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ISBN : 2952491550
Éditeur : Parole (01/10/2006)

Note moyenne : 4.46/5 (sur 58 notes)
Résumé :
J'ai décidé de raconter ce qui s'est passé après l'hiver de 1852 parce que, pour la seconde fois en moins de 70 ans, notre village vient de perdre tous ses hommes sans exception. Le dernier est mort le jour de l'Armistice, le 11 novembre dernier.

Pour nous les femmes, il n'y a pas victoire mais vide et je joins mes larmes à celles de toutes les femmes, allemandes ou françaises, qui errent dans leur maison sans hommes. Je pleure ces mains fauchées fait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  21 mars 2019
Cet hiver par une soirée maussade et sombre, un peu lasse et fatiguée, je me suis affalée sur le canapé !
Dépitée, je me suis dit un petit film te ferait du bien : un petit tour de zapping, rien , un second, et là je tombe sur un film dont je n'ai jamais entendu parler, le semeur de Marine Francen , un seul mot superbe !
A mon grand étonnement, en regardant attentivement le générique de fin pour connaître la région où ce film a été tourné (les paysages sont magnifiques), je lis : inspiré de L'homme semence de Violette Ailhaud (1835-1925)…
Le lendemain deuxième surprise, en tapant sur Babelio , je découvre de belles critiques où je me rends compte que cette histoire n'est pas une fiction, ni le résultat d'une imagination fertile mais le témoignage de faits réels vécus par l'auteur, âgée alors de 16ans, au 19ème siècle dans un village isolé des Basses-Alpes pendant la période trouble et répressive qui a suivi le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851!
Dès lors, je n'ai eu qu'une envie : me procurer ce récit, L'homme semence de Violette Ailhaud.
Je l'ai attendu comme un enfant espère et il est arrivé avec sa jolie couverture écrue agrémentée par la simple illustration d'un spermatozoïde… violet et vagabond . Superbe  !
J'ai patienté encore quelques jours pour savourer ce récit, accueillir vos mots Violette. Et le moment propice est arrivé, et là encore, un seul mot superbe !
Alors Violette, ma chère et vive Violette, quelle belle et riche idée avez vu eu de léguer votre témoignage à l'une de vos descendantes.
Vous avez semé des mots et ils ont donné un magnifique fruit: une ode à la vie, un hymne à l'amour, un chant de résistance mais aussi d'espérance.
« L'amour est un bouquet de violettes.
L'amour est plus doux que ces fleurettes.
Quand le bonheur en passant vous fait signe et s'arrête.
Il faut lui prendre la main
sans attendre à demain.
L'amour est un bouquet de violettes. »
Le bonheur vous a fait signe et vous l'avez cueilli…
Merci Violette
Une lecture magnifique, émouvante, instructive, poétique.
Un hommage à la vie, à l'amour, aux belles- lettres, à l'écriture...
Un récit lumineux, gorgé de vitalité, d'intelligence et de beauté.
Un livre à offrir à toutes les jeunes filles en fleur.
A lire, relire et partager.
Un immense coup de coeur
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cicou45
  13 mars 2013
Un récit très court qui se déroule près de chez moi, dans les Alpes-de-Haute-Provence sur le plateau de Valensole. Cela se déroule au lendemain du coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte dans laquelle la France a perdu nombre de ses hommes, comme à chaque guerre. La narratrice, qui a un peu plus de seize ans à l'époque vit dorénavant dans un village uniquement habitée par des femmes car tous les hommes sont morts ou portés disparus. C'est alors qu'un beau jour, un homme arrive au village. Un, un seul pour toutes ces jeunes filles. Il s'appelle Jean et les femmes du village ont conclu entre elles un pacte, celui de repeupler le village...
Un livre sur les atrocités de la guerre, même si celles-ci ne sont pas explicitement décrites, elles se font sentir comme un filigrane à travers l'absence d'hommes, mais aussi un livre sur l'Amour car même si, au départ, cela est méticuleusement calculé, au final, c'est bien un récit sur l'amour que nous avons ici. A découvrir !
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anlixelle
  11 mai 2018
Cent ans après que la République ait laissé place au Second Empire, un manuscrit surgit de mains féminines pour réveiller les consciences et la mémoire des souvenirs.
Cette auteure aurait (probablement) vécu la désertification masculine de son village Haut-Alpin en raison des exactions du parti de l'Ordre contre les républicains, villageois pétrifiés par le coup d'état du 2 décembre 1851 et bien décidés à le défendre.
C'est l'aînée des petites-filles de l'auteure qui sera chargée de publier cet ouvrage, très court mais combien touchant, parvenu jusqu'à nous par la seule ténacité de ces deux femmes.
C'est ainsi que dans une langue superbement écrite, car à la fois subtile, poétique et introspective, l'histoire de l'homme-semence, "parfait" inconnu attendu par une communauté de femmes redonna vie au village désherté pour cause de barbarie.
