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Critiques sur Et j'abattrai l'arrogance des tyrans (37)
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artemisia02
  14 mars 2019
Grâce à ce roman j'ai découvert l'histoire d'une révolte de paysans en Angleterre au 14eme siècle.
L'auteure met en avant une femme, Johanna, qui va marcher jusqu'à Londres avec son mari et d'autres paysans pour exprimer leur colère à l'encontre du Roi et lui faire part de leurs revendications. Johanna lui permet aussi d'explorer la condition féminine de cette époque, grosso modo peu de considération pour la femme cantonnée à son rôle de base principalement une épouse et une mère mais surtout sans opinion.
Comme toute révolte de cette époque et malgré quelques coups d'éclats, elle finira dans le sang et la répression.
Un premier roman intéressant du point de vue historique et un titre très bien trouvé.
Par contre, j'ai moins accroché au choix du langage de l'auteure : un langage familier voire vulgaire de temps en temps. Ce choix m'a déplu, trop de décalage entre l'époque et la langue utilisée.
Mais le plus gros bémol reste la dizaine de fautes d'orthographe, de mots. Je n'ai pas pu m'empêcher de les corriger au crayon à papier pour les prochains lecteurs. Quel dommage.
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Bazart
  29 novembre 2018

le premier roman de la géographe et professeur Marie-Fleur Albecker, « Et j'abattrai l'arrogance des tyrans », paru chez Aux Forges de Vulcain est un vrai OLNI, un voyage historique et féministe qui raconte 'une révolte sociale qui a vraiment eu lieu au Moyen-âge en Angleterre, alors que des paysans furieux d'une énième et injuste augmentation de l'impôt, décident d'aller faire savoir leur mécontentement à leurs infatués dirigeants.

Un soulèvement qui offre à Johanna Ferrour, pétrie d'ennui et rongée par une brûlante envie d'évasion, l'occasion de fuir son quotidien pour défendre son statut de femme et de revendiquer des droits parfaitement légitimes.

Acec cette épopée flamboyante et déjantée, Marie-Fleur Albecker nous parle de rapports de domination, et d'évolution de la condition féminine avec une langue inventive, trufée d'anachronisme avec un rythme soutenu et un vrai apport documentaire.

Bref, voilà un roman franchement réjouissant et rempli d''audace.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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AlexandrePage
  05 août 2019
On va vraiment penser que je suis un vilain babelionaute acariâtre à force de dire de mauvaises choses sur les dernières nouveautés lues (et un vieux réac à force de dire de gentilles choses d'ouvrages anciens), mais honnêtement, là je ne comprends pas.

Ce livre promet d'abattre l'arrogance des tyrans et a déjà le titre le plus prétentieux de toute la rentrée littéraire 2018. Enfin, passons. Ca me fait mal de dire ça car j'aime bien cet éditeur, mais là, ce livre est mauvais.

La langue est une catastrophe. L'autrice déclare ne pas vouloir pasticher la langue du Moyen-Age. On peut la comprendre (le pourrait-elle seulement?), mais entre le langage de Chrétien de Troyes et celui du bistrot du coin, il y a un gouffre tout de même! Pourquoi choisir une période historique si:

- les personnages parlent comme en 2019 (et encore, j'espère qu'ils ne parlent pas tous comme ça en 2019)

- le message se veut contemporain

Car en effet, l'histoire ici n'est qu'un prétexte. D'ailleurs l'autrice a indiqué elle-même dans une interview n'avoir employé qu'un livre de 1988 (et quelques autres non précisés), et ne connaître aucun autre auteur de romans historiques français qu'Eric Vuillard. L'autrice se moque du contexte qu'elle a choisi, et son livre aurait tout aussi bien pu prendre place à n'importe quelle autre époque que cela n'aurait rien changer. Elle est tout à son message (féministe, mais surtout d'une balourdise consommée), et les romans dominés par leur message sont rarement des réussites.

