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Isabelle Maillet (Traducteur)
ISBN : 9782714446114
Éditeur : Belfond (19/08/2010)

Note moyenne : 3/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Chef des cuisines de l'hôtel Impérial, un palace plus vraiment à la hauteur de sa splendeur d'antan, Gabriel Lightfoot doit composer chaque jour avec une équipe cosmopolite et
chahuteuse, une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père malade qui lui laisse des messages aussi laconiques que culpabilisants sur son répondeur.

Une mort va faire voler en éclats son fragile équilibre : le corps d'un des employés est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  29 décembre 2013
Comme beaucoup, j'avais adoré le premier livre de Monica Ali "Brick Lane" (bizarrement traduit en français "Sept mers et treize rivières")
Aussi avais-je offert à ma veille Maman son second "En cuisine", espérant que cette cuisinière émérite s'intéresserait aux entrelacs complexes de cette romancière post-coloniale.
Bien mal m'en pris ! J'ai retrouvé durant les fêtes dans la bibliothèque parentale ce gros livre avec un marque-page coincé à la page 100, témoignage manifeste du manque de perspicacité de mon cadeau.
J'ai moi aussi bien failli capituler en cours de route. L'histoire de Gabriel Lightfoot, chef de cuisine à l'hôtel Imperial, me semblait bien convenue. Mais je me suis accroché et j'ai eu raison.
La meilleure métaphore pour décrire ce livre serait celle d'une bille métallique qui décrit de lentes circonvolutions dans un évier avant d'accélérer sa course pour tomber dans le siphon (bon d'accord, mes connaissances en plomberie sont assez limitées).
Le livre commence sur un rythme un peu lent dont je comprends qu'il ait pu désespérer ses lecteurs - ma mère y compris. L'histoire de Gabriel Lightfoot semble un peu trop éclatée pour capter l'attention : le cadavre d'un employé est retrouvé dans les sous-sols de l'hôtel, une immigrée ukrainienne se réfugie chez lui, son père se meurt d'un cancer dans le nord de l'Angleterre, ses projets d'ouvrir son propre établissement battent de l'aile.
Et petit à petit tout s'accélère, tout s'imbrique, comme dans un vaste mouvement d'horlogerie dont le fonctionnement d'ensemble ne se laisserait pas dévoiler à première vue.
Du coup, le roman se révèle d'une autre ampleur que celle, bien modeste, qu'on lui avait prêté.
Il brasse des thèmes aussi ambitieux que la filiation, l'identité nationale, l'avenir du capitalisme britannique.
Bien sûr les esprits chagrins lui trouveront bien des ressemblances avec les récentes productions de Jonathan Coe ou William Boyd. Monica Ali n'en mérite pas moins sa place parmi les meilleurs romanciers britanniques contemporains.
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verobleue
  11 mai 2013
C'est en lisant les critiques sur Babelio que j'ai eu envie de lire ce livre.
Le cadre de ce roman est la cuisine d'un grand palace londonien fatigué, L'hôtel Impérial avec comme personnage principal, Gabriel Lightfoot, chef du restaurant le Jacques, engagé pour refaire la réputation de l'ancien palace.
Gabriel Lightfoot compte y rester un an et ensuite ouvrir son propre restaurant en association avec un homme d'affaire et un politicien. A la quarantaine, il réfléchit même à s'engager avec sa compagne.
Avec la découverte de Yuri, un des employés ukrainien à la plonge, qui s'est tué dans les caves de l'établissement, il va découvrir que toute sa brigade est constituée de clandestins du monde entier d'Inde, d'Afrique ou des pays de l'Est.
Il rencontre aussi Lena une jeune plongeuse, qui s'était installée avec Yuri dans les caves du restaurant et va l'accueillir chez lui. En parallèle, il apprend que son père va mourir d'un cancer. Il va en devenir dépressif.
"En cuisine" de Monica Ali n'a rien d'un roman sur la gastronomie. Il décrit l'atmosphère des cuisines : la discipline, la tension, les cris. Il nous narre l'univers des clandestins avec les abus, la misère mais aussi leur solidarité.
Ce roman fut une épreuve avec ses longues descriptions et j'ai eu des difficultés avec la vraisemblance de la dépression du protagoniste.
