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EAN : 9781912240166
256 pages
Éditeur : Sandston Press Ltd (01/01/2018)
4/5   3 notes
Résumé :
C’est l’histoire de trois générations de femmes vivant dans le village d’al-Awafi à Oman. Des femmes qui seront le témoin de l'évolution de leur pays, d’une société traditionnelle, maintenant encore l’esclavage, à celle post-coloniale, arrivée au croisement complexe du présent confronté à un monde obligé a se redéfinir.
Ce livre vient de remporter le prix littéraire Man Booker Prize 2019.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  25 mai 2019
Un livre d'une écrivaine omanaise qui vient de remporter le Man Booker Prize International 2019.
Une histoire sur les femmes, leurs vies, leurs aspirations dans une société gérée par les hommes, la religion et la tradition. Mais l'écrivaine donne aussi la parole aux hommes, qui quand ils n'ont pas de voix, apparaissent comme les méchants, surtout dans ces sociétés patriarcales; or ils n'y sont pas plus heureux que les femmes.
A travers trois générations, et la vie de trois soeurs, l'auteur raconte la vie d'une famille omanaise de notables et cheikhs (personne respectable chez les musulmans), sur fond de l'histoire du pays au siècle dernier et plus particulièrement des années 80 à nos jours. Des restes de l'esclavage ( trafic d'esclaves et d'armes en provenance du Zanzibar était dans le temps leur source de revenues traditionnelles ) à une société un peu plus civilisée, plus humaine.
La femme et la fille soumises, au père, au mari, à la mère,
Le fils soumis au père,
L'homosexualité masculine , partie intégrante de ces sociétés religieuses, où la femme étant taboue, l'homme est plus accessible à l'abus,
L'initiation sexuelle des garçons des familles riches, par le biais de leurs esclaves ou servantes ou selon leurs âges de leurs enfants ( vulgairement appelées “Bas ish-Shaab”, Bus public) , avec comme résultat des bâtards,
Le sentiment de culpabilité imposé à tout sentiment de plaisir.....
Autant de sujets déplaisants qui sillonnent ce récit. Mais le plus déplaisant étant la religion qui gère la vie quotidienne. Une religion dont l'interprétation est laissée aux bons soins d'une poignet de bonhommes plus ignares les uns que les autres, dénués de tout bon sens et conscience ( Les Omanais sont des musulmans Ibadi, une branche relativement tolérante de l'Islam).

Écrit en arabe, la traduction anglaise je suppose n'est pas des plus faciles . Donc difficile de juger la prose assez simple dans la traduction. Quand à la forme, un récit non linéaire, chaque chapitre, un personnage, ses ressentis et son histoire , où le mélange du passé et du présent d'une phrase à l'autre est déroutant. De même, différentes informations concernant le pays jetées pêle-mêle, pour qui ne connaîtrait pas ces contrées. L'arbre généalogique du début du livre aussi n'est pas des plus explicites.
Pourtant j'ai apprécié ce roman pour son côté introspectif qui se passe dans un pays peu ou pas connu dans la Littérature. J'avais acheté le livre bien avant son prix, parce qu'écrit par une omanaise qui vit dans son pays même. Un pays que je connais relativement bien, et qu'à mon avis le plus intéressant de la péninsule arabe, dû à son histoire particulière ancienne et riche, et surtout à son monarque Sultan Qaboos, un homme éclairé, cultivé, idéaliste au pouvoir depuis 1970, l'année où l'esclavage a été totalement aboli à Oman. Un homme qui a beaucoup oeuvré pour son pays et grâce à son intelligence l'a maintenu loin des grands conflits politiques et économiques qui secouent la péninsule arabe depuis quelques décennies, dont précisément le Yémen, son voisin, l'enjeu des grandes puissances.
Ce livre n'a pas été encore traduit en français, mais le sera sûrement prochainement vu le prestigieux prix littéraire qu'il vient de gagner. Je ne peux que conseiller vivement sa lecture aux curieuses et curieux d'autres cultures, d'autres pays.
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LiliGalipette
  05 décembre 2020
Dans le village d'Awafi, à Oman, une famille traverse amours et deuils au fil des générations. « Et ma tristesse à moi, qui s'en attristera ? » (p. 9) Maya, Abdallah, Salima, Zarifa, Asma, Khaled, Azzane, Najeya, Khawla, Hanane, Senjar, Chenna et tous les autres, voisins, serviteurs et amis se rencontrent, se mélangent, se trahissent. Les secrets de famille ne restent jamais enfouis pour toujours, même sous la poussière infinie du désert. Et entre ce que les parents veulent pour leurs enfants, sans demander l'avis de ces derniers, et ce que se permet la jeunesse, il y a un fossé. « Les jeunes de maintenant, plus rien ne leur plaît. » (p. 156) Tradition et modernité se côtoient sans se confronter vraiment, mais sans se comprendre.
