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ISBN : 2070128679
Éditeur : Gallimard (18/03/2010)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 72 notes)
Résumé :
« Le 16 mars 2005, les archives concernant "L’affaire de l’esclave Furcy" étaient mises aux enchères, à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidoiries – illustrait une période cruciale de l’Histoire.

Les archives révélaient un récit extraordinaire : celui de Furcy,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  21 juin 2016
Il y a une vertu indéniable à extirper des tréfonds de l'histoire des individus à la trajectoire hors du commun, qui plus est quand il s'agit d'esclavage, cette tragédie non documentée. A ce titre, la reconstruction du parcours de Furcy, retenu comme esclave sur l'île de la Réunion alors même que sa mère avait obtenu sa liberté quand il avait trois ans, et qui en 1817 engage une démarche judiciaire pour que lui soit reconnue son statut d'homme libre, est passionnante et édifiante, et ce d'autant plus que la route fut longue puisqu'il n'obtint gain de cause qu'en 1843.
De même, la passion indéniable de l'auteur pour son sujet et l'engagement personnel dont il témoigne dans ce livre est extrêmement touchant.
Après, j'ai eu un problème avec cet objet littéraire qu'il est difficile de qualifier, tant il s'engage dans de nombreuses voies sans en explorer pleinement aucune : pas assez documenté pour être un essai historique, pas assez scénarisé et densifié pour être un roman, pas assez de mise en perspective introspective pour être une autofiction. Comme si l'auteur n'avait pas osé s'éloigner trop loin du sentier balisé tracé par l'épais dossier des archives du procès qui lui a servi de point de départ.
Tant pis donc pour la fresque historique figurant une quasi guerre de sécession à la française que nous ne lirons pas ici, après tout le roman est court et suffisamment factuel pour aller droit au but. Il est dommage pourtant que le malheureux Furcy n'ait pas gagné sous la plume de Mohammed Assaoui la consistance d'un personnage plus incarné, ce qui n'aurait pu que renforcer la puissance du récit.
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Apikrus
  11 novembre 2017
Née en 1759 à Chandernagor, en Inde, Magdalena a été emmenée et a vécu comme esclave à Lorient (Bretagne) puis sur l'île Bourbon (actuelle île de la Réunion).
A sa mort en 1817, son fils Furcy, alors âgé de 31 ans et qui a toujours été esclave, découvre dans les papiers laissés par sa mère que celle-ci avait été affranchie 26 années plus tôt. Ceci fait normalement de Furcy un homme libre. Quand il se présente devant la justice pour faire valoir ses droits, son 'maître' et ses puissants alliés usent de leur influence pour contrer ce qu'ils considèrent comme un affront et éviter un précédent qui selon eux serait fâcheux pour leurs situations.
L'auteur nous raconte ce conflit, en mettant brillamment en perspective son contexte économique et historique. Il y intègre des considérations sur sa démarche d'écrivain, qui s'intègrent parfaitement dans l'exposé. le récit ne manque que de quelques rappels de dates, que j'ai finalement retrouvées en fin d'ouvrage.
Un livre agréable à lire et instructif, qui met bien en évidence la diversité ethnique de la population de l'île Bourbon et la complexité des rapports sociaux qui en résulte, tout en évitant la caricature.
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CeCedille
  08 octobre 2012