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Commenter  J’apprécie          180
Lowra
  10 septembre 2012
Gabriel est le chef de cuisine du restaurant d'un palace londonien. Ce n'est pas vraiment le rêve de sa vie mais c'est parfait pour faire ses preuves et obtenir la confiance des investisseurs pour ouvrir son propre restaurant un jour.
Dans les cuisines, c'est un peu les Nations Unies vu le nombre de nationalités qui travaillent ensemble. Il y a tellement de personnes dans les cuisines - et certaines, comme les plongeurs, changent tellement souvent - que Gabe ne connaît pas vraiment son équipe. Les heures en cuisine et les réunions avec les différents directeurs de l'hôtel s'enchaînent et les journées semblent toujours pareilles.
L'élément déclencheur est la mort de Yuri, un des plongeurs, que l'on retrouve dans le sous-sol des cuisines. Il s'était vraisemblablement installé là, se douchant dans les vestiaires et dormant sur un matelas.
Il semblerait également que Yuri n'était pas seul et qu'il avait recueilli Léna, l'une des serveuses. Elle devient le premier témoin que la police souhaite interroger mais demeure introuvable.
Parallèlement à sa vie professionnelle, on suit la vie personnelle et familiale de Gabriel. le presque quadra est en couple avec Charlie, une chanteuse tentant de percer dans le milieu. Gabriel a beaucoup de rêves en ce qui concerne sa relation avec elle ; une fois qu'il aura son restaurant, il compte bien s'installer avec elle et avoir un enfant.
On se rend vite compte que Gabriel souhaite beaucoup de choses mais restent cependant bien trop souvent en surface. le restaurant et Charlie en pâtissent mais également son père qui vient de se voir annoncé qu'il est atteint d'un cancer et n'a plus que six mois à vivre. Entre Gabriel et lui, il reste beaucoup de non-dits qui rendent les mots plus difficiles à sortir.
Petit à petit, Gabriel se prend en main, avance, se trompe de chemin, se remémore ses rêves de gosses et essaie d'en faire quelque chose. le tout est traité sur un fond d'analyse socio-économique de la classe moyenne et des restes d'identité britannique. Ce n'est pas un mauvais roman, je suis juste déçue car j'attendais mieux. L'auteur livre quelques réflexions intéressantes sur ses contemporains mais ne passionne pas comme un Jonathan Coe saurait le faire.
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traversay
  29 août 2012
Après Sept mers et treize rivières (brillant) et Café Paraiso (décevant), Monica Ali, 33 ans, bombardée dès ses débuts "grand espoir des lettres britanniques", était attendue au tournant. En cuisine, livre magistral, dépasse les espérances, tellement il est copieux - entrée, plat de résistance, fromage et dessert - au point de friser l'indigestion : la romancière aurait pu un peu élaguer dans ce pavé de 620 pages, parfois redondant. Il s'agit d'une oeuvre balzacienne qui, partant des cuisines d'un restaurant haut de gamme, quoique légèrement sur le déclin, décrit la société anglaise, du haut de l'échelle, parlementaires et hommes d'affaires, à l'armée de l'ombre constituée de tous les émigrés - Pays de l'est, Inde, Afrique - dont l'exploitation et la condition précaire, véritable esclavagisme moderne, forment le coeur du livre, sans apitoiement, mais avec un souci de réalisme permanent qui glace les sangs. Monica Ali, elle-même arrivée du Bangladesh à l'âge de 3 ans en Angleterre, connait visiblement à fond son sujet, sans pour autant céder à la tentation du documentaire. Non, à l'image des grands écrivains britanniques classiques, à commencer par Dickens, la romancière joue de tous les ressorts de la fiction pour séduire et interpeller son lectorat. Et avec quelle maîtrise, fluidité du style, vivacité des dialogues, elle possède les armes pour flinguer le racisme rampant des élites du pays et dresser un portrait panoramique accablant de l'Angleterre d'aujourd'hui. En choisissant pour héros un chef des cuisines qui, tout en réalisant petit à petit dans quel monde il évolue, pète littéralement les plombs, elle trouve un vecteur de communication idéal pour réaliser une tapisserie sociale sidérante de justesse. Il faut un appétit d'ogre pour dévorer En cuisine mais celle qui a mitonné ce festin mérite largement l'effort à nourrir.