Avec sa chronologie non linéaire qui ménage avec habileté les révélations et ses chapitres répartis entre plusieurs voix, le roman de Jokha Alharti est admirablement construit. Les prétéritions montrent combien le futur tout entier est contenu dans chaque instant, dans chaque commencement. Pour autant, les souvenirs hantent le présent. Cependant, je ne sais pas si cela tient à la traduction, mais j'ai trouvé le assez plat, voire pauvre par endroit. Cela me déçoit d'autant plus que ce roman est le premier lauréat du Man Booker International Prize traduit de l'arabe. Ce prix fait partie des plus prestigieux de la place littéraire mondiale et j'aurais aimé comprendre pourquoi il a couronné ce livre. Ce dernier est loin d'être mauvais, mais je n'y trouve pas la matière qui mériterait d'être récompensée. Cela dit, les goûts et les couleurs...
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Fuyating
  30 juillet 2020
Ce livre nous fait découvrir la vie à Oman, pays invité du salon du livre 2019. Nous y découvrons sa culture, sa religion mais aussi son histoire à travers le destin d'une famille.
L'auteure nous fait suivre trois générations, principalement des femmes (trois soeurs), même si la parole est également donnée à quelques hommes. Je dois avouer avoir eu quelques difficultés à me repérer avec tous les personnages. Heureusement qu'il y a un arbre généalogique (que j'ai mis du temps à comprendre) au début ! L'auteure fait un récit non linéaire, et nous voyageons dans le temps d'un chapitre à l'autre. Cette narration est intéressante puisqu'elle nous permet de recoller peu à peu les morceaux, mais en fait une lecture quelque peu exigeante.
J'ai aimé découvrir le destin de cette famille, leurs joies et leurs difficultés, et j'ai aussi beaucoup apprécié être plongée dans cette société omanaise que je le connaissais absolument pas. Nous en apprenons un peu sur le pays et sur son évolution, notamment avec les trafics d'arme et l'esclavagisme puis l'abolition de ce dernier. Nous voyons également quelques changements dans les mentalités, des femmes qui s'affirment et ne sont plus forcément mariées à des hommes qu'elles n'ont pas choisies (attention, je ne dis pas qu'il n'y en a plus). Mais cela reste tout de même une société très patriarcale. J'ai l'impression que les personnages sont dans l'ensemble assez désabusés.
Je souhaite souligner un fait intéressant : l'auteure nous parle d'un personnage différent à chaque chapitre en notant le prénom en titre et, sauf erreur de ma part, la narration est toujours à la troisième personne, excepté quand elle donne la parole à Abdallah et le récit est alors à la première personne. Je suis très intriguée de ce choix. Est-ce pour elle un homme clé vers qui tous les récits convergent ? Malgré les personnages quasiment tous féminins dont il est question, la première personne est quand même utilisée par un homme. Signe du patriarcat ?
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mimo26
  28 mai 2019
Gagnante du Meilleur roman omanais 2010. Celestial Bodies se déroule dans le village d'al-Awafi, à Oman, où nous rencontrons trois soeurs: Mayya, qui épouse Abdallah après une peine de coeur. Asma, qui se marie par sens du devoir; et Khawla qui rejette toutes les offres en attendant sa bien-aimée, émigrée au Canada. Ces trois femmes et leurs familles voient Oman évoluer d'une société traditionnelle, propriétaire d'esclaves, qui se redéfinissait lentement après l'ère coloniale au carrefour de son présent complexe. Élégamment structuré et tendu, Celestial Bodies est le ressort d'un roman qui raconte le passage à l'âge d'Oman à travers le prisme des pertes et des amours d'une famille.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   24 mai 2019
I love the capital*! said Salim. True, it isn’t Dubai, but we can find everything we want here. I didn’t ask him what exactly it was that he wanted.
J’adore la capitale ! dit Salim. Bien sûr ce n’est pas Dubai, mais on peut trouver tout ce qu’on veut. Je ne lui ai pas demandé ce qu’était exactement son « tout ce qu’on veut » .
*La capitale est celle d’Oman, Muscat.
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FuyatingFuyating   17 août 2020
She would be invited to lunch and dinner, and she would issue her own invitations, since she was no longer merely a girl. Marriage was her identity document, her passport to a world wider than home.
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FuyatingFuyating   02 août 2020
Asma asked, Why do you dragon, Khalid ?
To free myself from existing only inside the narrow space of my father's imagination, and then to re-invent my lite in the space of my own.
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FuyatingFuyating   31 juillet 2020
I did not say to her that when we are away from home, in new and strange places, we get to know ourselves better.
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FuyatingFuyating   17 août 2020
The longing to know things consumes people sometimes.
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