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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  04 décembre 2020
Bartolomeu est sur le point de se faire larguer par sa maîtresse, une chanteuse célèbre, quand soudain une femme tombée du ciel s'écrase sur la route devant eux. Il s'avérera plus tard que la morte est une ex-miss Angola devenue présentatrice de télévision qui en savait sans doute trop sur certains hommes politiques et leurs secrets inavouables. Il s'avérera également que les hommes de main des politiciens précités croient que la miss a eu une relation avec Bartolomeu et qu'elle lui a peut-être révélé certains de ces secrets, ce qui fait de celui-ci un potentiel gêneur pour ceux-là.

Voilà pour la trame de ce roman qui porte bien son titre : baroque et tropical. Se déroulant à Luanda, capitale angolaise, son style et sa narration sont une version africaine du réalisme magique sud-américain. Déjanté et chaotique, difficile à suivre avec sa nuée de personnages secondaires plus excentriques les uns que les autres, avec son absence de chronologie, sa narration à plusieurs voix, ses digressions dont on ne sait si elles sont l'accessoire ou le principal. Pourtant, bizarrement, c'est loin d'être désagréable à lire, c'est bien écrit, c'est drôle, exubérant et picaresque, mais c'est labyrinthique et je ne suis pas parvenue à assembler les pièces du puzzle, ni, forcément, à comprendre ce qu'était censé être la vue d'ensemble. Roman d'amour, intrigue politico-policière, légende poétique, portrait d'une ville et d'un pays à la dérive, un peu tout ça sans doute. Je n'y ai pas compris grand-chose, sauf que le "barroco tropical" n'est pas mon style préféré.
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nadejda
  29 septembre 2011
«Luanda se précipite à toute allure vers le Grand Désastre. Huit millions de personnes hurlant, pleurant et s'esclaffant. Une fête. Une tragédie. Tout ce qui peut arriver arrive ici. Ce qui ne peut pas arriver arrive aussi.... Nous baignons dans la lumière. Nous sommes plongés dans l'obscurantisme et la misère.
(...) Bienvenue à Lua. Entrez et laissez la raison à l'extérieur.»(p 78)

C'est un conseil à suivre pour tout lecteur de «Barroco Tropical» qui va se laisser entraîner à la suite de Bartolomeu Falcato, jounaliste-écrivain borgne, dans son enquête folle au sein de cette ville qu'il lui arrive de détester mais qu'au fond il adore.

Lua, («diminutif affectueux avec lequel nous autres Luandais appelons notre ville») Luanda, Sao Paulo da Asunçao de Luanda son beau nom ancien, va vous absorber, vous allez vous y perdre dans un rire... qui s'étrangle parfois dans une grimace de dégoût et de douleur. 

Ville démesurée, grouillante, décharge à ciel ouvert, où nul ne sait si celui qu'il croise va le tuer ou le sauver, ville de l'amour fou mais aussi de grande Peur ; où tous ceux qui s'en éloignent, parce qu'on leur conseille vivement ,s'ils veulent rester en vie, ou parce qu'ils veulent fuir, y reviennent même au péril de leur vie. Car on ne peut rester longtemps loin de cette vie foisonnante et violente, fascinante à l'égale de Kianda la belle chanteuse dont est amoureux Bartolomeu.

«Je suis dramatique par culture et par formation. Nous autres, Angolais, nous sommes un peu dramatiques, n'est-ce pas ? Nous aimons l'outrance.» nous dit-elle.

L'outrance se retrouve dans tous les personnages principaux et secondaires :

