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Samuel Sfez (Traducteur)
ISBN : 9782867465581
Éditeur : Liana Lévi (01/01/2011)

Note moyenne : 4/5 (sur 142 notes)
Résumé :
Enaiat a dix ans lorsque sa mère l’oblige à fuir leur petit village de Nava, dans la vallée de Ghazni, en Afghanistan. Elle l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan, pour le protéger car Enaiat appartient à l’ethnie des Hazaras, persécutée par les Pachtounes et les talibans. Pour lui débute alors un périple de cinq années jusqu’en Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  08 mai 2016
Emouvant et plein de vie !
Pour éviter à son petit garçon de dix ans d'être pris comme esclave en remboursement d'une prétendue dette familiale, sa maman, désespérée, l'abandonne sans un mot à la frontière pakistanaise.
Commence alors le long et dangereux périple de cet enfant afghan vers Londres via le Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Grèce et l'Italie où, finalement, Enaiat choisit de se poser.
Cinq ans de migration où, pour un bol de soupe ou un sol pour dormir, Enaiat sera tour à tour plongeur dans un boui-boui, vendeur à la sauvette, livreur de thé, tailleur de pierre et même maçon sur le chantier des Jeux olympiques d'Athènes en 2004 !
Cette vie rude et sauvage lui éveille les sens, lui permet de saisir le danger, de se recroqueviller sous les coups et de se faire encore plus petit. de façon spontanée, il se lie avec d'autres enfants afghans jetés sur les routes et apprend l'art de la débrouille et les ficelles de la clandestinité. Violence de police, refoulement, cupidité des "trafiquants d'hommes", rien n'entame l'espoir d'une vie meilleure pour cet enfant qui refuse durant tout le voyage de penser à sa mère et à sa fratrie restées au pays, tout absorbé par la nécessité de sauver sa peau et de "se sentir bien avec lui-même".
Des jours et des nuits d'épuisement, de froid, de faim dans les montagnes turques au confinement dans le double-fond d'un camion pour passer la frontière jusqu'au canot pneumatique qui le jettera sur une plage grecque, Enaiat affronte tous les dangers avec bravoure et détermination.
Plusieurs fois, il rencontre des personnes généreuses et bienveillantes qui lui permettent de poursuivre sa longue route vers l'inconnu. Finalement, il retrouvera à Turin l'un de ses amis d'enfance, sera pris en charge par une famille d'accueil et obtiendra le statut de réfugié politique.
Cette histoire vraie est écrite par Fabio Geda à qui Enaiat s'est confié. La vision de la vie à travers les yeux d'un enfant donne une énergie magique à ce récit effrayant. Il s'agit bien d'un drame mais sans apitoiement. Il y a même souvent de l'ironie, de la naïveté, de l'émerveillement mais jamais d'amertume.
Il y a même un petit miracle à la fin...
Et la vie continue.

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Lolokili
  16 mai 2013
Vérification faite... il n'y a pas de crocodiles dans la mer. Elle grouille toutefois de menaces non moins périlleuses pour Enaiatollah, enfant clandestin fuyant seul son Afghanistan natal pour chercher asile en Europe. Prédateurs mais aussi rencontres bienveillantes feront de son voyage une ahurissante et véridique odyssée de cinq longues années à travers le Pakistan, l'Iran, la Turquie puis la Grèce.
Finalement réfugié en Italie, Enaiat a voulu témoigner de ce qu'il a vécu et s'est confié à Fabio Geda. D'une plume sobre, et sans misérabilisme inopportun, l'écrivain turinois a retranscrit ces aventures avec le recul et la détermination ironique de son jeune interlocuteur, miraculeux rescapé de ce périple inhumain.
Un texte tout simple pour une histoire hors normes.


