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EAN : 9782221141441
462 pages
Robert Laffont (13/03/2014)
3.98/5   86 notes
Résumé :
Céleste Albaret fut la gouvernante et l'unique confidente de Marcel Proust pendant les huit années où il écrivit son œuvre, ce monument de la littérature mondiale. Jour après jour, elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Depuis la mort de Proust en1922, elle avait toujours refusé de livrer ses souvenirs. A quatre-vingt-deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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J'aime déambuler dans les détours et les contours qui mènent à l'oeuvre impressionnante de Marcel Proust. Je me suis dit qu'avant d'arpenter cette oeuvre gigantesque, démesurée, il me faudrait peut-être quelques clefs de compréhension.

Cela dit, j'ai lu il y a quelques années le premier tome d'À la recherche du temps perdu, du côté de chez Swann. Je m'y étais repris à plusieurs fois, parfois en y mettant de longues pauses, comme des respirations. Plusieurs années s'étaient écoulées dans cette tentative et puis, contre attente, cela vint un beau jour, je suis entré dans le récit, un peu comme un surfeur trouve la bonne vague et finit par s'y glisser. L'écriture de Proust, pour moi, c'est un peu cela, entrer dans sa vague...

Vous savez quoi ? À propos de Céleste Albaret, je me suis dit que cette femme, c'était la Félicité d'Un coeur simple, l'une des dernières nouvelles écrites par ce cher Flaubert, servante dévouée auprès de ses maîtres, presque dans l'abnégation. Ici Céleste Albaret, c'est un peu la même chose vis-à-vis de Marcel Proust, elle fut la fidèle gouvernante du grand écrivain, infatigable servante de ses jours et de ses nuits, surtout de ses nuits, mais aussi sa confidente...

Elle nous invite dans ce récit étrange peuplé de ses souvenirs, qui n'est pas une biographie, mais qui est sa parole, sa voix, un témoignage d'une tranche de sa vie, où elle entra au service de Monsieur Proust en 1913, quelques mois avant la Grande Guerre, et ce, durant huit ans, jusqu'à ce terrible jour du 18 novembre 1922.

Oui, je n'ai pas l'habitude dans mes chroniques de divulgâcher la fin des livres que je cite, cependant ici je dois vous avouer que le récit finit mal, par l'agonie et la mort de Marcel Proust où l'on ne peut rester indifférent aux mots épris d'émotion de Céleste Albaret pour évoquer ce dernier instant.

Mais qui était donc cette fameuse Céleste Albaret ? Elle est issue d'une famille modeste de paysans de la Lozère profonde et monte à Paris à la faveur d'un mariage avec Odilon Albaret, chauffeur de taxi qui a comme client régulier un certain Marcel Proust déjà célèbre. Ah, ce prénom, Odilon ! Comme il fleure bon le Paris d'avant, les rouflaquettes, les moustaches en guidon de bicyclette, les premières automobiles... Si un jour je me décide d'écrire un roman, je vous promets que le personnage principal s'appellera Odilon.

C'est par son entremise que Céleste entre au service de Monsieur Proust, à l'âge de vingt-deux ans pour s'établir dans l'appartement de l'écrivain, au 102 boulevard Haussmann.

Marcel Proust a beau être l'un des plus grands génies de la littérature française,- et je lui reconnais volontiers cette qualité, il n'en demeure pas moins que j'ai découvert ici un personnage fort peu sympathique, exigeant, capricieux, maniaque, jaloux, rancunier... Tout pour me plaire, mais les grands écrivains ne sont pas là pour nous séduire sur leur manière d'être... Ils ont un métier, celui d'écrire, de poser des émotions sur le papier, de nous transporter... Et puis, reconnaissons-le, à sa décharge, l'homme était d'une santé fragile, souffrant d'asthme, déjà affaibli par la maladie lorsque que Céleste entre à son service.

Céleste Albaret n'a pas écrit ce livre, bien que ce soient ses mots. Non, c'est un journaliste, un certain Georges Belmont, auquel elle livre ses souvenirs lorsqu'elle fut au service de Marcel Proust, témoignage recueilli quarante ans après et mis en forme par le journaliste. Georges Belmont, à qui l'on doit par ailleurs d'avoir interviewé Marilyn Monroe en 1960. Mais voilà que je m'égare, comme quoi on peut évoquer Marilyn Monroe et Marcel Proust dans le même billet !

Hum ! Mais qui est ce fameux Georges Belmont ? Si on creuse un peu, on découvre un type peu recommandable, secrétaire général adjoint à la Jeunesse au gouvernement de Vichy, qui lui valu de recevoir la francisque. Il fut, nous dit-on, "un rouage pro-nazi au verbe haut du gouvernement de Vichy". Découvrant cela, j'ai eu un bref instant une moue de dégoût en songeant que les mots que je lisais dans ce texte, étaient son écriture. Aïe ! Mais très vite je me suis laissé emporter par le flot époustouflant de la mémoire de la vieille gouvernante. Que nous révèle ce récit ? Céleste Albaret s'avère « prisonnière », recluse dans la solitude partagée avec l'écrivain dans cet appartement, lui inspirant plusieurs de ses personnages, comme Françoise, dans À la recherche du temps perdu.