Une grande cause, un procureur courageux, un procès interminable, jusqu'à ce que justice soit enfin rendue! Tous les ingrédients d'une « affaire ». Et pourtant, celle-ci est restée enfouie dans les grimoires jusqu'à une vente publique à Drouot en 2005. Une centaine de documents poussiéreux achetés par l'État pour 2100 euros, qui révèle l'histoire de l'esclave Furcy de l'île Bourbon (La Réunion), qui demande sa liberté au tribunal de Saint Denis. Il est né libre, d'une mère libérée. Celle-ci, indienne de Chandernagor, achetée à neuf ans, a accompagné ses maîtres à Lorient. Or, selon l'ancien adage, « nul n'est esclave en France », même sous l'Ancien Régime. Son retour à la Réunion sur la plantation ne pouvait la priver, ainsi que son fils, de leur nouvel état. Joseph Lory, le nouveau maître auquel ils ont été légués ne l'entend pas ainsi. Il considère la démarche juridique de Furcy comme subversive. D'autant que son esclave a trouvé un allié inattendu en la personne du procureur général Gilbert Boucher et de son jeune substitut Sully Brunet.
Joseph Lory est un homme d'influence, soutenu par le plus riche propriétaire sucrier de l'île (Desbassayns de Richemont, commissaire ordonnateur général de la Réunion) fils de la célèbre et redoutée Madame Desbassayns. Un combat juridique s'engage qui est celui du maintien de l'esclavage dans une île dont l'économie en dépend. Et l'histoire est exemplaire d'un fonctionnement judiciaire (mesures de rétorsion contre le plaignant, pressions sur les magistrats, manoeuvres dilatoires qui feront durer la procédure vingt sept années).
L'ouvrage que Mohammed Aïssaoui, journaliste au Figaro Littéraire, consacre à cette histoire est passionnante. Sa démarche est celle d'un chroniqueur minutieux qui reconstitue, autant que faire se peut, les pièces d'un puzzle. Car on ne sait que peu de chose de Furcy. L'histoire de l'esclavage est une histoire sans archives et les siennes sont lacunaires. le récit ne cache pas ses limites.
Il ne faut pas chercher non plus de grâce littéraire à cette enquête, conduite de bonne foi et avec modestie. En revanche il y a là une fine investigation historico-journalistique, en forme de lecture commentée des pièces d'un dossier judiciaire passionnant. Et combien révélateur ! La société coloniale s'y dessine en creux, fidèle à elle-même, dans la défense cynique de ses intérêts.
Le pouvoir politique apparaît dans sa continuité, ennuyé par les requêtes des riches familles coloniales, auxquelles il finit tout de même toujours par céder.
Les historiens aimeraient sans doute que le livre soit accompagné d'un appareil critique, avec en annexe les archives citées. On s'interroge sur les conditions de la poursuite de la procédure menée par Furcy, après que Boucher ait quitté l'île. Restent en suspens bien d'autres questions. Mais le récit est attachant, édifiant et captivant. Il faut remercier Mohammed Aïssaoui de l'avoir reconstitué avec ferveur. le livre a reçu le prix du roman historique 2010 dans le cadre des "rendez-vous de l'Histoire" à BLOIS, et prix Renaudot de l'essai 2010.
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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canel
  26 novembre 2011
L'esclave Furcy, né en 1786 à Bourbon (actuellement La Réunion) d'une mère achetée en Inde comme esclave puis affranchie, assigne son maître en justice pour recouvrer la liberté qui lui semble dûe en tant que fils de femme "libre". le maître riposte en invoquant une tentative de fuite, Furcy est emprisonné et vingt-six années de procédures s'ensuivent.

