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Michel Lederer (Traducteur)
ISBN : 2226154965
Éditeur : Albin Michel (01/09/2004)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Dans une Amérique fragilisée par la menace terroriste, tout est source de divisions: les sexes, les races ou les classes sociales. À travers dix récits au timbre unique, portés par le souffle chamanique de la culture Spokane, Sherman Alexie brossent le portrait d'une indianité prise dans les contradictions de ce pays. Etudiant, juriste, mère au foyer, poète, aucun n'échappe au racisme ou au poids du passé, mais tous rêvent d'une intégration réussie. À la fois drôle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Folfaerie
25 mars 2010
Depuis que j'ai découvert Alexie avec le remarquable Indian Killer, je suis sa carrière d'assez près. J'avoue que j'ai un peu de mal à apprécier ses nouvelles. Ce recueil m'a posé les mêmes difficultés que La vie aux trousses. Sur les 9 nouvelles, j'en ai vraiment aimé 5, plaisir mitigé pour la sixième (moteur de recherche) et pas apprécié Sais-tu où je suis et Qu'est-ce qui est arrivé à Franck Snake Church.
Chez Alexie, la plupart de ses protagonistes sont des Indiens, Spokanes en majorité, ou des métis. Des hommes et des femmes en proie aux mêmes problèmes existentiels que les américains blancs, trouver un boulot, aimer, être heureux, trouver sa place dans la société... A quelques détails près, comme l'auteur nous le rappelle dans l'excellente nouvelle "Partie de juriste", où un jeune politicien Spokane fait l'amère exéprience du racisme au cours d'une partie de basket.
"La vie et l'oeuvre d'Estelle Walks Above" m'a rappelé un peu l'univers de John Irving, c'est un beau personnage de femme, tandis que "Ce que tu mets en gage, je le rachèterai" est doute celle qui se rapproche le plus d'un conte traditionnel. Enfin, une autre de mes préférées, Plans de vol, illustre de manière sarcastique combien les préjugés ont la peau dure.
Alexie a une manière bien à lui d'évoquer son peuple, avec ironie et beaucoup d'humour. S'il égratigne impitoyablement les blancs, les Amérindiens ne sont pas épargnés non plus, en tout cas ceux qui se lamentent sur leur sort et boivent comme des trous.
Il y a quelque chose qui me frappe dans l'oeuvre de Sherman Alexie : la nature est quasiment absente. Les Indiens d'Alexie sont de purs citadins. En cela, il est l'exact opposé de Louis Owens pour qui la nature était synonyme de rédemption. de plus, Sherman est bien ancré dans son époque, il ne semble guère aimer évoquer le passé, au contraire de James Welch par exemple. Sa manière à lui d'échapper aux clichés et préjugés sans doute. Je pense qu'il est l'un des auteurs majeurs de la littérature Amérindienne, mais je le préfère romancier plutôt qu'auteur de nouvelles.
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etohyuta
12 janvier 2015
J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge variétés 2015. JE dois avouer que je ne me serais surement jamais approché d'un tel livre si je ne m'étais pas inscrite au challenge, je l'ai trouvé en m'adressant à ma bibliothécaire et en lui demandant un recueil de nouvelles.
Dans dix petits indiens, l'auteur nous raconte des épisodes de vie de 9 indiens spokanes, petite tribu dont le territoire se situe non loin de seattle. La majorité des histoires se déroulent d'ailleurs dans cette ville.
J'ai trouvé ce livre intéressant, car il me remémore une ancienne passion, celle des indiens d'amerique du nord. En effet, je m'étais beaucoup intéressé au sujet lorsque j'étais ado.