Au départ du récit j'ai adoré cette seule escapade, à Cabourg, au grand-Hôtel, où Proust amène Céleste. Contemplant la mer, il lui promet de l'emmener un jour à la pointe du Finistère pour admirer la mer en furie dans le couchant du soleil. Quel homme inspiré pour inviter à un tel paysage !

Après le séjour à Cabourg, l'état de santé de Proust se dégrade et aucune sortie vers la mer ne se renouvèlera.

Après cette escapade, l'écrivain s'enferme dans sa chambre, derrière ses quatre murs immenses où il va continuer son oeuvre, abandonnant très rarement son lit devenu son bureau.

De temps en temps, la nuit il lui arrive de sortir dans Paris, mais fini Cabourg, finie la mer, finis les grands espaces.

Soumise à ses ordres et à ses appels, de jour comme de nuit, Céleste Albaret se plie à ses moindres désirs, ici apporter une bouillote, là plus tard faire du café, apporter des croissants... Toujours être présente... Et puis, l'écouter...

Céleste Albaret est une femme inculte, elle pensait que Bonaparte et Napoléon c'étaient deux personnages différents, mais elle est intelligente, fine, intuitive et généreuse, et cela en fait un personnage fort attachant.

Céleste Albaret a aidé Proust dans la rédaction de son oeuvre, imaginant des ingéniosités dans le besoin de corrections, inventant quasiment le Post-It avant l'heure...

J'ai vu ici combien Céleste Albaret a eu une place importante aux côtés de Marcel Proust. Elle fut sa seconde mère et, vous le savez comme moi, on ne dit pas tout à sa mère.

Céleste Albaret a veillé sur Proust jusqu'à sa mort comme on veille sur un enfant un peu fragile.

Marcel Proust lui évoque son enfance, sa jeunesse, ses amours, sa mère aussi...

Je m'attendais à quelques révélations étonnantes, ici il n'en fut rien. Céleste Albaret se contentant régulièrement de dire et contredire tel propos d'untel sur Marcel Proust. Ici j'attendais quelques révélations, ce n'est pas visiblement l'objet de ce récit.

Ainsi, Céleste Albaret a beau imposer sa vérité, elle ne révèle rien sur l'homosexualité possible de Marcel Proust, notamment sa relation avec Alfred Agostinelli, bellâtre rêveur et intelligent qui fut au départ au service de l'écrivain comme chauffeur de taxi puis comme secrétaire, il mourut tragiquement dans un accident d'avion. Marcel Proust ne s'en remit jamais.

Céleste Albaret n'a pas tout dit, car peut-être tout simplement Marcel Prout ne lui a pas tout dit.

On ne dit pas tout à sa mère...

Et puis tout de même, dans leur Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, Jean-Paul Enthoven et Raphaël Enthoven ne confient-ils pas : "Telle est Céleste : on lui met des fleurs du mal sous les yeux, et elle ne voit que des aubépines" ?

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Céleste Albaret avait été engagée en 1913 par Marcel Proust en qualité de « courrière », destinée donc sous cette appellation à porter à leurs destinataires sa correspondance. Elle est rapidement devenue sa confidente et lui voua une admiration telle qu'elle se laissa imposer par lui un mode de vie pour le moins assujettissant et décalé. Ce n'est que cinquante ans après la mort de Proust qu'elle confie à Georges Belmont ses souvenirs de la décennie passée dans l'intimité de celui-ci et consignés dans cet ouvrage. Pourquoi rompre le silence si jalousement entretenu et pourquoi si tard ?

Laissons-la nous le dire elle-même : « Mais aujourd'hui, avant de quitter à mon tour ce monde, l'idée qu'il puisse subsister un doute ou un mensonge sur tout ce que j'ai vu, m'est devenue si intolérable que je voudrais qu'il soit dit une fois pour toute que les pages qui vont suivre, notamment, sont l'exacte véracité de ma mémoire, et que j'ai suffisamment réexaminé, contrôlé et revérifié les faits dans mon souvenir pour avoir la certitude de ma fidélité absolue à la réalité de ce qui fut. C'est un testament que j'écris ici, non pas un témoignage. »

Les souvenirs de sa vie chez Proust, 102 boulevard Haussmann puis 44 rue Hamelin où il mourut en 1922, restent étonnamment précis si l'on en juge par leur retranscription dans cet ouvrage. Bien qu'elle regrette de n'avoir tenu aucun journal de cette décennie à assister un personnage handicapé par la maladie, jusqu'à satisfaire servilement ses moindres caprices, répondant de jour comme de nuit à la sonnette qui lui commandait de venir à son chevet. Il passait la plus grande partie de son temps au lit, à travailler comme un forcené à cette tâche qu'il s'était imposée, mettre le point final à l'imposant ouvrage bien connu des inconditionnels et auquel il ne survivra que quelques mois : A la recherche du temps perdu.

