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EAN : 9782017101307
192 pages
Hachette Pratique (25/08/2021)
3.98/5   47 notes
Résumé :
Recherchés avidement, fantasmés, désirés envers et contre tout, les espaces amoureux sont, depuis toujours, présentés comme la finalité absolue de ce que l’on peut attendre d’une relation avec l’autre. L’injonction au couple et la pression sociale qui l’entoure dictent notre façon de vivre avec les autres… Et avec nous-même.

Considéré dans notre société comme la voie rapide vers le bonheur, l’amour amoureux est encore trop peu remis en question, trop ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Fraîchement paru aux éditions Les Insolentes, « Nos amours radicales » est un recueil de textes, comme son titre l'indique, sur le thème de l'amoûûûr (j'apprécie l'usage du mot au féminin dans le titre ! 🔥).

Ne fuyez pas, le livre n'a rien de mièvre, au contraire. Tous les textes, très accessibles, proposent une vraie réflexion sur les questions de genre, race et colonialisme, orientation sexuelle, sexisme, violences sexuelles, qui se retrouvent inévitablement liés à nos relations amoureuses et sexuelles.

J'ai été particulièrement touchée par le texte de Lou Eve, militante panasiaféministe queer (@la.charge.raciale), qui évoque son refus pendant des années de sortir avec des hommes asiatiques par rejet de sa propre identité. En tant que personne blanche, je n'avais jamais réfléchi à ça et il est important de connaître tous les ravages intimes et identitaires générés par le racisme et les relents de colonialisme (auxquels on peut contribuer en relationnant).

De manière générale, je me suis reconnue dans tous les textes qui évoquaient la remise en question de l'hétérosexualité, la découverte de son orientation sexuelle et le célibat volontaire.

Il est inquiétant que la quasi totalité des textes évoquent des agressions sexuelles. Aujourd'hui, quand on est une femme ou une personne issue d'une minorité, c'est devenu normal quand on s'interroge sur l'amour de devoir refaire l'historique de nos traumas. Il faut que cela change.

Ces voix plurielles et touchantes se racontent de manière courageuse et personnelle, et vous trouverez certainement dans ce livre des petits bouts de vous. La sororité et l'amour de soi sont particulièrement mis en avant. On attend quoi pour s'aimer soi, radicalement ?
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Alors, alors, alors…
On m'a offert ce livre à mon anniversaire et tant mieux car je n'achète pas (ou vraiment très peu) de non fiction de moi même.
Commençons par la forme, le livre est magnifique, tant la couverture que les illustrations, le choix des titre, le papier, bref tout va et je pense le réouvrir de temps à autre juste pour les dessins present avant chaque récit.

Pour ce qui est du fond, et bien pour être tout à fait honnête je ne m'attendais pas à ça, je m'attendais à plus de polyamour, de couples monoparentale ou non conventionnels de manière générale, à des amours atypiques et ce n'est pas ce que j'ai trouvé.

A la place j'y ai majoritairement trouvé des discours de femmes se cherchant, apprenant à être féministe et femme dans un monde d'homme cis et de relation heteronormés. Biensur le sujet est intéressant et important et il doit être porté sur la place publique pour aider celle•eux qui en ont le plus besoin. Je ne veux absolument pas enlevé ça au livre et bien qu'ayant déjà déconstruit ( ou construit comme je préfère dire) beaucoup des sujets évoqués, il n'y a jamais trop d'une piqure de rappelle.

Pour moi ce livre devrait surtout s'adresser aux hommes, leurs donner une vision de ce qu'il se passe de l'autre côté du couple. Je pense que certaines autrices du recueil souhaiteraient plutôt que leurs textes soient un refuge pour les femmes et je soutient évidemment aussi ce point de vues, notamment les femmes qui cherchent leurs place dans la société, dans leurs couples, qui entament soeurs questionnement et n'ont pas encore les réponses.

Il y a quand même quelques textes qui m'ont beaucoup touchés, notamment « Alors, Sautes » de Nanténé Traoré.

Sommes toutes je recommande la lecture !
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J'ai acheté ce recueil le 8 mars, en route pour le rassemblement de ma ville pour la Journée internationale des droits des femmes. Il est resté un petit moment sur mon étagère, et je me suis finalement lancée en septembre. Je ne connaissais aucun.e des auteurices, chacun.e livrant son vécu et sa relation à l'amour, au couple.

