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Lydia Chweitzer (Traducteur)
ISBN : 2264027312
Éditeur : 10-18 (12/09/1999)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 220 notes)
Résumé :
Dans un Moscou frappé par la Révolution, Vadim fait l'expérience irréversible de la cocaïne. Tour à tour amoureux et manipulateur, le jeune homme, sous l'emprise de la drogue, dissèque les tréfonds de son âme, jusqu'à tomber dans le cauchemar de la dépendance. Là se briseront les turbulences de l'adolescence. Comparé tour à tour à Proust et Musil, Aguéev nous a légué un livre fascinant
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  07 avril 2018
Il plane, ou il a plané, une aura de mystère autour de ce roman. Sur l'auteur tout d'abord, dont l'identité semble certaine depuis peu seulement. On a pensé à Nabokov, il y a eu des enquêtes, la dernière s'arrêtant à Mark Lévi de source quasi certaine *. Mark Lévi, nom de plume M Aguéev, un illustre inconnu dont peu d'éléments biographiques majeurs lui survivent, en dehors de la parution en 1930 de son unique livre. Et s'il y a eu autant de volonté à savoir presque un siècle après, on se doute que c'est pas pour le premier roman de gare venu de l'est. Non, c'est surtout parce que le contenu est édifiant.
Dès le début on est saisi de stupeur quand Vadim, du haut de ses 16 ans, de honte fait passer cette vieille dame loqueteuse pour sa gouvernante, en lieu et place de sa pauvre mère venue lui apporter au lycée une enveloppe qu'il avait oubliée. Lui et ses copains en rigolent crânement. Ou quand la honte se mue en cruauté, la dérive des sentiments s'installe et ne s'arrêtera qu'à déchéance totale.
Dualité des sentiments encore quand dans la deuxième partie Vadim veut embrasser la terre entière et ignore sa mère croisée sur les boulevards, un Vadim incapable de désirer Sonia son grand amour, étouffé qu'il est par l'emprise du coeur, « trop sensible pour être sensuel » .
Ou un Vadim qui succombe à la cocaïne dans le troisième temps du roman, un peu par oisiveté, sans doute parce que son âme est définitivement blessée, que l'on suit pétri d'amour pour sa mère endormie, alors qu'il lui vole une broche pour plus de poudre magique.
Il y a dans ce livre des passages saisissants de lucidité sur les travers de l'âme humaine. Si Aguéev met en scène la cruauté du narrateur envers sa mère, on se dit pas que c'est atroce tellement c'est cruel, on se dit voilà, la cruauté c'est ça. Une sorte de définition par l'exemple narratif, bien mieux que Robert et Larousse réunis.
Il y a surtout profusion de passages scotchants de maîtrise et de clarté confondues, où les images et les comparaisons y sont saisissantes de réalisme, les formules pénétrantes. Je pense en particulier aux errements de Vadim sur les boulevards, à la recherche d'un amour pour un soir. Ou la description minutieuse et dédoublée par sa conscience de sa première nuit sous emprise de cocaïne.
Il y a encore tellement à dire si l'on en est capable, les interprétations et les pistes de lecture abondent sur le net, qui inscrivent l'errance du narrateur dans un contexte historique de la Russie révolutionnaire de 1917, ou sous l'angle du bolchevisme et de l'antisémitisme naissant.
Roman avec cocaïne, un roman comme une piqûre de rappel pour moi, que je relis régulièrement au fil des ans. Comme un rendez-vous sulfureux et égoïste dans ma vie de lecteur, peut-être pour vérifier où j'en suis, si j'ai pas trop changé, peut-être aussi pour m'assurer que j'avais pas rêvé la première fois. Non j'avais pas rêvé, c'est un grand, un sacré bon roman.