C'est un témoignage capital pour connaître le personnage. Celui qu'André Gide avait qualifié de dandy mondain est sans doute présenté sous son jour le plus proche de la réalité. Celui d'un enfant gâté dont Céleste Albaret a fait de ses défauts des qualités tant elle a fait preuve à son endroit d'une abnégation aveugle difficilement compréhensible.

Un ouvrage qui fait entendre une voix plus que lire un texte. Céleste Albaret se défend pourtant d'en faire un témoignage au profit d'une forme de correction de ce que la chronique a pu déformer, inventer pour compenser la part obscure du personnage cloîtré en sa chambre. On comprend à l'écouter à quel point la tâche que s'est imposée Proust est l'oeuvre d'une vie. Une vie qui ne débordera pas le temps de l'oeuvre, comme une mission confiée à cet être souffreteux : devenir pour la postérité l'illustrissime auteur de la Recherche, et accessoirement promoteur de la madeleine, ce petit gâteau en forme de coquillage quand on veut le faire évocateur de souvenirs.

Reste qu'aujourd'hui on a du mal à concevoir qu'une personne puisse s'enticher d'un personnage qui présentait des côtés bien détestables au point de lui sacrifier sa vie. Faut-il qu'elle ait perçue chez lui ce fonds d'humanité qui lui a permis de dépeindre les personnages de son oeuvre, leurs caractères et comportements, toutes couches sociales confondues, avec la lucidité que lui attribuent ses fervents lecteurs ; dont je ne suis pas, mea culpa.

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Voici la réédition des souvenirs de Céleste Albaret qui a accompagné Marcel Proust durant les huit dernières années de sa vie (1914-1922). le témoignage de Céleste Albaret est essentiel à plusieurs titres.

Tout d'abord, nous voyons comment l'écrivain échafaude son oeuvre. Il me semble impossible de dissocier le mode de vie et de travail de Proust de l'élaboration et de la réalisation de la Recherche. Céleste insiste sur ses sorties, ou sur les visites qu'il reçoit, qui sont des vérifications sur le terrain et auprès de ses « sources » de tel ou tel détail, élément, souvenir. Ce qui importe est l'exactitude du trait dans ce qui est composé, non pas parce qu'il est réaliste, mais parce qu'il est plausible dans le construction-reconstruction de l'univers du narrateur.

Ensuite, Céleste nous permet de voir l'obsession de l'oeuvre et de son aboutissement chez Proust. Il sait que le temps lui est compté, il ne doute pas que la maladie l'emportera, à partir de ce double constat, il met toutes ses forces dans le travail, égrenant les jours comme un compte-à-rebours jusqu'au moment où il écrira le mot « fin » sur son manuscrit.

Enfin, la gouvernante nous révèle aussi son travail d'assistante et éclaire le processus de stratification dans la rédaction de la Recherche. Les anciens cahiers (ou cahiers noirs en raison de leur couverture en moleskine) au nombre de trente-deux et qui seront brûlés en 1916 ou 1917 sur la demande de l'écrivain représentaient peut-être le squelette de l'oeuvre. Les nouveaux cahiers étaient ceux qui allaient constituer les manuscrits, sur lesquels Proust rédigeait, ajoutait, corrigeait, complétait, augmentés d'une masse considérable de papiers collés, les béquets (Céleste réfute le terme de « paperoles »). Les cahiers de notes et les carnets de notes complétaient le matériel nécessaire à l'auteur.

La personnalité de Céleste est surprenante. Jamais l'expression « rentrer dans les ordres » ne pourrait être mieux incarnée par une laïque. Proust exige tout d'elle et, au lieu de se dissoudre dans une obéissance-esclavage, elle se constitue. Jamais servile, mais dévouée. Jamais intéressée, mais loyale. Jamais curieuse, mais attentive. Elle a été façonnée par Proust pour son service. Cependant, elle n'est réduite à aucun moment à un rôle de servante car elle est celle qui il renvoie son oeuvre en composition comme un mur sur lequel vient sans cesse frapper une balle. Il lui parle, encore et encore, il lui raconte, il lui commente ses rencontres parce qu'elle lui offre une surface sur laquelle rebondir : elle écoute, sa réserve lui permet de se retirer en lui-même, puis de revenir vers elle pour tamiser ses impressions, ce qui lentement se décante pour l'oeuvre. Céleste utilise souvent ce mot « tamiser » avec une justesse indéniable.