Un roman existe grâce à ses personnages, son contexte, son intrigue, dès lors que tout cela se contente de servir un message, alors autant privilégier l'essai ou le pamphlet, car le résultat est lourd, caricatural, indigeste, et J'abattrai l'arrogance des tyrans (titre qui pèse déjà sur l'estomac) en est une preuve manifeste.

C'est très regrettable car le sujet a été rarement traité (tant en littérature de fiction que de non-fiction francophones) et il y avait de la matière à utiliser, mais l'autrice ne nous dit pas grand-chose des événements, "embringuée" qu'elle est dans son message d'une finesse pachydermique.

J'ai l'impression que madame Albecker avait une colère à exprimer avec ce malheureux livre qui aura joué, comme souvent dans la littérature contemporaine un rôle cathartique que les "écrivains" aiment retirer à leur psychologue. Dommage pour la littérature, dommage pour les lecteurs, mais c'est vrai qu'il faut payer le psy lorsque le lecteur paye pour lire les épanchements de l'écrivain. Heureusement, celui-là, je ne l'ai pas payé.







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mumuboc
  15 février 2019
Quel étrange premier roman ! Mêler langage et réflexions du XXIème siècle à une révolte du XIVème siècle….. Original et pourquoi pas après tout. Qu'importe les siècles, les révoltes sont souvent similaires…..

Elle qui souffre le double fardeau de l'idéal pour lequel elle s'est battue et d'une révolte de femme qui paraît absurde à tous ceux qui l'ont entendue. Seule, entièrement. (p194)

Trop d'impôts, trop de taxes, trop d'injustices…. Cela ne vous rappelle rien, être femme, subir les injustices dues à votre sexe, tiens tiens, cela me rappelle aussi quelques luttes.

Et pourtant ce premier roman de Marie-Fleur Albecker, sorti bien avant certains mouvements actuels, trouve un écho dans l'actualité. Ce roman est le cri d'une femme Johanna Ferrour, violée par son premier mari puis remarié à William, paysan, ils vont se mêler tous les deux à la révolte qui eut lieu en 1381 en Angleterre, contre des taxes et impôts injustes, révolte menée en autres par John Ball, qui finira par un semblant de compromis et l'exécution des principaux meneurs.

L'autrice aurait pu utiliser un langage de l'époque, en vieux français (difficile à comprendre) mais a choisi, et surtout dans les deux premières parties, d'utiliser une narration avec les mots et expressions de notre siècle…. Une immersion totale dans les défilés, dans les manifestations, donnant le sentiment parfois de ne plus savoir de quelle époque il s'agit

Ah mais oui, bien sûr, parce que quand tu as appris à fermer ta gueule toute ta vie et que tu risques une accusation de sorcellerie rien que parce que tu dis tout haut ce que tu penses tout bas, c'est juste que tu es une caractérielle qui fait la gueule. Pour une fois, au lieu de hurler « OUAIS CONNARD ET LA PROCHAINE QUE TU DEMANDES JE TE BOUFFE LE NEZ DIRECT IL VA PAS RESTER GRAND-CHOSE DE TOI ET DE TA PETITE QUEUE ! (p119)

Alors c'est vrai que cela dépayse, une page d'histoire avec un langage pas toujours châtié mais vrai, peut-être finalement, à quelques détails près, celui utilisé à cette époque, en tout cas langage adapté et qui reflète l'ambiance et la colère qui peuvent régner quand le peuple n'en peut plus !

Que de combats doit mener Johanna ! Etre femme au XIVème siècle n'est pas une sinécure… Alors vouloir se mêler aux hommes, vouloir tenir sa place, revendiquer des droits alors que vous n'avez que celui de vous taire, de travailler et d'assurer le bon vouloir de l'homme…. Elle se retrouve finalement en première ligne, n'hésite pas à élever la voix, à affirmer ses choix, le temps d'un combat, d'une lutte, avoir le sentiment d'exister.