* http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2013/08/09/l-enigme-m-agueev_3459015_4497186.html
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milan
  16 mars 2018
"Telle était mon attitude envers les autres, telle était ma dualité: d'un côté, le désir d'embrasser le monde entier, de rendre les gens heureux et de les aimer; d'un autre, la dilapidation éhontée des sous laborieusement acquis par une vieille femme, et une cruauté sans limites envers ma mère. Et le plus bizarre était que cette malhonnêteté et cette cruauté n'étaient nullement en contradiction avec les élans d'amour envers tout l'univers vivant- comme si l'intensification de ces bons sentiments, pour moi si insolites, m'aidait à accomplir les cruautés dont je ne me serais pas senti capable ( pour peu que ces bons sentiments fussent absents)." Je vous présente Vadim Masselennikov. le moins que l'on puisse dire à propos de Vadim, c'est qu'il est compliqué!!!....ou complexe? En tout cas, il est évident qu'il ne cesse de cogiter et partage volontiers avec le lecteur absolument tous ses états d'âme. D'abord, il raconte avec minutie son quotidien dans un lycée de Moscou, à la veille de la déclaration de la révolution bolchevique.On y suit les petits histoires de ses camarades, dont la psyché mais aussi toutes les mimiques et toute la gestuelle sont disséquées à la manière de Freud, selon toujours le point de vue de Vadim: leur rivalité scolaire, leur crâneries, leurs petites rébellions...etc.Ensuite, Vadim,qui a l'habitude de rechercher dans ses heures perdues de simples relations physiques avec la gent féminine- relations dont il décrit encore une fois le mécanisme et les ressors avec précision- tombe amoureux....et c'est le foutoir dans sa tête et dans son corps. Il est alors obligé de revoir toutes ses théories à l'aune de sa découverte de ce nouvel aspect de l'existence. L'histoire d'amour finie, il déprime bien entendu, patauge dans son quotidien qu'il estime cafardeux, dégradant socialement et financièrement - dégradation et honte représentées par sa pauvre mère à qui il fait voir des vertes et des pas mûres- et finit par sombrer, presque par hasard dans l'enfer de la dépendance à la cocaïne. du déjà vu tout ça me direz vous! En effet. Mais alors, en quoi ce roman, en dehors de la légende entourant son auteur , est particulier? Tout d'abord par son style: bien que les phrases soient longues, elles restent très accessibles, et belles, d'une beauté inattendue. le style est fluide, riche, et pas un mot ni une phrase ne sont de trop, et l'absence de l'un ou de l'autre ferait cruellement défaut. L'ambiance bien qu'"intime" et "personnelle" , baigne dans un tout social et historique pas du tout pesant, au contraire.Ensuite, Vadim n'est pas un mauvais bougre , c'est juste un adolescent qui grandit, se découvre et découvre le monde, essaie de trouver des justifications intellectuelles aux contradictions qui illuminent ces découvertes, et est foncièrement convaincu de l'honnêteté de sa démarche. N'empêche qu'il souffre sincèrement de ces mauvais actes, mais passe vite à autre chose.Il est hyperconscient de son univers intérieur donc, mais également de tout ce qui l'entoure. Rien ne lui échappe, que ce soit vivant ou un simple objet, en mouvement ou statique, les expressions de tous les visages et les changements de ces expressions à la faveur d'émotions nouvelles. Pas même le temps, la température, les animaux, le tramway, les bancs...tout, absolument tout est matière à réflexion et description. Dans le récit de son histoire d'amour avec Sonia, il n'est question que de lui, de ce qu'il ressent, de comment il le ressent et de pourquoi il le ressent. Sonia n'est que le déclic de cette nouvelle série d'analyses. Et puis d'un coup, vers la fin , en un chapitre, Aguéev dévoile Sonia, la fait "parler" et c'est sublime. Si la quatrième de couverture semble racoleuse avec son histoire de cocaïne, sachez que la drogue n'entre en scène qu'une fois les deux tiers du livre entamés.Très rapidement et sans faire dans l'excès, l'auteur décrit superbement les sensations de la première "prise", l'euphorie qui suit, mais surtout la descente infernale, dépressive qui accompagne à chaque fois la séance. Vadim devient addictif à la drogue, et bien entendu ça ne finit pas bien. Dans ce roman, la drogue semble intéresser Vadim uniquement à cause de l'effet "loupe" qu'elle offre de son être, et d'ailleurs une partie appelée "pensée" est dédiée à ça. C'est un livre saisissant, de ceux qu'on relira avec plaisir dans quelques années pour voir comment il a vieilli. Et puis, bizarrement, à la fin- comme contaminé par la théorie de la dualité de l'âme de Vadim- surgit une question: Qu'est ce qu'Aguéev a voulu raconter au juste? des souvenirs de lycéens? la camaraderies entre adolescents? la découverte du sexe et de l'amour? la condition sociale de la Russie en 1917? la drogue? quel est le lien? Mais cette interrogation est vite balayée par le dernier chapitre, bouleversant.
