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Laurence Boischot (Traducteur)
EAN : 978B086613CVR
Bragelonne (14/10/2020)
4.24/5   19 notes
Résumé :
La résistance se construit sur l'espoir

Deux ans et demi depuis l'élection.

Un an depuis que nos réponses sur le formulaire du recensement nous ont valu d'être indexés.

Neuf mois depuis le premier autodafé.

Un mois depuis que le Président des États-Unis a déclaré que « les musulmans constituaient une menace pour l'Amérique ».

Dans un avenir effroyablement proche, Layla Ami - 17 ans - et ses p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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DreamBookeuse
  07 décembre 2020
Le roman s'ouvre un peu à la manière de la Servante Ecarlate de Margaret Atwood, d'ailleurs il me l'a rappelé à certains moments. Par exemple on sait que Margaret s'est inspiré de faits qui s'étaient déjà produits dans l'Histoire pour écrire son livre ainsi que le fait Samira Ahmed pour écrire le sien. Cependant Résistance résonne davantage dans notre actualité, l'autrice allant même jusqu'à dire qu'il se situe « un quart d'heure » après notre temps. Notre XXIe siècle qui ne fait que répéter les erreurs passées. A travers le regard de Layla, les camps de concentration nazis et les camps d'incarcération des japonais pendant la seconde guerre mondiale ne nous semblent plus si loin. Les camps à l'entrée de nos frontières européennes et américaines paraissent d'autant plus absurdes et inhumains. L'autrice pointe d'ailleurs du doigt les camps américains où les enfants sont séparés de leurs parents, ou encore ceux des Ouïghours en Chine dont on commence à prendre conscience de l'ampleur, mais aussi l'islamophobie, le racisme et le nationalisme qui règnent sur toutes les élections, les réseaux, sous couvert de nationalisme et de protectionnisme. Cette critique de notre société est quelque chose que je salue et qui devrait être plus présent en littérature.
Je me suis beaucoup remise en question avec ce roman, sur ce que je savais des musulmans par exemple ou de leurs préceptes. Sur ce qu'on nous montrait à la télévision ou aux informations : toujours les choses qui posent problème, toujours les attentats terroristes, les meurtres, les actes qui divisent en y associant les mauvais mots, les mauvais termes. Mais nous montre t-on l'amour d'un père pour sa fille, les femmes qui portent le hijab de leur propre volonté, les diverses façons d'être musulman.e ? Jamais. Pourtant on voit les grandes célébrations chrétiennes, les crèches, les messes… le traitement n'est pas le même selon les religions et finalement des personnes se retrouvent stigmatisées sous nos yeux sans qu'on ne fasse rien, sans que l'on s'insurge.
Donc, si Résistance a évoqué des réflexions chez moi alors, à mon sens, c'est un excellent roman. Bien sûr j'aurais préféré avoir un coup de coeur…mais je n'ai pas réussi à m'attacher à Layla, ou aux autres, il m'a manqué des éléments, et peut être aussi plus de profondeur dans l'intrigue. C'est parti pour la critique littéraire 😉
Emmenée de force avec ses parents, un sac à la main, des armes braquées dans le dos, Layla va être internée dans le camp Mobius. Oh rien à avoir avec les camps de concentration, la vie y paraît presque merveilleuse : chaque famille a son mobil home, travaux de jardinage, une bibliothèque et de la nourriture tous les jours. Seulement des drones sillonnent le ciel, les gardes exclusifs patrouillent le long de la clôture électrifiée et surmontée de barbelés, les livres autorisés se comptent sur les doigts de la main, et tous les musulmans sont regroupés en « groupe ethnique ». Diviser pour mieux régner. Assurer la sécurité de tous en obéissant au doigt et à l'oeil au directeur du camp. Un homme ignoble qui n'hésite pas à frapper, un lâche qui se sent supérieur maintenant que les bons blancs reprennent le pouvoir. Mais la résistance va se mettre en place petit à petit. Parce que si l'Histoire a tendance à se répéter, elle le fait également du côté des « gentils ».
