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ISBN : 2072793351
Éditeur : Gallimard (18/10/2018)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 29 notes)
Résumé :
« Bavarder entre la banlieue parisienne et la prison argentine où se trouve mon père, c’est un peu comme du tir à l’arc – avec de l’exercice et un peu d’application, on arrive à atteindre le point de mire, l’endroit précis du calendrier où nous nous sommes donné rendez-vous. Il faut juste me laisser le temps de glisser ma nouvelle petite clé dans la boîte aux lettres métallique, attendre que je déchire l’enveloppe. Voilà, j’y suis. »
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  05 janvier 2017
Des abeilles à une araignée,
une araignée ," une araña pollito andine",une espèce à part, qu'on peut vraiment apprivoiser, donc l'avoir comme animal de compagnie (en cage), et de surcroît qui danse. En somme, c'est ce qu'elle appelle une mygale, que désire notre narratrice alias l'auteur. Et tout ce désir vient d'une histoire racontée dans une lettre envoyée par son père emprisonné en Argentine dans les années 80....la mygale / le père....son désire se réalisera en mieux.....
C'est la suite à son livre précédant, "Le bleu des abeilles ", qui racontait ses deux premières années à Paris avec sa mère, suite à leur exil d'Argentine, où son père est resté incarcéré comme prisonnier politique. Elle poursuit le même procédé narratif, de courts chapitres relatant chacun une anecdote de son adolescence. Anecdotes du nouveau quartier où elle a emménagé avec sa mère et Amalia, une amie de sa mère, du nouveau lycée, des nouvelles amies, des changements corporels à l'adolescence....et toujours en arrière-plan, l'Argentine, la dictature et le père emprisonné. Un père féru de littérature française qui à travers ses lettres encourage sa fille à lire des classiques et s'enquiert de ses études....
La prose de Laura Alcoba est toujours belle et douce,agréable et facile à lire mais j'ai trouvé le fond plus léger que son livre précédent, dont les anecdotes étaient plus intéressantes, vu l'âge de la narratrice et le contexte - les deux premières années d'exil-.
Si vous n'avez pas lu le précédent, je le conseille vivement, celui-là, à vous de voir, avec le temps que je dispose j'aurais préféré lire autre chose.
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Delphine-Olympe
  04 janvier 2017
C'est avec un réel plaisir que j'ai retrouvé le personnage de la petite Laura, dont j'avais suivi le parcours en Argentine, sous la dictature, puis l'arrivée en France avec l'apprentissage d'une langue nouvelle. Dès les premières lignes, j'ai éprouvé un sentiment de complicité, comme si je retrouvais quelqu'un de cher, dont je n'aurais pas eu de nouvelles depuis longtemps. J'ai lu Manèges et le bleu des abeilles dans l'ordre inversement chronologique à leur écriture et aux événements qu'ils relatent. Aussi, en retrouvant Laura, désormais à l'aube de l'adolescence, ayant quitté le Blanc-Mesnil pour venir s'installer à Bagnolet - presque Paris ! -, avais-je vraiment l'impression de l'avoir quittée deux ou trois ans auparavant.
Nous sommes au début des années 80. L'auteure nous replonge dans cette époque où les grandes surfaces ne s'appelaient pas encore Auchan mais Radar Géant - un nom que Laura Alcoba fait remonter du tréfonds de ma mémoire et qu'elle se plaît à répéter à l'envi comme pour redonner chair à la période disparue de son enfance - qui correspond aussi à la mienne. Elle nous raconte la manière dont elle a vécu la soirée de l'élection de Mitterrand, le 10 mai 81, un moment dont tous ceux qui l'ont connu conservent un souvenir précis, rattaché peut-être à un détail anodin - ici l'emplacement de la télévision, posée par terre, qui donnait l'impression, au moment où le portrait du nouveau président de la République se dessinait sur l'écran (comment oublier cette image ?), que son visage sortait directement des poils de la moquette.
Elle évoque également des épisodes intimes, mais ô combien marquants pour une toute jeune fille : l'achat du premier soutien-gorge (une étape si délicate !) ; son face-à-face avec un exhibitionniste, dans le hall de son immeuble, qui la pétrifie littéralement ; la première fois où elle invite avec sa bande de copines des garçons à venir goûter, avec toute la maladresse qui entoure un tel événement...
Une enfance classique, en somme ?
Pas tout à fait. Car le père de Laura est resté en Argentine, où il est emprisonné. La petite fille vit au rythme de leurs échanges épistolaires. de loin, depuis l'autre côté de l'Atlantique, son père l'incite à lire, car il sent bien que les livres ne sont plus au centre de son existence et qu'elle a d'autres préoccupations, sans doute plus légères. Dans ces lettres, ils se parlent comme s'ils étaient l'un près de l'autre. Ou peut-être avec plus de sincérité et d'aisance encore que s'ils vivaient sous le même toit... Il se tisse entre eux, par-delà la distance et la surveillance policière, une relation d'une grande intensité.