Les mémoires de Céleste sont captivants, pour ce qu'ils nous restituent de « Monsieur Proust », mais la jeune femme qui se dessine dans son récit est aussi étonnante. Elle surprend, elle intrigue, on s'étonne de l'attachement qui la lie à Proust. J'y vois au moins deux raisons, l'une qu'elle évoque et l'autre qu'elle ne soulève pas – peut-être par pudeur ou gêne.

Quand elle arrive à Paris, elle se sent seule, loin de sa mère aimée. Elle est entourée par sa belle-famille, cependant l'environnement de celle-ci ne lui plaît pas, le commerce, le café ne sont pas son affaire ni son goût. Elle a besoin d'autre chose et, elle l'avoue, elle ne sait rien faire. Proust lui offre un poste à profil particulier, qui n'a rien de compliqué si ce n'est l'attention et le soin qu'il exige. Elle s'y coule immédiatement, elle a besoin d'être guidée, suivie, accaparée sans cesse par ses tâches pour ne pas sombrer dans la mélancolie et la nostalgie de son pays, de sa famille. Proust lui offre une « occupation ».

Par ailleurs, elle prend son service effectif quand Nicolas, le valet, et son mari Odilon sont mobilisés. Pendant, quatre ans, elle se fond dans l'intimité d'un homme qui n'est ni de sa famille, ni de sa classe sociale, ni de sa culture. Elle s'émancipe de son propre milieu. Elle apprend à téléphoner, à introduire des visiteurs souvent prestigieux, à porter des plis à des membres de l'aristocratie. Elle fait son apprentissage des codes de la haute société et de l'intelligentsia parisienne. Je suis étonnée de voir qu'elle connaît très bien les membres de l'une et de l'autre, et qu'elle a lu ou écouté Proust lui lire les ouvrages de certains poètes ou hommes de lettres. Comme elle a un sens aigu de l'observation, la volonté de bien faire, elle apprend vite. Comme elle ne doit rien oublier, elle a une excellente mémoire. Elle joue à « Nathanaël » avec l'écrivain, ce qui est une distraction peu commune pour les femmes de sa condition...

La guerre lui a laissé le champ libre. Elle ne sera jamais plus une femme au foyer, encore moins une commerçante qui tient boutique (malgré les désirs de promotion sociale de son mari et de sa belle-famille pour qui « être à son compte » est le but ultime, et en dépit de l'hôtel de la rue des Canettes qu'elle tiendra un temps avec Odilon). Son mari rentre de la guerre malade et pourtant sa maladie ne sera jamais mise en balance face à celle de Marcel Proust. Elle n'envisage à aucun moment d'abandonner son service pour s'occuper de lui. D'après Céleste, il n'y a jamais eu discussion entre les époux sur le fait pour Céleste de rester ou non en place après le retour d'Odilon. Ce dernier vient s'installer dans sa chambre comme si sa place était « à côté » et non pas « avec » elle. Quel étrange couple où la vie conjugale semble aspirée par les soins apportés à « Monsieur » ! En 1918, Céleste a vingt-six ans, son comportement est celui d'une vieille gouvernante blanchie sous le harnais. La seule spontanéité qu'elle s'accorde est dans la répartie.

La surprise que j'ai eue à la lecture des mémoires est que Céleste n'a rien reçu de Proust lui-même pour ce qui n'était plus depuis longtemps des services, mais un sacerdoce. Proust a toujours suivi la gestion de sa fortune, Céleste dit qu'il lisait chaque jour les journaux dont un journal financier. Il voyait ou écrivait à son banquier Horace Finaly. Il réglait les dépenses du ménage, d'ailleurs avancées par Céleste. Comment a-t-il pu omettre de lui laisser quelque chose alors qu'il savait sa fin proche ? Céleste dit qu'elle l'a découragé de lui laisser une lettre, ce qui sous-entend une libéralité probable. Proust aurait pu demander à son frère, à son banquier de prendre certaines dispositions pour elle. Je ne vois qu'une explication à ce fait étonnant : en toute fin, un bourgeois, sûr de son rang, de sa notoriété, de sa place dans la société se soucie moins de penser à une domestique qu'à sa gloire posthume. On pourrait plaider que justement parce qu'il ne la considérait pas comme une employée, il n'allait pas l'abaisser en lui faisant un legs. Cette explication ne tient pas pour moi parce qu'il avait « pensé » à lui faire un legs. Je crois qu'une personne qui a été gâtée toute son existence, choyée, adulée par certains, encensée par d'autres, a beaucoup de mal à se représenter la situation matérielle de quelqu'un de modeste. Il ne la voit pas vraiment, il ne l'anticipe tout simplement pas parce que cela ne fait pas partie de ses préoccupations habituelles. Il ne s'agit pas d'avarice, d'ingratitude, de mesquinerie, mais d'une projection impossible dans un monde qui lui est étranger.