Le problème pour moi fut que tout se soit déroulé du point de vue de Layla, une jeune adolescente de dix-sept ans qui se trouve aussi être une tête brûlée. Bien sûr il faut du courage, de la bravoure et sans doute de la naïveté pour faire ce qu'elle fait. Mais quand elle sort une première fois après le couvre-feu pour prendre l'air…alors qu'elle sait que cela met en danger sa famille, ça m'a agacée. On parle de ses alliés au dehors, et bien sûr la résistance au XXIe siècle s'opère aussi à travers les médias et la presse. J'aurais aimé qu'on voit d'autres points de vue, ceux de l'extérieur mais aussi pourquoi pas ceux des parents, ou des anciens qui apparaissent trop souvent comme des lâches à travers le regard de l'héroïne. Autre chose qui m'a fait lever les yeux au ciel : l'aide qu'elle reçoit de l'intérieur, qui tombe beaucoup trop vite dans le cliché.
« Ça relève presque de l'alchimie quand un être humain en touche un autre et rend la solitude un peu moins terrifiante. »
En dehors de cela, le roman est assez lent, ce que j'ai apprécié dans la mesure où on voit l'évolution des péripéties au fur et à mesure, des petits actes aux plus gros, une escalade d'événements mais aussi de violence où on a le coeur tiraillé entre l'idée de se taire et celle de se battre. J'ai beaucoup aimé aussi les dissensions qui se créent entre les habitants de Mobius, entre les jeunes et les plus anciens, entre les différents secteurs, et bien sûr entre les opprimés et les collaborateurs, ceux qui le font par peur, obligation ou en toute loyauté. J'ai savouré chaque petit clin d'oeil à la religion musulmane, des préceptes par exemple, des prières, ou des mots en langue étrangère, arabe ou indienne. La religion musulmane est représentée de façon plurielle même si j'aurais peut être aimé qu'on en voit davantage. Cependant je comprends que l'autrice ait voulu nous la rendre plus familière mais aussi souligner que musulmane ou non, athée ou pas, Layla est Layla. Avec son caractère, ses facettes, son amour d'adolescente pour David.
L'écriture de Samira Ahmed est simple mais fluide, vibrante de réalisme et parfois de poésie puisque les poèmes du père de Layla, Amin, rythment le récit, diverses petites morales qui donnent souvent des coups de pouce à l'héroïne. On assiste d'ailleurs à des autodafés en tout début du roman, où ses écrits seront brûlés. J'ai aimé que l'autrice fasse différentes allusions à ces poèmes, comme si la littérature résistait aussi. Comme Résistance vient briser les silences de nos consciences.
En résumé
Si pour moi Résistance aurait mérité un traitement plus approfondi, avec davantage de personnages, plutôt qu'une seule héroïne parfois trop bravache, il n'en reste pas moins que Samira Ahmed a réussi son pari : nous faire réfléchir. Nous pousser à observer, ouvrir les yeux, réfléchir sur ce qu'on nous dit et surtout à nous ouvrir, aux autres cultures, à faire preuve d'humanisme, en somme, face au futur – ou au présent – parfois trop sombre qui nous menace.
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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gabrielleanadif
  22 novembre 2020
Il m'a fallut presque une semaine pour me remettre de ce livre, de cette histoire...j'ai été soufflée, j'ai reçu une gifle avec ce roman qui a su me toucher en plein coeur mais qui est aussi très dérangeant...tellement trop vrai,trop juste que ça fait peur...
J'aime énormément les éditions Bragelonne et achète leurs titres les yeux fermés et je n'ai jamais été déçue!Depuis des années de fidélité, il n'y a qu'un seul roman qui ne m'a pas plu! On peut donc dire que leurs choix éditoriaux me conviennent très bien.
J'ai très vite été tentée de lire ce roman car le sujet m'a tout de suite touchée et je n'avais pas été autant perturbée émotionnellement depuis le journal de Anne Franck lu à l'âge de dix ans et un autre roman sur les camps d'Auschwitz il y a quelques années.Ce sont des lectures douloureuses certes mais nécessaires,elles nous malmènent certes mais font de nous les êtres que nous sommes,tolérants, altruistes.Ce sont des qualités que je suis fière d'avoir et que je n'ai pas seulement obtenue avec l'éducation que m'ont donné mes parents mais aussi grâce aux livres.