Les premiers témoignages m'ont assez surprise, car je m'attendais vraiment (comme le titre l'indique) à quelque chose de radical ! Certes, choisir de faire une "pause" dans ses relations avec les hommes pour se consacrer à soi et rester célibataire, ça peut paraître révolutionnaire dans notre société. Mais il a fallu attendre le 4ème témoignage pour lire - enfin - une lesbienne. Idem, presque rien sur le polyamour, qui pourtant sort du cadre classique des relations.

Les histoires sont variées, de ce fait je me suis beaucoup plus identifiée à certaines. J'ai tout de même l'impression que ça tournait majoritairement autour de l'hétérosexualité, des crimes commis par les hommes - surtout le dernier témoignage, qui est à la fois très radical sur la misandrie, et qui pourtant se termine par "finalement j'ai trouvé un homme bien !!! tout est possible !!!".

Je garde tout de même en mémoire certains passages, et auteurices qui m'ont vraiment accrochée.
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C'est un livre intitulé "Amours" mais qui parle de violence.
Tour à tour les huit autrices et auteurs répondent à une seule et même question : Comment aimer et avoir une relation amoureuse avec un homme cisgenre dans notre société patriarcale ? Chacun.e a sa réponse résultant de son propre parcours, et personne ne dit la même chose. Certaines préfèrent le célibat, d'autres ont trouvé la perle rare et d'autres encore ont choisi la lutte. Chaque partie est guidé par un fil conducteur, enrichie d'anecdotes personnelles qui rendent la lecture facile et accessible.
L'ordre des écrits est bien pensé, c'est pourquoi je conseillerai de le livre dans l'ordre sans forcément le lire d'une traite. Les premiers sont très éducatifs, sur ce qu'est le patriarcat, les problèmes que cela cause pour tous et toutes et donc la nécessité du féminisme. Ensuite les récits s'intensifient, exposant les violences et les traumatismes à caractère systémique subis par les autrices.
Le ton de ce livre est léger quoi que parfois intransigeant. L'écriture est assez familière et s'apparente à un style oral. Je le conseillerai à des personnes voulant en apprendre plus sur le féminisme, qui veulent construire leur militantisme et bien sûr à des personnes dans une relation amoureuse hétéro.
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C'est une jolie introduction à la déconstrution du patriarcat et à l'apprentissage de la sororité.
8 textes très variés qui abordent pleeeeein de sujets actuels comme la fluidité des genres ou de la sexualité.
Une lecture intéressante pour celleux qui commencent à se révolter !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
La vie est malléable comme du chewing-gum. Nos sexualités sont poreuses, élastiques, flexibles. Le changement est au cœur de nos existences, et c’est peut-être la première chose que j’ai envie d’apprendre à Zora [sa fille]. Nous partageons toujours un appartement avec Marceau, parce qu’avant d’être amants nous sommes amis. Nous ne nous séparons jamais vraiment, parce qu’être ensemble, ça ne veut rien dire, être amoureux, parce que je n’ai jamais aimé choisir, et qu’entre nous ça a toujours été tout à la fois. Le couple que nous construisons aujourd’hui est un duo parental – éduquer, aimer, faire grandir notre fille – et un duo humain. Se soutenir, s’épauler et s’accepter parce que l’on partage, ce que l’on s’apporte, va toujours plus loin qu’être romantiquement et sexuellement « ensemble ». On se dit qu’on s’aime, et c’est vrai, parce qu’en fait, l’amour, c’est exactement ce qu’on décide d’en faire. La fluidité de nos sexualités et les chemins qu’emprunteront nos vies ne changeront jamais cet amour et cette présence que nous nous apporterons l’un à l’autre, et à notre enfant. Devenir parent, c’est comprendre que plus rien ne passera jamais au-dessus de son enfant. Peut-être que c’est cette compréhension tacite entre nous, cette liberté d’être que nous avons toujours mise au-dessus de tout, qui nous permettent aujourd’hui de construire différemment notre grande famille. Parfois c’est tellement simple que j’ai du mal à y croire. J’ai du mal à y croire parce qu’on m’a toujours appris qu’entre être ensemble et être séparé-e-s, il n’y avait rien de possible. Aujourd’hui je comprends que c’est un mensonge de plus à ajouter à la longue liste des mensonges que la société nous fait avaler. Entre être ensemble et être séparé-e-s, il y a un monde de possibles. Il y a une infinité d’alternatives à construire, un espace sans limites à explorer, à partir du moment où l’on s’octroie le droit d’être pleinement maître-sse de notre vie. (Alors, saute !, Nanténé Traoré, p. 163-164)