L'affaire se déroule au début du XIXe siècle, le commerce triangulaire est alors prospère et ceux qui en tirent grassement profit craignent qu'un tel cas fasse jurisprudence. L'affranchissement de cet esclave pourrait entraîner un mouvement massif d'émancipations, voire l'abolition de l'esclavage sur l'île (rétabli en 1802 par Napoléon Ier), ce qui aurait des répercussions désastreuses sur l'économie française. En outre, tout n'est pas si simple sur l'Île Bourbon : les populations se mélangent au gré des unions légitimes ou non, des viols, des affranchissements accordés par certains colons... (cf. extraits)

Voilà un roman-documentaire très enrichissant. L'auteur s'est captivé pour son sujet et attaché au personnage (réel) de Furcy au fil de ses recherches historiques, il parvient à nous faire partager cet enthousiasme. le contexte décrit est par ailleurs très intéressant, mais la lecture est relativement fastidieuse si l'on se laisse vite rebuter par les subtilités, les méandres de la logique judiciaire.

Sur certaines thématiques, il nous reste tellement à apprendre que le sujet paraît encore plus complexe une fois exposé, on mesure alors la profondeur de son ignorance et on a envie de creuser la question en amont. C'est exactement le cas ici, mais un ouvrage "jeunesse", ou en tout cas plus simple, me conviendrait mieux.
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claraetlesmots
  15 novembre 2010
Ce livre raconte le combat de Furcy, esclave à l'ile Bourbon (future île de la Réunion) et les recherches menées par Mohammed Aïssaoui.
1817 : Furcy découvre que sa mère décédée avait été affranchie. Elle-même n'en savait rien, ses maîtres n'ayant pas jugé nécessaire de l'en informer. Furcy entame alors une procédure pour que sa liberté soit reconnue. Mais, certains colons Blanc sont trop bien puissants. Grâce à leurs différentes positions sociales et leur argent, ils vont faire pencher la balance de la Justice de leurs côtés. Furcy va connaître la prison, des travaux ignobles pour avoir voulu que le droit appliqué. le procès durera 27 ans et se terminera en 1842, soit 6 ans avant l'abolition de l'esclavage en France.

Une vraie claque ! En commençant cette lecture, j'étais loin de m'imaginer comment ce livre allait me bouleverser.
Comment rester indifférent à cette abomination qu'est l'esclavagisme ? Impossible. Les mots sonnent douloureusement :

Dans la terminologie usitée à l'époque, Constance était qualifiée de « quateronne », c'est-à-dire qu'elle était un esclave issue de l'union d'un banc et d'une sang-mêlé. Mulâtre, marron, quarteron…tous ces termes avaient été créés pour désigner des animaux.

A vendre jeune négresse créole(..).

Il faut se remettre dans le contexte et admettre que oui, la France autorisait l'esclavage. Et, l'île Bourbon en comptait 16 000. Autant de personnes considérées comme de la marchandise.
En se basant sur les archives du procès et sur un travail de documentation colossal, Mohammed Aïssaoui retrace la vie de Furcy et son combat. Celui d'un homme qui apparait toujours calme, posé et qui ne réclame que le droit. Furcy trouvera des appuis auprès d'hommes de Loi qui veulent que la justice soit rendue. Mais hélas, la crainte que les autres esclaves suivent son exemple, l'intérêt économique gagneront une première fois. Furcy aurait pu baisser les bras mais non. Il a foi en ce que les hommes lui rendent sa liberté.
L'auteur ne se campe pas en juge ou en donneur de leçons. Il pose ouvertement des questions : comment aurait-il réagi ? Aurait-il eu le courage et la détermination de Furcy ?
Il nous livre sa soif d'en apprendre toujours plus sur Furcy, les difficultés rencontrées au cours de ses années de recherche.
Mohammed Aïssaoui est le premier à s'être intéressé à l'histoire de cet esclave oublié de tous...

Mêlant roman, récit du procès et ses propres réflexions, ce livre rend hommage digne à Furcy. Deux hommes et une seule quête: celle de la justice ...Remarquable !

Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
annieannie   11 février 2011
début du chapitre 1 :

