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ISBN : 2226438777
Éditeur : Albin Michel (04/09/2019)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 13 notes)
Résumé :
La nuit tombe sur Stockholm. En quittant le Parlement après une séance houleuse pour rejoindre la voiture qui l’attend, le ministre de la Justice disparaît. Cette même nuit, à Tibberup, un petit village au nord du Danemark, la femme d’un célèbre présentateur est violée et assassinée chez elle. Bientôt d’autres corps, mutilés, sont retrouvés de part et d’autre du détroit d’Öresund. Chargés de l’enquête, l’inspecteur suédois Fabian Risk et son homologue danoise Dunja ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
missmolko1
  18 juin 2019
Abandon page 351/551 (et j'ai péniblement lutté pour en arriver là !)
J'avais envie de découvrir Stefan Ahnhem et quand j'ai vu ce titre chez mon libraire, j'ai foncé tête baissée. Il faut dire que le résumé était prometteur et le fait d'avoir une enquête sur deux pays entre la Suède et le Danemark m'a fait un peu penser à la série TV Bron.
Mais ici, trop de personnages, de la noirceur, des enquêtes à rallonge dont on ne voit pas le bout, l'alternance des personnages dans les différents chapitres fait qu'on perd le fil conducteur et qu'on se met à confondre tout le monde.
Je n'ai réussi à m'attacher a aucun des personnages et je dois dire que certains m'ont vraiment agacé : Fabien, par exemple, et son mariage qui bat de l'aile et qui a l'air totalement indifférent à cette situation ou encore Dunja, qui n'a même pas réalisé que sa relation avec son compagnon n'était pas tout à fait normale. Pourtant ces deux-là sont flic et sont sensés mener des enquêtes, déduire des choses….
Bref, je ne conseille absolument pas ce roman, il y a tellement de bons polars et thrillers scandinaves qu'il serait dommage de perdre son temps avec celui-ci. Je reste malgré tout surprise de toutes les bonnes critiques que je peux lire sur l'autre roman de l'auteur « Hors cadre » que j'avais très envie de découvrir mais après ma mésaventure avec ce roman, je ne suis pas certaine d'avoir toujours envie de tenter l'expérience.
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Wolkaiw
  08 août 2019
Je remercie Babelio pour l'organisation de cette Masse Critique ainsi que Albin Michel pour l'envoi du livre. Il s'agit d'une épreuve non corrigée, le livre sortira le 4 septembre en librairie.
Prêt pour une virée entre le Danemark et la Suède ? Alors, n'ayez crainte et embarquez pour un vol de 660 pages et une affaire aussi glaçante que terrifiante. le récit s'ouvre sur un prologue très surprenant, mystérieux et assez sombre… Une lettre, c'est tout ce que l'auteur nous donne, une lettre qui voyage mais dont on ignore le contenu… Une ombre plane déjà, on ne soupçonne ni son importance ni sa réelle nature. C'est une bouteille jetée à la mer, qui sait sur quelle rive elle finira sa traversée ?
Des meurtres, encore et encore. Des meurtres à la pelle, à ne plus savoir qu'en faire. En Suède, au Danemark ? Un lien existe-t-il ? Qui est derrière tout cela ? Chaque pays enquête, à sa manière, selon ses propres méthodes. Membres découpés, disparitions, un certain chaos règne à l'approche des fêtes de Noël. Je n'ai pas ressenti l'agitation propre à cette période, c'est surtout la peur et l'angoisse qui dominaient, la crainte de découvrir une nouvelle victime atrocement mutilée. Dans les bureaux de police, les enquêteurs fulminent et explorent toutes les pistes, envisagent tous les motifs. L'auteur a fait le choix de changer régulièrement de points de vue ; on suit aussi bien les enquêteurs danois que suédois ainsi que quelques victimes. On tente, au même titre que les représentants de l'ordre, de coller les pièces du puzzle, de les rassembler dans un immense brainstorming.
