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ISBN : 9791022608534
Éditeur : Métailié (21/02/2019)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu’il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l’appareil photo qu’il retrouve sur une plage. Moira Fernandez, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en scène et photographie ses rêves. Hélio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l’hôtel Arco-Iris, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres, vêtu d’un costume violet, ce qui va donner à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  31 janvier 2019
Voilà un livre fort original et étonnant, comme le laissait augurer son très beau titre, à la fois très terrien et aérien.
Terrien par son contexte qui nous plonge dans les racines de l'Angola moderne, celui de l'après indépendance de 1975, de l'après colonisation portugaise, des 25 ans de guerre civile entre les forces de l'Unita appuyé par les Etats-Unis / l'Afrique du Sud et le MPLA d'Agostino Neto, premier président d'un Etat congolais sombrant dans une dictature soutenue par Cuba et l'URSS. Pourtant, tout est léger dans la façon qu'a le roman d'avancer. Rien d'indigeste ou de somme pédante, juste des personnages qui se débattent pour survivre, aimer, s'exprimer sous un régime dictatorial sans transiger avec ses valeurs. L'auteur, José Eduardo Agualusa, est un dissident, persona non grata en Angola, vivant entre Portugal, Brésil et Mozambique, habitué à appuyer là où cela fait mal dans l'histoire de son pays.
Aérien par son angle d'approche à la lisière du fantastique. Contre la dictature, une république de quatre rêveurs. le journaliste Daniel qui rêve de gens pris en photographie par un autre que lui. Moira , l'artiste qui met en scène en photographie les rêves des autres. Hossi, l'ancien guérillero, l'intrus somnambule qui envahit les rêves de tous ceux qui dorment à sa proximité. Hélio, le neuro-scientifique qui invente une machine pour voir les rêves, traduisant l'activité cérébrale en images animées. Tous d'étranges chamans qui vont s'unir et passer à l'action lorsqu'une demi-douzaine de jeunes angolais libertaires ( dont la fille de Daniel et le neveu de Hossi ) décident de ne plus subir, affrontent leur peur de la dictature pour s'y opposer.
Comme si les rêves pouvaient nous aider à affronter le monde réel. Dans le mot «  révolutionnaire », n'y a-t-il pas « rêve » ? Très belle idée que de proposer un message universel de résistance collective, d'optimisme par le biais d'une guérilla onirique emplie de folie douce lorsqu'arrive, en final, la confrontation, avec le dictateur.
Lu dans le cadre d'une masse critique ! Merci Babelio et les Editions Métailié.
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viou1108
  22 février 2019
Daniel Benchimol, angolais, est journaliste le jour et grand rêveur la nuit. Il rêve de gens qu'il ne connaît pas. Un jour, sur la plage d'un hôtel il trouve un appareil photo dont la carte mémoire contient des portraits des personnes dont il rêve, en particulier d'une femme aux longs cheveux. Incrédulité. Daniel discute avec Hossi Kaley, angolais, aujourd'hui gérant de l'hôtel précité et hier guérillero dans la rébellion de l'Unita, qui lui confie que lui ne rêve plus depuis longtemps mais que, depuis tout aussi longtemps, ce sont les autres qui le voient en rêve, affublé d'une veste violette. Stupeur. Daniel découvre ensuite que l'appareil photo appartient à Moïra Fernandes, mozambicaine, artiste qui rêve la nuit et reconstitue ses rêves le jour pour les mettre en scène et les photographier, et qui s'avère être la femme aux longs cheveux dont rêve Daniel. Battements de coeur. Daniel et Moïra se donnent rendez-vous au Cap, où vit cette dernière. Ils rencontrent par hasard Hélio de Castro, brésilien, neurobiologiste qui rêve d'arriver à filmer les rêves des autres. Il leur propose de participer à son projet de recherche. Méfiance ou enthousiasme, c'est selon.
Le rêve est donc le dénominateur commun qui relie ces quatre personnages et les rassemble dans une expérience au départ purement scientifique, qui va peu à peu muer en "instrument de transformation du monde". Parce qu'on est en Angola, pays totalitaire à deux doigts d'imploser, parce que la fille de Daniel est une jeune activiste des droits humains qui vient d'être emprisonnée avec quelques comparses pour avoir commis un "attentat" contre le Président. Parce que pour mettre la pression sur ce régime et obtenir la libération de sa fille et des autres jeunes qui se sont mis en grève de la faim, Daniel veut une méthode qui amènerait le peuple angolais à une révolte pacifique et unanime, et que pour cela il faut faire rêver les gens à l'unisson...
"La société des rêveurs involontaires" est une satire politique qui se donne des airs de polar, de roman fantastique et d'histoire d'amour. Mais la charge contre la dictature est virulente. A la brutalité du régime, Agualusa oppose et propose une révolution subtile et onirique : "rêver, c'est comme vivre, mais sans le grand mensonge qu'est la vie". Partir de l'idée d'un rêve collectif pour renverser une réalité faite de faux-semblants de démocratie et de justice, remplie de violence, de misère et de corruption, et se réapproprier la vie, les idéaux, la pensée, la liberté, cela semble naïf, grandiloquent. Peut-être, mais il n'y a que les rêves pour échapper au contrôle des dictatures… Une fable engagée, pétrie d'humour, de fantaisie et de folie douce, de résistance, d'espoir et de rêves de liberté.
En partenariat avec les Editions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Stelphique
  25 février 2019
Ce que j'ai ressenti:

*J'ajoute à mes nuits, un peu de cette énergie artistique que j'ai saisi dans ces pages, pour peindre des aquarelles d'orchidées bleutées sur des lignes de rêves. J'enfile une veste violette et je vous emmène en Afrique découvrir l'étrange enquête de Daniel Benchimol… Et si des funambules s'invitent dans vos songes pastels, c'est sûrement que vous êtes vous aussi, touchés par cette histoire fantastique. Pour ma part, je l'ai été plus que de raison, et peut être que la folie me guette, mais avant, j'aimerai vous dire que j'ai adoré me perdre dans d'autres ailleurs…Je nage encore dans un océan aérien d'euphorie et je lance des voeux au ciel:
-Exercez-vous à rêver. Croyez à vos rêves. Et maintenant réveillez-vous, mon ami!

*J'ajoute à mon temps, un moment de lecture particulier, singulier, onirique où les métaphores s'incarnent et se répondent en miroir. L'envol d'un oiseau se reflète dans l'épanouissement d'une jeune femme combative, la naissance d'une fleur à l'instar d'une artiste qui se révèle par son talent, un arbre qui s'enracine contre des souvenirs qui s'étiolent, des observateurs de rêves qui font face à l'oeil avisé d'un journaliste engagé. Dans la forme et dans le style, José Eduardo Agualusa réalise une prouesse littéraire où rêves et réalités se réinventent dans une histoire plurielle ou l'amour, l'art et les songes dansent sur les cendres de la barbarie. Derrière l'insoutenable atmosphère d'un pays totalitaire, quelques esprits s'éveillent… Surprendre une jeunesse qui se révolte face à la dictature, dépeindre un pays au bord du gouffre et éclairer nos consciences, c'est le pari fou de la société des rêveurs involontaires.

« le pacifisme, mon frère, c'est comme les sirènes: hors de la mer de l'imagination il ne respire pas, il a du mal avec la réalité. Encore moins avec la nôtre, cette réalité si cruelle. »

*J'ajoute à mes carnets, des dizaines de citations poétiques et de réflexions méditatives. Des échos de mots et des éclats d'images pour nager dans l'infini de l'idée même de Liberté. Elle brillait de mille façons, Liberté dans ses pages: dans la lumière d'un clair de lune, sur les murs des galeries, dans le viseur d'un appareil photo, sur la surface d'un écran, dans l'obscurité d'une cellule, sur la mer imaginaire, dans la profondeur de l'inconscient, sur le crane d'une enfant, dans la grandeur des souhaits. La voir ainsi prendre multiples facettes, cela donne envie de déplier nos ailes et s'envoler vers elle…
« Je suis tombé par terre comme un pétale de fleur. »
*J'ajoute à mes coups de coeur, ce livre, La société des rêveurs involontaires, comme un des plus beaux livres que j'ai eu le plaisir de lire, parce qu'il contait à mon inconscient, une vérité intime. Et ce matin, c'est en toute conscience, que je vous dévoile la vague déferlante de mes émotions…Magnifique!

