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Galia Ackerman (Traducteur)Paul Lequesne (Traducteur)
ISBN : 2290344516
Éditeur : J'ai Lu (02/03/2005)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 112 notes)
Résumé :
La Seconde Guerre mondiale ne cessera jamais de se révéler dans toute son horreur. Derrière les faits d'armes, les atrocités du champ de bataille et les crimes monstrueux perpétrés à l'encontre des civils, se cache une autre réalité. Celle de milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l'ennemi nazi. Svetlana Alexievitch a consacré sept années de sa vie à recueillir des témoignages de femmes dont beaucoup étaient à l'époque à peine sorties de l'enfanc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
torrac
  08 mars 2016
22 juin 1941:opération Barbarossa. Hitler envahit L'URSS. l'armée russe se désagrège trés vite, Staline reste prostré et interviendra sur les ondes seulement 1o jours plus tard.
Mais, déjà, des millions d'hommes se précipitent au secours de la patrie en s'engageant.
Mais aussi de très nombreuses femmes, jeunes femmes, jeunes filles
Alexievitch, écrivaine reporter biélorusse, a, pendant sept ans recueilli le témoignage de milliers de ces combattantes. Elle retranscrit à merveille la volonté de se battre, une grande naïveté devant les horreurs de la guerre, la peur, l'angoisse, l'hébétude, l'habituation à tuer, à survivre parmi les les morts, les rapports avec les camarades hommes, les premiers amours, l'héroïsme salvateur et l'héroïsme stupide, les difficultés prosaïques pour une femme de vivre parmi des hommes
Ces jeunes femmes arrivent avec leurs longues tresses, leurs escarpins cachées dans le sac à dos, un jolie robe cousue par maman. Tout cela finira par rejoindre les milliers de cadavres de cette guerre.
Elles travaillent dans les hôpitaux de campagne, elles sont artilleuses, aviatrices, simples soldats ou officiers. Elles ne rendent pas la guerre plu belle mais elles sont belles dans la laideur de la guerre.
Ce livre est un remarquable document sur le ressenti des femmes pendant la guerre. Je le conseille à tous mais plus spécialement à deux catégories de personnes : machos et féministes fanatiques.
Oui, la femme est courageuse, héroïque, sait se sacrifier comme un homme.
Non, la femme ne ressent pas l'horreur comme un homme, elle pense différemment, elle réagit autrement: ni mieux, ni moins bien, elle est autre, l'alter de l'homme comme l'homme est l'alter de la femme
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krzysvanco
  02 avril 2016
J'ai été ébranlé par ce livre...
Svetlana Alexievitch a recueilli durant de nombreuses années des milliers de témoignages de femmes russes qui se sont engagées volontairement pour défendre leur patrie, qui ont dû insister et se battre pour pouvoir être au front.
Leur vision de la guerre, leur récit est bien différent de celui des hommes et des livres d'histoire. Elles ne décrivent pas des faits héroïques, de glorieuses batailles, mais la guerre qu'elles ont vécue en tant que femme. C'est un point de vue habituellement totalement absent des récits de guerre...
Mais c'est un point de vue extraordinaire...
Je n'ai pas considéré lire un documentaire toutefois, l'auteure apporte sa touche personnelle, le livre est bien structuré, lire ces milliers de témoignages ne m'a jamais paru fastidieux, et j'ai pu lire ce livre d'une traite !
Les femmes s'y retrouveront, les hommes les découvriront et les aimeront !
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domeva
  07 décembre 2015
Il est impossible de ressortir indemne de la lecture de ce livre témoignage de l'engagement de très jeunes femmes Russes pendant la seconde guerre mondiale.L'auteur a su mettre en confiances ces héroïnes bien souvent oubliées,voire méprisées par une population qui n'a rien compris à leur sacrifice.Bien que tardivement sorties de l'anonymat,grâce à l'auteur,elles ont enfin leur place dans le grand livre de l'HISTOIRE.Je ne les oublierai pas.
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som
  08 mai 2014
Attention documentaire choc. Svetlana Alexievitch a enquêté durant sept ans auprès de centaines de femmes russes, engagées dans l'Armée rouge lors de la Seconde guerre mondiale. Autant de rencontres, autant de destins personnels qui ont cependant un point commun : l'horreur d'une guerre vue et vécue du côté féminin.