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J'ai envie de venger ma mère, ma grand-mère, sa mère et moi. J'ai envie qu'ils paient, et la note est longue. J'ai envie de tout cramer, de leur faire la misère à grands coups d'adverbes et de verre pilé. De tout mettre à terre, de tout mettre à plat et de tout repenser. J'ai envie de les nommer, j'ai envie de leur faire peur. J'ai envie qu'ils nous craignent à tout jamais. Qu'ils tremblent à l'idée de blesser, encore, l'une d'entre nous.
Chaque témoignage, chaque prise de parole que je lis ou que j'entends vient ranimer le bûcher que je couve, sans tendresse aucune, depuis des années. Des millions de victimes... parce que des millions de coupables sont en roue libre. Je n'en peux plus et je ne veux plus avoir à la supporter. Je veux leur rendre leur violence sale et perverse car c'est la leur, certainement pas la mienne. Chaque mot, chaque coup de poing ou de reins, je veux tout rendre.
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La théorisation de Rich pose, en filigrane, la question des dangereuses idées véhiculées par nos sociétés hétéro-cis normées en termes de rapport à l'autre et de rapport à soi. Comment peut-on croire que le dégoût, la répulsion pour quelqu'un peuvent s'apparenter à de l'attirance physique. Quand est-ce que l'on a commencé à faire croire que la souffrance physique, mentale, était gage d'une relation fonctionnelle? Quand est-ce qu'on a choisi de romantiser les violences hétérosexuelles par défaut, plutôt que de les traiter et des les prévenir? Il n'y a aucune réponse à ces questions, ou alors une seule : parce que nous vivons dans un système hétéronormatif, capitaliste, raciste et transphobe, qui véhicule sa violence par tous les biais qui s'offrent à lui. Le maintien de l'hétérosexualité par défaut apparaît comme une évidence : il est un outil de contrôle, un outil de maintien de l'ordre, un outil de répression identitaire et individuel. Un outil de domination, comme s'il n'y en avait pas déjà assez.
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S’il est si difficile de sortir de l’hétérosexualité, c’est parce qu’on ne sait pas si l’on va être accepté-e dans ce nouvel espace lorsque l’on va enfin quitter l’ancien, et que de trop nombreuses fois on nous claque la porte au nez avant même que l’on ait pu expliquer son histoire, son vécu, ce qui nous amène là, à chercher une communauté qui nous ressemble. Le principe de « golden star » chez les personnes lesbiennes (l’idée que l’on n’est pas une vraie lesbienne si l’on a déjà eu des relations sexuelles avec des hommes cisgenres), la réticence des milieux à accepter les coming out tardifs, l’amalgame entre orientation sexuelle et expériences sexuelles (ou cette maudite idée qu’il est impossible d’être lesbienne sans avoir couché avec une fille…), l’incapacité pour les personnes bisexuelles de trouver un véritable espace communautaire, puisque considérées comme trop hétéros pour les lesbien-ne-s et trop lesbien-ne-s pour les hétéros… Les exemples de ce qu’on appelle le gate-keeping sont nombreux, trop nombreux, immensément triste. (note de bas de page : le gate-keeping est un ensemble de comportements où une personne va décider arbitrairement pour une autre si elle peut faire partie ou non de la communauté LGBTQIA+, en fonction de « critères » divers et variés, sans prendre en compte le vécu et le ressenti de la personne face à elle. (Alors, saute !, Nanténé Traoré, p. 155))
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On n'apprend pas aux hommes à aimer les femmes. On leur apprend à les posséder. Entendons-nous bien : je ne crois pas que les mecs soient par nature plus mauvais que les autres humains, mais je suis convaincue que leur comportement sexiste est le fruit d'une éducation genrée dispensée par la famille, l'école et l'ensemble de notre culture.
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Concept éditorial: Hachette Digital en collaboration avec Lauren Malka Voix et interview: Laetitia Joubert et Shannon Humbert Écriture: Lauren Malka Montage, musique originale: Maképrod Conception graphique: Lola Taunay Photo auteur: Léane Alestra Extrait musical : I wish I knew how It would feel to be free, Nina Simone, album Right Here, Right Now!, 1963
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