Alors, bien sûr c'est un roman, une fiction...mais l'islamophobie et le racisme n'ont jamais été si présent dans notre société et de ce fait, ce récit est un peu comme une sonnette d'alarme.Je pense que chaque enfant devrait pouvoir connaître toutes les religions, connaître un peu toutes les cultures afin de devenir un adulte responsable.J'ai étudié le catholicisme, l'islam, le judaisme, le bouddhisme...j'ai pratiqué certaines d'entre elles, me suis convertie à d'autres et si je reste vague , c'est parce que je trouve que la religion et la politique, c'est personnel et ça n'a rien à faire sur un blog de lecture et toutes méritent le même respect, tout comme les gens qui choisissent de ne pas avoir de religion.Je referme cette parenthèse.
Layla est une jeune femme de dix-sept ans, elle ne va plus au lycée depuis que son père, poète et professeur a perdu son emploi parce que musulman, ses parents jugent que cette situation est trop dangereuse pour elle.Les livres d'Ali, le père de Layla dérangent dans une Amérique où les libertés accordés aux musulmans ne cessent de diminuer.Contrainte de devoir se cacher pour voir son petit ami David,juif.Elle risque chaque fois sa vie en sortant malgré le couvre feu mais David est ce qu'il lui reste de « normal » dans sa vie.
Hélas, un soir Layla et ses parents sont arrêtés et emmenés dans un camp,le camp « Mobius » où les familles musulmanes sont logés dans des caravanes munies de caméras, au dehors ils sont surveillés par des drones et des centaines de gardes.Pourtant le directeur présente ce camp comme un rêve: école, jardin,bibliothèque...les familles bénéficient d'après lui de tout le confort possible,mais petit à petit c'est toute leur liberté qui leur est ôté.Layla et ses parents vont vite comprendre qu'à « Mobius » il vaut mieux ne pas se rebeller lorsque certains musulmans du camp disparaissent mystérieusement pour ne jamais réapparaître pour autant Layla décide de prendre la tête de la résistance de « Mobius » malgré le risque, les privations et la peur.Elle va pouvoir compter sur le caporal Reynolds, garde de « Mobius » avec qui elle va se lier d'amitié et qui est résolument de son côté.
Layla a une personnalité vraiment très forte et malgré son âge, elle a la tête sur les épaules bien sûr elle va faire des erreurs mais elle impressionne par son courage et son intelligence.Les autres personnages comme Ayesha,Jack Reynolds...apporte beaucoup au récit.Ce dernier semble tenir énormément à la jeune femme, jusqu'à quel point? , les parents de Layla sont unis, de véritables rocs mais en apparence seulement car bien que tenaillés par la peur , ils essaient de préserver leur fille.Ce sont vraiment des parents en or, d'une grande sagesse,très cultivés.
Bien que la religion soit le thème central du roman, la famille Amin ne pratique pas, on les voit plusieurs fois dans le roman faire des dua's (invocations) mais en revanche ils ne prient pas.Dans le camp, Layla va rencontrer des jeunes femmes encore plus stigmatisés sur le camp parce qu'elles prient et porte le hijab.
Plus qu'un roman, ce livre est vraiment essentiel.Tres bien écrit, tolérant,intelligent.Il se dévore et fait vraiment réfléchir.Je le recommande vraiment au plus grand nombre!Des ados aux adultes, ce livre saura vous toucher.Le message du récit résonne en moi comme un signal d'alarme, lorsque je vois sur les réseaux sociaux ou entend autour de moi, voit aux infos l'intolérance et l'islamophobie grandissante, je me dis que tout ce que raconte ce livre pourrait arriver.Cela commence déjà dans certains pays même si on en parle très peu dans les médias.
Peu importe la culture,l'ethnie ou la religion, nous sommes tous des êtres humains, apprenons à nous découvrir avant de nous juger! Et si il fallait encore le préciser l'islam n'a rien à voir avec les attentats odieux commit au nom de Dieu , c'est une abomination commit par des meurtriers sans scrupules.Ouvrez les yeux,votre coeur, votre esprit!Et lisez ce roman important!