Le soleil clément ajoutait à la douceur du monde. Furcy aimait tout particulièrement ces instants paisibles et libres, quand la forêt appelait au silence. Pas un bruit… Juste, au loin, la musique d’une rivière. Le calme fut rompu par le pépiement effrayé d’une nuée d’oiseaux qui s’envolèrent d’un trait. Puis il entendit le hurlement de chiens qui se rapprochaient.
L’homme noir courait à perdre haleine, ses yeux grands ouverts disaient la terreur. Le torse nu, il transpirait comme s’il pleuvait sur lui. Son pantalon de toile bleue était déchiré jusqu’aux cuisses. Il boitait. Dans son regard, on lisait la certitude qu’il n’arriverait pas à s’échapper, la peur de la mort. Son souffle s’épuisait à chaque pas. Il pouvait tenir encore un peu, un tout petit peu, jusqu’à la Rivière-des-Pluies qu’il connaissait par coeur, et qui pouvait le guider vers la montagne Cimandef, puis à Cilaos, le refuge des esclaves en fuite. Avec les pluies diluviennes de la semaine passée, il suffirait de se laisser dériver en restant bien au milieu de la rivière, et environ cinq kilomètres plus bas, s’arrêter sans forcer, près d’un rocher qui faisait contre-courant — d’autres l’avaient déjà fait, ce devait être l’affaire d’une heure, tout au plus, avant d’arriver au pied de la montagne.
À une vingtaine de mètres derrière lui, deux énormes chiens, la bave aux lèvres, le poursuivaient. Pour leur donner plus de hargne, on les avait affamés. Ces bêtes étaient suivies de loin par trois hommes : deux blancs coiffés d’un chapeau de paille qui portaient un fusil — des chasseurs de chèvres sauvages et d’esclaves — et un noir, tête nue. Ils semblaient assurés d’arriver à leur fin.
Il restait moins de cinq mètres à courir pour pouvoir plonger dans la rivière. C’était encore trop. Au moment où l’esclave allait mettre un pied dans l’eau, il trébucha. Un chien sauta sur lui et mordit sa cuisse droite, tétanisant tous les muscles de son corps. Le deuxième chien le prit à la gorge alors qu’il se débattait. On entendit un cri lourd.
Au loin, les deux blancs sourirent. Ils ralentirent le pas, comme pour apprécier davantage le malheur de leur proie et laisser les chiens terminer leur besogne. Le noir qui les accompagnait baissa la tête.
Furcy, aussi, avait entendu le cri. Il se trouvait de l’autre côté de la Rivière-des-Pluies. Dissimulé derrière un pied de litchi, il avait tout vu. Il restait figé. Depuis sa cachette, il avait remarqué une fleur de lis tatouée sur chaque épaule du fuyard allongé, ses oreilles et son jarret étaient coupés. Ces deux mutilations signifiaient qu’il avait déjà tenté de fuir à deux reprises. Quand les deux hommes arrivèrent près de l’esclave agonisant, ils marquèrent un temps, se regardèrent, puis le prirent chacun d’un côté. Ils le jetèrent dans la rivière. Et s’essuyèrent les mains. Le corps moribond flottait comme un bout de bois au gré du courant qui était fort ce jour-là.
« C’est l’ordre de M. Lory, dit le premier, un marron qui ne peut plus travailler constitue une charge trop lourde. Et la troisième fois, c’est la condamnation à mort. De toute façon, Lory l’aurait battu à mort, tu le connais. » L’autre acquiesça en clignant simplement des yeux.
Le premier chasseur sortit un carnet de sa besace, avec un crayon qu’il mouilla de ses lèvres, il inscrivit : « Capturé / mort / à la Rivière-des-Pluies / le nègre marron Samuel appartenant à M. Desbassayns et loué au sieur Joseph Lory, habitant de Saint-Denis / 30 francs à recevoir / 4 août 1817. » Il referma son carnet, satisfait. Puis, il donna quatre sous au noir en récompense du renseignement qu’il avait fourni pour repérer Samuel.
Dans la tête de Furcy, le cri continuait de résonner.