Une mère des saints brésilienne qui veut revenir à la source africaine des rites de candomblé et souhaite à 80 ans se remarier avec un beau noir qui finalement se transformera en un portugais plus très jeune, tenancier de «l'Orgueil grec», «une des dernières tavernes portugaises au monde», où elle délivre ses oracles.
Lulu Banzo Pombeiro mari et impresario de Kianda. «Ma grand-mère, elle, a une expression qui définit avec une précision cruelle un type comme Lulu Banzo Pombeiro : «Certaines personnes, même très bien chaussées, ont toujours l'air de marcher pieds nus».
Nubia une ancienne Miss Angola qui se prend pour la vierge et parle depuis l'au-delà, après avoir été jetée d'un hélicoptère par les sbires du régime dictatorial qu'elle a eu l'audace de dénoncer, et veut se faire engrosser par Bartolomeu en qui elle voit la réincarnation de Joseph.
Une Fillette-Chien à la tête d'une meute dont Bartolomeu guette l'apparition dans la décharge du Golfe «Entre nous, il devient de plus en plus difficile de faire la distinction entre la ville et la décharge.(...) Des gens vivant au milieu des ordures c'est quelque chose de courant. Ce qui m'intéressait c'était de vérifier l'allégorie -- une petite fille développant la capacité de communiquer avec des chiens à cause d'une incapacité à se faire entendre des êtres humains.» p 115

Des anges noirs qui dansent sur un toit d'immeuble, 

et... ce n'est qu'un petit aperçu de ce qui vous attend.
C'est grâce à cette démesure, reflet d'une réalité, que José Eduardo Agualusa, jouant sur différents registres, du roman d'amour à l'enquête politico-policière sans oublier une grande poésie, dénonce les abus et la cruauté d'une société à la dérive. Ils nous permet d'en supporter la vision dantesque comme leur fantaisie, leur inventivité et leur folie permettent à ceux qui y sont immergés d'y survivre. Et pour qualifier ce roman pourquoi ne pas utiliser le beau nom employé par Kianda en en-tête de ses notes : L'Elucidaire.
Merci à Babelio et sa masse critique et aux Editions Métailié pour m'avoir offert cette belle lecture qui m'a permis de découvrir une autre facette de José Eduardo Agualusa dont j'avais aimé «Le marchand de passés».
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Lali
  15 juin 2012
L'essentiel – comme l'a sûrement déjà écrit Paulo Coelho, et s'il ne l'a pas encore fait il le fera – s'exprime rarement avec des mots », affirme Bartolomeu Falcato, personnage central de Barroco tropical, le plus récent roman de l'Angolais José Eduardo Agualusa, non sans humour à l'endroit du Brésilien le plus lu de la planète.

Et pourtant, avec des mots, il va souvent à l'essentiel, même s'il lui faut souvent emprunter divers détours, enquêter, et pour cela rencontrer des personnages hors du commun, hommes glauques ou repoussants, femmes sublimes, troublantes et troublées. Ce n'est, en effet, pas tous les jours qu'une femme tombe du ciel et Bartolomeu, journaliste et écrivain aux prises avec des choix dont il ne mesure pas encore toute la portée, voit dans ce geste un signe qu'il lui en faut comprendre le sens en même temps qu'il est temps pour lui de voir clair dans sa propre vie en déroute.

Cela donne lieu à un roman fouillé et touffu, où se font face une pléiade de personnages qui ont tous à voir les uns avec les autres, même si au départ on n'était pas porté à le croire tant ils semblent émaner d'univers parallèles. Qu'ont en effet en commun une vieille Brésilienne de 80 ans qui cherche un jeune mari, une chanteuse acclamée dans le monde entier, des anges noirs, une fillette-chien, une ancienne Miss Angola et tant d'autres? Plus que vous ne pouvez l'imaginer…

Une fois de plus, le romancier angolais nous convie à un jeu de pistes fascinant qui dépasse les frontières et dont l'universalité n'est pas à démontrer, malgré le fait que l'action soit ancrée dans le sol angolais, tant il sait nous montrer le visage des humains, autant leur mansuétude que leurs bassesses. N'hésitant pas à faire preuve d'humour par des phrases comme celle-ci, « La dernière personne à faire des discours aux poissons fut le père Antonio Vieira et il semblerait qu'il n'ait eu aucun succès », Agualusa cite volontiers ce dernier, auteur portugais du XVIIe siècle, ainsi que Mia Couto, auteur mozambicain qui a, avec quelques autres, permis à la littérature de la diaspora lusophone africaine d'obtenir la visibilité qu'elle mérite.