Bien que le livre soit long (plutôt très long même), les chapitres sont courts et instaurent un certain rythme, une cadence plutôt soutenue qui permet de ne pas se lasser. le procédé est intelligent mais ici, les trop nombreux personnages sèment la confusion. Je mélangeais les noms et les prénoms, les enquêteurs suédois et les danois, le nom des victimes et des suspects. Je me perdais entre les meurtres, les enquêtes et les pistes, nageant en plein brouillard. Insérer des indications de lieux aurait pu être utile afin de se repérer plus facilement dans l'espace, j'aurais ainsi pu davantage visualiser et les enquêtes et les victimes. Ce n'est que vers les deux tiers du livre que je suis parvenu à identifier clairement le rôle de chacun, c'est dire !
Les enquêtes ont lieu parallèlement les unes aux autres, on attend, on guette le point de rencontre aussi bien que celui de rupture. Sans cesse d ans l'expectative, traquant les moindres indices. Et si les affaires ne convergeaient jamais ? Et si l'auteur se jouait de nous ? Tout est possible et j'ai envisagé chaque hypothèse. Je voyais des liens se créer et se défaire le chapitre d'après, j'entr'apercevais des similitudes qui volaient en éclats en quelques phrases. Je ne savais clairement pas sur quel pied danser, me donnant l'impression d'être une marionnette unijambiste tentant de progresser tant bien que mal. Un fil rouge semble tout relier mais de multiples intrigues se chevauchent, on voit aussi bien apparaître des problématiques personnelles que politiques. C'est un gigantesque ensemble dans lequel chaque élément est étroitement connecté aux autres.
Les meurtres sont d'une rare violence et laissent chaque fois les policiers plutôt perplexes. On assiste non pas à une traque ni même à une course contre la montre mais plutôt à une chasse à l'homme, une chasse aux sorcières qui s'intensifie au fil des pages. le rythme n'est pas spécialement soutenu mais vient un moment où tout s'accélère et prend une cadence endiablée avant que tout retombe comme un soufflé. Il y a des accélérations et des ralentissements, des sprints et des moments dont l'allure est calquée sur celle d'un marathon. Plusieurs phases sont notamment perceptibles, celles durant lesquelles la réflexion domine, on cherche à comprendre le pourquoi du comment, on regroupe tous les éléments et on analyse chaque information, puis il y a des phases d'actions avec des meurtres, des arrestations etc.
Bien que les personnages soient très nombreux, je dois admettre qu'ils sont plutôt bien construits. J'ai particulièrement aimé suivre certains d'entre eux, parmi lesquels : Malin, Fabian ainsi que Nova. Chacun possède ses propres forces et faiblesses, une vie familiale et professionnelle bien chargée. Nul n'est infaillible et c'est très appréciable. L'auteur ne tombe pas – à mes yeux – dans la caricature facile des membres de la police. On est ici dans une approche un peu plus personnalisée, un univers dans lequel chacun peut s'exprimer librement. Toutefois, il est assez regrettable que certains pans entiers de la vie des personnages occupent une place assez conséquente dans l'histoire pour être balayé d'un revers de main une fois la fin en vue… On nous bassine avec quelques couples, avec les soucis qu'ils rencontrent et leur famille pour finalement… finalement pas grand-chose. C'est un poil frustrant, surtout quand on sait que l'histoire prend le temps de se mettre en place, que l'on découvre progressivement les personnages et leur environnement… J'ai presque envie de dire : tout ça pour ça ?
