant mes études de droit à Corte, j'ai hébergé des fugitifs, ceux que vous appelez les terroristes, en oubliant que le terrorisme, le vrai, c'est celui de cet Etat français qui vole, qui meurtrit. Car en famille ou en politique, il n'y a pas plus grand crime que le paradoxe. Mettre sous perfusion une île et la traiter d'assistée dans un même mouvement. » On cherche Georges dans notre moi le plus profond. « La traversée des mensonges » éloigne les mirages, approuve l'adversité. Ce kaléidoscope d'une fratrie corse dans son apogée est une fine analyse psychologique, où persiste les flots des rancoeurs. le déni d'une enfance castratrice, les douleurs assassines, le lâcher-prise avec les souvenirs heureux qui font que le pardon ne peut advenir. « La traversée des mensonges » est un antidote, son pouvoir est immense. D'un réalisme fou, il est une histoire pour les grandes personnes. Et c'est là le magnifié d'un voyage qui emporte tout sur son passage. Il incite à l'ouverture et donne les clefs. Publié par les majeures Editions Envolume, ce premier roman d'un maître des essais : (« Dalida sur le divan », « Gainsbourg sur le divan » et « Manuel d'un psy pour en finir avec la mort », psychologue clinicien et chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, nous offre une belle leçon de vie.
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Sabrinaaydora
  16 janvier 2020

"La traversée des mensonges" est un huis clos familial assez pesant, mais qui ne ferme pas la lecture : la construction de l'histoire avec le décès du patriarche au début du livre jusqu'à la fin, le fil conducteur étant d'emmener le corps du défunt Claude depuis Marseille jusqu'en Corse, donne la voix à différents protagonistes. L'épouse, Fabienne, les enfants Thomas Nina Georges et Francescu, ou encore leurs épouses/compagnes, prennent tour à tour la parole pour raconter leur vérité, ce qu'ils ressentent et comment ils voient les choses. Les chapitres sont entrecoupés des moments de cette journée où le lecteur observe alors le jeu des vérités et des mensonges. 
J'ai découvert Joseph Agostini avec ses essais : sur la maladie mentale, la mort, sur un entretien ou encore Gainsbourg. Ce qui est confirmé par ce premier roman, c'est cette plume précise, qui prend le lecteur et nous empêche de poser le livre. Pas de superflus, mais un vrai plaisir de lire, égrenant les pages sans même s'en rendre compte.
La construction en chapitre entre la présentation de la journée marathon depuis la mise en bière et les témoignages, donne un rythme à la lecture. La formation en psychologie de l'auteur apporte un plus aux personnages : ils sont entiers, très bien décrit avec leur force et leur faiblesse. En très peu de pages, on arrive à cerner leurs personnalités, leurs souffrances.
Et il y a l'ensemble de ces non-dits, ces demis mensonges et/ou vengeances. Je vais jusqu'à utiliser ce terme même s'il n'est pas évident au premier abord, mais à la dernière page, on a quand même la gorge serrée d'une décision prise par l'un des protagonistes.
Un personnage très présent est cette île, la Corse. Elle est un lien, une terre d'identité pour certains dont le nationalisme a joué un rôle important. 
Dans nos familles, il existe des secrets ou des choses qui ne sont pas forcément partagées ou omises à raison. On se prend quand même l'histoire en pleine figure, elle réveille des souvenirs, et au final nous fait même réfléchir... Nous ne sommes que des êtres humains et la vie est si courte...
En bref : un premier roman réussi, avec un rythme soutenu et qui donne à réfléchir sur nos propres non dits familiaux 
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? Bienvenue en Mai, sortez vos agendas ! Voici les événements que vous pourrez suivre à la librairie Martelle à Amiens ?
Samedi 11 Mai - Démonstration Jeu Assaut sur l'Empire - 14h Samedi 11 mai - Ateliers Tableaux Mosaïque Jeunesse - 15h Samedi 11 Mai - Rencontre avec James Holin - 18h Jeudi 23 Mai - Rencontre avec Audrey Tordelli & Joseph Agostini - 18h Samedi 25 Mai - Salon du livre Jeunesse de Guignemicourt - 10h Du 24 au 29 Mai - Fête du Jeu ! Mardi 28 Mai - Rencontre avec Emilio Sciarrino - 18h
Retrouvez tout l'agenda : https://librairiemartelle.com/4-agenda-de-la-librairie-martelle-a-amiens.html
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