Le récit se compose de quatre parties : la mise en route et la marche de ces paysans, un état des lieux de l'époque et des différents personnages. Ensuite les victoires du fait du nombre, de l'entente, des rencontres. L'union fait la force mais Johanna va vite apercevoir les limites et les débordements qui vont la faire basculer, elle aussi, dans la violence. Elle fait preuve de lucidité sur l'issue du combat et des gens qui l'entourent. Elle sait lire dans les regards des puissants mais aussi de ses concitoyens, intuition féminine.

J'ai trouvé amusant de donner, dans la troisième partie la parole aux différents protagonistes, se révélant finalement tels qu'ils sont, bas les masques :

Incroyable quand même, que ça ait persisté, enfin je veux dire, les seigneurs sont au fond des gens compétents dans l'ensemble, c'est pour ça qu'ils sont en poste, non ? Enfin bref, il faut ajuster des trucs, c'est sur, mais tout ça me semble un peu extrême, un peu too much. (…) Parce que faut pas se faire d'illusion, ça va saigner. Faut que je trouve un moyen discret de me barrer dès que possible (p133)

On y retrouve également les grands maux de notre société actuelle (rien ne change) : injustice sociale mais aussi rivalité commerciale entre petits commerçants et flamands puissants, entre autres.

En prenant une révolte vieille de 700 ans, Marie-Fleur Albecker, professeur d'histoire géographie, utilise une autre façon de raconter l'Histoire qui fait miroir avec le présent. Sûrement que ce style peut plaire et je le trouve judicieux surtout pour un public plus aguerri à ce franc-parler mais pour moi cela a été un peu plus ardu, lassant.

J'ai failli abandonner à la moitié du récit, puis j'ai pensé que la démarche était malgré tout intéressante, innovante et totalement en adéquation avec l'histoire, avec le contexte.

Evidemment le combat féminin tient une grande place, demander justice sociale ne peut faire oublier l'égalité des sexes et Johanna envoie du lourd.

