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Michel Lederer (Traducteur)
EAN : 9782264027870
415 pages
Éditeur : 10-18 (07/04/2000)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 74 notes)
Résumé :
À Seattle, un assassin tue des Blancs, les scalpe et dépose deux plumes de hibou sur leur corps : terreur sur la ville, tourmente parmi la communauté indienne que ces crimes désignent à la vindicte générale. Ainsi naît la légende du « tueur indien », justicier pour les uns, psychopathe pour les autres… Voici enfin réédité le roman phare de l’enfant terrible des lettres américaines.

« Ce roman rageur, désespéré, atteint l’universel : personne n’est inn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Folfaerie
  27 janvier 2010
Le chef d'oeuvre de la littérature amérindienne contemporaine, on le doit à ce jeune auteur Spokane qui, contrairement à ses aînés, a choisi de tremper sa plume dans le vitriol et de nous montrer le visage hideux de cette Amérique blanche qui continue de vomir la race des Peaux-rouges. (James Welch, dans "l'avocat indien" tentait déjà d'aborder le problème de la discrimination raciale sans atteindre la terrible lucidité d'Alexie).
Un serial killer rôde dans la ville de Seattle. Il scalpe et mutile ses victimes, puis dépose auprès des corps deux plumes de hibou. La police et la presse sont persuadés qu'il s'agit d'un Indien.
Serait-ce John Smith (l'ironie d'un tel nom !), cet ouvrier de 27 ans, fils adoptif d'un couple de blancs, bourgeois aisés plein de bonnes intentions mais qui ne peuvent aider leur fils à sortir du gouffre où il s'enfonce. John enfin, qui ne sait pas qui il est et dont les voix qui chuchotent dans sa tête ne lui laissent aucun répit,
ou bien la belle activiste Spokane du campus, Marie Polatkin, qui ne supporte pas l'arrogance des blancs et de son prof de littérature amérindienne en particulier, Clarence Mather, homme condescendant qui aimerait devenir Indien, ou encore son cousin, Reggie, un type intelligent et agressif, marqué par son enfance sordide, qui voudrait en découdre avec tout le monde, blancs et indiens mêlés.
Alexie nous offre une plongée glauque dans cette cité rongée par la haine et la discrimination raciale, où les clochards indiens sont passés à tabac à coups de battes de base-ball, où un animateur de radio mégalo, symbole de la toute puissance des médias, attise les foyers de haine en appuyant sur la dimension "primitive" des Indiens et en refusant le poids de cette faute collective, à savoir la mort et l'acculturation des Indiens, où certains hommes blancs rêvent d'avoir la peau rouge (pour mieux exorciser leurs remords ?) tandis que les peaux-rouges ne pensent qu'à se fondre dans le monde des blancs...
Le problème de l'identité raciale et religieuse est posé à travers le personnage de John Smith, ce pauvre diable élevé par des catholiques blancs mais qui comprend enfin qu'il ne sera jamais accepté comme tel, également incapable de trouver sa place au sein de la communauté indienne, et dont la douloureuse quête de vérité le conduit aux portes de la folie.
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Ys
  30 septembre 2015
A Seattle, dans les méandres de la grande ville des Blancs, un Indien tue, et un indien rêve. Est-ce la même personne ? le tueur est-il seulement Indien d'ailleurs, est-il seulement réel ?
Deux plumes de hibou croisées dans le sang d'un cadavre, un étudiant disparu, un enfant enlevé... les fils sont maigres, et pourtant l'évidence s'impose pour les deux communautés. Quelque chose se trame. Quelque chose né de la colère d'un peuple trop longtemps écrasé, privé de sa propre appartenance. Cette colère qui imprègne les rêves de John Smith, né d'une mère inconnue, dans la réserve inconnue d'une tribu inconnue, élevé par un couple de Blancs dont tout l'amour n'aura pas suffi à exorciser les démons de l'inappartenance. Les rêves de John, de plus en plus, se font tout éveillés - sa propre rage l'effraie et la folie, peu à peu, l'emporte.
Mais la même colère est celle de Marie Polatkin, jeune militante Spokane qu'exaspère l'arrogance des Blancs, et tout particulièrement de son professeur de littérature indienne, indien comme je suis norvégienne, imbu d'un savoir qui ne comprend rien à son sujet. Celle de son cousin Reggie, métis dressé à renier ses origines indiennes, qui n'a rien renié que son père mais que soulèvent des élans de rage folle contre le monde entier.