A peine sorties de l'enfance, ces jeunes filles s'engagent comme tireur d'élite, aide-soignante, agent de transmission, brancardière ou artilleuse. Quels que soient leur rôle, elles seront toutes confrontées à la tragique réalité du terrain.
En donnant enfin la parole à celles qui sont restées longtemps les muettes et les oubliées de l'histoire officielle, l'auteur décrit des femmes ordinaires plongées dans un évènement extraordinaire. Elle s'attache à aborder les combats, non pas leurs aspects militaires ni stratégiques, mais par le ressenti et la trace qu'ils laissent dans l'esprit et la mémoire de ses protagonistes. On est bien loin du chromo héroïque des livres ou films d'histoire mais face à une litanie de violence, d'agonies, de blessures et de douleurs sans fin et sans sens, le particularisme en plus d'être une femme dans ce qui est censé être une affaire d'homme.
Par-delà l'importance des témoignages, ce documentaire tire aussi son grand intérêt par le parti que prend Alexievitch en exposant sa pensée en cours d'accomplissement. On suit ses tâtonnements, ses doutes, ses interrogations. Ainsi, le lecteur touche au plus près le processus de l'écriture et les difficultés du travail d'historien. On sort sonné de cette lecture.
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Peteplume
  25 novembre 2016
À l'"ouest", nous connaissons un aspect de la dernière guerre mondiale, celui de la drôle de guerre, des privations, de rafles, de la résistance, de de Gaulle, du débarquement. C'est tout ce qu'on nous apprend dans les livres d'histoire au collège; c'est ce que racontent les films. On a conscience de la souffrance que ça a été pour les pays envahis, de la détermination des pays alliés mais on se fait une idée plus vague de ce que les soviétiques ont vécu, de l'immensité des sacrifices qu'ils ont fait pour finalement écraser le régime nazi. On a encore moins conscience de leur patriotisme, leur valeur suprême. Et que dire de l'implication des femmes, souvent de toutes jeunes filles n'ayant pas fini leur croissance et pas seulement dans les hôpitaux et les communications mais aussi au front comme brancardières, tireuses d'élite, conductrices de chars, sapeures (la langue française n'a pas jugé bon de féminiser cette fonction) préposées au déminage, etc. C'est ce que raconte ce livre à travers le témoignage direct de celles qui ont vécu cette époque et en sont rescapées. Les discours sont terrifiants: on entre de plain-pied dans une souffrance souvent indicible, faite non seulement de la barbarie des nazis mais aussi de l'intransigeance de l'ordre militaire, du manque de préparation de l'armée rouge à accueillir des femmes en son sein. Rien n'est prévu pour elles, même pas des bottes à leur taille. Et comme si ce n'était pas assez, le retour à la paix des survivantes n'a pas été de tout repos: rarement reconnues pour leur courage et leurs exploits, elles ont souvent été méprisées et ont même quelquefois eu maille à partir avec la police politique. Et je ne peux m'empêcher de penser que certaines ne sont peut-être plus là pour en témoigner ...
C'est un livre effrayant et en même temps, il a quelque chose de beau dans l'abnégation de ces femmes. C'est un livre qui nous permet, par l'histoire individuelle qui est toujours passionnante, de comprendre mieux L Histoire qui, pour moi, est quelquefois rebutante. Je le conseille sans réserve sauf peut-être aux âmes sensibles. Svetlana Alexievitch , avec son style si particulier de reportage, a su un nouvelle fois me convaincre de revenir prochainement à ses écrits.
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   25 janvier 2016
Une fois, une femme (une aviatrice) a refusé de me rencontrer. Elle m'a expliqué pourquoi au téléphone : « Je ne peux pas. Je ne veux pas me souvenir. Trois ans passés à la guerre... Et durant trois ans, je n'ai plus été une femme. Mon organisme était comme en sommeil. Je n'avais plus de règles, plus de désir sexuel. J'étais une jolie femme, cependant... Quand mon futur mari m'a fait sa demande, c'était à Berlin. Devant le Reichstag. Il m'a dit : 'La guerre est finie. Nous sommes vivants. Epouse-moi.' J'aurais voulu pleurer. Crier. Le frapper ! Comment ça, l'épouser ? L'épouser - tout de suite ? Tu as bien regardé à quoi je ressemble ? Fais d'abord de moi une femme : offre-moi des fleurs, fais-moi la cour, dis-moi de belles paroles. J'en ai tellement envie ! [...]