Les faits de ce genre étaient fréquents à l’île Bourbon. J’aurais pu vous décrire la scène où un esclave fut brûlé vif par sa maîtresse furieuse parce qu’il avait raté la cuisson d’une pâtisserie. Et raconter l’histoire de ce propriétaire qui, apprenant que son épouse avait couché avec son domestique noir, fit creuser un trou et laissa mourir l’amant — alors que tout le monde connaissait cette femme dont on disait que le démon avait saisi son bas-ventre. Il n’était pas rare, non plus, de voir des esclaves si maltraités qu’ils en devenaient handicapés. D’autres avaient moins de chance, ils mouraient à force de tortures, puis on les enterrait dans le petit bois comme on enterre une bête — sur les registres, on les déclarait en fuite. Certains préféraient se suicider pour en finir plus rapidement avec un sort funeste…
Ainsi allait la vie quotidienne dans les habitations bourbonnaises en ce début du XIXe siècle.
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canelcanel   26 novembre 2011
Pour [Gilbert Boucher], l'esclavage était un redoutable système, sans doute le plus rentable qui ait jamais existé. Boucher avait des pensées amères : "On a habillé l'esclavage du vernis de la morale, de la religion. Ah, Dieu ! qu'est-ce qu'on a pu faire en ton nom ! On l'a même justifié par des considérations physiques, naturelles... En réalité, il n'est question que d'argent, de commerce. La religion, comme la morale - fluctuante -, n'était que le moyen de faire admettre des atrocités", se disait-il.
Et la couleur de la peau ? D'abord, le mot noir était avant tout synonyme d'esclave. Ensuite, à l'île Bourbon, il existait tellement de nuances de couleur de peau qu'il était bien difficile de s'y retrouver. On avait bien essayé d'établir des catégories : blanc, métis, noir ou rouge. C'était tellement compliqué que l'administration coloniale avait abdiqué face à toute tentative de classification. (...) Boucher se rappelait qu'à son arrivée sur l'île Bourbon, il avait été frappé par cet extraordinaire mélange de population. On y croisait des gens de toutes sortes, des noirs aux traits d'Asiatiques, des blancs aux formes négroïdes, des Indiens, des blonds à la peau brune, et toutes les couleurs et toutes les formes de cheveux... Il existait tant de teintes de peau, y compris au sein d'une même famille, qu'il était bien difficile de classer telle femme ou tel homme dans telle catégorie.
Enfin, tout était bien moins monochrome qu'on veut bien le croire. Bien sûr, il y avait des noirs esclaves. Mais des noirs possédaient aussi des esclaves, et nombre d'entre eux étaient farouchement opposés à toute idée d'abolition. Des noirs chassaient, jusqu'à les tuer, d'autres noirs. Des noirs asservissaient des métis... Et il arrivait souvent que, dès qu'un esclave devenait affranchi, il ambitionnait de posséder des esclaves, lui aussi. Des blancs aidaient des noirs, et vice-versa... (...) dans l'Afrique de l'Ouest des hommes - noirs, notamment des rois auto-proclamés, des princes de village ou des chefs de tribu - s'étaient considérablement enrichis en vendant une partie de leur peuple. Ils n'étaient pas les moins atroces quand il s'agissait de maltraiter et de torturer. Des musulmans, aussi, avaient exercé les pires exactions. (p. 161-162)
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wellibus2wellibus2   07 décembre 2014
« Il y avait aussi une vingtaine de petits propriétaires, ils formaient un groupe à part, plus haut dans la rue. A ce que l’on affirmait, ils avaient encore plus peur que les riches exploitants qui possédaient une centaine d’esclaves. Pour eux, perdre leur main-d’œuvre bon marché – ils ne la considéraient pas comme gratuite car les noirs étaient « hébergés et nourris » -, c’était la faillite à coup sûr. Le pire, pour ces petits propriétaires, était de devenir aussi pauvres que les esclaves. Et certains l’étaient déjà.
Des esclaves aussi protestaient contre Furcy ! Ils refusaient une liberté qui les aurait envoyés mendier dans les rues. « Nous sommes bien avec nos maîtres », criaient quelques-uns d’entre eux. »
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wellibus2wellibus2   06 décembre 2014
Les faits de ce genre étaient fréquents à l’île Bourbon. J’aurais pu vous décrire la scène où un esclave fut brûlé vif par sa maîtresse furieuse parce qu’il avait raté la cuisson d’une pâtisserie. Et raconter l’histoire de ce propriétaire qui, apprenant que son épouse avait couché avec son domestique noir, fit creuser un trou et laissa mourir l’amant — alors que tout le monde connaissait cette femme dont on disait que le démon avait saisi son bas-ventre. Il n’était pas rare, non plus, de voir des esclaves si maltraités qu’ils en devenaient handicapés. D’autres avaient moins de chance, ils mouraient à force de tortures, puis on les enterrait dans le petit bois comme on enterre une bête — sur les registres, on les déclarait en fuite. Certains préféraient se suicider pour en finir plus rapidement avec un sort funeste…
Ainsi allait la vie quotidienne dans les habitations bourbonnaises en ce début du XIXe siècle.
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annieannie   11 février 2011
p. 19 -
... dans les bonnes habitations, les noirs sont estimés entre 120 et 150 piastres dans les inventaires de succession. Ils reviennent tellement cher en impôts, que certains propriétaires sous-évaluent le nombre de leurs esclaves pour n'avoir pas à payer la capitation. Vous savez, on peut remplacer avantageusement un noir par un cheval ou un mulet" (M. Billard)
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Videos de Mohammed Aïssaoui (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mohammed Aïssaoui
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
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