Ici, à travers ces récits, l'auteur nous transmet sa vision et me semble -t-il sa critique de l'état d'esprit actuel dans lequel se trouve les indiens d'aujourd'hui. Il aborde à plusieurs reprise ce sentiment de dévalorisation, ce manque d'ambition, et aussi les questions identitaires que cela renvoie aux indiens qui réussissent ou tentent de réussir aussi bien intellectuellement qu'économiquement. Il critique aussi la vision que les "blancs" peuvent avoir des indiens,critique pleine d'ironie.
Mais il ne traite pas que de questions indiennes, bien au contraire, il traite aussi de question d'insertion, et peut dans une de ses nouvelles, au travers d'une rencontre, nous conter l'histoire d'un immigrant éthiopien.
Enfin, on suppose que ce livre a été écrit peu de temps après les attentats du 11 septembre, et il est fait référence à plusieurs occasion au terrorisme, ainsi qu'au regard que les autres peuvent poser sur ces gens basanés. Ayant lu ce livre juste quelques jours après le drame qui s'est déroulé à charlie hebdo, j'ai été touchée par ces questions.
Tout ceci dans un style emplis d'humour et tout en nous rendant certains de ses personnages attachants.
Pour conclure, je ne regrette absolument pas cette lecture, et suis même contente de l'avoir faite.
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Pirouette0001
11 décembre 2014
Ces nouvelles sont de qualité très inégales et c'est dommage.
J'ai beaucoup aimé l'humour de l'auteur, qu'il dit être une qualité propre aux Amérindiens, et sa tendresse vis-à-vis du monde. La nouvelle que j'ai sans doute le plus aimée est celle où le fils d'une Indienne paumée raconte comment sa mère vend ses recettes de prétendu chamanisme à des bourgeoises blanches bien dans leurs papiers, qui adorent venir aux après-midi qu'elle organise.
Cet auteur m'a néanmoins suffisamment plu pour que je tente un roman de son cru plutôt que des nouvelles.
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Nepenthes
18 janvier 2012
Bien que n'étant pas une très grande lectrice de nouvelles, j'ai eu le coup de coeur pour celles de Sherman Alexie. Auteur d'origine amérindienne, il brosse des portraits assez variés de différents indiens spokanes, de l'homme politique qui a bien réussi au SDF empêtré dans le cercle vicieux de l'alcoolisme et de la pauvreté. Ses nouvelles sont à la fois pleine de cynisme, d'amertume, de colère et de rancoeur, mais aussi d'amour et d'empathie. On pourrait les qualifier comme des petits "instants de vie", des vies remplies de questions de société : racisme, sexisme, peur du terrorisme qui induit souvent la peur de l'autre... le style d'Alexie est vraiment très agréable à lire, c'est drôle, c'est attendrissant, c'est révoltant. En somme, les nouvelles se font le reflet du monde, et elles suscitent chez le lecteur des sentiments nombreux. Même si l'on pourrait reprocher que chaque nouvelle a un côté répétitif, Sherman Alexie sait quand même montrer qu'il explore le genre de la nouvelle sous différentes formes (l'interview, le style journal intime, les listes à puces...) ; chaque personnage, chaque histoire possède son style, sa petite caractéristique qui la distingue des autres, à l'image des parcours très différents de chaque narrateur.
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hannah851
23 juillet 2014
10 petits indiens, c'est un roman de nouvelles où l'auteur nous mène à la rencontre de dix personnes appartenant à la tribu spokane. Tous différents mais ayant en commun d'être à un moment clé de leur existence. L'épreuve qu'ils surmontent, la quête qu'ils mènent ou les personnes qu'ils rencontrent vont modifier à jamais le cours de leur existence. Urbains mais toujours attachés à leurs origines, ils appartiennent à toutes les couches de la société donnant ainsi l'occasion à l'auteur d'exploiter les maux modernes de la société occidentale: pauvreté, racisme, violence... Certaines nouvelles m'ont beaucoup plus attirées que d'autres notamment "Moteur de recherche" qui nous entraîne à la recherche d'un poète spokane méconnu par une étudiante spokane Carliss. "Il ne faut pas faiblir" parle du combat de parents spokane face au coma de leur fils. Ces derniers utilisent la médecine traditionnelle en se servant d'un talisman pour sauver leur fils. J'ai beaucoup aimé la quête irréalisable en 24h de 1000 dollars d'un sans-abri spokane pour tenter d'acheter le costume de sa grand-mère trouvé chez un prêteur sur gages dans "Ce que tu mets en gage, je le rachèterai". L'auteur donne à voir le monde des sans-abris et traite le sujet de manière réaliste mais sans pousser au misérabilisme notamment lorsqu'il évoque les échecs répétitifs de Jackson. En effet, ce dernière n'arrive pas à dépasser ses habitudes et boit l'argent gagné jusqu'à ce que la bonté d'un homme change son destin.