En ouvrant ce livre vous entrez dans une sorte « d'expérience » d'écriture, réussie mais qui n'emporte pas, pour moi, ma totale adhésion. Ce n'est pas une littérature que j'apprécie même, et c'est cela qui est ambigu, si je suis contente de l'avoir découvert et de l'avoir lu jusqu'au bout.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Leraut
  07 août 2018
Epoustouflant, indispensable, à part, c'est le roman du siècle !! « Et j'abattrai l'arrogance des Tyrans » de Marie-Fleur Albecker puissant, digne de Vulcain est une construction livresque d'orfèvre pure. Ce roman historique mais pas que, est mené d'une main de maître et des plus grands ! L'écriture douée, mature, intuitive enchante les pages qui pourraient sonner le glas d'une sombre période. Il n'en est rien. le style est frais, aérien, divin. C'est un pur enchantement, une merveille à l'aube des révoltes nées. Une fleur dans un champ de haute littérature, hymne de la liberté, que l'on ne coupera jamais. Marie-fleur Albecker vit son histoire. On sent dans les lignes la conviction de son éthique, toute d'égalité et de justice. Le féminisme a la part belle aussi et la délicatesse des sons est une main caressant la chevelure brune de Johanna héroïne de cette histoire citadelle. Tout se passe en 1381. Une révolte gronde et tel un rocher dévalant la pente des injustices va briser la folie indécente des Seigneurs lorsqu'ils vont entreprendre d'augmenter les impôts. La servitude prend des allures de combats intérieurs. Le lecteur pénètre dans cette période par la grande porte, marche à côté de Johanna et se prend lui aussi à vouloir défier le roi. Des révoltés faisant front commun qui s'écartent de toutes impasses avec pour outils, ces valeurs fondamentales de justice, de concorde et de fraternité, deviennent subrepticement des modèles. le style de l'auteure est le levier salvateur de ce roman hors pair. L'osmose entre les siècles opère son champ d'action. Les clins d'oeil sont subtils et perspicaces. le lecteur apprécie ce côté jubilatoire aussi. « Voici venu le moment crucial qui sépare l'émeute de la révolte : on a cassé deux ou trois pots, brisé des vitrines au coin de la rue et laissé quelques cadavres sur le carreau, ça fait la mesure pour un accès de colère comme il y en a d'ailleurs eu les années passées. ça c'est business as usual. Il est possible de rentrer chez soi et de faire le gros dos – quoique Thomas Baker risque de prendre cher pour tout le monde, car tuer quelques ploucs du crû, c'est une chose, buter trois clercs savants d'un membre du Parlement, c'est quand même plus délicat. »Ses convictions en étendard l'auteure prend les rènes de cette révolte et va semer sur le chemin, ses engagements de femme libre. Johanna semble l'auteure et ce jeu de rôle est le miroir cher aux femmes. « Et j'abattrai l'arrogance des Tyrans » est une entrée dans la raison, dans la quête existentialiste. Les hommes et femmes s'élèvent dans cet entre monde comme si la lumière du jour devenait peu à peu celle qui peut couper les chaînes des entraves mentales. Briser les armures et étreindre la justice chère aux hommes et femmes de bonne volonté. La page 155 est à apprendre par coeur. Ce roman est bouleversant, percutant car trop beau et trop fort. Il laisse après le point final l'envie furieuse de le recommencer encore et encore. Merci pour ce chef d'oeuvre engagé, féministe et humaniste. C'est un roman pour l'éternité. Publié par Les valeureuses Editions « Aux Forges de Vulcain » ce roman est aussi une belle signature éditoriale tant l'histoire semble celle d'un forgeron au beau devenir. Roman culte
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myriampele
  17 novembre 2018
Marie-Fleur Albecker revisite l'histoire avec beaucoup d'ironie mais également beaucoup de sérieux. Nous sommes en 1381, Johanna est une femme mal mariée, et elle s'engage dans la rébellion auprès des gueux, des paysans, éreintés par les impôts, excédés par les privilèges des " grands". Johanna symbolise la Femme libérée, éprise de justice, mais au XIVème siècle ! Nous sommes au XXIème siècle, et l'auteure s'exprime en notre langage, avec talent.
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JCLDLGR
  12 septembre 2018
Très vite lu, cette petite (mais o combien importante) tranche d'histoire Anglaise est racontée de l'intérieur par une héroïne imaginaire, entourée des vrais héros (Wat Tyler et consorts) et tous les paysans en révolte marchant sur Londres.
Le langage populaire est délibérément actualisé, façon Alexandre ASTIER, mais personnellement je trouve que c'est un peu trop. On aimerait des personnages un peu plus caractérisés, ce qui donnerait un peu plus d'épaisseur, au propre comme au figuré.
Cela dit, on est plongé dans la marche et on vit avec les paysans, jusqu'à l'épilogue, et c'est ce qui rend ce petit livre prenant.
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Horizonetinfini
  09 décembre 2018

Marie-Fleur Albecker tout comme son héroïne est une vrai meneuse, elle nous conduit en 1381 pour raconter une rébellion Anglaise peux connue en France : La révolte des Paysans.

Johanna qui voudrait guider le peuple vers la liberté est aussi un moyen pour écrire sur le rôle de la femme hier et aujourd'hui.

Ce premier livre de l'auteur est une découverte, j'adore son style, sa verve subtile et irrévérencieuse.

Le lecteur sera pris par la contagion de l'envie de justice mais, l'existence ordinaire reprendra vite son cours.

Wittgenstein disait que “Le réel n'est qu'un cas particulier du possible”, ce livre d'une extraordinaire actualité est une invitation à la réflexion sur les manières de rendre des avancées réalisables.

Amoureuses et amoureux du Moyen-Âge vous allez être également comblés par les descriptions de la vie à Londres et dans les contrées périphériques du Royaume.