J'ai lu avec un énorme intérêt les souvenirs de Céleste Albaret, souvent touchée par sa générosité, sa franchise et sa loyauté à l'égard de Proust. Elle n'a rien de la Françoise de la Recherche, sa noblesse de coeur et son intelligence en ont fait une femme exceptionnelle.

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En 1913 une toute jeune femme épouse un homme taxi de son état, son principal client lui adresse un télégramme de voeux pour son mariage « Je fais des voeux de tout mon coeur pour votre bonheur et celui des vôtres » , en 1922 les derniers mots écrits de cet homme il les lui confiera « à l'heure où sa plume a cessé de courir sur le papier ».

En 1913 Marcel Proust entra dans la vie de Céleste Albaret pour n'en plus ressortir.

De simple commissionnaire qui porte les ouvrages dédicacés chez les amis et relations de l'écrivain, elle devient une présence indispensable.

Elle l'accompagne lors de son dernier séjour à Cabourg mais au retour Marcel Proust lui annonce :

« Ma chère Céleste, il y a une chose que je dois vous dire. J'ai fait ce voyage à Cabourg avec vous, mais c'est fini : je ne ressortirai jamais plus »

La voilà enfermée avec l'écrivain pour neuf années, installée comme lui dans une vie de recluse.

Céleste guette les coups de sonnette, prépare « l'essence de café » et l'assiette avec le sacro-saint croissant, et elle attend que Proust l'appelle.

Elle est l'obéissance même, Proust lui conseille de lire, elle lit et y prend plaisir « Je me souviens même qu'il m'a conseillé Les Trois Mousquetaires. Je l'ai lu et cela m'a passionnée ».

Elle répond à toutes ses envies, commande le plat que l'écrivain réclame mais qu'il ne touchera pas car dit-elle

« Il était fin gourmet ou plutôt l'avait été. Je voyais bien que ses envies le prenaient comme des coups de souvenir »

Elle lui prépare ses boules d'eau chaude, s'occupe de la garde-robe, mais jamais au grand jamais ne vois Proust à sa toilette, c'est le domaine interdit de cet homme d'une pudeur presque maladive.

Mais bientôt voilà Céleste et Proust qui « entrent dans l'habitude de la conversation » , elle l'attend lorsqu'il rentre de soirée avec « l'air d'un jeune prince qui revient du bal de la vie. »

Jamais elle ne s'assoit dans cette chambre , elle l'écoute debout à côté du lit raconter les bals, les souvenirs de vie mondaine, son duel, ses années de jeunesse.

L'écrivain construit son oeuvre « Il faisait le tri de ce qu'il pensait (...) je suis sûre qu'il essayait sur moi, pour mieux voir ce qu'il écrirait »

C'est elle qui souffle à l'écrivain l'idée des béquets qui permettent de faire des rallonges au manuscrit, elle qui courre à la librairie pour trouver l'ouvrage que veut lire Proust. Elle assiste à la « course aux personnages » , à l'édification de l'oeuvre.

Elle devient une confidente, qui sait tout de la vie du maître, qui peux parce qu'elle en a la preuve, affirmer qu'André Gide « avec ses airs de faux moine » a refusé le roman de Proust sans l'avoir lu, qui a vu Gaston Gallimard faire antichambre « Ce M. Gallimard est un peu papillon, maintenant qu'il a vu la fleur, il voudrait se poser. Laissons le voleter encore un peu. »

Céleste est près de lui quand il est « pâle comme un mort, penché sur sa fumigation et cherchant désespérément à respirer ».

Elle est un coeur simple comme la Félicité de Flaubert, capable de tout sacrifier, confidente, rempart protecteur entre le monde "Il y a des moments où je me sentais comme sa mère et d'autres, comme sa fille."

Témoin privilégié, c'est un témoin émouvant, drôle, cruel parfois, sincère dans son admiration sans limite de l'homme. Elle ferme les yeux sur les défauts, sur les amours interdites, sur la tyrannie de Proust dont elle rit.

Pendant des années elle refusa tous les interviews, toutes les propositions de livre, elle se décide sur le tard à raconter "parce que trop de choses fausses ont été écrites par des gens que ne l'ont connu que par les livres "

Elle l'éternelle admiratrice comblée car dit-elle « C'est grâce à la gentillesse et à la bonté de Monsieur Proust, je puis vous le dire, que je suis devenu quelqu'un »

Si vous aimez Proust, si vous voulez le voir sous un jour très humain, parfois naïf mais toujours émouvant c'est le livre indispensable.

Il vous fera pénétrer dans une chambre sombre, enfumée et apercevoir une silhouette pâle assise dans le lit entourée de ses carnets, cachés sous des châles, avec à ses côtés une cafetière d'argent, un croissant posé sur une soucoupe..........


Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Céleste Albaret, née sous le nom Augustine Célestine Gineste le 17 mai 1891 à Auxillac (Lozère) et décédée le 25 avril 1984 à Montfort-L'amaury, était la servante dévouée de Marcel Proust. le 28 mars 1913, Céleste Gineste épouse Odilon Albaret, chauffeur de taxi dont Marcel Proust est un client régulier. En 1914, par l'entremise de son mari, elle devient la toute jeune servante de l'écrivain et le restera jusqu'au décès de celui-ci en 1922.

Sur les conseils du célèbre collectionneur et bibliophile Jacques Guérin, elle livre ses souvenirs, recueillis et mis en forme par le journaliste Georges Belmont, dans l'ouvrage Monsieur Proust paru en 1973. À la même époque, elle vend à Jacques Guérin plusieurs ouvrages que Marcel Proust lui avait offerts et qui figurent aujourd'hui parmi les trésors les plus recherchés des bibliophiles français. En hommage à une personnalité qui a participé intimement à l'histoire de la littérature et qui a grandement contribué à la préservation de ses textes, Céleste Albaret est faite commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres. Dans sa Recherche du temps perdu, Marcel Proust a immortalisé sa gouvernante sous le nom de Françoise et dans Sodome et Gomorrhe, un personnage porte le nom de Céleste Albaret.

Au crépuscule de sa vie, Céleste Albaret 82 ans, plus qu'agacée par ce qui a été écrit ou dit sur Marcel Proust depuis son décès, décide de frapper du poing sur la table afin de rétablir la vérité. Sa vérité. Et il faut admettre qu'elle était certainement la mieux placée pour évoquer le grand écrivain, puisqu'elle avait vécu avec lui de 1913 à 1922 date de sa mort. le contenu de l'ouvrage est franchement fascinant à tout point de vue !

Il l'est tout d'abord par la puissance mémorielle de la dame. Sans avoir tenu de journal (elle insiste plusieurs fois sur ce point), cinquante ans après les faits, elle se souvient dans les moindres détails, de ce qui s'est passé tel jour, de qui s'est présenté à l'appartement de Proust, ou plus fort encore, de quelles personnes Marcel Proust a rencontré lors de dîners ou de réceptions où elle n'était pas, mais que l'écrivain lui a raconté car il adorait papoter avec elle. Si le bouquin était sorti aujourd'hui, mon premier réflexe aurait été de douter…

Servante, coursière, secrétaire, confidente, Céleste Albret partagea la vie de Proust dans l'appartement du boulevard Haussmann puis de la rue Hamelin à Paris. On connaît désormais la vie de reclus de l'écrivain, vivant la nuit et dormant (si peu) le jour « Longtemps je me suis couché de bonne heure » c'est-à-dire à 8h du matin, son asthme, ses manies voire sa maniaquerie, son oeuvre rédigée du fond de son lit, un type qui ne mange qu'un café crème et un croissant par jour, on s'étonnera qu'il ne puisse pas sortir de son lit car trop fatigué !

Tout est parfaitement décrit ici et l'on en retire un portrait psychologique saisissant d'un homme qui semble avoir consacré son existence à un seul but, écrire son oeuvre. « Il avait une haute idée de sa supériorité, tout en se gardant de le laisser voir » mais il savait être d'une extrême bonté et largesse avec les gens. Même ses caprices ( ?) quand il désire quelque chose immédiatement sont acceptés car demandés de telle manière que Céleste ne refuse jamais. Fabuleusement observateur, doté d'une mémoire infaillible, très calculateur aussi, toutes ses actions, ses sorties dans le monde, ne servent qu'à alimenter son imaginaire et ses livres. Quant à son homosexualité présumée, Céleste en doute, moi j'y vois plus certainement un homme asexué.

J'ai parlé de bouquin fascinant car outre la personnalité de Marcel Proust, assez ahurissante à elle seule, on peut aussi s'interroger sur celle de Céleste Albaret. Une jeune femme arrivée de sa province qui tombera immédiatement sous le charme (dans le sens de surnaturel ?) de cet homme qui mène une vie complètement inconcevable, vivant la nuit dormant le jour, il ne supporte aucun bruit, aucune odeur, tout doit être à sa disposition dès qu'il réclame, tout cela étant le boulot de Céleste qui elle-même devra adopter ce rythme de vie et ces horaires décalés. Non seulement elle ne se plaint pas, mais elle adore cela, leurs rapports variant de mère/enfant « Oui, mais vous êtes beaucoup mieux à remplacer Maman auprès de moi » sauf qu'elle est beaucoup plus jeune que lui, à gourou/disciple dans un dévouement qui confère à l'aveuglement consenti. Elle seule sait de quoi et quand Marcel a besoin, c'est pourquoi elle sera sa « préférence » aurait chanté Julien Clerc. Leur couple symbiotique laisse sans voix. Parce que c'était elle, parce que c'était lui…

Livre passionnant pour les admirateurs de l'écrivain, fascinant pour tous les autres. Et si l'on s'étonne de tant de précisions ou de contradictions minimes (il n'utilise pas la cheminée à cause de son asthme mais un jour il réclame « Chère Céleste, auriez-vous la bonté de mettre encore une bûche… » p. 323), nous sommes en présence d'un ouvrage de référence avec des informations de première main, même si l'objectivité doit être mesurée à l'aune de l'admiration de Céleste pour Monsieur Proust.