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LesFantasydAmanda
  13 novembre 2020
--- Comme d'habitude, je fais confiance aux éditions Bragelonne ---
Après mon coup de coeur inattendu pour La Fille sans passé, je n'ai pas hésité longtemps avant de demander Résistance en service de presse. Chaque livre de la collection BigBang des éditions Bragelonne est en effet une bonne surprise, si ce n'est plus. Et celui-ci ne fait pas exception à la règle !
Encore une fois, je remercie la maison d'édition pour l'envoi !
--- Une dystopie aux airs de roman contemporain ---
Et c'est probablement le plus effrayant ! Même s'il s'agit d'une fiction, cette histoire s'inspire de faits réels. L'islamophobie est déjà présente aux États-Unis, mais aussi dans d'autres pays, y compris en Europe. Et elle fait nombre de victimes. Mais que se passera-t-il lorsque la situation dégénéra ? Répéterons-nous les mêmes erreurs que durant la deuxième guerre mondiale ? J'espère que non !
Dès lors, quelle que soit mon opinion au sujet de ce livre, quels que soient ses défauts ou ses qualités, l'essentiel est bien le message qu'il transmet.
--- Au coeur d'un camp d'internement ---
Samira Ahmed retranscrit avec brio l'ambiance surréaliste dans laquelle sont plongées des milliers de personnes, alors qu'elles sont tirées de leur lit pour être conduites à Mobius, un site de détention pour musulmans situé dans le désert de Californie.
Comme vous pouvez l'imaginer, la tension est palpable. Celle-ci se nourrit d'ailleurs des divergences qui surgissent au sein de Mobius. Certains désirent en effet obéir sans se faire remarquer, voire aider leurs geôliers à mieux les enchaîner dans le but d'obtenir quelques privilèges. Mais d'autres souhaitent se battre, bien évidemment. En toute honnêteté, j'ignore dans quel camp je me trouverais si je devais vivre ce genre de situation et souhaite ne jamais le découvrir !
Tout ça pour vous dire que l'auteure a construit avec beaucoup de finesse la dynamique d'un tel endroit.
--- Une héroïne un peu tête brûlée ---
Même si Layla fait montre d'un courage exemplaire, m'attacher à elle n'a pas été une mince affaire. En effet, elle passe son temps à dépasser les règles qu'on lui impose, des règles certes injustes, mais qui sont synonymes de conséquences – de punition ! – si elle se fait prendre. C'est alors toute sa famille qu'elle met en danger, ce qu'elle regrette dès lors qu'elle prend conscience de ses actes.
Or, ce comportement téméraire m'a tapée sur les nerfs durant la première moitié du livre. Même si sa colère est justifiée, elle la pousse à commettre des actes irréfléchis et oblige ses proches à la protéger d'elle-même, ou tout du moins à essayer. Et je trouve ça dommage, sachant que cette impulsivité n'est pas en adéquation avec son éducation et l'intelligence dont elle fait preuve le reste du temps.
Mais passons ! Layla finit par comprendre que résister, ce n'est pas foncer tête baissée. Et c'est là que les choses sérieuses ont pu commencer…
--- Quelques petits couacs dans la construction de l'intrigue ---
Alors qu'elle est emmenée de force à Mobius, Layla sait qu'elle ne reverra pas David, son petit ami, avant longtemps. Ou peut-être jamais, qui sait ? Et si l'idée de le retrouver est un véritable moteur pour elle, pour ma part, je m'en suis rapidement lassée. Après tout, il s'agit d'une romance d'adolescents. Mais, je l'admets, elle apporte beaucoup à l'histoire ! J'aurais simplement aimé qu'elle se déroule autrement.
En outre, le synopsis fait mention d'alliés inattendus au sein du camp d'internement. Je ne veux pas trop en dire, mais sachez que Layla recevra de l'aide de la part d'un garde. Et bien que très utile, cette partie de l'histoire m'a fait lever les yeux au ciel à plusieurs reprises, car leur relation ne tarde pas à basculer dans le cliché. Dommage !
