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EAN : 978B08L5M579C
Éditions des lacs (20/10/2020)
4.57/5   178 notes
Résumé :
Le 17 juin 2013, Stéphane Richard reste à la tête d'Orange, le parti socialiste essuie
une nouvelle défaite à l'élection partielle de Villeneuve-sur-Lot, et Louise Andrieu est retrouvée morte
à son domicile. Tous ceux dont la vie est ponctuée par la mort des autres encerclent ce qui était, il y a
encore une demi-heure, le corps frêle mais vivant d’une coquette dame âgée : les gendarmes et le
médecin de famille, lui aussi alerté par son ma... >Voir plus
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LA FEMME MUETTE - Mathieu Albaïzeta- Roman - Éditions des Lacs - Lu en février 2022.

Que dire ? J'ai envie de rester muette après la lecture de ce livre.

Louise, gentille jeune fille timide, rencontre René en 1963.
Mariage d'amour pour elle, mais pour lui ?
De leur union naîtront deux enfants, Michel et Corinne.
René est garagiste, son affaire tourne bien. Ils "ont tout pour être heureux"
mais pourtant, la "bête" est tapie au fond de la tête de René. Louise met de l'amour dans tout, tout va bien.
Mais peu à peu, plus rien ne va, Louise ne compte plus au yeux de son mari, elle est devenue transparente sauf quand René lui fait du mal. Il est machiavélique.

Louise puise la force de tenir en écrivant dans son journal son quotidien "Si l'existence l'avait malmenée entre brimades et silences, insultes et fausses promesses, elle gardait jalousement un point d'ancrage, caché au fond du tiroir où elle pliait ses culottes. C'était son rituel du matin : chercher son trésor, son journal intime, pour y coucher de son encre trémulante quelques vers..." Page 154.

Printemps 2013, Louise est morte. "Une femme de soixante-douze ans qui trouve la mort après une violente chute, c'est plausible" page 156.

Corinne découvre le journal de sa maman, elle est horrifiée, elle ne savait pas à quel point Louise était maltraitée, elle demande pardon. Une lettre accompagne ce journal, Corinne comprend que sa maman n'est pas morte accidentellement.

Cette lecture est bouleversante, il y a tant de Louise autour de nous, trop de
violences envers les femmes, trop de femmes victimes de maltraitance par leur mari, compagnon ou ex. Il n'y a pas une semaine sans que l'on découvre avec horreur dans les nouvelles un féminicide, encore hier à Jumet (Belgique), "un homme poignarde sa compagne" et voilà encore une Louise morte. L'homme était pourtant "bien connu de la police" et avait déjà été condamné pour des faits de violence sur des femmes.
Pourquoi faut-il qu'il y ait mort pour que la justice agisse ? Combien de Louise encore seront victimes de violences physiques ou morales, voire les deux ?

C'est un long cri muet que Mathieu Albaïzeta lance dans son roman déchirant.




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Je compte les heures
Le mal au bout de ses doigts
Le printemps de l'ultime malheur
Tu as le diable en toi
La vie me transforme en miettes
Je suis la femme muette

Le 17 juin 2013, Louise Andrieu est retrouvée morte à son domicile.
Pour comprendre ce qui s'est passé ce jour tragique, il faut remonter le fil jusque dans les années soixante où Louise rencontre René qui deviendra son mari.

D'une nature simple, candide, introvertie, profondément gentille, Louise se voyait déjà en haut de l'affiche d'une grande histoire d'amour.
Louise voulait de l'amour.
Louise voulait du bonheur.
Louise voulait des regards.
Louise voulait des rêves à deux.
Elle ne recevra que brimades, tromperies, désillusions et indifférence.

Je pensais lire ici un livre sur la violence conjugale dans une sordidité des plus macabres. C'est beaucoup plus subtil et sensible. Mathieu Albaïzeta entoure Louise dans tous ses contours la rendant éprise, femme, mère. La violence est insidieuse, le silence et l'indifférence qui s'abattent sur Louise est pernicieuse, faisant d'elle une femme soumise et muette. Sa faiblesse fait mal au coeur. Louise fait partie de ces nombreuses personnes qui regardent la vie plutôt que de la vivre, qui lise leur histoire plutôt que de l'écrire. Elle subit tout avec une naïeveté des plus déconcertantes. Elle semble se bercer d'illusions.