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CraboBonn
  10 décembre 2012
Voici un livre a classer dans les 3 etoiles du guide Michelin des voyages litteraires … Un classement entre « Vaut le detour » et « a ne pas manquer ». Alors « roman avec Cocaine » c'est quoi ? L'histoire d'un jeune adolescent russe, Vadim, qui vit et etudie a Moscou autour de 1917. Malgre l'epoque charniere dans l'hisoire de la Russie, il y a peu etat d'idees politiques. Il s'agit plutot d'une sorte de roman initiatique ou ce jeune homme decouvre le monde exterieur et interieur au travers de ses amities et de ses debauches. C'est la un resume rapide … on en trouve de tres bons et de plus pousses sur la toile. Je me contenterai d'insister sur ce qui m'a touche dans ce roman: le style, le rythme (il n'y a pas une page en trop), l'originalite des metaphores, l'acuite des descriptions, autant materielles que sensorielles. le livre propose certainement une vision assez masculine du monde (il ne faut pas lire la que je la partage !), plutot sombre, egocentrique et ‘machiste'. Pourtant, le texte fait dans la nuance. Malgre ses defauts, Vadim, n'est pas un pur salaud. Il aspire parfois a l'elevation de son ame. Au travers de ses experiences sociales, amoureuses et cocainomanes (la description de la premiere prise de cocaine est d'ailleurs remarquable !), il expose ses reflexions sur les 2 faces de l'ame: sa face eclairee et sa face sombre … L'homme dans toute sa dualite est offert a sa vindict.
Lydia Cweitzer, la traductrice (qui a mon avis a fait un excellent travail car les phrases, bien que traduites, ont souvent beaucoup d'eclat !) rapproche ce style de Proust et de quelques autres ecrivains dont j'ai oublie le nom. J'ai peu lu Proust, mais de ce que j'en connais, je suis d'accord pour faire ce lien. Je le rapprocherai aussi de Kundera, pour le cynisme et la « non moralite » de certains de ses personnages. Des gens plus cultives trouveront sans doute des familiarites avec d'autres auteurs … le but n'est pas de classer mais de proposer quelques noms qui pourraient encourager la lecture de ce livre qui comme je l'ai note en debut de post, vaut le detour !
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Ecrits-slaves
  29 juin 2008
En voici un chef d'oeuvre ... Ca commence comme n'importe quel roman russe de l'époque, la fin est prévisible, certains passages longuets ... Et pourtant ! On retrouve cette marque qui m'emeut tant : la recherche frenetique pour comprendre l'âme humaine... Qui, mieux que les russes, a su se pencher ainsi au dessus de nos faiblesses ?
Le fait est que l'auteur est inconnu et que cela plonge d'emblée le lecteur dans un mystère tout à fait agréable. le titre est accrocheur et on ne sait pas bien à quoi s' attendre... Mais des les premieres pages, qui retracent la vie lyceenne du heros, Vadim, on sent la spirale du drame se mettre en marche...Derriere certaines phrases, le froid apparait et met mal à l'aise le lecteur.... Les descriptions de sa mère, de ses camarades, de cette russie post-tsariste qui se cherche ... Quand Sonia le quitte, Vadim sombre ... Aucun miserabilisme, des phrases courtes, des chapitres qui s'enchainent et toute l'âme humaine decrite en quelques paragraphes... c'est rapide, precis et ça fait mouche !
Un passage absolument magistral sur la théorie de la balançoire ... L'homme serait une balançoire capable des plus hauts comme des plus bas sentiments ... Il oscille entre les deux avec plus ou moins de force et peut s'elever très haut puis descendre tres bas...mais ce bas est lui meme haut de part la qualité et la rudeur de ces sentiments.... La solution serait elle de devenir froid et d'arreter de se balancer ? celui qui ne ressent rien est il à l'abri de ce tragique destin ? Peut on lutter contre ce mouvement "bipolaire" ?