Roman noir, roman social, roman de combat, d'une violence ravageuse rehaussée de poésie et de traits d'humour sombre, peuplé de personnages aussi complexes qu'excessifs, aussi détestables qu'attachants, Indian Killer se dévore comme le plus palpitant des thrillers, mais n'emprunte au style que de quoi mieux le détourner, et entraîner son lecteur vers un terrain bien plus original et intéressant. Un brin désespérant sur la nature humaine, peut-être, mais à nuancer avec les autres oeuvres de l'auteur, et d'une grande puissance.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Woland
  26 décembre 2007
Indian Killer
Traduction : Michel Lederer
Ce pourrait être un thriller ou un roman noir mais c'est plutôt un hybride. Autour de l'apparition, à Seattle, d'un tueur qui scalpe ses victimes et que les media - toujours aussi stupides - baptisent arbitrairement "Le Tueur Indien", Sherman Alexie a construit un livre qui tient en fait beaucoup plus du roman social que du policier à l'état brut.
Il a choisi comme héros un jeune Indien adopté à sa naissance par un couple de Blancs qui ne pouvaient pas avoir d'enfants. Ce couple s'appelait Smith et, avec un aveuglement stupéfiant, ils ont appelé le bébé du prénom de John. (!!!) Comme ils se montrent très bon avec lui et le traitent comme leur fils, comme ils s'attachent à l'intégrer dans le monde blanc tout en évitant de le couper de ses racines indiennes, le lecteur est tout de suite saisi par cette impardonnable faute de goût.
Devenu adulte, John rompt plus ou moins avec ses parents et se fait embaucher sur un chantier de gratte-ciel. On comprend alors très vite que le jeune homme souffre de problèmes nerveux et de troubles de mémoire qui, effectivement, pourraient faire de lui "le Tueur Indien" ...
... s'il n'y avait au moins un autre prétendant à ce titre, Reggie Polatkin, fils d'un Blanc et d'une Indienne et étudiant brillant qui a été exclu de l'université de Seattle pour s'être bagarré avec l'un de ses professeurs.
Mais au-delà la trame policière, le but premier du romancier est de dépeindre la condition faite actuellement aux Etats-Unis aux descendants des Indiens qui survécurent au génocide. le résultat est accablant pour les autorités : la xénophobie quasi légendaire de "l'Amérique profonde" apparaît ici avec une violence rare.
Et justement, c'est là que le bât blesse car, contrairement à ce qu'ont dit de ce livre certains critiques, le paysage ici présenté est bel et bien manichéen. Je l'ai tourné et retourné mais il n'y a rien à faire : d'un côté les gentils, de l'autre les méchants - et c'est tout. Certes, au beau milieu, on peut trouver quelques êtres, Indiens ou Blancs, qui ne rêvent que de servir de passerelle entre les deux groupes mais ils sont dépeints soit comme des imbéciles, soit comme des lâches, soit comme des utopistes.
Du coup, ma lecture de cette histoire pourtant excellement bien menée et qui, presque jusqu'au bout, laisse planer le doute sur l'identité réelle de l'assassin, s'en est trouvée plutôt gâchée. Les personnages manichéens ne m'ont jamais parlé et bien que je n'aie aucun doute sur la capacité de haine et de méchanceté dont l'Homme est capable envers l'Homme, je sais aussi que parfois, la vapeur est capable de s'inverser avec succès et que, dans la majeure partie des cas, l'Homme est plus gris que franchement noir ou blanc.
Un ouvrage donc assez décevant qui me fait hésiter sur l'achat de "Indian Blues", du même Sherman Alexie. ;o)
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DrunkennessBooks
  10 août 2014
Sombre, rageur et sans concession, Indian Killer nous livre un portrait au vitriol de la société américaine.
Seattle, importante ville du nord-ouest des Etats-Unis, va sombrer dans la psychose lorsque des Blancs vont être assassinés par un mystérieux tueur indien, l'Indian Killer. Les différences de cultures et la haine raciale vont alors atteindre leur apogée et affecter le quotidien d'un bon nombre de personnes. Parmi elles se trouve John Smith, jeune indien adopté par un couple de Blancs et qui va progressivement et irrémédiablement basculer dans la folie.
Dans ce Seattle sombre et étonnamment réaliste, Sherman Alexie nous livre les portraits croisés de plusieurs personnalités tantôt haïes et tantôt prises en pitié. En effet, John, Marie ou encore son cousin Reggie sont des personnages complexes et tout en nuances.