Entre les écrits que noircit Louise au fil de sa vie, les faits d'actualité sur plus de cinquante ans qui ouvrent chaque chapitre, l'auteur signe avec La femme muette, un premier roman réussit qui fait osciller le lecteur entre tristesse et rage sans surenchérir dans le sordide à outrance. C'est d'un réalisme effarant et troublant.

Pendant que François Mitterand gagnait les élections, que Kennedy était assassiné, que Jeanne Calment fêtait ses cent ans, des centaines de Louise meurent en silence. Et de ça, personne n'en parle. Ces actualités ne font pas la une.

En 2020, La femme muette voit le jour aux éditions des lacs.
Merci Mathieu d'avoir crié ce roman pour toutes ces femmes muettes.
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Un immense merci à Mathieu Albaïzeta pour l'envoi de ce roman, si gentiment dédicacé...

Le 17 juin 2013, alors que le jour vient de se lever, que le soleil brille déjà et que les oiseaux gazouillent, Louise vient de mourir. René, son mari, a contacté la gendarmerie. le médecin de famille, lui aussi sur place, ne peut que constater son décès. Là, au pied de l'escalier. Un petit foulard beige noué autour du cou...

En 1963, la vie de Louise commence. Jeune femme timide et réservée, elle va se marier avec René, rencontré lors de la Saint-Jean organisée dans son village il y a maintenant un an. À peine plus âgé qu'elle, ce bel homme lui a tout de suite plu. Et le oui prononcé à l'église n'est que le scellement d'une promesse de bonheur à deux et de jours heureux. Très vite, une certaine routine, rassurante aux yeux de Louise, s'installe entre eux. Lui tient un garage, elle est serveuse au bar au bout de la rue. Mais, petitement, l'attitude de René change...


Louise, en épousant René, croit plus que tout à l'amour éternel et véritable. Malheureusement, elle sera bien vite déçue. René, en effet, n'est bientôt plus le même homme. Louise, bonne épouse, mère et ménagère, subit et supporte, au fil des ans, remontrances, reproches, coups bas, humiliations. En bonne épouse, elle ne dit rien, se mure dans le silence. Ses quelques vers posés sur papier, au fil des jours, des mois, des années, seront le seul moyen, pour elle, d'exprimer ses sentiments, ses désillusions, ses faux espoirs. Mathieu Albaïzeta nous plonge au coeur d'un drame qui se joue insidieusement, malignement, perversement. Car, si les coups ne sont pas donnés, les mots, l'indifférence, l'infidélité, le mépris, n'en sont pas moins violents et laissent des traces, aussi invisibles soient-elles. Ce roman, à l'ambiance de plus en plus oppressante au fil des pages, et à la plume incisive et épurée, se révèle tout à la fois bouleversant et terrible...
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le roman commence en 2013. Un mari retrouve sa femme morte au pied des escaliers. Il prévient la police et le médecin.
Ensuite, les années défilent à partir de 1963.
Louise travaille comme serveuse dans un bar de village.
Elle rencontre René dans un bal. Il est garagiste.
Leur relation les conduit au mariage. À cette époque, il semble que ce soit la seule façon de se libérer de l'autorité des parents.
Au début, leur relation est passionnelle. Louise devient mère au foyer.
Ensuite , insidieusement, René va changer et devenir froid, séducteur avec les autres femmes .
Louise accepte sans broncher. Elle espère toujours qu'il va changer.
René ne va pas changer et va se transformer en une véritable machine perverse de destruction mentale. Son seul but, asservir Louise pour en faire son souffre douleur.
Pas de coups ou rarement.
Les enfants devenus grands assistent à cette humiliation de leur mère.
Le roman est admirablement écrit et construit.
Les chapitres commencent par l'année où les évènements vont se dérouler avec quelques éléments qui situent des faits importants en France et dans le monde. Ils sont particulièrement bien choisis et très courts.
Le récit est parsemé de poèmes qui expriment une douleur de femme maltraitée. On se doute que Louise s'est exprimée à travers ces mots.
Les poèmes vont révéler leur importance à la fin du livre.
L'auteur nous présente avec beaucoup d'empathie une femme trop faible pour réagir et prendre sa vie en mains.
Dommage que Louise avait cette faiblesse de vivre sous le joug d'un homme.
J'ai admiré le pouvoir de l'auteur, Mathieu Albaïzeta de ne pas juger la situation , de la décrire en développant les rouages qui mènent à un tel martyre.
Le récit est très habilement mené et je n'ai pas pu m'empêcher de lire assez vite car je désirais vraiment que Louise se secoue mais j'ai quand même eu une petite satisfaction de vengeance à la fin. Je n'en dirai pas plus.
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Ma lettre à Louise,

