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Hélène Papot (Traducteur)
ISBN : 2879297079
Éditeur : Editions de l'Olivier (07/04/2011)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Après la communauté juive orthodoxe qui était au centre de La Désobéissance, Naomi Alderman s’intéresse dans Mauvais genre à un autre cercle très fermé : la prestigieuse université d’Oxford.
Portrait d’un groupe d’amis réuni autour du séduisant (et manipulateur) Mark Winters, ce roman initiatique raconte les premières amours, les soirées inoubliables, mais aussi le désenchantement et les bouleversements intimes de cet âge de déraison qu’est la jeunesse.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  26 décembre 2018
Avec Mauvais genre, The Lessons en version originale... rien à voir avec la traduction, Naomi Alderman signe un livre initiatique dans la lignée des romans universitaires très présents dans la littérature anglo-saxonne.
Ici , James, le narrateur, fait ses débuts en études supérieures de sciences physiques à Oxford. Il fut un brillant lycéen, sans trop forcer, et rêve de réussites magistrales et d'intense vie spirituelle et culturelle sous les vieilles pierres de l'université pluriséculaire. Les premières semaines de cours l'amène à déchanter sur tous les points. le niveau requis de connaissances, de compréhension et de travail dépasse de très loin ce à quoi il s'attendait. Peu à peu s'installe la désillusion, puis la déprime et la dépression. La main tendue d'une violoniste également étudiante à Oxford casse sa solitude et l'amène à rencontrer d'autres personnes. Dont Mark, jeune homme ô combien dérangeant et fascinant par ses frasques et son immense richesse.
Histoire universitaire et surtout histoire d'une amitié entre six étudiants à un moment charnière de leur vie. Amitié ambiguë où charme et manipulation joue sur le groupe. James est particulièrement vulnérable à ce qui émane de Mark qui rend son existence extraordinaire.
En lisant Mauvais genre, j'ai souvent repensé au Maître des illusions de Donna Tartt, la présence charismatique d'un professeur commun en moins. Mais dans l'atmosphère un peu trouble de cette amitié, où l'on combien il serait facile qu'elle dérape vers quelque chose de plus toxique, j'ai retrouvé des ressentis d'i roman de l'Américaine.
Naomi Alderman creuse en profondeur la psyché et les envies versatiles et souvent contradictoires de ses personnages. A travers la fortune de Mark, elle démontre combien pouvoir payer sans compter peut finir par ôter toute mesure audit Mark mais aussi à son cercle d'amis, surtout James. Il se crée une sorte de bulle où la "vraie vie" n'a pas accès, ou très filtrée. Pas de graves soucis que quelques billets puissent aplanir. Une vision de la richesse peu attirante et à méditer.
Côté style, le récit est bien incarné par la voix de James. le roman se lit avec à la fois plaisir et inquiétude pour ce qui risque d'arriver. Plus loin dans les chapitres. Plus loin dans la vie. C'est si fragile une bulle parfois.
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Aela
  30 avril 2011
Le livre "Mauvais genre" (publié en anglais sous le titre "The lessons"), est un exemple type d'un genre littéraire très apprécié chez les Anglo-Saxons: le "college novel", qui correspondrait en gros au roman d'apprentissage, quoique nous n'ayons pas d'équivalent exact chez nous. L'histoire démarre dans l'harmonie et les lustres de la prestigieuse Université d'Oxford. Ils sont six, six jeunes étudiants qui vont se créer une amitié solide qui va résister au cours du temps et des épreuves. Six jeunes hommes et femmes qui viennent d'horizons divers, mais en quelque sorte "fédérés" autour de la personnalité charismatique et instable de Mark, le leader d'entre eux, jeune homosexuel doté d'une fortune immense et d'un mal de vivre encore plus immense. Au sein de cette bande d'amis, des couples vont se former et se séparer et une histoire d'amour, intense et douloureuse va prendre son essor et finir dramatiquement..
Un très beau livre d'une jeune auteure britannique, Naomi Alderman, née en 1974, qui a déjà obtenu l'Orange Award for New Writers en 2006 pour son premier roman "La Désobéissance".
On est particulièrement sensible à cette atmosphère cosy, chic et surannée qui se dégage de la prestigieuse université mondialement connue. A noter également le portrait psychologique réussi de ces personnages attachants, qu'on aurait pu finalement croiser au cours de nos études...