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critiques presse (2)
Lexpress
12 mai 2014
Restituant avec verve les dialogues de son maître avec ses visiteurs célèbres, celle qui inspira fortement la Françoise de La Recherche nous livre bien plus de clefs sur "monsieur Proust" que nombre d'exégèses savantes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs
05 mai 2014
On réédite le bouleversant témoignage, paru il y a quarante ans, de Céleste Albaret, qui fut la gouvernante de Proust.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation

"Céleste, j'ai mis le mot fin"

(...) Il était environ quatre heures lorsqu'il a sonné. Je suis venue par le petit salon. Il avait sonné un seul coup, j'arrivais donc les mains vides -pour apporter le plateau, c'étaient deux coups de sonnette-. Quand je suis entrée, il reposait dans son lit, le buste et la tête légèrement soulevés par les oreillers, comme d'habitude, dans la lumière de la petite lampe qui laissait son visage dans l'ombre, à part le regard, qui était toujours si fort que l'on sentait quand il vous observait ou vous suivait. J'ai tout de suite remarqué qu'il n'avait pas fait de fumigation en se réveillant. Qu'il n'ait pas "fumé" ce jour-là m'a toujours frappée.

D'ordinaire, je l'ai dit, tout se passait silencieusement à ce premier contact -un léger geste pour remercier, un autre, le cas échéant, ou une simple orientation des yeux pour signifier qu'il avait besoin de quelque chose; il n'était pas nécessaire de parler, je comprenais le moindre signe.

Il avait l'air très fatigué, mais il souriait en me regardant venir. Tout de suite, j'ai été frappée par la lumière de son expression.

Comme j'arrivais près du lit, il a tourné un peu la tête vers moi, ses lèvres se sont ouvertes et il a parlé. Depuis que je vivais auprès de lui, c'était la première fois qu'il m'adressait la parole au sortir de son réveil et avant d'avoir pris sa première tasse de café. Jusqu'à sa mort, cela ne s'est plus reproduit. J'ai été surprise malgré moi, et je suis restée là, avec mon plateau en suspens.Il m'a dit:

-Bonjour, Céleste...

Un petit instant, son sourire a paru déguster ma surprise. Puis il a repris:

-Vous savez, il est arrivé une grande chose cette nuit.

-Que s'est-il passé, Monsieur?

-Devinez.

Il s'amusait beaucoup. Rapidement, dans ma tête, j'ai fait le tour de ce qui aurait pu arriver. Ce ne pouvait pas être une visite inattendue -je l'aurais su et entendu; jamais il ne fut allé ouvrir lui-même la porte. Qu'il ait pu se relever pour sortir était également inconcevable; jamais il n'eût décroché de ses mains son pardessus et son chapeau dans le vestiaire; toujours il fallait que tout fût préparé. Tout en cherchant, j'inspectais du regard la chambre. Je me disais "personne n'est venu; il n'a pas demandé ses vêtements; il n'est pas sorti; il n'a pas grillé sa bouilloire électrique; il n'a rien cassé; tout est en place..."

J'ai dit:

-Monsieur, je ne vois pas du tout ce que cela peut être, je ne peux pas deviner. Cela doit être un miracle. Il faut que vous me l'appreniez.

L'air tout heureux et rajeuni, il jubilait comme un enfant qui a joué un bon tour.

-Eh bien, ma chère Céleste, je vais vous le dire. c'est une grande nouvelle. Cette nuit, j'ai mis le mot "fin".

Il a ajouté, toujours avec son sourire et cette lumière dans son regard:

-Maintenant, je peux mourir.

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Une nuit – ce devait être vers la fin de la guerre, alors que j'étais déjà près de lui depuis trois ou quatre ans – il m'a dit :

- Ma chère Céleste, je me demande ce que vous attendez pour écrire un journal.

Moi, je me suis mise à rire :

- Je vois cela, Monsieur. Encore une petite moquerie comme vous aimez à m'en faire.

- Je suis sérieux, Céleste. Personne ne me connaît vraiment, que vous. Personne ne sait comme vous tout ce que je fais, ni ne peut savoir tout ce que je vous dis. Après ma mort, votre journal se vendrait plus que mes livres. Si, si, vous le vendriez comme le boulanger vend ses petits pains le matin, et vous gagneriez une fortune. D'ailleurs, j'irai encore plus loin, Céleste : vous l'écririez, et moi, je vous le commenterais.