--- Quel final ! ---
Alors que les deux premiers tiers du livre sont relativement lents – mais ce n'est pas un reproche -, le dénouement va crescendo, nous emportant dans un tourbillon d'événements dont on ignore l'issue. La résistance va-t-elle porter ses fruits ? Je ne vous dirai rien, mais sachez qu'il m'était impossible de lâcher le roman avant de l'avoir terminé !
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Enlivre_moi
  24 octobre 2020
Un soir Layla est emmenée de force avec ses parents dans un camp pour musulmans. Mais contrairement à eux, elle ne veut pas se laisser avoir par la peur. Elle va alors tout faire pour recouvrer sa liberté.
J'ai apprécié ce roman qui traite avec beaucoup de douceur un sujet dur et sensible ! Alors oui c'est du YA, donc il ne faut pas s'attendre à lire des atrocités sur ce qu'il se passe dans le camp, mais il y a des scènes de violence.
J'ai aimé la comparaison de l'auteur avec les camps nazis et les camps de japonais pendant la 2nde guerre mondiale. Elle nous montre que ce qui est arrivé peut très bien recommencer ! Et que l'intrigue porte sur les musulmans et le racisme fait bien sûr écho à l'actualité.
Les personnages étaient attachants en particulier Layla, Ayesha, Soheil et Jake. On suit le point de vue de Layla, ce qui permet de vraiment suivre ses sentimnents pas à pas (au début on a l'impression d'être passif comme elle et dans le descriptif, puis la narration devient plus active !) mais j'aurais aimé en découvrir encore plus sur les autres. Jake par exemple, garde une certaine part de mystère !
En bref, une lecture coup de poing qui donne un aperçu de ce que pourrait devenir nos sociétés actuelles si l'on n'y prend pas garde !
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Cranberries
  23 novembre 2020
Après ma lecture j'ai eu un peu de mal à trouver dans quel genre classer ce roman, car même s'il s'agit d'un roman d'anticipation, il m'a malheureusement paru très actuel. Tellement que j'avais presque envie de le qualifier de roman contemporain. Heureusement, nous n'en somme pas (encore ?) au stade de ce que Résistance décrit, mais j'ai tendance à penser qu'il suffirait d'un rien pour que tout bascule, que ce soit chez nous en Europe ou aux Etats-Unis.
L'histoire se déroule donc aux Etats-Unis à une époque très proche de la nôtre. Après l'élection du nouveau président celui-ci a entamé un recensement des musulmans présents sur le territoire américain ainsi que la privation pour elleux de leurs droits de se rassembler, d'occuper des postes à responsabilité ou encore de sortir après le couvre-feu.
La prochaine étape était donc l'internement.
Nous suivons donc Layla et sa famille, alors qu'ils vont être emprisonné à Mobius, un camp d'internement où sont enfermées des centaines de famille. Si Mobius se veut exemplaire aux yeux de l'opinion publique, derrière les grilles et les barbelés c'est une autre histoire: les protestataires sont tabassés, tasés et certain·es finissent même par disparaître. Layla et ses ami·es vont donc entamer une rébellion.
Comme je l'ai dit, ce roman m'a fait froid dans le dos tellement il m'a paru réaliste. L'autrice s'inspire évidemment de faits réels et historiques pour construire son intrigue et cela fonctionne parfaitement. J'étais sans cesse dans un état fébrile lors de ma lecture, tant j'avais peur pour les différent·es protagonistes.
Layla est évidemment le personnage principal et je l'ai beaucoup appréciée. Elle a un caractère bien trempé, ce qui a tout de même tendance à lui jouer des tours, mais je trouve que cela la rendait encore plus crédible. Protester en étant sarcastique et insolente, j'avoue que cela me parle.
Les autres personnages sont aussi attachant·es, que ce soit Ayesha, David, Jake ou encore les parents de Layla, j'ai été totalement conquise par tout ce panel éclectique et intéressant.
Le déroulé de l'histoire est lui aussi bien amené. J'étais très curieuse de savoir comment cette résistance allait se dérouler et si cela permettrait vraiment de changer la donne. Samira Ahmed amène les choses de manière posée et intelligente et cela rend le final surprenant.
