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Jean-Louis Backès (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070337227
Éditeur : Gallimard (25/01/2007)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Anna Akhmatova publie son premier recueil en 1912 et s’impose très tôt comme une virtuose de la petite forme lyrique. Classée comme « acméiste » ou « intimiste », elle est plus authentiquement quelqu’un qui cultive un style simple, rigoureux, d’un classicisme qui l’apparente à Pouchkine, même si chez elle toute idée d’imitation est exclue. Après la révolution d’Octobre, elle refuse d’émigrer, quoique suspecte aux autorités nouvelles qui vont, peu à peu, l’interdire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Under_The_Moon
  16 novembre 2015
Dans une langue cristalline, Anna Akhmatova nous parle de la Mort aveugle omniprésente dans une société dont les dirigeants ont perdu leur humanité.
Cette plume magnifique et limpide transperce le lecteur comme le ferait la glace. De ces mots simples s'échappent la détresse et la douleur qui étreint tant qu'elle étouffe, l'effondrement et l'incompréhension de vivre dans un système absurde qui fauche les êtres aimés dans le seul but d'étendre les ténèbres, sous le regard impassible des étoiles... Et malgré tout, la Néva, comme le sang, continue de couler....
Finalement, l'amour de ces innocents emprisonnés, torturés ou morts et le courage face à l’adversité et la volonté de résistance : c'est ce qu'il reste d'humain dans ce monde étrange.
Magnifique et bouleversant recueil dont les vers décrivent le régime totalitaire des années 1930 , années les plus "dures" du communisme russe.
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Zakuro
  30 avril 2014
Ce recueil bilingue de la grande poétesse russe Anna Akhmatova est exceptionnel. Anna Akhmatova était pour moi une inconnue avant que le bookcrossing du festival raccord(s) me donne à lire Requiem. La traductrice Sophie Benech qui est également l'auteure des gravures contenues dans ce livre nous éclaire sur son oeuvre littéraire, ses voyages en Europe où elle se lie notamment d'amitié avec Modigliani. Un succès littéraire et une vie personnelle comblée que le régime répréssif de la fin des années 1930 va mener au dénuement et à la solitude.
C'est à cette période que naît Requiem (vers 1937-1938) en toute clandestinité dans son propre pays. Anna Akhmatova y fait entendre sa douleur de mère pour son fils, Lev plusieurs fois arrêté :
"Voilà. le mot, pierre, est tombé
Sur mon sein encore vivant."
mais aussi la souffrance de toutes les autres victimes, la peur mais aussi l'espoir de tout un peuple.
Ces mots sobres sont d'autant plus vrais et poignants qu'ils re(vivent) de l'incandescence de la mémoire malgré le silence et la terreur : les mots écrits par Anna Akhmatova sont appris par coeur par leurs lecteurs avant qu'il ne soient brûlés. Et nous reviennent par ce recueil publié dans son intégralité en hommage au courage et au talent de cette grande poétesse.
Je remercie Liblfy et le bookcrossing festival raccord(s).
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Moan
  15 avril 2013
Requiem: un recueil de poèmes russes absolument extraordinaires.
Ecrit par Anna Akhmatova vers 1930 en URSS à l'époque où les intellectuels étaient soit tués, déportés, emprisonnés.
Ces poèmes ne sont arrivés jusqu'à nous, non parce qu'elle les a écrit sur papier , elle ne le pouvait pas, mais parce que des amis sûrs les ont mémorisés.
Bouleversant. Une voix pour un peuple qui n'a pas la parole.
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ericbo
  08 juillet 2018
Hymne à Saint Petersbourg, à la Russie, à l'Amour.
Anna Akhmatova nous parle de son impossibilité de vivre son individualité, d'écrire, d'aimer, sous le joug communiste de Lénine et Staline. Elle nous parle aussi de la guerre, des bombes sur Léningrad, des morts laissés en chemin, de ses amours impossibles…
Une poésie politique et dénonciatrice mais qui sait aussi invoquer la nature comme consolatrice des violences humaines.
A découvrir.
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colimasson
  15 avril 2016
Anna, au début, elle écrivait des poèmes rien que pour sa gueule. On appelle ça « poésie lyrique ». C'était plutôt bien.

Ensuite, tombée dans le plat des frites au mauvais moment –alors que les frites commençaient à sentir le carbonisé-, elle a dû subir toute la période de tumultes politiques en URSS à ladite période que nous connaissons bien. Comme elle était déjà connue en tant que poète à ce moment-là, forcément, elle s'est mise à parler de tout ça dans ses poèmes, d'une part parce qu'on attendait d'elle qu'elle assume ce rôle de torche vivante (merci Victor Hugo) et d'autre part parce que ça fournit de l'inspiration –un peu comme si aujourd'hui, le poète intérieurement vide se précipitait aux nuits debout pour remplir un peu le fond de sa casserole de nouilles à vers. Ceci dit, Anna a bien fait de céder aux exigences de son époque puisqu'à présent, tous les critiques la saluent pour cette poésie indignée et ô combien politiquement correcte.

