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Michel Lederer (Traducteur)
ISBN : 2264030321
Éditeur : 10-18 (17/01/2002)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Avec Phoenix, Arizona, Sherman Alexie nous offre les riffs d'une écriture joliment jazzée. La plupart de ses personnages sont des anges égarés dans une civilisation qui les méprise. Victor, le gavroche de la réserve, Adrian, le mordu de rock and roll, Julius et Arnold, qui se défoncent divinement sur les terrains de basket, Joe-le-Dégueulasse, qui vide les flasques de bourbon dans les fêtes foraines, Thomas-Builds-The-Fire, le baroudeur qui se prend pour Jimi Hendri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ClaireG
  22 janvier 2017

Il y a ceux qui ont accepté, non de gaieté de coeur mais par souci d'adaptation à l'inéluctable, qui ont reçu l'éducation scolaire des enfants américains, qui se sont mêlés aux Blancs, qui ont fait l'université, qui écrivent (il y a même un prix Pulitzer parmi eux), qui sont devenus fonctionnaires, qui ont combattu sous la bannière étoilée, qui ont une vie de leur époque et vivent dans les villes, sans pour autant renier leur culture ancestrale et leurs traditions.
Il y a ceux qui, pour toutes sortes de raisons, vivent dans des réserves, ont du mal à s'adapter ou refusent l'assimilation, sont à peine scolarisés, rencontrent des problèmes de stabilité d'emploi, vivent chichement, ont pour quotidien la faim, l'alcool, la drogue et la violence pour masquer leur honte, leur désoeuvrement, sans pour autant renier leur culture ancestrale et leurs traditions.
Les peuples premiers d'Amérique du Nord (2,3 % de la population US), vaincus et abandonnés par les conquérants, tentent néanmoins de conserver leurs légendes et leur dignité.
Sherman Alexie est né en 1966 et a vécu dans une réserve de l'Etat de Washington (nord-nord-ouest). A un moment de sa vie, il a décidé de quitter la réserve et d'aller suivre des études secondaires puis universitaires avant de s'établir à Seattle avec sa famille. Il est poète et écrivain mondialement connu. Et, forcément, défenseur des droits des Native Americans.
Phoenix Arizona comporte une vingtaine d'histoires, essentiellement autobiographiques, de la petite enfance et de l'adolescence de Sherman Alexie. Il raconte les conditions de vie pitoyables dans une sorte de bidonville, la misère physique et morale, la maladie, les arrestations arbitraires, la violence de la police tribale, le parti pris des Blancs, le désespoir des anciens, mais aussi les blagues de gosses et surtout la possibilité d'entrer dans une équipe de basket victorieuse. Héros éphémère sans doute mais dont l'aura lui a donné le courage d'affronter la « civilisation », de transformer l'essai en réussite personnelle et de retrouver pour lui-même et les siens cette fierté et cette autonomie auxquelles le peuple indien est fondamentalement lié.
Beaucoup d'émotions et de souvenirs douloureux émaillent ce livre dont l'action se situe à la fin des années 1970. Il m'a fait penser au film de Michael Apted « Coeur de Tonnerre » (1992 avec Sam Shepard, Val Kilmer et Graham Greene) qui décrit lui aussi la vie précaire dans les réserves.
La situation a-t-elle évolué aujourd'hui pour ce peuple massacré, trompé, trimballé, relégué ? Il s'est réveillé en tout cas. Il s'est notamment mobilisé fin 2016 pour empêcher la construction d'un oléoduc traversant le Dakota du Nord pour rejoindre le Missouri sans respecter les terres sacrées et en risquant de polluer les réserves d'eau potable, sans parler des dégradations écologiques. Les Amérindiens ont obtenu satisfaction. Depuis, un nouveau président a été élu. Attendons de voir.
Impossible de rester de glace face à cette lecture de Phoenix, Arizona. L'installation de la « civilisation » a décidément beaucoup de choses à se faire pardonner.
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le_Bison
  01 avril 2012
Bien ancré dans la réalité et le concret de notre monde modernisme, Sherman Alexie n'en oublie pas pour autant ses racines, ses traditions. Il a gardé son âme indienne, malgré son passage dans le monde des Blancs. de nombreuses nouvelles parlent justement de ce déphasage entre deux mondes que les gouvernements ont toujours voulu opposé. Les Indiens ont gagné quelques batailles, les Blancs ont gagné la guerre. Les Blancs sont libres, les indiens cantonnés dans leurs réserves. Les espoirs des malchanceux s'appellent whisky, ceux des plus heureux ballon de basket et pepsi light (question d'ethnie, le diabète est le seul compagnon fidèle de l'indien).