Même si Bartolomeu affirme « Je le regrette infiniment, mais il est absolument impossible d'expliquer le mot saudade à qui n'est pas de notre langue », Agualusa nous en donne une si bonne idée que toute personne sans la moindre goutte de sang portugais dans les veines devrait en saisir les nuances grâce à ce superbe roman atypique, à l'instar de ses précédents titres. Un roman à offrir à qui cherche dépaysement, climat, personnages bien campés et écriture imagée autant qu'imaginative. Par celui qui nous a donné le marché de passés, La saison des fous et Les femmes de mon père.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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YvPol
  04 septembre 2011
Bartolomeu Falcato, écrivain-documentariste se retrouve seul. Sa maîtresse, la chanteuse Kianda le quitte. Au moment où elle lui annonce cette nouvelle, une femme, un mannequin que Bartolomeu a rencontré quelques jours plus tôt dans un avion tombe du ciel devant leurs yeux, lors d'un orage aussi terrible que soudain. Ensuite, Kianda avertit Barbara Dulce, la femme de Bartolomeu qu'il avait une liaison. Barbara Dulce le quitte et emmène leurs filles. Puis on annonce à l'écrivain qu'on cherche à le tuer.

Voilà pour les premières pages. le reste est à l'avenant. Pas un personnage n'est à l'abri d'une mésaventure jusqu'à la fin du livre. Tous plus barrés les uns que les autres, ils évoluent dans une Luanda totalement pourrie : ses dirigeants sont corrompus, reviennent à des croyances anciennes certaines cruelles voire meurtrières, les bâtiments même neufs s'écroulent ou vieillissent très mal. Bartolomeu, pour sauver sa peau devra tenter de faire la lumière sur tous les mystères qui l'encerclent. Il ne peut faire confiance qu'à peu de monde, Mickey, un SDF et Dalmatien, un chauffeur de taxi.

Ce roman est parfois totalement "déconnecté" d'une certaine réalité, mais toujours un détail ou des faits ou des personnages ramènent l'écrivain et le lecteur à la réalité : "l'insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien" (4ème de couverture). C'est une tendance que l'on retrouve tout au long du roman, et l'on ne sait parfois ce qui est de la réalité et ce qui est de la fiction. J-E Agualusa invente-t-il tout ou puise-t-il aux sources de la vraie vie ? le futur vu par lui n'est pas forcément très engageant. Mais est-ce réellement le futur ? Les situations qu'il décrit (corruption, compromissions, prostitutions, argent facile, ...) ne sont-elles pas déjà dans le présent ?

Au travers d'une histoire rocambolesque, abracadabrantesque comme dirait JC (non, pas "LE" JC, l'autre, le nôtre à nous Français. Notre ancien président !) l'auteur amène une réflexion intelligente et intéressante sur l'évolution des sociétés, du monde en général.

Si en plus je vous dis que l'écriture est très belle, très drôle et que la narration l'est également, vous comprendrez mon emballement.
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jsgandalf
  09 avril 2012
Un livre atypique dans le bon sens du terme. Son titre résume merveilleusement le livre, a défaut de pouvoir mieux le decrire tant l'ambiance et l'histoire sont déroutante. C'est une sorte d'univers à la Brazil et à la Blade runner mais transposé en afrique par un auteur déjanté.
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BenjaminDP
  26 août 2013
Dans Barroco tropical, on retrouve Bartolomeu Falcato, l'un des personnages principaux du livre Les femmes de mon père de José Eduardo Agualusa. Si dans ce dernier on s'interrogeait sur les racines, ici on les délaisse plus ou moins pour s'intéresser au présent et à l'avenir. Comment décrire ce livre sans en livrer la fin ? du moins, sans en dévoiler au moins une partie ; tant cette oeuvre se découvre peu à peu, tant tous les éléments s'emboîtent au fur et à mesure.