On ne peut qu'être impressionné par la maturité de cette enfant qui semble accepter le sort de son père avec une incroyable abnégation. C'est qu'elle se l'est construite à force de volonté et de courage, cette existence ordinaire de collégienne française à laquelle elle tient tant... Mais lorsque les émotions si longtemps contenues pourront enfin s'exprimer, plus rien ne pourra endiguer le flot des larmes.
Et le coeur du lecteur vibrera à l'unisson de celui de la petite Laura.

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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mnge
  04 mars 2017

Nous sommes dans les années 80. Laura a 12 ans et vit à Bagnolet, dans un appartement qu'elle partage avec sa mère et une amie de celle-ci, avec vue sur les tours Mercuriales et surtout sur Paris. C'est une petite fille comme les autres, qui va à l'école, joue avec ses copines, observe son corps se transformer progressivement. En apparence seulement, car cette enfant habite en France depuis deux ans, et a laissé derrière elle son pays, l'Argentine, et son père, retenu prisonnier par la dictature. Il entretient avec elle une correspondance régulière et ponctuelle, au point qu'il parvient même à anticiper la date précise d'arrivée des courriers qu'il lui envoie. A distance, il lui témoigne son amour, s'enquiert de ses études, de ses lectures, et lui prodigue des conseils.
La fillette évolue dans son monde, tantôt avec joie et légèreté, tantôt avec frayeurs et angoisses. Elle nous raconte, un peu à la manière d'un journal, quelques moments de son quotidien, de son intimité : l'achat de son premier soutien-gorge, la maladie d'Amalia, l'amie de sa mère, et ses récits de réfugiés politiques, l'amitié partagée avec ses copines, l'élection du nouveau président de la république française, ses efforts pour lire des écrivains français …. Comme dans le roman précédent « le bleu des abeilles », Laura aime la France, Paris et sa langue – qu'elle apprend grâce au « Robertito », le Petit Robert dont elle se sépare rarement - et nous le fait partager.
Et puis il y a le retour du père et ce trop plein d'émotions qui soudain, surgit, imprévisible. Elle pleure comme elle n'a pas pleuré depuis longtemps, évacuant d'un coup les peurs, les angoisses, tout ce qui s'est passé avant, elle pleure sur sa famille, et tous les autres, ceux qui sont restés au pays, ceux qui sont morts …
On s'attache à cette fillette, courageuse et spontanée, qui aborde la vie et l'exil avec beaucoup de maturité.
C'est un livre très fort, en grande partie autobiographique, qui ne nous laisse pas indifférent.
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Winter-
  01 février 2017
Je tiens tout d'abord à remercier la Masse Critique de Babelio et les éditions Gallimard pour cet envoi. Nous suivons ici une histoire particulière, une jeune fille nommée Laura témoigne de son adolescence passée tout près de Paris, à Bagnolet plus précisement. Elle a une vue sur les Mercuriales, de grandes tours appelées plus communément le Ponant et le Levant. Cette jeune fille vit avec sa mère et une amie de celle-ci, Amalia. Elles ont été obligées de s'exiler en France mais Laura entretient une correspondance avec son père. Les femmes ont réussi à éviter la mort et l'emprisonnement mais son père est un prisonnier politique qui encourage néanmoins sa fille à se cultiver en apprenant l'allemand et en lisant les livres de Gautier ou Hugo. Ce livre m'a notamment donné envie de lire le roman de la momie de Théophile Gautier, on peut dire que l'auteur l'a bien vendu. Laura est une bonne élève, forte mais qui finira par craquer. La plume de l'auteur est légère et douce, elle nous raconte ses anecdotes avec beaucoup de nostalgie. Les deux chapitres sont mes préféres, ils signent la fin d'un calvaire. Je n'avais pas lu les romans précédents, pourtant j'ai réussi à tout comprendre. Je vous conseille vivement ce livre que j'ai lu en une après-midi sans m'arrêter.
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igolenerougier
  22 janvier 2018
L'échangeur de Bagnolet, métro Gallieni, l'un des noeuds autoroutiers essentiels de la région parisienne. Au quinzième étage de la tour Capsule, une adolescente vit avec sa mère et une parente. Elles ont fui l'Argentine, leur pays, lorsque le père, membre du mouvement des Montenoros, a été arrêté et emprisonné à La Plata. Leur vie est simplement ordinaire. L'arrivée dans cette tour est pour elle une réelle amélioration de leur quotidien et la jeune fille, bonne élève au Collège Travail de Bagnolet, se nourrit de la correspondance régulière qu'elle échange avec son père. Elle lui parle de la poésie dans les couleurs bleutées des fameuses tours Mercuriales qui lui font vis-à-vis. Il lui parle de Victor Hugo. Un quotidien dont on se dit qu'il est celui de milliers de personnes déracinées pour quelque raison que ce soit. Une solitude à trois vécue sans tristesse ni amertume. Un récit précis, concis, sans suspense ni mélodrame. Une écriture qui, tout en étant jolie, n'a rien de miièvre.. Et puis, ce rêve d'avoir une mygale comme animal de compagnie, cette conviction que la danse de l'araignée rythme le monde …………..