Oui, tout ça pour ça… J'avoue à contre-coeur que la fin ne m'a malheureusement pas convaincue. L'univers est riche, complexe, soulève de très nombreuses problématiques et brouille plus d'une piste, pour nous laisser sur des scènes plutôt décevantes menant à la fin… Autant l'ensemble du récit m'a captivé et cela fait vraiment du bien d'être animée par une telle volonté de lire et de comprendre, autant j'y suis allée à reculons pour la lecture des derniers chapitres. Il y a des scènes que je n'ai vraiment pas comprise, je n'ai compris ni leur sens ni leur utilité… me laissant plus que sceptique. de nombreuses mystères demeurent une fois la dernière page tournée, d'une certaine manière cela nous laisse le plaisir d'imaginer ce qu'il en est vraiment, de mesurer la portée de certains actes, mais d'un autre côté je suis extrêmement frustrée. Qu'en est-il de tous ces personnages ? de tous ces indices que l'on n'exploite pas ? de tous ces non-dits… L'épilogue apporte son lot de réponses et sème encore plus le trouble…
Je me suis demandé, à plusieurs reprises, si le prologue allait trouver un écho dans l'histoire L'écho en question apparaît bel et bien mais assez tardivement, lorsque l'on commence à presque oublier la teneur du passage. Il s'agit pourtant d'un élément crucial qui a guidé ma lecture. Je guettais les passages s'y rapportant… Comme je cherchais à comprendre le pourquoi du titre. La réponse se fait attendre mais je l'ai, pour le coup, trouvé tout à fait convaincante. Je pense pouvoir dire que la traduction du livre est bonne, j'ai trouvé la plume très fluide et l'histoire se lit vite et bien, et ce malgré son épaisseur !
En définitive, La neuvième tombe fut une bonne lecture qui m' a permis de renouer avec les policiers. Je suis heureuse d'être venue plutôt rapidement à bout de ce pavé ! Ahnhem Stefan signe ici un récit intense et glaçant dans lequel de multiples intrigues s'enchevêtrent. Entre meurtres sanglants et voyage entre le Danemark et la Suède, nous suivons de nombreux points de vue qui rythment l'histoire. On se perd avec les noms des personnages pour mieux se retrouver dans les ramifications qu'emprunte l'enquête. du début à la presque fin, j'ai été absorbée par les retournements de situations et les réflexions menées. le final ne m'a pas totalement convaincue mais je garde tout de même un très bon souvenir de cette longue lecture.
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Kenehan
  17 août 2019
Merci aux éditions Albin Michel et à Babelio pour cette escapade policière en Scandinavie, genre que j'ai apprécié grâce aux romans de la suédoise Kristina Ohlsson et que j'ai actuellement le grand plaisir d'approfondir avec le danois Jussi Adler-Olsen (dont il est d'ailleurs fait mention dans le présent roman). Pure coïncidence, Stefan Ahnhem fait le lien entre ces deux pays au travers d'une enquête si complexe qu'en réalité on pourrait facilement compter cinq affaires. Y-a-t-il un lien ? Si oui, lequel ? Quelles sont les bonnes et les mauvaises pistes ? Quel est le fin mot de l'histoire ? Autant de questions dont vous trouverez la réponse au bout de six cent et quelques pages !
Une lettre sans adresse s'envole d'un fourgon en Jordanie, une femme est enlevée lors de son examen gynécologique, le ministre de la Justice suédois disparaît mystérieusement et la compagne d'un célèbre présentateur danois meurt d'une manière atroce. Si tout cela semble beaucoup pour un seul roman, ce ne sont là que les premiers chapitres sur les 117 que compte le roman. Bien évidemment, ces chapitres sont courts mais cela n'atténue en rien le caractère dense de ce récit. Comme je le mentionnais un peu plus haut, le nombre d'affaires à suivre est important et ce n'est rien comparé à la multitude de personnages qui s'accumulent au fur et à mesure que l'on avance. En dehors des protagonistes récurrents, il est assez difficile de tout retenir. Pour compliquer un peu plus la chose, les chapitres alternent constamment entre divers points de vue que ce soit ceux des deux enquêteurs principaux, Risk et Hougaard, où de personnages très secondaires que l'on ne reverra parfois plus.