Comme souvent chez Agualusa, l'intrigue est un puzzle que l'on reconstitue au fil des pages et encore une fois, certains paragraphes sont très poétiques et on se laisse envouter par la prose de l'écrivain. L'auteur nous dévoile également son talent pour créer des histoires en s'inspirant de la réalité, pour nous décrire l'Angola et l'Afrique, « Les écrivains sont par nature des observateurs ».
Lien : http://150mots.blogspot.fr/2..
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traversay
  28 août 2012
Barroco tropical. C'est le titre du dernier roman de l'angolais José Eduardo Agualusa et, également, le nom du style en vogue chez les écrivains lusophones d'Afrique, comme un écho au réalisme magique d'Amérique latine et à la luxuriance brésilienne. le livre d'Agualusa est une jungle narrative, un récit picaresque et foisonnant qui est fait de tours et de détours et qui, à moins de posséder un bon GPS, s'ingénie à perdre le lecteur. de temps en temps, une clairière apparait et l'on apprécie que le romancier dépose les armes et s'attache à décrire avec affection et désolation Luanda, capitale d'un pays rongé par la corruption, imprévisible, dangereuse et éruptive. Ce ne sont que de brèves accalmies au sein d'un livre convulsif où les personnages multiples parasitent une intrigue mi-policière, mi-fantastique, totalement barrée, de laquelle émerge avec peine un narrateur journaliste/écrivain et une chanteuse charismatique. Barroco tropical est sans l'ombre d'un doute plus audacieux et plus brillant que les précédents romans de l'auteur (Le marchand de passés, La guerre des anges, Les femmes de mon père). Mais il est aussi le plus chaotique et le moins "lisible" de tous.
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Aifelle
  18 octobre 2011
"Une femme tombe du ciel et s'écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu'elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d'hommes politiques et d'entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains et il comprend qu'il sera la prochaine victime." (4e de couverture).


Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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VALENTYNE
  12 janvier 2014
Angola, de nos jours. le narrateur, Bartolomeu, est journaliste. Un jour qu'il se promène en compagnie de sa maîtresse (en fait de promenade, celle-ci lui signale qu'elle veut rompre), les deux amants voit une femme leur tomber sous le nez – au sens propre car la femme tombe d'un avion. Il se trouve que Bartolomeu connaît cette femme et il se remémore leur unique rencontre.
Après ce démarrage sur les chapeaux de roues, l'auteur ralentit son rythme et dans un troisième chapitre nous présente pas moins de 15 personnages secondaires (dont la ville de Luanda, personnage à part entière)

Ce livre m'a fait une impression très forte: les personnages sont vivants et bien campés : le narrateur est tour est tour énigmatique, énervant, sensible et attachant. Sa maîtresse, la belle chanteuse, star internationale, est également mystérieuse et on ne comprend ses motivations de rupture qu'à la fin, lorsque celle-ci les expose dans son "élucidaire", terme qu'elle préfère à journal.

Bartolomeu va ensuite mener l'enquête sur l'accident de la femme tombée de l'avion dans un Angola soumis à la corruption et où narguer le pouvoir en place a pour conséquence de se retrouver à l'hôpital psychiatrique chez le redoutable Tata Ambroise, enchaîné et privé de tout dignité.
De nombreuses histoires se croisent et s'entrecroisent : celle de la fillette-chien qui erre dans les bidonvilles, celle du père de Kianda, un ancien terroriste, celle de deux jumeaux qui a force d'opiniâtreté réalisent leur rêve de devenir stylistes, celle de Barbara Dulce la femme trompée de Bartolomeu, celle de Dalmatien (un chauffeur de taxi) et de Mickey (un autre homme) , je vous laisse découvrir la raison de leur surnom.
Ce livre fait la part belle à la musique (Barroco Tropical du titre est une chanson de Kianda) : musique Africaine mais aussi portugaise et brésilienne

Un livre que je recommande fortement puisque l'histoire est intéressante d'un côté et que le contexte est également captivant. Des réflexions sur la démocratie, l'esclavage , la place de la langue et des dialectes ........
Lien : http://lajumentverte.wordpre..
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moertzombreur
  12 septembre 2014
Une culture de l'excès
La narration du roman est très original, alternant la voix d'un écrivain par ailleurs documentariste, avec celle de sa maîtresse une chanteuse célèbre . Au début du livre l'auteur fait aussi une longue présentation de tous les personnages secondaires qui vont traverser l'histoire. La collusion entre tradition et modernité se heurte à la vie quotidienne, le mythe devient parfois réalité de manière monstrueuse. Nos deux personnages se retrouvent au coeur de sombres intrigues politiques mêlées à une enquête sur un légendaire ange noire.
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