Conçu comme un recueil de nouvelles, Sherman Alexie se met en scène (il y a beaucoup d'autobiographie dans ses écrits), me fait partager ses rêves d'indiens, et surtout les désespoirs de son peuple, au quotidien. Il n'y a rien de flatteur ni d'enjoué dans la banalité de sa vie ; chez les Blancs, il reste Indien, mais pour les Indiens, il est simplement devenu un type un peu plus blanc qu'eux. Difficile de trouver ainsi sa place entre deux sociétés à l'esprit totalement différent. Mais la prose de Sherman Alexie me parait si simple et émouvante que le constat en devient amer, que le gâchis est irrémédiable et que ces Indiens d'Amérique, si loin de leurs ancêtres, vivent leurs derniers jours. Par solidarité, maintenant, j'ai envie de me jeter un petit whisky dans le gosier, peut-être même deux ou trois, histoire après d'entonner mon cri de guerre, ou de sortir mes plumes pour une danse de la pluie.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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giati
  02 mai 2016
Des nouvelles comme autant de touches permettant de peindre la vie sur la réserve de Spokane.
On joue au basket, on danse au rythme des tambours ou des juke box, on aime, on cogne, on a faim, on se remplie le ventre de patates, on traîne entre amis ou en famille mais surtout on boit...bière, vodka, tout et n'importe quoi pourvu que cela procure l'oubli...
Oublier la déchéance de l'Indien désoeuvré, dépossédé et assisté. Oublier le temps de Crazy Horse, des saumons remontant la Columbia, des mustangs libres, des traditions dont on peut s'enorgueillir.
D'une histoire à l'autre: tantôt une farce, tantôt un conte, tantôt un trip sous influence ... on se laisse griser par ces histoires sensibles, tragiques ou drôles.
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igaluck
  24 septembre 2017

Son intervention télévisuelle saisie au vol dans le cadre des voyages de François Busnel m'est apparue atypique dans sa franchise et sa spontanéité. Elle m'a donné envie d'ouvrir un de ses livres.
"Fétichisme du conte doublé d'un besoin compulsif de dire la vérité. Très dangereux, cela." (107)
La langue frappe son tambour d'emblée. Force d'une sincérité. Richesse des associations d'idées. Sherman Alexie travaille sur la base d'une poésie en liberté. Il démarre sur un mot, une image et laisse partir son esprit, mais sans jamais s'égarer. Il trace des pistes autour de l'image du guerrier, de la recherche d'une vision, vieux mythes restaurés au travers de l'univers des réserves. Il étire le sens interne des anciennes voies spokanes, arrive à exprimer un inconscient culturel en construction dans un contexte matériel sans repères.
"On a ri, vous savez, parce que le rire est la seule chose que deux personnes ont en commun." (183)
"Croyez-moi, tout ressemble à un noeud coulant quand on le fixe assez longtemps." (200)
Carambolage des temps, piqures de souffrance, traits de colère, la cohésion se tisse sur la douleur. L'échec enlise une communauté qui peine à survivre mais ne s'est pas pour autant vidée de sa sève et de sa verve. La puissance du conte bouillonne d'une énergie qui transcende les hommes.

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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polarjazz
  17 juin 2017
Je n'ai malheureusement pas accroché à l'écriture et aux textes de Sherman Alexie.
J'ai apprécié la sincérité des textes et l'humour grinçant. Être amérindien en Amériques n'est pas une gageure. C'est le cas pour toutes les minorités dans la société contemporaine.
Les amérindiens sont un peuple chantant et dansant mais qui parqués dans des réserves noient leur mal-être dans l'alcool.
Pourtant, entre les lignes apparaît un peu d'optimisme.
L'écriture n'est pas soignée ce qui entraîne une déperdition de la qualité des nouvelles.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
ClaireGClaireG   22 janvier 2017
En raison de sa situation géographique, la réserve de Spokane est soumise à beaucoup d'inversions thermiques, d'où le couvercle de pollution qui pèse en permanence sur la ville et l'emprisonne. Les gens respirent tous les mêmes atomes d'oxygène qu'ils se repassent de poumons en poumons... Ce jour-là, l'air ne semblait pas marron, il l'était.

pp. 236-237
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TikiaTikia   10 juin 2015
Il y a des choses que vous devez apprendre. Votre passé est un squelette qui marche un pas derrière vous, et votre avenir un squelette qui marche un pas devant vous. Peut-être que vous n'avez pas de montre, mais vos squelettes, eux, en ont, et ils savent tut le temps l'heure. Ces squelettes sont faits de souvenirs, de rêves et de voix. Et ils peuvent vous emprisonner dans l'entre-deux, entre le passé et l'avenir. Mais ils ne sont pas nécessairement mauvais, sauf si vous les poussez à l'être.