Mais je ne peux pas raconter... Je n'ai pas la force de revenir en arrière... De devoir revivre encore une fois tout ça... »
(p. 13)
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ZilizZiliz   28 janvier 2016
Dans notre famille, il y avait huit enfants, les quatre premiers, c'étaient toutes des filles, et j'en étais l'aînée. La guerre va son train, les Allemands sont déjà aux abords de Moscou... Un jour, papa rentre du travail, en larmes : « Autrefois, je me réjouissais d'avoir eu des filles en premier. Des filles à marier. Mais maintenant, dans chaque famille quelqu'un part au front, et chez nous, personne... Je suis trop vieux, on ne veut pas me prendre, vous, vous êtes des filles, et les garçons sont trop petits. »
Des cours pour devenir infirmière avaient été organisés. Mon père nous y a envoyées, ma soeur et moi. J'avais quinze ans, ma soeur, quatorze. Il disait : « C'est tout ce que je peux donner pour la victoire. Mes filles... » A l'époque, on n'avait pas d'autre pensée.
Un an plus tard, j'étais au front...
(p. 57)
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OlivOliv   19 mai 2017
Il y avait la guerre, je menais une vie ordinaire... Une vie de jeune fille de mon âge... Et puis ma voisine a reçu une lettre : son mari avait été blessé, il était dans un hôpital. J'ai pensé : "Il est blessé, qui va le remplacer ?" Un autre voisin est revenu amputé d'un bras : qui prendra sa relève ? Un troisième rentre chez lui avec une jambe en moins, c'est encore un qui manque. J'ai écrit, j'ai demandé, j'ai supplié qu'on m'enrôle dans l'armée. C'est ainsi que nous avions été élevées : nous avions appris que rien ne devait se faire sans nous dans notre pays. On nous avait appris à l'aimer. Et dès lors que la guerre avait éclaté, nous étions tenues d'apporter notre aide. Si l'on avait besoin d'infirmières, il fallait devenir infirmières. Si l'on manquait d'artilleurs pour la DCA, c'est là qu'il fallait s'engager.
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Alice_Alice_   13 avril 2016
Tout ce que nous savons, cependant, de la guerre, nous a été conté par des hommes. Nous sommes prisonniers d'images "masculines" et de sensations "masculines" de la guerre. De mots "masculins". Les femmes se réfugient toujours dans le silence, et si d'aventure elles se décident à parler, elles racontent non par leur guerre, mais celle des autres. Elles adoptent un langage qui n'est pas le leur. Se conforment à l'immuable modèle masculin. Et ce n'est que dans l'intimité de leur maison ou bien entourées d'anciennes camarades du front, qu'après avoir essuyé quelques larmes elles évoquent devant vous une guerre (j'en ai entendu plusieurs récits au cours de mes expéditions journalistiques) à vous faire défaillir le cœur. Votre âme devient silencieuse et attentive : il ne s'agit plus d'événements lointains et passés, mais d'une science et d'une compréhension de l'être humain dont on a toujours besoin.
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OlivOliv   16 mai 2017
Il m'arrive aujourd'hui de regarder des films de guerre : on y voit des infirmières en première ligne, toutes proprettes et bien soignées, portant non pas un pantalon matelassé, mais une jolie petite jupe, et un calot sur la tête. Eh bien ! ça n'a rien à voir avec la réalité ! Est-ce qu'on aurait pu aller récupérer des blessés si on avait été attifées comme ça ? Ce n'est pas bien commode de ramper en jupe, quand il n'y a que des hommes autour de vous. Pour dire la vérité, des jupes, on n'en a reçu qu'à la fin de la guerre, pour défiler à la parade.
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Videos de Svetlana Alexievitch (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Svetlana Alexievitch
Bande annonce du film La supplication, adaptation du roman de Svetlana Alexievitch
Dans la catégorie : Campagnes et bataillesVoir plus
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