Tu as épousé René, séduite par la beauté de ce jeune homme en espérant vivre le bonheur d'une vie mais tu vas vite déchanter.
Cet homme va rapidement se métamorphoser.
Il va s'empresser de te détruire.
Le harcèlement moral te fera aussi mal que de recevoir un coup.
Tu vas être trompée, abaissée.
Il prend le pouvoir sur toi et tu ne te rends pas compte de l'engrenage qui se referme.
Tu as un foyer deux beaux enfants mais il t'a reléguée dans ce rôle d'épouse réducteur alors que la normalité ce n'est pas cela.
Bats-toi, enfuis-toi… Mais non tu vas rester et subir cet « époux ».
Tu resteras menottée à cet homme et je me rends compte trop tard de ce que tu vis.
Louise, ta peau se flétri au même rythme que cette vie faite de douleurs…
Les regrets me tenaille. J'aurais tant voulu te sauver.
Ce 17 juin 2013, tu me quitte et je pleure…
Je te remercie Mathieu de m'avoir fait découvrir Louise.
C'est un réel coup de coeur.
Tu m'as sensibilisée avec ton écriture qui frappe là où il faut.
Ta poésie malgré la dureté de l'histoire est présente et déposée tout en finesse.
Je souhaite que Louise continue à vivre dans nos yeux.

Je marche dans la rue, je suis attentive au regard que je vais croiser. Es-tu une femme muette ?
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Le mot de l'éditeur

Louise a existé. Sous un autre prénom, dans une autre ville.
Peut-être l'avez-vous croisée un jour lors de vos courses, peut-être était-elle en train d'attendre derrière vous chez le boulanger ou s'était-elle assise discrètement à vos côtés lors d'un trajet en train que vous avez passé à dormir. Peut-être était-ce votre voisine ou la petite brune frêle et discrète d'un peu plus loin, dans la rue d'à côté. Louise existe toujours. C'est cette femme qui sourit au monde alors que le sien est détruit. C'est celle qui a peur, c'est aussi celle qui espère. Ce livre est fait de chapitres courts, comme une urgence de vivre. Ils respectent la chronologie de la vie de Louise. Dans ce récit, vous trouverez tout ce qu'on peut faire par amour... ou par désamour. Comme tout ce qu'on peut ne pas faire pour absolument les mêmes raisons.
Ce livre n'a pas de fin, parce que Louise est éternelle et intemporelle. Elle est partout et nulle part à la fois. Chacun reste libre d'interpréter les dernières lignes comme il l'entend : car la liberté est un cadeau que tous n'ont pas reçu.
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Dans ces soubresauts incontrôlés et les larmes qui lui montent aux yeux se trouve la question que Louise n'osera pas lui poser. Alors René répond à cette interrogation muette en dénonçant un fils à l'image de sa mère, bien trop discrète et craintive. Louise lui a légué pour héritage un caractère lâche te peureux. Elle s'effondre en larmes.
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"𝘼𝙞𝙢𝙚𝙧 𝙖 é𝙩é 𝙨𝙤𝙣 𝙘𝙧𝙞𝙢𝙚. 𝙐𝙣 𝙘𝙧𝙞𝙢𝙚 𝙙𝙤𝙣𝙩 𝙤𝙣 𝙣'𝙚𝙨𝙩 𝙟𝙖𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙘𝙤𝙪𝙥𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙨𝙚𝙪𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙡𝙞𝙘𝙚. 𝙋𝙚𝙪𝙩-ê𝙩𝙧𝙚 𝙢ê𝙢𝙚 𝙪𝙣 𝙘𝙧𝙞𝙢𝙚 𝙙𝙤𝙣𝙩 𝙤𝙣 𝙣'𝙚𝙨𝙩 𝙦𝙪𝙚 𝙫𝙞𝙘𝙩𝙞𝙢𝙚."
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« Tu as raison, mon fils chéri. Fais ce qui te rend heureux, si tu le peux » Ce à quoi Michel avait répondu qu’il le pouvait uniquement parce qu’il le voulait. »
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Le véritable bonheur grandit dans le silence d'un regard. Le malheur aussi.
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