Cet épisode de la vie française est tombé dans l'oubli, et c'est bien dommage. Zola nous le raconte à sa manière (moins charnelle) dans La fortune des Rougon.
Ce petit livre sans cesse réédité par une maison d'édition discrête mais engagée est une petite pépite selon moi.

Lien : http://justelire.fr/lhomme-s..
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andras
  31 août 2017
Sur le marché nocturne de Gréoux-les-Bains, un joli village et station thermale des Alpes de Hautes-Provence, j'ai été attiré par un stand décoré de jolis livres d'un format un peu plus petit que celui des livres de poche habituels et dotés d'une couverture au graphisme épuré, qui m'ont immédiatement séduit avant même que je n'engage la conversation avec la personne très souriante qui tenait le stand. Il s'agissait des livres des éditions Parole, maison d'édition régionale située à Artignosc-sur-Verdon, à quelques kilomètres de Gréoux. Je suis reparti avec trois livres sous le bras dont celui-ci, qui m'avait été tout particulièrement recommandé par mon interlocutrice.
Et c'est un véritable coup de coeur. C'est une nouvelle très courte d'à peine 40 pages mais chacune de ces pages contient un trésor. L'histoire se situe dans un village des Alpes de Hautes Provence appelé le Poil, dans la vallée d'Asse. Violette Aihaud nous raconte ce qui s'est passé dans ce village en 1852, alors que les soldats de Napoléon III étaient venus chercher tous les hommes pour les emprisonner ou les déporter à Cayenne ou ailleurs, le village étant suspecté d'avoir pris part aux actes de rébellion qui ont suivi , dans cette région de la Provence, le coup d'état du 2 décembre 1851. Les femmes – au nombre desquelles se trouve la narratrice, qui avait 16 ans en 1851 – se retrouvèrent sans hommes et, pendant deux années, elle attendirent, fantasmèrent, anticipèrent l'arrivée d'un homme qui par sa semence pourrait redonner vie au village et elles se firent un serment. Violette raconte alors comment, un jour, la silhouette d'un homme apparut à ces femmes alors qu'elles faisaient les foins : "Ça vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l'ombre tranche, comme un lent clin d'oeil, le brillant de l'eau entre les iscles, nous savons que c'est un homme." La suite est délectable, c'est un pur régal. Cela m'a rappelé le roman du colombien James Cañón, "Dans la ville des veuves intrépides", mais la forme ramassée du récit de Violette Ailhaud le rend encore plus fort à mes yeux. J'ai aussi pensé, par toute la sensualité qui se dégage de ce texte, à Gioconda de Nikos Kokantzis, un livre qui, lui aussi, m'avait enthousiasmé.
Si vous aimez, et plus encore si vous adorez ce livre, sachez qu'il existe aussi chez le même éditeur une version de cette histoire en bande dessinée, qui est vraiment superbe et malicieuse. Je fus vraiment chanceux de passer ce soir là devant le stand des éditions Parole !
Pour plus d'infos : http://www.editions-parole.net
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l-ourse-bibliophile
  11 février 2015
L'homme semence est l'un de ces écrits au destin extraordinaire. Ecrit par une mystérieuse Violette Ailhaud en 1919, il a été transmis de générations en générations jusqu'à l'une des descendantes de la fameuse Violette… en 1952. A cette date, comme le stipulait le testament de l'auteure, le texte a été lu, les mots ont été découverts pour la première fois et, un jour, le livre a été édité.
Mais le mystère perdure autour de l'écrivaine. Qui était-elle vraiment ? Et dans quel village de Provence s'est réellement déroulée cette histoire ? Où est la vérité, où est le mythe ?
Violette Ailhaud y raconte comment son village a été privé de tous ses hommes en 1851. A cette date, Louis Napoléon Bonaparte rétablit l'Empire après avoir pris goût au pouvoir en tant que Président. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les hommes hurlent contre le vote truqué qui leur est imposé (seuls des bulletins « oui » ont été imprimés), mais la révolte est matée et les hommes sont emmenés, jugés, emprisonnés ou déportés à Cayenne ou en Algérie. Les femmes, elles, restent seules avec les enfants à nourrir, les bêtes à soigner et les champs à cultiver. Elles s'organisent et passent un pacte au cas-où un représentant de la gente masculine viendrait.
Et un homme vient.
Elle raconte la rage de voir leurs amours, leurs pères, leurs frères disparaître au-delà de la mer des galets. Elle décrit l'abrutissement dans les travaux de la maison et des champs. Elle transmet le désespoir de ne pas savoir ce qui se passe ailleurs, la douleur des coeurs éplorés et le vide des corps.