Ces pelotes de laine toutes emmêlées forment un véritable page-turner, ce qui n'aide absolument pas à palier la problématique mnésique, bien au contraire ! L'auteur est agaçant mais efficace dans sa manière d'amener le suspense et la tension. En ce sens, il fait très bien son boulot pour nous amener toujours à poursuivre. En revanche, c'est beaucoup trop long ! A deux ou trois reprises, j'ai eu envie de lâcher l'affaire voire de sauter des chapitres. Mais d'un, j'étais curieux de connaître la solution de l'histoire et l'explication du titre ; de deux, j'avais peur de plus rien comprendre en faisant l'impasse sur le moindre chapitre. En fin de compte, je suis plutôt content d'être resté puisque j'ai bien aimé le fin mot de l'histoire. Par contre, avec le recul, je ne suis pas certain d'avoir tout saisi, même en ayant persisté dans ma lecture complète de l'ouvrage. Mais comme je l'ai déjà répété, il y a trop d'informations à traiter et retenir…
En dehors d'une ou deux pertes de rythme, les trois quarts du roman sont intéressants. En tout cas, ceux qui se concentrent sur les enquêtent. le contexte personnel des personnages oscille entre deux extrêmes : bien trop développé et artificiel pour Risk et pas assez approfondi pour les autres. Pour être franc, le flic qui travaille trop au risque de bousiller sa famille, c'est trop classique pour me tenir en haleine. Quand en plus ce même flic me gonfle avec ses tracklists permanentes (j'ai bien saisi que l'auteur songeait déjà à la soundtrack de l'adaptation…), j'ai du mal à m'attacher. Mais quand sur la fin il se dégonfle totalement, c'est mort pour que je poursuive une saga centrée sur ce personnage. Je lui ai préféré sa collègue Malin, un brin caricaturale en femme enceinte qui en a ras-le-bol de sa grossesse, mais elle a réussi à me faire rire et en plus elle gère ! D'ailleurs, au-delà de quelques clichés et caricatures, c'est le casting féminin qui s'en sort le mieux ici.
Le dernier quart, disons dès lors que le mystère est levé, les longueurs se font d'autant plus ressentir que l'on n'a presque plus de suspense pour nous tenir en haleine. Stefan Ahnhem étire la confrontation à l'extrême de sorte que j'aurais tendance à clairement dire que j'en ai strictement rien à fiche quant au différend opposant deux ambulanciers lambdas sur Codplay. Tout ça pour décrire une scène inutile et prévisible qui sera résumée un ou deux chapitre plus tard. Voilà un exemple parmi d'autres de longueurs qui ne passent plus à cinquante pages de la fin. Autant de lignes qui auraient pu servir à développer le background de certains personnages. Mais j'imagine qu'une femme enceinte et amoureuse de son mari, c'est trop lumineux à développer dans un roman qui parle de corps démembrés et de viols avec mutilations… Alors qu'un flic au bord du divorce et qui frappe ses enfants, déjà, c'est plus dans l'ambiance…
En somme, un roman plutôt efficace mais trop long et trop copieux. La trame sous-tendant l'ouvrage est intéressante jusqu'à un final exagéré et bâclant ses personnages. Si j'ai bien apprécié la conclusion propre à la trame principale, le reste est trop vite expédié. Notons que Mais ne soyons pas de mauvaise foi, l'ultime chapitre vient préparer le terrain pour le prochain tome et très certainement que le personnage aura de quoi faire avec sa culpabilité. Reste la problématique du chapitre 1 qui, au vu du développement final, prend l'aspect d'une forme de tricherie… Alors est-ce propre à la version française ? Je ne connais pas suffisamment la grammaire suédoise pour le savoir. A moins, bien évidemment, que je ne fasse pas le bon lien…
Challenge PAVÉS 2019
Challenge MULTI-DÉFIS 2019 : Un livre édité en 2019
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Derfuchs
  16 août 2019
Double enquête dans deux pays différents, l'une en Suède, Stockholm et l'autre à Copenhague, Danemark.
De part et d'autre on recherche un coupable de meurtres avec dépeçage dont le modus operandi est le même.
La police criminelle, la "crim" s'en charge dans les deux cas.
En suède il y a urgence à retrouver le coupable des faits car le ministre de l'intérieur a disparu alors qu'il quittait le parlement. Les "flics" sont sur les dents d'autant que leur patron est un copain dudit ministre, lequel a, à une époque, dirigé la crim.
L'équipe en Suède est composée de Fabian Risk et de Malin Rehnberg, qui comme son nom ne le dit pas est une femme.
Du côté danois c'est Dunja Hougaard qui s'y colle. Une femme également.
Bon on cherche, on cherche, on trouve, on se trompe, peut-être, peut-être pas car, sans se consulter les deux boss, chacun de leur côté, réfutent cette idée lumineuse.
