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Critique de nilebeh


nilebeh
  19 octobre 2016
C'est une idée originale et intéressante : le livre se compose en fait de deux opus disposés tête bêche, qui se complètent et s'illustrent mutuellement. L'un, article de 79 pages est écrit par une journaliste italienne, communiste entre 1947 et 1969, parlementaire en Italie et au Parlement européen. Elle relate avec méticulosité et mise en perspective des faits qui se sont passés dans les Pouilles après la chute de Mussolini. Les mouvements sociaux qui opposèrent grands propriétaires et ouvriers agricoles, syndicalistes, s'accompagnèrent de violences. Un fait divers tragique se produisit sur la place de la ville d'Andria le 7 mars 1946. L'historienne analyse les faits et les replace dans leur contexte post-mussolinien,, alors que les partis politiques (PCI, PSI) et les syndicats se reconstituent.

De son côté, la romancière, Milena Angus, raconte l'épisode sanglant vu par « Elle », personnage inventé, témoin de son époque. « Elle », la rebelle, voudrait que le pape considère comme hérétique toute personne qui ne refuserait pas de devenir soldat... Elle assiste aux événements tragiques qui se produisent lors du meeting de di Vittorio, antifasciste très écouté. Trois vieilles filles vivent repliées dans leur palais historique, entre serviteurs dévoués et activités paisibles et religieuses. Elles font des dons substantiels à l'Église pour les pauvres. Mais il ne leur viendrait pas à l'idée de « donner » au syndicat, aux ouvriers. Elles suivent la tradition de leurs pères, figées dans une société et des pratiques traditionnelles, totalement étrangères à l'évolution du monde. Généreuses, bienveillantes, enfermées, elles ne peuvent imaginer ce qui va se produire quand, alors qu'une émeute naît sur la place de la ville, un coup de feu part, soi-disant du haut de leurs toits, en direction des manifestants.

Le roman, tout en s'appuyant sur le contexte social de l'époque, donne chair aux événements de ce jour de violences inutiles, en brossant le portrait de femmes inoffensives qui font les frais d'une lutte des classes renaissante.
Une idée intéressante que celle de croiser les regards portés sur une même période et les mêmes faits, celui de l'historienne et celui de la romancière engagée.
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