Ce dessin "en fer à cheval" est omnipresent dans le roman et j'aime beaucoup ce style litteraire qui veut que le roman soit bien construit sans que l'on se sente emprisonné dans une prison de rigueur ...
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NMTB
  19 décembre 2014
D'abord il y a cette quatrième de couverture racoleuse qui encense un roman « qualifié par tous [Tous ? J'aimerais bien le rencontrer un jour ce Tous] comme un chef d'oeuvre absolu » et qui fait du name-dropping à la va-comme-je-te-pousse. Ça donne envie d'être méchant comme le narrateur de ce roman. Comment peut-on écrire de telles lignes en ayant aimé ce roman âpre et cruel ? Quel genre de débiles les éditeurs espèrent-ils attirés ? On pourrait croire à première vue que « Roman avec Cocaïne » se situe dans la lignée des romans sur les désarrois et les souffrances de l'adolescence. Mais ce n'est pas tout à fait ça.
Le narrateur de ce roman, on ne l'aime pas, on n'a pas envie de le comprendre, dans les deux premiers chapitres on a fait le tour de la question. Vadim est un adolescent dans sa plus lumineuse normalité, idiot et exécrable, qui s'empêtre lui-même dans la culpabilité. Pauvre aussi, très complexé par cette pauvreté et drôle par son sarcasme. Ces deux chapitres donnent l'impression qu'on va lire un roman psychologique à la façon de Dostoïevski, mais ce n'est encore pas le cas.
Car, le narrateur disparait complètement dans les chapitres suivants pour se concentrer sur la vie de son lycée, juste avant la révolution russe. En particulier sur le développement d'un des élèves : Bourkevitz. La dimension psychologique est toujours présente ; le sarcasme aussi, notamment dans les descriptions potaches des physiques et manies des protagonistes. Mais il apparait une dimension politique où il est question, succinctement, de la révolution russe, de la première guerre mondiale, du christianisme, du nihilisme ou de l'antisémitisme. Précisément, l'auteur fait une analogie un peu poussive entre les causes psychologiques personnelles et les évènements politiques.
Ensuite le narrateur réapparaît et raconte sa seule vraie histoire d'amour, lui qui ne faisait que collectionner des aventures lubriques. Une histoire qui partait merveilleusement bien mais qui contenait son échec dès le début puisque cet amour bouleverse Vadim de fond en comble et le met face à lui-même. L'amour avorte à cause de l'impossibilité due à cette duplicité de se rapprocher spirituellement et charnellement de Sonia. Tout cela pourrait paraître une histoire classique d'amour impossible, mais écrite sans le sentimentalisme habituel.
Ce n'est que dans la seconde moitié de l'ouvrage qu'il est question de la cocaïne, avec des descriptions simples et vraies de l'euphorie qu'elle provoque et de ses « descentes » un peu rudes. Ce n'est pas tant l'addiction à la cocaïne qui a intéressé l'auteur que la conscience de l'homme se laissant entrainer dans la drogue, sa vision du monde, du bonheur, l'altération de la réalité.
Malgré tout le bien que je pense de ce roman, je le trouve mal conçu, trop haché. Certaines parties paraissent artificiellement ajoutées et n'ont aucune incidence sur les autres. Il manque de liant pour en faire « un chef d'oeuvre absolu ».
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
HelishaHelisha   17 juillet 2019
Il arrive souvent que des artistes consacrés, ces habitués des 5 du monde des beaux-arts, reçoivent de leurs critiques des comptes rendus enthousiastes pour des oeuvres tellement médiocres et incohérentes que si elles avaient été crées par quelques anonymes, elles n'auraient pu, au mieux compter que sur le 3 d'un Takadjief. Mais la principale difficulté de Bourkevitz n'était pas tant son anonymat que sa réputation, établie depuis des années, de médiocre titulaire du 3, et c'était surtout cette réputation de médiocrité qui l'empêchait d'avancer, se dressant devant lui comme un obstacle infranchissable.