Un roman de nouvelles qui m'avait été conseillé pour découvrir cet auteur et que je prolongerais surement par la lecture d'un de ses romans.
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
oceaneoceane23 novembre 2008
- Qu'est-ce que vous êtes ? interrogea le chauffeur. Vous n'êtes pas blanc, votre peau, elle est noire comme la mienne. - Pas autant.
Comme il y avait beaucoup de chauffeurs de taxis musulmans à travers le monde, on avait souvent demandé à William s'il était juif. On le prenait toujours pour ce qu'il n'était pas. Il constituait une ambiguïté ethnique, lui qui se situait quelque part dans la case la plus sombre de la grande boîte de crayons de couleur américaine, encore qu'il soit plutôt beige que marron, plutôt mauve qu'ocre brun.
- Je suis indien, dit-il.
- Indien des Indes ?
- Non, pas indien-bijou-sur-le-front, dit William. Indien-arc-et-flèches. (...) Je suis un Spokane. Nous sommes le Peuple du Saumon.
- (...) Vous ne ressemblez pas aux Indiens que j'ai eu l'occasion de voir.
- Je sais. Les gens me prennent souvent pour un Mexicain aux cheveux longs.
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TikiaTikia10 juin 2015

- Je peux vous poser une question personnelle ?
-Vous pouvez me poser une question humaine, oui.
-Comment êtes-vous devenu S.D.F. ? A vous écouter, on se rend compte que vous êtes un homme intelligent. Je sais que l'intelligence ne garantit rien, mais quand même, qu'est-ce qui est arrivé ?
- Je suis simplement tombé en désamour du monde.
- Oui, je comprends. Moi non plus, je ne suis pas trés sûre de mes relations avec le monde, mais est-ce qu'il y a eu un fait particulier ?
- D'abord, je suis cinglé. Et soigné pour ça. Certes, il y a toutes sortes de cinglés qui se font des millions et des milliards de dollars dans ce pays. Ce Ted Turner, par exemple, est un salaud de timbré vivant dans un cabanon plaqué or. Mais moi, je suis atteint d'une forme de folie spéciale. J'ai un besoin pathologique de respect.
- Je n'ai jamais entendu parler de cette maladie.
- Il est vrai que Jerry Lewis ne présente pas de Téléthon pour les cas de mon genre. Ce qu'il y a, c'est que le respect, j'aurais dû l'obtenir. J'étais professeur d'économie à l'université Dt. Jérôme le Second, ici à Seattle. Une belle institution, dispensant une excellente éducation.
- C'est pour ça que vous êtes intelligent.
_ Connaître l'économie signifie juste qu'on connaît les chiffres. Et nullement qu'on connaît les gens. Quoi qu'il en soit, je détestais mon travail. Je détestais les étudiants. Je détestais mes collègues. Je détestais l'argent. Et j'avais l'impression que personne ne me respectait, vous comprenez ? Je sentais le manque de respect grandir autour de moi. Le manque de respect m'étouffait. Aussi, un jour, je me suis planté au muilieu du campus, en plein milieu, sur la belle herbe verte catholique et romaine, et j'ai commencé à crier. "
Corliss percevait la chaleur qui se dégageait de la folie de cet homme, une chaleur familière et confortable.