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enlivrezvous
  11 avril 2014
James, jeune lycéen brillant, est admis à Oxford pour la plus grande fierté de sa famille. Mais très vite, il se rend compte qu'il n'est pas à la hauteur. Pas à la hauteur physique, puisqu'une mauvaise chute lui abîme le genou de façon irréversible ; pas à la hauteur intellectuelle, car il est très vite dépassé par les cours et ne réussit qu'in extrémis ses examens. Perdu dans sa rancoeur et ses déceptions, il va pourtant rencontrer Jess, qui deviendra bientôt sa petite amie, et son groupe d'amis. Ce petit monde gravite autour de Marc, jeune rentier exubérant, homosexuel et mystérieux qui entretient ses amis dans une grande demeure.
Profitant de la richesse de Marc, ces jeunes recrues d'Oxford vont passer quatre années à partager leurs amours, l'angoisse des examens, les fêtes luxueuses, le même toit, encore inconscients que leurs destins se lient irrémédiablement. James, d'un caractère suiveur et indécis, va peu à peu prendre conscience de l'ambivalence de ses sentiments pour le séducteur Marc.
Si bien sûr ce livre peut être rangé sous la catégorie des romans d'apprentissage, c'est surtout la deuxième partie, celle où l'on voit les héros construire- et déconstruire- leur vie après l'université qui m'a particulièrement touchée. Les relations amicales et amoureuses sont finement décrites, la psycholologie des personnages est particulièrement fouillée. La tragédie est latente dès l'ouverture du roman, mais si les héros courent à leur perte tout au long des pages, il reste malgé tout peut-être quelque chose à sauver avant de refermer ce livre.
Céline

Lien : http://enlivrezvous.typepad...
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kathel
  30 juillet 2012
En bref, une sortie poche qui vaut le détour : Oxford, un groupe d'amis dont c'est la première année d'université. Mark, l'un d'entre eux, possède un manoir qui devient pour ses amis une sorte de colocation luxueuse et décadente à la fois. Mais Mark cache une fragilité derrière cette richesse.
Roman d'initiation d'une jeune auteure anglaise qui sait fort bien créer une atmosphère, se mettre dans la peau du narrateur adulte revenant sur ses années de jeunesse, évoquer sentiments et désarrois adolescents, laisser les évènements se dérouler tout en gardant quelques zones d'ombre, harponner et garder le lecteur. Ce roman est une fine et intéressante description d'une jeunesse dorée et déboussolée, et voici encore une jeune romancière à suivre ! Cela pourra rappeler par certains côtés les romans de Rachel Cusk, mais je n'en avais lu qu'un (Arlington Park) qui ne m'avait pas trop convaincue. Cette fois, j'ai été plus emportée.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Ladilae
  18 mars 2016
Mauvais genre, c'est un livre sur le passage à l'âge adulte, la période très particulière l'université et ce qui suit. le narrateur, James Stieff, a eu une scolarité exemplaire : il sort du lycée avec une mention et excellent parcours athlétique et il compte bien connaître le même succès à la prestigieuse université d'Oxford. Seulement, James se perd très vite. Les cours sont durs, les professeurs très exigeants et un accident le blesse au genou et détruit ses chances de se remettre à courir. En pleine dépression, il fait la connaissance de Franny, qui l'introduit dans un cercle très fermé d'amis de tout horizon qui vivent dans la maison de Mark.Le personnage de Mark est central dans le livre. Jeune homme en manque cruel d'amour, homosexuel, il nage littéralement dans l'argent et dépense son argent à tout-va, en essayant de garder ses amis très près de lui.On suit ce groupe d'amis sur près de quinze ans. L'université cède la place à la vie active, avec tout son long d'obligations, de changements, de couples qui se font et défont. C'est un livre assez dur mais qui se lit tout seul. Les personnages sont bien campés et attachants. On pleure et on rit avec/pour eux. Une belle lecture, même si pas très joyeuse.