Lien : HTTP://MINIMALYKS.TUMBLR.COM/
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patrick75
  26 janvier 2016
Cette histoire nous éclaire sur ce que peut être le parcours d'un "clandestin",des risques énormes pris par ce jeune afghan. D'une manière sobre, Enaiat raconte et Fabio note.
Très instructif, même si le récit est répétitif et que l'on devine des "blancs" dû à l'un ou à l'autre.
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zorazur
  10 janvier 2012
Il ya le pays de départ, avec les persécutions, les massacres, les conflits. Les talibans. Il y a le départ. Puis la route, les dangers, les risques que l'on prend tous les jours pour rester en vie. Surtout quand on est un enfant, et qu'on est seul contre tous, et qu'il faut malgré tout se débrouiller jour après jour et survivre. Manger, dormir, se laver, gagner un peu d'argent pour manger le lendemain. Echapper à ceux qui veulent tuer, voler, exploiter. Et le tout en essayant de ne pas trop penser à ce qu'on a laissé derrière soi et qu'on a perdu pour toujours.
Il y a enfin l'arrivée. L'Italie. Mais ce peut être la France, ou l'Espagne, ou la Grande-Bretagne. le moment arrive où l'on se demande si l'on va être accueilli, si l'on a bien fait. Si l'on va pouvoir manger, dormir dans un lit, et aller à l'école. Et où on réalise ce que signifient des choix de politique migratoire, aujourd'hui, de la part d'un pays d'Europe occidentale. Y compris vis-à-vis des enfants.
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litolff
  04 septembre 2011
Etonnant road-movie que celui qui attend Enaiat, 10 ans, une fois qu'il se retrouve tout seul au Pakistan, de l'autre coté de la frontière afghane. Sa mère l'y a conduit pour le sauver des menaces de morts des tribus Pachtounes et Talibans sur leur ethnie Hazara et l'a abandonné pendant la nuit.
Remettant son chagrin à plus tard, Enaiat n'a d'autre choix que de survivre, manger, dormir, se laver, et à 10 ans, c'est pas gagné ! Il apprend, au contact d'autres enfants qui, comme lui, sont livrés à eux-mêmes. La vie est dure mais il y a des moments de solidarité, des moments de bonheur, des mains tendues… Il est même parfois stupéfait de trouver sur son chemin tant de bienveillance, des gestes qui changent le cours de sa vie.
Un parcours d'une force incroyable et un récit d'une grande valeur littéraire : l'histoire d'Enaiat a été écrite par le journaliste italien Fabio Geda, qui laisse transparaitre sous sa plume l'intelligence percutante d'Enaiat, son humour et sa courtoisie dans un texte poétique et totalement dénué de larmoiements et de sensiblerie. Au contraire, s'il est souvent émouvant, le récit reste sobre, comme Enaiat qui dit ses peurs et ses angoisses mais aussi raisonne avec logique et s'extasie sur la bienveillance qu'il rencontre. Il mettra finalement 5 ans pour arriver au terme de son périple après avoir travaillé dans un nombre incalculable de chantiers, traversé les montagnes iraniennes à pied, fait 3 jours de voyage agenouillé entre les essieux d'un camion et traversé la mer Egée en canot pneumatique pour arriver trempé en Grèce, vêtu de son seul slip.
A découvrir l'histoire d'Enaiat, on comprend la tragédie collective d'un pays où des enfants, des jeunes gens, des adultes terrorisés n'ont d'autre choix que d'entreprendre ce voyage périlleux à travers deux continents pour venir s'échouer sur les rives européennes.
Un livre que j'ai lu d'une traite, et où l'émotion se manifeste à chaque page.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
AnneBoulangerPecoutAnneBoulangerPecout   15 octobre 2014
Quand on est petit, qu’est-ce qu’on connaît du monde ? Ecouter et croire, c’était la même chose. Je croyais tout ce qu’on me racontait. (p 53)
Oui, il m’arrive de regarder à l’intérieur de moi-même. (p 79)
Un jour, j’ai lu que le choix d’émigrer naît du besoin de respirer. C’est vrai. L’espoir d’une vie meilleure est plus fort que tout autre sentiment. Par exemple, ma mère a décidé qu’il valait mieux me savoir en danger loin d’elle mais en route vers un futur différent que me savoir en danger près d’elle, dans la boue et dans la peur pour toujours. (p 83)
La dame est importante pour ce qu’elle a fait. Peu importe son nom. Peu importe comment était sa maison. Elle est n’importe qui. – Dans quel sens, n’importe qui ? – N’importe qui qui se comporte comme ça. (p 140)
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lululifatlululifat   25 février 2011
[...] il faut toujours avoir un désir devant soi,comme une carotte devant un âne, parce que c'est en essayant de satisfaire ses désirs qu'on trouve la force de se relever, il faut toujours avoir un rêve au-dessus de la tête, quel qu'il soit, alors, la vie vaudra la peine d'être vécue [...]
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CroquignolleCroquignolle   21 avril 2017
Comment on fait pour changer de vie comme ça, Enaiat ? Juste un au revoir.

On le fait, c'est tout, Fabio.
Un jour, j'ai lu que le choix d'émigrer naît du besoin de respirer.
C'est vrai. L'espoir d'une vie meilleure est plus fort que tout autre sentiment. Par exemple, ma mère a décidé qu'il valait mieux me savoir en danger loin d'elle mais en route vers un futur différent que me savoir en danger près d'elle, dans la boue et dans la peur pour toujours.
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ClaireGClaireG   08 mai 2016
Nous avons ouvert la boîte en carton. Elle contenait le canot - dégonflé bien sûr -, les rames, la pompe, du scotch ? - et des gilets de sauvetage. Un kit parfait. L'Ikea des clandestins. Des instructions et tout.

pp. 118-119
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litolfflitolff   04 septembre 2011
"Comment on trouve un endroit pour grandir, Enaiat? Comment le distingue-t-on d'un autre?», lui demande Fabio Geda. «Tu le reconnais parce que tu n'as plus envie de t'en aller. Bien sur, il n'est pas parfait. Ça n'existe pas, un endroit parfait. Mais il existe des endroits où, au moins, personne ne cherche à te faire du mal."
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Videos de Enaiatollah Akbari (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Enaiatollah Akbari

"Dans la mer il y a des crocodiles" de Fabio Geda
Dans ce roman, le journaliste italien Fabio Geda raconte l'histoire vraie du jeune Enaiatollah Akbari, un Afghan parvenu en Italie après 5 années d'un voyage...
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