Evidemment le roman n'est pas exempt de défauts (je pense notamment à ce pseudo triangle amoureux), mais ceux-ci se laissent facilement oublier durant notre lecture pour se concentrer sur le sujet principal. La manière dont l'autrice aborde les thèmes du racisme, de l'islamophobie et des dangers d'une politique extrémiste, est vraiment très bien adaptée au public visé et devrait - à mon sens - permettre d'ouvrir la discussion autour de ces différents sujets.
En conclusion, ma lecture de Résistance aura été un moment très particulier. J'ai littéralement dévoré ce livre en deux jours, ce qui en fait un excellent page turner, mais ce serait une erreur de se focaliser uniquement sur ce point, car ce roman met surtout en lumière des sujets et des événements que l'on ne peut pas ignorer.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   19 octobre 2020
On s’est fait renvoyer du lycée pendant deux jours parce qu’on s’était embrassés dans le couloir, devant tout le monde. On ne faisait rien d’illégal, du moins pas techniquement. Le proviseur voulait sans doute éviter qu’on ne l’accuse d’encourager des relations entre « eux » et « nous ». Apparemment, c’est contraire au règlement de s’afficher en public, sauf qu’à ma connaissance personne ne s’était encore fait virer pour ça. Et puis, ce n’est pas tout. David a reçu la même sanction, mais moi, en plus, j’ai été convoquée avec mes deux parents. Le proviseur nous a fait la leçon pour bien nous rappeler que je devais rester à ma place, ne pas me faire remarquer et, surtout, me montrer reconnaissante d’avoir le privilège d’étudier dans son lycée.
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rkhettaouirkhettaoui   19 octobre 2020
Les bras de David… c’est la seule chose qui me paraisse réelle maintenant. C’est le seul endroit où je peux imaginer, l’espace d’un instant, qu’on vit encore dans l’Avant – comme avant. Je nous imagine organiser nos vacances d’été, David et moi. On pourrait jouer au tennis le matin, ou aller au cinéma. Je rêve que je vais terminer le lycée avec mes amis et entrer à l’université, comme tout le monde ; que David et moi allons nous échanger les sweat-shirts de nos facs respectives ; que les amours du lycée survivent aux années d’études. Plus que tout, j’essaie de croire que cette heure magique est le début de quelque chose, pas la fin.
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rkhettaouirkhettaoui   19 octobre 2020
On ne peut pas effacer qui on est, mais regardez ce qui est arrivé à Nabra, ou à ces étudiants musulmans à Chapel Hill, ou encore à ce New-Yorkais de soixante-dix ans qui a été tabassé presque à mort après que deux types lui ont demandé s’il était musulman. Et puis ces mosquées incendiées au Texas et à Seattle… vous vous en souvenez ? Vous vous souvenez de ces affiches qui ont surgi un peu partout à Chicago et à Detroit et qui proclamaient une « journée nationale pour punir tous les musulmans » ? Vous ne pensez pas qu’on devrait commencer à se protéger ? Regardez où on en est ! J’ai l’impression qu’on ne peut même plus respirer.
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rkhettaouirkhettaoui   19 octobre 2020
La poésie de mon père revient souvent sur le thème de la vérité qui se révèle dans les petits riens. Évidemment, qu’il est persuadé de ça. Quant à ma mère, sa pratique de la kinésithérapie est fondée sur une approche holistique de la santé et de la vie. Certes, mon père la traite souvent de feu follet, et elle n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, mais son amour est aussi têtu qu’elle. Mensonges et manipulations ne font pas partie du vocabulaire de sa vie. Chacun à sa manière, ils tiennent absolument à voir ce qu’il y a de bon dans le monde et chez leur prochain.
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rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2020
Ce geste d’amour tout simple me tue. Un camp d’enfermement n’est pas un endroit pour les enfants ; ce n’est un endroit pour personne. Je croise le regard d’une fillette qui ne doit pas avoir plus de trois ans. Elle a de beaux yeux verts, mais ils sont marqués de gros cernes qui trahissent sa fatigue. Elle n’a pas dormi, elle non plus. Elle m’observe, et son visage en forme de cœur me paraît familier, me rappelle quelque chose. Je me creuse la cervelle.
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