Bonne lecture !
Lien : https://blog.lhorizonetlinfi..
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DOMS
  19 novembre 2018
1381 en Angleterre, la grande peste et la guerre de cent ans ruinent le pays, les paysans vont devoir payer un nouvel impôt. Alors la rage éclate, car écrasés de taxes et d'impôts divers ils arrivent tout juste à survivre. La révolte éclate, serfs, paysans, par milliers de pauvres ères quittent leurs régions de l'Essex et du Kent armés de haches et de gourdins à l'assaut de Londres et de la garde du Roi Richard – le deuxième du nom, un roi à peine âgé de quatorze ans – pour demander l'annulation de la loi scélérate.
Dans cette foule, il y a aussi des hommes plus instruits qui mènent les troupes, mais également Johanna Ferrour. Une jeune femme d'à peine trente ans, mariée à un homme plus âgé, avec qui elle vit une relation qui, si elle n'est pas d'amour et de folie douce, est pour le moins harmonieuse. Mais Johanna décide de se battre aux côtés des gueux avec son époux William, pour demander justice et réparation pour ces inégalités, pour ces affronts endurés par des générations de paysans dociles et exploités. Elle part cheveux aux vents quand toute femme qui se respecte porte un foulard sur la tête, reste au foyer et ne demande ni ne prend surtout pas la parole… La suite on s'en doute sera épique et combative…
Ce que j'ai aimé ? Sans doute ce qui m'a au départ le plus déroutée, ce langage si moderne qu'on oublie forcément qu'il s'agit de la narration d'un fait historique. L'auteur nous entraine dans le présent, dans ses références, son langage, son argot aussi et ses situations.

Lire la chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2018/11/07/et-jabattrai-larrogance-des-tyrans-marie-fleur-albecker/
Lien : https://domiclire.wordpress...
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SophieLesBasBleus
  12 septembre 2018
C'est de foudroyante manière que le premier roman de Marie-Fleur Albecker renouvelle la forme du roman historique. Tout commence en 1381, lorsque les serfs et paysans anglais se regroupent afin d'aller porter leurs doléances au jeune roi Richard II. Liberté, abolition des privilèges, justice, révocation des conseilles félons... les revendications se font de plus en plus virulentes à mesure que la troupe s'avance vers Londres et s'augmente d'autres frondeurs.

Johanna, une jeune femme rêveuse et indépendante, s'est jointe à la révolte dès son début. Elle prend conscience très vite que ces hommes révoltés n'envisagent pas une seule seconde, et n'imaginent même pas, d'intégrer le sort des femmes à leurs revendications. Lucide, déterminée, Johanna veut aller jusqu'à l'aboutissement de la jacquerie, même si la mort en est le dénouement.

Sur cette trame historique, l'auteur bâtit un roman au ton particulièrement original et décalé. Cette rébellion des opprimés du 14ème siècle brandit le drapeau de toutes les indignations et de toutes les insoumissions actuelles. le grand vent de liberté qui soulève les peuples souffle en tempête stimulante et vient chambouler les époques, les codes narratifs, génériques, l'écriture et l'énonciation. Rien ne semble pouvoir endiguer le flot de cette langue surprenante qui sans cesse se réinvente car sans cesse se métisse d'anachronismes, d'argot ancien et moderne, d'expressions anciennes et contemporaines. En jonglant ainsi avec les formes de l'énonciation, l'auteur prend le risque d'égarer le lecteur frileux, mais celui qui accepte de suivre ces "damné e s de la terre" accomplit un voyage particulièrement émoustillant et décoiffant !

Dans ce joyeux foutoir fichtrement bien organisé, persiste comme un fil rouge ou comme un étendard, le thème de la justice sociale et du droit. Cette lutte du pot de terre contre le pot de fer déborde du cadre historique et géographique pour venir éclairer le présent. Entre burlesque et tragédie s'insinue une réflexion affûtée sur la morale des révolutions et sur la place que les femmes peuvent y prendre.

Ecrivant ces mots, je me dis qu'il faudrait approfondir encore la lecture de ce premier roman, en discerner les mouvements et le cheminement, affiner l'interprétation, suivre les fils tendus entre passé et présent, entre ici et ailleurs, décortiquer les jeux de langage, leur inventivité et leur hardiesse... Mais ce qui demeure de cette lecture, pour moi, c'est avant tout la jubilation qu'elle a provoquée !
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