Au bout de 600 pages et des... on trouvera, fatalement, le lecteur y a bien droit, lui qui s'est usé les yeux et ses petites cellules grises à essayer d'aider, de son mieux, ces braves policiers.
Alors dire que c'est un polar folichon ne serait pas tout à fait exact. Il y a des longueurs et ces longueurs sont longues, c'est le moins que l'on puisse dire. Et puis ces auteurs qui se sentent obligés de décrire là où passent les gens qui se déplacent, comme si le lecteur savait, précisément où se trouve le café du commerce à Stockholm. On quitte la machingatan pour la trucgatan, on continue pour arriver chosegatan en face du monument aux morts. Bon j'aurai au moins appris que rue ça se dit gatan en suédois (pas vrai,je le savais déjà). de plus comme il y a un nombre incalculable de personnages, avec des noms scandinaves, ce brave lecteur, il va virer fou à force!
Bref c'est pas le meilleur cru des bouquins scandinaves, il y a bien, bien mieux.
Ahnhem termine bon nombres de ses 118 chapitres en laissant planer le suspense et, personnellement, je trouve que cela fait Pierre Bellemarre, sur Europe1, dans les années 1980, pour laisser passer une page de pub. Enfin on n'écrit plus comme ça. Cela fait auteur qui se donne le temps de penser à ce qu'il va écrire plus tard. Je n'aime pas du tout.
Pour les égyptologues, tout laisse à penser que l'auteur s'est inspiré du mythe d'Osiris. Je n'en dit pas plus.
Merci à Babelio pour cette Masse Critique et aux Editions Albin Michel pour m'avoir fait parvenir le livre.

Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Louis_LUCAS
  18 août 2019
Le Suédois Stefan Ahnhem a fait ses gammes dans la série policière avant de se tourner en 2014 vers la littérature. Quatre romans sont parus depuis, quatre romans qui lui ont permis de traverser les frontières et de voir son oeuvre exportée dans pas moins de vingt-cinq pays.
La France n'a découvert Fabian Risk, son enquêteur idéaliste et opiniâtre qu'en 2016 avec la parution chez Albin Michel de son premier roman, "Hors cadre". Bonne nouvelle donc pour ceux qui avaient découvert (et apprécié) l'auteur il y a trois ans, Fabian Risk est de retour et devra résoudre une nouvelle série de meurtres le temps de "La neuvième tombe". Il ne sera pas seul à se coller à cette affaire, l'enquête sera mené de front à la fois par une équipe basée en Suède et une autre au Danemark.
Comme dans beaucoup de polars, le nombre de personnages évoluant autour du héros est assez important. Compte-tenu de la spécificité de l'enquête, il faut être ici particulièrement vigilant pour ne pas se perdre car chaque policier suédois a son homologue danois et, de surcroît, d'autres personnages qui ne sont issus ni d'un côté de l'enquête ni de l'autre interviennent dans l'histoire. Stefan Ahnhem, toutefois, institue une hiérarchie entre les personnages secondaires et ne les étoffe qu'en fonction de leur importance. À vrai dire, seul le personnage de Dunja Hougaard a droit à un traitement particulier qui peut surprendre au début mais qui peut agacer ensuite. L'enquêtrice danoise est souvent l'égale de Fabian au niveau de l'avancée de l'intrigue, mais se retrouve parfois remisée en arrière-plan aux côtés de Malin, la coéquipière de Fabian.
S'il ne fallait retenir qu'un élément de ce deuxième roman, ce seraient les personnages. J'ai quelques réserves concernant le récit en lui-même, sur lesquelles je vais revenir ensuite, mais globalement, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Fabien, Malin Dunja et les autres. L'idéalisme de Fabian qui place la vérité au-dessus de tout, sa complexité, son éthique et, de manière plus anecdotique, ses goûts musicaux, me l'ont rapidement rendu sympathique. J'ai également apprécié la place prépondérante des femmes dans l'histoire même si, concernant leur sexualité, l'auteur semble s'être un peu abandonné à ses fantasmes au détriment d'une psychologie féminine plus réaliste. Des personnages comme Niva ou Dunja perdent de ce fait un peu de leur superbe dans ces passages explicites.
