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153 pages
Les Editions Rieder (30/11/-1)
3/5   2 notes
Résumé :
Maîtres de l'Art Moderne
LOUISE C. BRESLAU
par Arsène Alexandre

60 planches hors-texte en héliogravure

Les Éditions Rieder
7, Place Saint-Sulpice
Paris
1928

153 pp.

L'ART, comme la religion, a des saints vers lesquels se tournent les pensées et les courages. Lorsque les femmes qui, en ce moment, commencent à prendre une place imprévue dans l'art comme dans la vie, auront c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
J'ai rencontré cette magnifique artiste en lisant le deuxième tome de « Femmes artistes peintres à travers les siècles » de Christine Huguenin, et j'ai bien sûr voulu en découvrir davantage car elle m'a immédiatement évoqué Berthe Morisot que j'aime beaucoup.
Je souhaitais lire le « Louise-Catherine Breslau et ses amis » de Madeleine Zillhardt, indiqué dans la bibliographie, mais je ne l'ai pas trouvé ; je me suis donc rabattue sur cette biographie de Arsène Alexandre.

Louise Breslau est une peintre allemande naturalisée suisse. Atteinte d'un asthme chronique, elle s'adonnera dans son enfance au dessin pour passer le temps. Puis étudiera le dessin en Suisse dans un premier temps puis, désireuse de développer plus sérieusement son art, à Paris. A son époque, l'Ecole des Beaux-Arts de Paris n'accepte ni les femmes ni les étrangers, aussi choisit-elle de s'inscrire à l'Académie Julian qui est très réputée et propose un cours aux artiste féminines.
(Maria Luise serait la première femme entrée à l'Académie « vêtue », c'est-à-dire pas en tant que modèle, ai-je pu lire par ailleurs)

Elle y rencontrera l'artiste Madeleine Zillhardt qui deviendra sa muse, mon modèle et sa compagne avec laquelle elle vécut plus de quarante ans.

Talentueuse et volontaire (ce ne sont pas les moindres de ses qualités), elle sera considérée par des artistes importants de l'époque tel Rodin, Fantin-Latour, Jules Bastien Lepage, Edgar Degas à leur égal.

J'ai parallèlement fait quelques recherches sur les journaux de l'époque (Gallica Bnf) et les éloges sont effectivement très nombreux.

Cette biographie intéressante, mais la lecture m'a été assez pénible ayant trouvé le style de l'auteur mièvre, pour ne pas dire que je l'apparente à une écriture « de sacré-coeur » ; un petit exemple :
« Cette vie ardente, toute d'abnégation, de renoncement aux plaisirs où se précipite la jeunesse, vie très pure, entièrement sacrifiée à ce but si ardu, si facilement décourageant, de s'exprimer soi-même et d'exprimer le monde extérieur par des images, serait difficilement comprise aujourd'hui, et plus difficilement encore acceptée. Trop de confusion a été jetée dans les idées ; trop de hâte et de cohue rendent presque impossibles ces développements d'un talent et d'une âme dans la retraite.
Aussi, l'ayant connue peu d'années après son arrivée à Paris, jeune fille intrépide, puis l'ayant suivie pendant les temps où elle dépensa dans ses oeuvres sa foi, son ardeur, et la bonté de son coeur… »

Par contre il commence par évoquer nombre de femmes peintres, oubliées elles aussi : « Nous ne savons rien, ou nous ne savons que bien peu de choses sur celles qui jadis eurent le don, ou la hardiesse, pour faire oeuvre d'art, de se servir d'autres outils que leur aiguille. »
Que ceci est joliment dit ! Mais on lui pardonnera pour le plaisir de la découverte de toutes ces audacieuses inconnues, en tout cas de moi pour la plupart.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Le tableau (Portrait des amies) fut exposé au Salon de 1881. Il remporta une mention. L'on n'imagine plus aujourd'hui ce que représentait de succès un pareil titre à une époque où la lutte pour les médailles était acharnée, ni ce que cette lutte comportait d'intrigues, de trafics d'influences, de marchandages et faisait naître de haines. Il fallait qu'une œuvre signée d'un nom ignoré s'imposât par des qualités indiscutables, Il serait superflu de dire ici que la pauvre Breslau, si laborieuse et si digne, demeurée en dehors de ces tristes mêlées et n'ayant ni relations, ni protections d'aucune sorte, fut la première surprise de cette mention qui pour cette fois méritait si bien la sacramentelle épithète d'honorable.
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« Une œuvre d’art est toujours une improvisation. »

« Dans notre métier il ne s'agit pas de parler, il s'agit de faire parler. »

« Dans le cours de ma déjà longue carrière j'ai été à même de connaître l'opinion de nombre de mes confrères hommes sur nous. J'ai pu constater que chaque fois que je me suis adressée à un Maître, j'ai trouvé un ami s'intéressant à mes efforts, mais chaque fois je me suis rendu compte aussi que l'artiste médiocre n'était pas notre partisan. »

… En terminant, elle proclamait sa reconnaissance envers les maîtres qui l'avaient soutenue, Rodin, Bartholomé, Chavannes, Fantin, Stevens, Raffaëlli…
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Enfin, deux des grands talents de l'art moderne, Berthe Morisot et Mary Cassatt, auprès desquelles, quand on lui rendra pleine justice, Louise Breslau pourra être rangée, sont des noms, en quelque sorte privilégiés. Elles eurent, Dieu en soit loué, toutes les facilités de la fortune pour mener à bien leur rêve, l'une de grâce nerveuse et subtile, l'autre de vigueur attentive.
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Beaucoup de grands artistes, par un sentiment qui, malgré ce que seraient tentés d'en penser les esprits superficiels, ne procède pas d'un mouvement de vanité, mais au contraire d'anxiété et de recherche passionnée de leurs intuitions, sont portés, à différentes époques de leur vie, a tracer, à fouiller, leur propre image avec tout le soin et toute la fermeté dont ils sont capables.
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