Ce passage où une fiancée, veuve avant l'heure, vêt un épouvantail de sa plus belle robe et où la mère du fiancé enlevé fait de même pour dresser dans la mer des galets un couple éternel « pour dire qu'ici il y a la vie »… La montagne de la Lure qui ressemble à une main, qui devient une main aimante, caressante pour cette femme qui vit sans étreintes… Ce serment passé entre ces involontaires Amazones de partager celui qui viendra pour la vie de leur ventre…
Un récit à l'écriture parfois franche, parfois poétique et imagée qui parle à la fois des femmes et des hommes, de l'amour et de la solitude, du désir et des souffrances de la guerre, quelle que soit l'époque, quel que soit le lieu. Un récit poignant sans tomber dans le mélodramatique, dans le romantisme, une envie crue et viscérale de vivre, de sentir, d'aimer !
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
denisarnouddenisarnoud   06 juin 2016
Pour nous les femmes, il n’y a pas victoire mais vide et je joins mes larmes à celles de toutes les femmes allemandes ou françaises qui errent dans leur maison sans homme. Je pleure ces bras perdus faits pour nous serrer et renverser les brebis lors de la tonte. Je pleure ces mains fauchées faites pour nous caresser et tenir la faux pendant des heures. J’avais 16 ans en 1851, 35 en 1870 et 84 aujourd’hui. A chaque fois, la République nous a fauché nos hommes comme on fauche les blés. C’était un travail propre. Mais nos ventres, notre terre à nous les femmes, n’ont plus donné de récolte. A tant faucher les hommes, c’est la semence qui a manqué.
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denisarnouddenisarnoud   06 juin 2016
Cet homme qui court lentement vers nous est donc le premier. Je serre la pomme qui se trouve dans ma poche. Je l’ai ramassée verte en partant ce matin, parce que tombée de l’arbre en plein mois de juillet. Je serre cette pomme lisse avec sa robe tâchée, comme d’un coup d’aiguille, de la marque du ver qui l’a faite tomber. Je caresse cette pomme que j’ai fait briller et je pense à Ève. Soudain j’ai envie de croire à ce mythe et d’être la première femme. Il nous faut attendre près d’une heure avant que l’homme se présente à l’orée de notre champs. Nous le regardons et il nous regarde. Il a suspendu sa marche et nous nos gestes. Il sourit et je crois que la tension crispe seulement nos visages. Lorsqu’il fait un pas supplémentaire, nous nous baissons vers l’ouvrage. Soudain sa main se pose sur mon bras pour l’arrêter. Je le regarde et dès cet instant je sais que j’appartiens à cette homme. Je sais dans le même temps que je vais devoir le partager.
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bibliobleuebibliobleue   24 juin 2012
J’avais 16 ans en 1851, 35 ans 1870 et 84 aujourd’hui. A chaque fois, la République nous a fauché nos hommes comme on fauche les blés. C’était un travail propre. Mais nos ventres, notre terre à nous les femmes, n’ont plus donné de récolte. A tant faucher les hommes, c’est la semence qui a manqué.
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mariolgamariolga   22 mars 2015
L'idée est venue un soir d'ouvrage en commun alors que nous étions toutes assises sous l'arbre du cours et que les enfants étaient couchés. Elle est sortie de la bouche de l'une d'entre nous, comme une bulle qui vient crever la surface d'une mare. Je pense que la question était en nous depuis un certain temps, nichée au chaud de l'inquiétude : "Et s'il n'y avait plus d'hommes ? Plus d'hommes nulle part ?" Aucune d'entre nous n'a levé la tête. Ce ne sont pas des graines de pensées comme celle-ci qui vous font lever le visage pour sourire. Nous l'avons mâchée longtemps....Et puis je crois que nous avons toutes parlé en même temps. On aurait dit une troupe de pintades affolées....Nous avons toutes dit la même chose de mille façons différentes. Mais nous étions toutes d'accord : un jour, un homme viendrait -s'il en restait- et nous devrions le partager, pour la vie de nos ventres.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 juin 2018
Nous ne savions rien. Nous ne savions pas si les hommes emportés étaient encore en vie. Personne ne venait vers nous. Nous ne sommes pas allées vers les autres non plus, par peur, par crainte de découvrir que, au-delà de l’horizon de nos terres, il n’y avait peut-être rien d’autre que le silence et la mort. Nous n’avons plus bougé du village, noyées volontaires par les travaux qu’exigent, de l’aube à la nuit profonde, les becs ouverts de nos enfants, de nos bêtes et de nos champs.
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Videos de Violette Ailhaud (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Violette Ailhaud
L'Homme Semence .Joué à la librairie Elan Sud (Orange,84), le texte de Violette Ailhaud, édité chez Parole, a été interprété par Emmanuelle Caro au chant et à la harpe, Laure Bruno, monologue, et Paul Bruno régisseur.
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