« La neuvième tombe » tutoie les sept cents pages - 663 si on exclut les remerciements de l'auteur – mais à aucun moment, on ne sent de temps mort. Les rebondissements sont légion, les fausses-pistes se multiplient et l'énigme travaille au corps le lecteur qui élabore, en vain, quantité de théories. Les chapitres sont courts, ce qui rend le texte dense et dynamique. La plume de l'auteur ne s'embarrasse pas de superflu et va droit à l'essentiel : des faits, des théories, de l'action.
Son château de cartes semble solide et pourtant, malgré cela, dès que les premiers éléments concrets apparaissent sur l'identité du tueur, la construction vacille un peu. Tout était peut-être trop parfait. L'auteur nous avait promis beaucoup – un mélange de Silence des agneaux et de Seven selon Sydsvenskan repris sur la quatrième de couverture - mais nous offrira finalement trop peu ou peut-être que j'en attendais trop. L'auteur donne presque l'impression qu'il préparait déjà la suite du roman et qu'il préfère offrir au lecteur une fin en demi-teinte, ouverte en un sens, plutôt que de se risquer à résoudre de façon indiscutable l'imbroglio dans lequel il nous a si agréablement fourré.
Je fais sans doute un peu la fine bouche, car j'ai passé un bon moment en compagnie de ce roman qui, finalement, se lit plutôt rapidement et je ne peux nier que l'idée de lire « Hors cadre » me titille depuis que je l'ai terminé. Pourtant, je crois que je ne serai pas le seul à penser que Dunja méritait mieux comme dénouement de son enquête et j'espère sincèrement qu'elle aura droit à peu plus d'égards si elle revient, elle aussi, dans une autre enquête.
Je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions Albin Michel pour ce Masse Critique privilégié. C'est toujours un honneur de lire en avant-première un futur best-seller.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
DerfuchsDerfuchs   16 août 2019
L'habitude est une seconde nature chez l'homme. Qu'il s'agisse d'un son agaçant ou d'une odeur désagréable, il finit toujours par cesser d'en être incommodé. C'est pareil pour la vue de corps humains déchiquetés, je t'assure. Et tu admettras, quand même, que le spectacle est fascinant, non ?
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AnalireAnalire   15 août 2019
Il faisait si noir qu'il y voyait à peine et le fourgon tanguait si fort sur le chemin défoncé que son écriture était pratiquement illisible. Mais c'était comme ça. Il tenait à tout expliquer avant de se vider de son sang. C'était sa dernière chance de raconter son histoire, l'histoire d'amour qui lui avait fait tout quitter et se lancer dans l'inconnu. Il voulait qu'on sache comment il s'était fait tirer dessus et prendre en otage par ses propres compatriotes et pourquoi il roulait à présent vers une mort quasiment certaine.
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ange77ange77   08 août 2019
(...)
- Non, pitié, pas un cinglé ! Il est sorti d’HP ou quoi ?
- Depuis trois ans et quatre mois.
- Remis à neuf, je suppose, soupira Malin en secouant la tête. Comme si quelques médicaments et une thérapie pouvaient guérir quelqu’un qui est capable de faire une chose pareille.
- T’as raison, acquiesça Tomas. Dans les autres domaines de la médecine, on est obligé d’accepter qu’un tétraplégique le reste jusqu’à la fin de ses jours. Mais en matière de psychiatrie, ce n’est pas pareil. Ils sont tous capables de guérir avec un petit traitement, quelle que soit la paralysie du bulbe dont ils souffraient au départ.
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ange77ange77   04 août 2019
Tout a un prix, dans la vie.
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ange77ange77   31 juillet 2019
Beaucoup seront horrifiés par ce que j’ai fait. Certains y verront une vengeance pour les injustices commises. D’autres croiront à un jeu insensé ayant pour but de ridiculiser le système et de prouver jusqu’où on peut aller. Mais la plupart s’accorderont de façon touchante à dire que seul un être profondément dérangé a pu commettre de tels actes.
Aucun d’eux n’aura raison...
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