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critiques presse (4)
LeMonde   09 juillet 2011
Naomi Alderman […] signe un roman remarquable sur la fin de l'enfance.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   27 juin 2011
L'Anglaise, dont il s'agit ici du deuxième roman après La désobéissance (L'Olivier, 2008), épate avec un livre fiévreux et maîtrisé. Ce formidable Mauvais genre qui achève d'en faire l'un des auteurs les plus talentueux du moment.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse   19 juin 2011
En accordant une grande attention à ses personnages, Naomi montre qu'Oxford prépare à bien des choses, mais sans doute pas à affronter la vie et la personne que l'on s'apprête à devenir.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LePoint   16 juin 2011
On comprend alors que le titre originel, The Lessons, est à prendre sur le mode ironique. Car la seule leçon enseignée par cette très belle fiction, c'est qu'il n'y a plus de romans d'apprentissage possibles au XXIe siècle, seulement des romans de déformation.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
kathelkathel   30 juillet 2012
Au départ, je suis tombé. Pas en disgrâce, comme l'aurait dit Mark. Ni vaincu par la fin foudroyante, inéluctable, de l'amour. Ça, c'est venu après. Au départ, j'ai simplement fait une chute sur un sentier verglacé. J'ai trébuché, j'ai oscillé, vacillé et je suis tombé. Il n'y a pas de honte à tomber. Tout le monde tombe. Mais j'ai découvert qu'il était plus difficile de se relever que je ne me l'étais imaginé, sur ce petit chemin gelé d'Oxford, voilà bien longtemps.

Je courais le long d'un sentier isolé, dans les balbutiements du petit matin, au bord de la rivière. Je courais pour le plaisir. Le givre nocturne avait léché les feuilles des saules en surplomb. La boue du sentier était gelée, craquelée en tessons. Le froid rendait douloureuse ma respiration saccadée. Je grognais des nuages de buée.
Je courais avec aisance, suivant un mouvement régulier de piston.
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kuroinekokuroineko   25 décembre 2018
C'est donc ça, ai-je pensé. Voilà tout ce qu'Oxford a à offrir? C'est ça, les promesses de gloire, de prestige? Se faire draguer par des filles ivres qui sentent mauvais? Être assis un mercredi soir dans un bar aux murs suintants, médiocre parmi d'autres médiocres, et faire des dessins dans la bière avec mon doigt sur une table griffée? Je n'arrivais pas à l'accepter.
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AelaAela   30 avril 2011
Oxford est belle, sa beauté réside dans ses atours, dans son système de reproduction. J'avais été séduit par la beauté du rêve d'Oxford, les tours et les flèches, la paix de l'étude, la vie de l'esprit, l'aisance dans la supériorité. Oxford est un arbre orné de cadeaux, il me suffisait de tendre le bras et de les cueillir. J'obtiendrais une maîtrise avec la mention très bien, je rejoindrais les rubans bleus ( = les meilleurs athlètes des différentes disciplines), j'aurais des amis riches, influents, puissants. Oxford me badigeonnerait d'une ficne couche d'or.
+ Lire la suite
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AelaAela   30 avril 2011
Le lendemain, Isabella a invité un moine à prendre le thé. Franny m'avait un jour raconté que le père de Mark, à l'origine de sa fortune bien que largement absent de sa vie, avait fait un don substantiel à son ancien collège et ainsi obtenu la garantie que Mark pourrait y étudier la philosophie et la théologie, même si ces matières n'y étaient pas enseignées officiellemennt. Tout comme il s'était arrangé, grâce à d'obscures relations, pour que la moitié des travaux dirigés de Mark soit dispensée par des moines de St Benet's Hall.
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kuroinekokuroineko   25 décembre 2018
J'avais été séduit par la beauté du rêve d'Oxford, les tours et les flèches, la paix de l'étude, la vie de l'esprit, l'aisance dans la supériorité. Oxford est un arbre orné de cadeaux, il me suffisait de tendre les bras et de les cueillir. J'obtiendrais une maîtrise avec la mention très bien, je rejoindrais les rubans bleus, j'aurais des amis riches, influents, puissants. Oxford me badigeonnerait d'une fine couche d'or.
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Videos de Naomi Alderman (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Naomi Alderman
Tous les samedis sur CANAL+, Augustin Trapenard présente un livre qui fait l'actualité. Cette semaine : "Le pouvoir" de Naomi Alderman.
21CM est disponible en replay sur MyCANAL : http://bit.ly/2Eirb1T
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