L'intégration des Indiens dans la société américaine n'est pas un sujet fréquemment abordé dans la littérature ou du moins dans celle que j'ai lu jusqu'à présent. J'ai donc beaucoup apprécié la manière dont l'auteur décrit les conditions de vie des Indiens, leurs relations avec les Blancs et leurs revendications vis-à-vis de la société dans laquelle ils évoluent et qui pourtant fait d'eux, dans la plupart des cas, des laissés pour compte et des marginaux.
Indian Killer ne fait pas dans la vulgarité ou le voyeurisme, il n'empêche que c'est un roman extrêmement dur et noir qui m'a amenée à m'interroger sur l'intégration des minorités dans nos sociétés modernes et sur la conception que nous avons aujourd'hui de ces mêmes sociétés et des individus qui la composent.
Indian Killer est alors le témoin d'une violence qui semble inéluctable. Les propos de l'auteur sont d'autant plus percutants qu'il utilise des phrases courtes et un rythme soutenu et haché qui sert remarquablement bien l'histoire racontée. le lecteur n'a aucun mal à ressentir la rancoeur, la colère ou encore la folie de ces personnages.
A bien y réfléchir, Indian Killer tient davantage du roman noir que du policier. Et s'il peut donner aux lecteurs une impression de malaise, le tueur indien est l'occasion pour l'auteur de nous inciter à réfléchir sur une société qui semble plus désenchantée que jamais.
Lien : http://drunkennessbooks.blog..
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Olloix
  20 juin 2020
Au-delà de l'aspect documentaire social noir de ce "thriller" dont je ne suis en général pas amateur, ce livre m'a beaucoup plu par sa densité, sa galerie de personnages, son style d'écriture, son univers.
Ce livre est plein de pessimisme social. Ecrit en 1996, il se lit avec un éclairage accru par notre actualité (juin 2020) des émeutes dites "raciales" aux Etats-Unis et manifestations à la fois contre les violences policières et le racisme à travers diverses démocraties dans le monde. Ce roman met l'accent sur la discrimination sociale qui imprègne la société américaine. On y voit un excitateur de haine qui fait son beurre à la radio à partir d'amalgames sur des évènements tragiques, une militante jusqu'au-boutiste qui refuse le droit aux non-indiens de parler des indiens, un couple plein de bonne volonté qui n'arrive pas à contrebalancer les forces obscures et ancestrales héritées de l'histoire, des opportunistes qui veulent tirer profit d'une goutte de sang indien qui circule dans leurs veines, l'impossibilité de communiquer entre communautés, l'agressivité teintée d'ennui de jeunes hommes des deux bords, la misère sociale des SDF, la maladie psychique non traitée issue d'une histoire familiale non digérée.
Le versant "thriller" de ce roman est à mes yeux secondaire, il est la toile de fond d'une peinture sociale sombre.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Under_the_MoonUnder_the_Moon   08 mars 2014
(conversation entre John, un jeune Amérindien, et le père Duncan, un prêtre Amérindien)

"Why didn't the Indians kill all the White people?"
"They didn't have the heart for it."
"But didn't white people kill most of the Indians?"
"Yes, they did."
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DrunkennessBooksDrunkennessBooks   10 août 2014
Si Crazy Horse, Geronimo ou Sitting Bull revenaient, ils verraient ce que vous, les Blancs, avez fait aux Indiens, et ils déclencheraient une guerre. Ils verraient les Indiens sans domicile tituber dans les rues. Ils verraient les bébés atteints du syndrome d’alcoolisme foetal. Ils verraient la misère des réserves. Ils verraient les taux de suicide et de mortalité infantile chez les Indiens. Ils entendraient les chansons merdiques de Disney et auraient envie de faire mal à quelqu’un.
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exbrayat-wexbrayat-w   12 novembre 2018
Les choses se passaient toujours ainsi. Les Blancs ne savaient pas raconter la vérité. Ils mentaient sans cesse, à propos des femmes, de l'argent, des monstres. Les Blancs faisaient des promesses et ils ne les tenaient pas.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   09 juin 2014
White people no longer feared Indians. Somehow, near the end of the twentieth century, Indians had become invisible, docile.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   08 mars 2014
Medicine isn't perfect.
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Sherman Alexie : Dix petits indiens
D'une forêt de conifères de la presqu'île de Cape Cod (le cap aux morues), Massachusetts, Olivier BARROT présente l'écrivain indienSherman ALEXIE, ainsi que son dernier recueil de nouvelles qui vient d'être traduit en français, "Dix petits indiens". Il résume l'une d'entre elle "Moteur de recherche" dont il lit un extrait.
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