Ce que vous devez faire, c'est continuer, continuer à marcher au même pas que vos squelettes. Ils ne vous quitteront jamais, donc vous n'avez pas à vous inquiéter à ce sujet. Votre passé ne se laissera pas distancer et votre avenir ne vous précédera pas trop. Parfois, cependant, vos squelettes vous parleront, vous conseilleront de vous asseoir pour vous reposer, pour souffler un peu. Peut-être qu'ils vous feront des promesses, qu'ils vous diront ce que vous avez envie d'entendre.
Parfois, vos squelettes revêtiront les atours de belles Indiennes et vous demanderont de danser le slow. Parfois, vos squelettes prendront l'apparence de votre meilleur ami et vous offriront un verre, un dernier pour la route. Parfois, vos squelettes ressembleront trait pour trait à vos parents et vous feront des cadeaux.
Mais quoi qu'ils fassent, continuez, continuez à marcher. Et ne portez pas de montre. Les Indiens n'ont jamais besoin de montre, parce que leurs squelettes leur donneront tout le temps l'heure. Voyez-vous, c'est toujours le présent. C'est ça l'heure indienne. Le passé, l'avenir, tout est englobé dans le présent. C'est comme ça. Nous sommes prisonniers du présent.
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vdavda   28 juillet 2009
C'est difficile d'être optimiste sur la réserve. Ici, quand un verre est posé sur une table, les gens ne se demandent pas s'il est à moitié plein ou à moitié vide. Ils espèrent simplement que c'est de la bonne bière. N'empêche que les Indiens ont un don pour survivre. Et surtout pour survivre au pire. Aux massacres, à la perte de leurs langues et de leurs terres. Ce sont les petites choses qui font le plus mal. La serveuse blanche qui refuse de prendre une commande, Tonto, le faire-valoir du Cavalier Solitaire, l'équipe des Peaux Rouges de Washington.
Et, comme tout le monde, les Indiens ont besoin de héros pour les aider à apprendre comment on fait pour survivre. Mais qu'arrive-t-il quand nos héros ne savent même pas comment payer leurs factures ?
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le_Bisonle_Bison   04 avril 2012
Mes parents se soûlaient, quittaient brusquement les soirées pour rentrer chez eux et faire l’amour.
« Ne le répète pas à ton père, me disait ma mère, mais il a bien dû s’endormir une bonne centaine de fois sur moi. On était en pleine action, il bafouillait je t’aime, ses yeux roulaient dans leurs orbites et terminé. Je sais que ça va te paraître bizarre, mais c’était le bon temps. »
J’ai été conçu durant l’une de ces nuits d’ivrogneries, moitié sperme au bourbon de mon père, moitié œuf à la vodka de ma mère. J’ai été fabriqué comme un gentil petit cocktail de la réserve, et mon père avait autant besoin de moi que de n’importe quelle autre boisson alcoolisée.
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le_Bisonle_Bison   03 avril 2012
Qu’est-ce que je vous sers l’ancien ?
- Je ne sais pas trop. Vous avez une carte ? »
Le barman éclata de rire. Gêné, Samuel eut envie de se lever et de partir en courant. Il resta cependant assis et attendit que l’hilarité du barman se calme.
« Et si je vous servais simplement une bière ? » proposa enfin celui-ci.
Samuel s’empressa d’accepter.
Le barman posa la bière devant Samuel. Il rit de nouveau, démangé par l’envie d’appeler le journal local. Envoyez vite un photographe. Cet indien va boire sa première bière.
Samuel saisit le verre. C’était froid et agréable au toucher. Il but. Il toussa. Reposa un instant le verre. Le reprit. But une gorgée. Une deuxième gorgée. Écarta le verre de ses lèvres. Respira une fois. Deux fois. But de nouveau. Vida le verre. Le reposa doucement sur le comptoir.
Je comprends tout, songea-t-il. […]
A chaque verre de bière, Samuel gagnait une once de sagesse, une once de courage. Mais après un moment, il se mit également à trop bien comprendre la peur et l’échec. Au milieu de chaque parcours d’une nuit de beuverie, il y a un moment où l’indien se rend compte qu’il ne peut pas revenir vers la tradition et qu’il n’a pas de carte pour le guider vers l’avenir.
« Merde », fit Samuel.
Ce devait rapidement devenir son mot favori.
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Vidéo de Sherman Alexie
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