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HelishaHelisha   16 juillet 2019
C'était bizarre dans ma vie. Alors que j'éprouvais du bonheur, il me suffisait de penser que ce bonheur n'était pas là pour longtemps, et il cessait aussitôt d'être. La sensation de bonheur ne s'arrêtait pas du tout parce que les conditions extérieures qui l'avaient engendré avaient changé, mais seulement parce que je prenais conscience du fait que ces conditions extérieures allaient disparaître bientôt et à coup sûr. Et aussitôt que cette conscience me venait, le bonheur n'existait plus et les conditions extérieures de ce bonheur qui ne s'étaient pas interrompues, qui existaient toujours ne faisaient que m'agacer.
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Immortale_peruvianaImmortale_peruviana   21 avril 2016
Ah la littérature russe ! et l'âme russe...
Un roman d'une extrême puissance dans la mesure où il est une synthèse, voire un tableau clinique extrêmement lucide et claire d'une situation compliquée: une démarche vers l'autodestruction.

Notre périple douloureux commence au milieu de la Première Guerre mondiale et s'achève après la Révolution Russe.
À travers le premier chapitre, on découvre le protagoniste Vadim Maslennikov, un lycéen ordinaire, qui entretient une relation tendue avec sa mère. La longueur de ce chapitre a le mérite de nous faire comprendre que Vadim nourrit des sentiments antagoniques en lui, une tendance à mâtiner ce qu'il a de plus noble en lui à ce qu'il a de plus ignoble; ce qui serait proche d'une schizophrénie légère ( qui ne l'est pas? Moi, en tout cas, je me reconnais en lui). C'est, en gros, ce qui serait à l'origine de son malheur ( peut-être le mien aussi).
Ensuite, Vadim rencontre Sonia. Sonia, qui joue le rôle du facteur déclenchant. Sonia nourrit les passions les plus hardis qui sommeillent en notre Vadim, et ranime ses douleurs les plus vives: le processus du dédoublement de la personnalité s'achève.

À la fin du deuxième chapitre, on est face à un Vadim excédé et rassasié de tout, même de la beauté du corps féminin, en période de nihilisme intime totale, retournant sa haine de soi contre tout ce qui l'entoure et surtout sa mère.

Sonia rompt, Vadim sombre dans la déchéance.
On assiste impuissants à sa descente aux enfers.
Il sniffe, et on explore chacune des sensations qu'il éprouve ( un véritable tableau clinique sur les effets de la drogue).
Ensuite, on frôle la misère: la dépendance, les voles, les hallucinations...les larmes de sa pauvre mère.

Un roman qui traite un sujet d'actualité dans notre époque, à savoir cette pulsion de mort chez les jeunes, une forme de mal être intrinsèque, qui fait qu'on se jette dans l'abîme au nom de rien. Une haine de soi qui fait qu'on se retourne contre les gens qui nous donnent le plus.
La jeunesse nihiliste( incarné par Vadim), est telle une maladie auto-immune au sein de la société (incarnée par la mère de Vadim), une jeunesse qui par manque de repères et haine de soi n'hésiterait pas à se faire exploser.
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LoujineLoujine   30 juillet 2015
Quelle chose étonnante - un dos qui s'éloigne - le dos d'un être injustement blessé qui s'en va pour toujours! Il y a en lui une espèce d'impuissance, une faiblesse qui réclame la pitié, qui vous appelle, qui vous oblige à le suivre. Il y a dans le dos d'un être qui s'éloigne quelque chose qui évoque les injustices et les offenses qu'on sentira encore le besoin de raconter, et qui répète qu'il faut dire adieu encore une fois, qu'il faut le faire vite, immédiatement, parce que cet être s'en va à jamais et laissera derrière lui beaucoup de souffrance qui va tourmenter longtemps encore et, peut-être, dans la vieillesse, empêchera de dormir la nuit.
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NekhoNekho   06 novembre 2017
C'était bizarre dans ma vie. Alors que j'éprouvais du bonheur, il me suffisait de penser que ce bonheur n'était pas là pour longtemps, et il cessait aussitôt d'être. La sensation de bonheur ne s'arrêtait pas du tout parce que les conditions extérieures qui l'avaient engendré avaient changé, mais seulement parce que je prenais conscience du fait que ces conditions extérieures allaient disparaître bientôt et à coup sûr.Et aussitôt que cette conscience me venait, le bonheur n'existait plus- et les conditions extérieures de ce bonheur qui ne s'étaient pas interrompues, qui existaient toujours, ne faisaient que m'agacer.
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