"Qu'est-ce que vous criiez ? demanda-t-elle.
- Je criais sans arrêt : " Je veux du respect ! Je veux du respect! " Je l'ai crié toute la journée et toute la nuit. Et personne ne m'a accordé le moindre respect. Je le réclamais directement, et les gens se contentaient de me contourner. De m'éviter. Sans même me regarder. Comme si je n'existais pas. Des centaines de gens sont passés devant moi. Des milliers. Et enfin, au bout de vingt-sept heures, une de mes étudiantes, une jeune fille prénommée Mélissa, une gentille fille qui avait des problèmes avec les chiffres, s'est approchée, m'a serré dans ses bras et a murmuré : " Je vous respecte, professeur Williams, je vous respecte. " Je me suis mis à pleurer. A gros sanglots. Vous savez, ces larmes qui naissent dans les entrailles, qui remontent dans l'estomac, le coeur et les poumons avant de déborder par la bouche. Vous voyez de quelles larmes je veux parler ?
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oceaneoceane23 novembre 2008
Je sortais de ma salle de gym dans le centre et un gros pickup s'est arrêté à ma hauteur. (...) et le gros symbole phallique au volant s'est penché à la portière et m'a crié: 'Retourne dans ton pays!' (...) Et c'est bien le comble de l'ironie, non ? Je riais tellement que le camion était déjà loin quand j'ai repris mon souffle pour lancer : 'Toi le premier!' William et le chauffeur s'exclaffèrent. Deux hommes à la peau noire sensibles à l'humour noir.
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MegGomarMegGomar28 décembre 2014
Corliss n’ignorait pas combien les Indiens étaient obsédés par l’authenticité. Colonisés, exterminés, exilés, les Indiens avaient forgé leur identité en interrogeant l’identité des autres Indiens. Remplis de haine de soi et de doutes, ils avaient fait de leurs tribus des sectes nationalistes. Mais peut-on nous reprocher notre folie ? se demandait Corliss. Nous sommes des gens exilés par d’autres exilés, par des puritains, des pèlerins et tous ces autres cinglés de Blancs jetés hors de cette Europe plus cinglée encore. Nous qui étions jadis indigènes en ce pays, nous devons immigrer dans sa culture. Je suis née à moins de deux kilomètres au sud et j’ai grandi à moins de deux kilomètres au nord de l’endroit, au bord de la Spokane River, où le tout premier Indien Spokane a vu le jour, et j’ai parfois l’impression d’être une nomade, aussi je comprends combien Harlan Atwater doit se sentir perdu.
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oceaneoceane23 novembre 2008
Elle n'était pas Ulysse et son voyage de huit heures en car ne méritait guère le nom d'odyssée. Mais peut-être qu'Ulysse n'était pas non plus un héros si extraordinaire, songea-t-elle. C'était un drogué et un voleur qui abusait les handicapés. Le géant était peut-être grand et fort, n'empêche qu'il n'avait qu'un oeil. C'est trop facile d'échapper à un monstre privé du sens de la perspective. (...) A y réfléchir, et Corliss y avait souvent réfléchi, le poème épique était avant tout une oeuvre de propagande militaire. Homère avait fait d'un crétin de menteur colonial l'un des personnages littéraires les plus admirés de l'histoire humaine.
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Video de Sherman Alexie (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sherman Alexie
Rencontre avec Sherman Alexie
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Je suis le personnage secondaire "réel" le plus présent dans la série et je fais ma première apparition dans l'album "Hors-la-loi". Dès ma deuxième apparition, dans "Lucky Luke contre Joss Jamon", je prends les traits d'un jeune bandit coléreux, petit, nez retroussé, taches de rousseurs et incisives en avant, je suis la parfaite caricature des jeunes adolescents.

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