Pourtant, à bien nous y pencher, à considérer la question comme des êtres humains, on verra que ces poèmes politiques continuent en fait à s'échafauder sur la même base lyrique que ses premiers écrits. Si les malheurs de cette période sont décrits, c'est moins parce qu'on se lamente sur le devenir de l'humanité que parce que robert est mort, roger exilé, rolande disparue –bref, on reste dans la sphère personnelle, mais c'est déjà bien pour une femme de parler de la guerre, et en plus d'être écrivain ! ce sont ses critiques les plus émérites qui le disent, alors bon. de toute façon, comme l'écrivait Stanislaw Jerzy Lec : « N'était-ce le fait que l'homme vit au monde, je doute qu'il s'intéresserait jamais à la politique ». On le voit clairement ici.

Malgré tout, c'est très bien, et si comme moi on s'en fout du lien entre poésie et politique, parce que de toute façon l'un comme l'autre sont des modes de distraction de l'être humain, on pourra apprécier ces petits écrits comme ils le méritent. Que leur demander de plus ? Puisse un jour la poésie être aussi respectée que les mots croisés.
+ Lire la suite
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   11 mai 2015
Demande aux femmes de mon temps,
Bagnardes, " cent-cinq ", prisonnières,
Et nous te raconterons tout :
Que la peur nous abrutissait,
Que nous élevions des enfants,
Pour la prison, la torture et la mort.

Pinçant nos lèvres bleuies,
Hécubes devenues folles,
Cassandres de Tchoukhloma
Portant des couronnes de honte,
Nous serons un chœur de silence :
" Au-delà de l'enfer, il y a nous. "

POÈME SANS HÉROS, deuxième partie (strophes 24 & 25).
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   23 septembre 2014
DEUX CHANSONS - LA SECONDE

Cette merveille de notre rencontre,
Etait lumière et chanson.
Je ne voulais plus
Aller nulle part.
C'était une amère douceur
Qu'un bonheur au lieu d'un devoir,
Je devais ne pas lui parler,
Et j'ai parlé longtemps.
Que les passions étouffent les amants,
Qu'elles exigent des réponses !
Nous n'étions plus, mon ami, que des âmes
Sur le bord du monde.

1956
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PiatkaPiatka   14 septembre 2014
LA PORTE EST ENTROUVERTE

La porte est entrouverte.
Les tilleuls frémissent…
Oubliés sur la table :
Une cravache, un gant.

La lampe fait un cercle de clarté.
Il y a des bruits que j’entends.
Pourquoi es-tu parti?
Je ne comprends pas.

Demain matin la lumière
Sera pleine de joie.
Cette vie est brève.
Sois sage, mon coeur.

Tu es à bout de force,
Tu bats plus sourdement.
Tu sais, je l’ai lu quelque part:
Les âmes sont immortelles.
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   19 avril 2016
Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni l’eau ni le vin doux,
Nous ne nous embrasserons pas à l’aube,
Et le soir nous ne regarderons pas à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, moi par la lune,
Mais nous vivons par le même amour.

Avec moi j’ai toujours mon fidèle et tendre ami,
Et toi ta joyeuse compagne,
Mais je comprends l’effroi de tes yeux gris,
Car c’est toi l’auteur de mon mal.
Que nos brèves rencontres restent rares.
Notre paix nous est ainsi gardée.

Dans mes vers, seule ta voix chante,
Dans tes vers souffle mon haleine.
Oh, c’est un feu de bois que n’ose
Toucher ni l’oubli ni la peur…
Et si tu savais comme j’aime en cet instant
Tes lèvres sèches couleur de rose !
+ Lire la suite
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nadejdanadejda   08 janvier 2012
Le Saule
... le duvet fragile des arbres -- Pouchkine

J'ai grandi au milieu de calmes motifs
Dans une fraîche nursery du jeune siècle ;
Je n'aimais guère la voix des hommes,
Mais je comprenais celle du vent.
J'aimais la bardane et l'ortie,
Et plus que tout le saule d'argent.
En reconnaissance il a vécu
Avec moi toujours, ses branches en pleurs
Semaient des rêves sur mes insomnies.
C'est étrange ! Je lui ai survécu.
Voici la souche ; les autres saules
Parlent aujourd'hui avec d'autres voix
Sous notre ciel, sous d'autres cieux.
Je me tais ... On dirait que mon frère est mort.
Janvier 1940
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Vidéo de Anna Akhmatova
Lecture d'Alexandra - "Un amour à l'aube"
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