" LA DANSE DE L'ARAIGNEE " a été choisi dans la première sélection de "UNE TERRE, UN AILLEURS 2018" le PRIX LITTERAIRE 2018 ES LECTEURS DES MEDIATHEQUES DE L'AGGLOMERATION DE MANOSQUE ".
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critiques presse (1)
Telerama   04 janvier 2017
Pour ce nouveau récit autobiographique, l'auteure argentine plonge dans son adolescence. Et parvient à peindre avec fraîcheur sa condition d'exilée.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   21 janvier 2017
Leurs retrouvailles sont toujours silencieuses, écrit mon père. Pas seulement parce que la mygale a enfin pu quitter le grelot dont elle est d’habitude prisonnière — chaque fois qu’elle est dehors, l’araignée ne saute plus, du tout. Sa danse s’arrête subitement. Elle devient incroyablement calme — dès qu’elle se trouve hors de sa cage, elle a même pris l’habitude de se mettre sur le dos pour que l’homme la cajole en lui grattouillant le ventre. Bien sûr, il s’efforce d’être le plus doux possible car sa famille andine l’a mis en garde, attention quand même, n’oublie jamais qu’elle pourrait te piquer si elle prenait peur.
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rkhettaouirkhettaoui   21 janvier 2017
Il paraît que chaque fois que l’homme retrouve son appartement de La Plata après une journée de travail, la mygale se met à danser dans la cage de métal qui lui tient lieu de maison. L’araignée fait de tels bonds lorsqu’elle comprend que l’homme est revenu que les barreaux vibrent et tintent. À croire qu’elle n’est pas retenue dans une cage, qu’elle loge en réalité à l’intérieur d’un immense grelot. On dirait surtout qu’elle reconnaît ses pas. À moins que le coup d’envoi ne soit pour elle le bruit de la clé glissée dans la serrure de la porte d’entrée. En tout cas, dès le début de leur vie commune, quand il est retourné chez lui à la fin de sa journée de travail, la mygale lui a fait des fêtes. Alors il a pris l’habitude de la libérer pour la câliner un peu, l’araignée adore ça — c’est sans doute en vue de sa libération quotidienne et de la petite séance caressante qui suit chacune de ses sorties que la mygale s’est tant attachée à lui, se montrant toujours plus heureuse et reconnaissante. Voilà pourquoi depuis qu’ils vivent ensemble, lorsque l’homme est de retour, la danse de l’araignée est toujours plus démonstrative. Et le lien entre l’homme et l’animal, plus fort.
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rkhettaouirkhettaoui   21 janvier 2017
Toujours cette histoire de mygale que j’aimerais avoir. Mon père est de plus en plus sceptique. Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Ça me paraît en réalité assez compliqué.
Ça fait presque deux mois que nous en parlons. Notre correspondance a des cycles, comme ça. Depuis cet été, dans mes lettres comme dans les siennes, il y a au moins une demi-page consacrée aux mygales argentines, ces araignées que mon père appelle las arañas pollito — les « araignées-poussin ».
Tout est parti d’un ami de ma tante et de ce qu’elle a raconté à mon père lors de la dernière visite qu’elle lui a rendue en prison. C’était le jour de la visita de contacto, lorsque le visiteur peut être à côté du détenu qu’il est allé voir. Je ne sais pas pourquoi mon père m’a donné ce détail, lui qui, d’habitude, ne parle jamais de la prison, mais dans la lettre qu’il m’a envoyée au tout début de l’été, c’est exactement ce qu’il disait : le jour de la visita de contacto, ma tante lui a parlé d’un ami à elle qui a une mygale comme animal de compagnie.
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rkhettaouirkhettaoui   21 janvier 2017
Bavarder entre la banlieue parisienne et la prison argentine où se trouve mon père, la Unidad Nueve de La Plata, c’est un peu comme du tir à l’arc — avec de l’exercice et un peu d’application, on arrive à atteindre le point de mire, l’endroit précis du calendrier où nous nous sommes donné rendez-vous. Plus le temps passe, et plus nous nous retrouvons exactement là où nous l’avions imaginé — pile au centre de la cible. Tel jour, telle heure, devant les boîtes aux lettres, au pied du bâtiment A.
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michelekastnermichelekastner   11 février 2018
Tandis que je regarde Les Mercuriales, même si elle n'est jamais arrivée jusqu'à moi, ma mygale de compagnie, j'ai l'impression de l'avoir perdue. Ou que quelqu'un est venu me l'arracher, sans que j'aie pu lui opposer de résistance.
Ce soir, en repensant à tout cela, je sens qu'il me manque bien plus que la mygale. Comme pour l'homme de La Plata, je crois que ce qui me tient le plus à coeur, au fond, c'est le petit rituel quotidien - celui auquel l'homme est si attaché et que j'ai moi aussi failli connaître. Oui : ce qui me manque vraiment, ce soir, c'est de retrouver la danse de l'araignée. Et de savoir que ce qui tinte là-bas, à peine à quelques mètres de moi, c'est encore une fois sa cage qui carillonne d'impatience.
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Laura Alcola présente son dernier ouvrage «La danse de l'araignée»
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