Là-dessus, je me souviens de lui avoir expliqué :

- C'est ça, Monsieur ! Vous répétez constamment que vous n'avez pas le temps de faire ce que vous avez à faire, et vous voudriez commenter mon journal par-dessus le marché ! Quand je vous dis que vous vous moquez !

- Il a soupiré, puis il a dit encore :

- Vous avez tort, Céleste, et vous le regretterez. Vous n'imaginerez pas le nombre de gens qui viendront vous voir après ma mort, ni qui vous écriront. Et à ceux-ci, naturellement, telle que je vous connais, vous ne répondrez pas.

Le pire est que tout est vrai. On est venu me voir du monde entier, depuis sa mort. Je continue à recevoir des lettres, auxquelles je ne réponds pas. Mais surtout, je regrette de n'avoir pas tenu ce journal, parce que, principalement s'il me l'avait commenté, j'aurais eu une autre arme que ma parole et ma mémoire pour lutter contre les mensonges, bien ou mal intentionnés, répandus sur son œuvre et sur lui.

39 – [Robert Laffont, 1973, p. 162-163]

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Dix années, ce n'est pas si long. Mais c'était M. Proust, et ces dix années chez lui, avec lui, c'est toute une vie pour moi ; et je remercie le destin de me l'avoir donnée, parce que je n'aurais pu rêver d'une vie plus belle. Je ne me rendais pas compte à quel point. Je menais mon train-train, j'étais contente d'être là. Quand je le lui disais, il avait un petite œil scrutateur, à la fois taquin et gentil, et il répondait :

Voyons, chère Céleste, vivre tout le temps la nuit, ici, avec un malade, cela doit être bien triste ?

Et moi je protestais. Il s'amusait, mais il avait deviné bien avant moi ce que cette existence représentait pour moi. C'est difficile à exprimer. C'étaient son charme, son sourire, sa façon de parler, avec sa petite main contre sa joue. Il donnait le ton comme une chanson. Quand la vie s'est arrêtée pour lui, elle s'est arrêtée aussi pour moi. Mais la chanson est restée.

2516 – [Robert Laffont, 1973, p. 11/12]

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... son œil pétillait – comme cette nuit où il est rentré d'une réception chez le comte de Beaumont, dont l'attraction était un hypnotiseur. Toute l'assistance s'était soumise à l'expérience, y compris le comte, qui s'était endormi et qui a voulu que M. Proust y passe aussi. Mais l'hypnotiseur s'est récusé : « Oh, non pas monsieur ! » M. Proust en était très fier...

- Il a senti que cela n'irait pas comme avec le comte, qui s'est endormi comme un seul homme, ni comme avec les autres, m'a-t-il dit. Vous comprenez, Céleste, il m'intéresse et il m'amuse. Mais il est de ces gens qui empruntent autour d'eux le peu d'esprit qu'ils ont. Ce qui fait que l’hypnotiseur n'avait pas de mal à lui donner un peu du sien. De toute façon, ce n'est pas allé très loin.

2594 – [p. 158/159]

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Je vois ce grand seigneur qui entre. Il faisait très jeune - mince, mais pas maigre, avec une très jolie peau et des dents extrêmement blanches, et aussi cette petite mèche sur le front, que je devais toujours lui voir et qui se faisait toute seule. Et puis cette élégance magnifique et cette façon curieuse, cette espèce de retenue que j'ai remarquée ensuite chez beaucoup d'asthmatiques, comme pour économiser leurs forces et leur souffle.

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Vidéo de Céleste Albaret
Projections des dessins de Stéphane Manel Festival Paris en toutes lettres
Le 18 novembre 1922, Marcel Proust rendait son dernier souffle. Cent ans plus tard, l'importance de son oeuvre ne se dément pas comme en témoigne la vivacité de la création qu'elle suscite.
Céleste Albaret a été la gouvernante de Marcel Proust pendant les huit dernières années de l'existence de l'écrivain, années durant lesquelles il achève l'écriture de son chef-d'oeuvre – Céleste est d'ailleurs une des inspirations du personnage de Françoise dans La Recherche. Jour et nuit, Céleste Albaret prend soin de Marcel Proust. Plus qu'une simple gouvernante, elle est sa confidente et son soutien dans la rédaction d'un des plus grands romans du XXe siècle. Avec cette lecture de ces souvenirs, Marianne Denicourt nous plonge dans la chambre de Proust, pièce d'écriture et de vie, en totale intimité avec l'homme et l'écrivain.
Adaptation Marianne Denicourt & Ivan Morane. D'après les entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont.
À lire – Céleste Albaret, Monsieur Proust, souvenirs recueillis par Georges Belmont, adapté par Corinne Maier, illustrations par Stéphane Manel, éd. Seghers, 2022.
Lumière par Marta Bellini, son par Adrien Vicherat
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