« Tous les rêves sont inquiétants, parce qu'ils sont intimes. Ils sont ce qu'on a de plus intime. L'intimité est inquiétante. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10.
Lien : https://fairystelphique.word..
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DocteurVeggie
  29 janvier 2019
Tout d'abord, merci à Babelio et aux éditions Métailié pour l'envoi de ce livre remporté dans le cadre de la Masse Critique Littératures.
Un titre accrocheur et évocateur. Une société de rêveurs involontaires. Des citoyens qui cherchent à améliorer leurs conditions de vie dans un pays en guerre et totalitaire. L'histoire ce base sur quatre protagonistes qui utilisent et exploitent de différentes manières, le rêve, en tant que vecteur de rassemblement, de réappropriation, de changement et dont le but est de faire sortir le pays d'un marasme dictatorial. Tout au long de l'histoire, nous les suivons, dans différents pays où chacun s'affaire à être le changement de demain.
J'ai aimé les messages sous-entendus de l'auteur tout au long de son histoire. Les arrestations pour ce que l'on lit, ce que l'on a pensé ou acheté. L'emprisonnement de ce qui sort du rang et tend à éveiller les consciences. La faculté des haut-placés à retourner leurs vestes quand le pouvoir se met à trembler et à s'effriter. le contrôle des populations par la privation, mais également par la police censée les protéger. La répétition des mêmes erreurs que cela soit en Amérique du sud ou en Afrique.
Une fable sans vraiment l'être qui nous parle des dissidences, des régimes totalitaires dans des pays faussement démocratiques ou sans quelconque démocratie. Les questions de l'appropriation de ce qui nous a été enlevés pour une cause qui n'est pas la nôtre. Une histoire de vigilance qui nous invite à toujours rester prudent face aux fausses promesses et à la prise de pouvoir violente dont chaque pays du monde n'est à l'abri.
Une véritable guérilla urbaine contée avec une forme de poésie onirique. Un drame social où la survie collective du peuple passe par le soulèvement d'un rêve non inerte, mais plein d'espoir actif.
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faeli
  05 février 2019
Un titre qui sonne comme s'il parlait d'une société secrète, un livre traduit du portugais et une histoire de rêves, cela ne pouvait que donner envie! Quelques heures plus tard, j'étais confortée dans mon choix!
Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu'il ne connaît pas et aime passer du temps dans un petit hôtel du bord de plage appartenant à un ancien guérillero Hossi. Lui ne rêve pas mais se retrouve dans les songes des autres. Moira Fernandes de son côté met en scène ses rêves et est l'un des visages inconnus qui peuplent ceux de Daniel. Quant Hélio de Castro, neuroscientifique brésilien, il aspire à filmer les rêves. Leur point commun? Leur lien? le rêve. Mais le rêve n'est pas qu'onirique, fruit du sommeil. Par exemple la fille de Daniel, et ses amis activistes qui se font tous arrêtés en manifestant contre le pouvoir dictatorial en place, pour qui le rêve c'est un pays libre du dictateur. Car finalement le rêve est ici un prétexte pour dépeindre le passé, mais aussi le présent, et peut-être même l'avenir. C'est un roman qui nous plonge dans l'actualité angolaise (l'auteur s'est inspiré d'un fait survenu en 2015 au cours duquel des activistes lisant un livre de philosophie politique et critiquant le président d'alors ont été arrêtés et entrepris une grève de la faim) mais aussi dans son passé à travers les réminiscences d'un homme mort deux fois à la recherche de ses souvenirs perdus. Une satire sociale, certes, mais qui n'en manque pas moins d'être un texte plein de poésie qui fait sourire et amène à réfléchir.
Une chouette découverte que cette Société des rêveurs involontaires (et qui donne bien envie de lire d'autres romans de José Eduardo Agualusa)! Merci Babelio et les Editions Métailié de l'avoir proposé lors du dernier Masse critique!
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   07 février 2019
La passion est un moment de folie. Les gens qui se marient par amour devraient être considérés comme irresponsables, et ces mariages devraient être annulés. […] Seuls les gens lucides devraient être autorisés à se marier. Je ne comprends pas, alors qu'il est interdit de conduire en état d'ébriété, pourquoi il n'est pas interdit de se marier ivre ou amoureux fou, ce qui est la même chose. Le mariage n'est pas si différent d'une voiture. Mal conduit, il peut blesser beaucoup de gens, à commencer par les enfants. Si on était lucide, on ne se marierait que par intérêt, comme mes parents.
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viou1108viou1108   21 février 2019
- Vous avez remarqué que le soleil qui donne des couleurs aux grenades, ou fait dorer la peau après un après-midi à la plage, est le même qui jaunit et efface les photos de notre jeunesse? demandai-je à Hossi. La lumière rehausse les couleurs de tout ce qui vit et décolore ce qui est inanimé. Le soleil allume les vivants et éteint les morts.
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viou1108viou1108   25 février 2019
Je n’ai pas peur de l’avion. Je n’en ai jamais eu peur. Je souffre d’un mal plus rare, qui s’en approche: les aéroports m’angoissent. En y pensant mieux, ce ne sont pas les aéroports. C’est la police des aéroports. C’est la police, en général. On sait qu’on vient d’un pays du tiers-monde quand on a plus peur des policiers que des voleurs.
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viou1108viou1108   10 février 2019
Tous les rêves sont inquiétants, parce qu'ils sont intimes. Ils sont ce qu'on a de plus intime. L'intimité est inquiétante.
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StelphiqueStelphique   24 février 2019
Le pacifisme, mon frère, c'est comme les sirènes: hors de la mer de l'imagination il ne respire pas, il a du mal avec la réalité. Encore moins avec la nôtre, cette réalité si cruelle. 
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