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lillou
  25 octobre 2010
J'avais adoré – comme beaucoup, puisqu'il a été finaliste du Man Booker Prize 2003 – le premier roman de Monica Ali, Sept mers et treize rivières, et j'attendais avec impatience le second. Quand j'en ai lu le résumé, j'ai été plus qu'emballée : le monde de la cuisine intriguant en lui-même, les promesses londoniennes de melting-pot, le héros tellement anglais…
Chef du restaurant de l'Imperial, un grand hôtel londonien, Gabriel Lighfoot ne maîtrise plus grand chose de sa propre vie. Et c'est la mort mystérieuse d'un des employés dans les sous-sols de l'Imperial qui lui en fait prendre conscience.
Professionnellement d'abord, Gabe s'aperçoit qu'il ne sait rien de ce qui passe dans les cuisines qu'il est censé diriger. Il ne connaît véritablement aucun de ses équipiers : immigrés de cultures et de pays différents, la plupart sont là par défaut – pas par passion comme ce fut son cas il y a une quinzaine d'années –, parfois pour longtemps mais plus souvent tels des éléments interchangeables envoyés par des agences d'intérim se chargeant de tout. Derrière les frigos, Gabriel découvre de sinistres secrets – passés terrifiants, quotidiens douloureux, chantages, trafics, prostitution… C'est tout un monde, assez glauque, qui lui apparaît.
Il tente de nouer de nouvelles relations avec certains de ses employés mais aucun ne comprend cet intérêt soudain – a-t-il quelque chose à leur reprocher ? – et chacun fait attention à respecter la hiérarchie. Quant au restaurant qu'il est en train de monter, Gabriel doute de plus en plus de ses deux partenaires qui chaque jour le dépossèdent davantage de la substance, du « concept », de ce lieu censé être le sien.
Personnellement ? Les choses ne sont pas plus simples. Après avoir ignoré des dizaines de messages, Gabriel apprend avec effarement que son père est très gravement malade et que sa grand-mère quasi sénile va devoir être placée… Il essaie alors en quelques mois de recoller ses bribes de souvenirs avec ce que chacun lui raconte, et de mettre ainsi à jour la réalité de son enfance et, surtout, de ses parents.
Quant à sa vie amoureuse, sa relation en apparence harmonieuse avec Charlie est mise à mal par l'irruption de Lena, jeune fille de l'Est, désagréable et fuyante. C'est ce personnage et son lien improbable avec Gabriel qui m'ont fait « décrocher » en quelque sorte du roman : je n'ai pas réussi à y croire un instant et tout le reste m'est apparu bien trop artificiel, trop « fabriqué ».
Au risque de filer la métaphore un peu lourdement (mais je ne sais pas comment mieux l'exprimer), tous les ingrédients y étaient mais trop abondants, trop rapidement effleurés. Les digressions sont nombreuses, les descriptions souvent trop longues, les enchaînements abrupts…
En cuisine, c'est donc toute la vie de Gabriel qui se fissure, bout par bout, et le lecteur en prend connaissance en même temps que lui. C'est peut-être aussi pour cela que je me suis sentie totalement perdue dans ce roman : le récit est à l'image de ce héros qui ne sait plus où il en est, remet en question toutes ces certitudes, et découvre des facettes méconnues de sa propre réalité.
Bref, malgré de nombreuses qualités – en premier lieu, des personnages très riches et le projet d'évoquer les difficultés des migrants–, ça n'a pas fonctionné, je suis restée irrémédiablement en dehors de ce livre.

Lien : http://monbaratin.blogspot.c..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
CathleroyCathleroy   05 décembre 2011
Bref, tout ce que je voulais dire, c'est qu'on a beau tout tourner et retourner dans sa tête, ça fait aucune différence. Qu'est-ce que j'ai pu perdre comme temps à me tourmenter ! De toute façon, ce qui nous attend arrive quand même. Et nous, on voit jamais rien venir, parce qu'on regarde pas dans la bonne direction.
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joedijoedi   14 août 2011
Où était passée sa soeur ? Il aurait voulu partir la chercher à l'intérieur de cette femme trop grosse. Mais même s'il parvenait à l'atteindre sous la graisse, il se retrouverait toujours devant une inconnue en chemisier de polyester à manches courtes. Il lui faudrait alors attaquer à coups de burin le rempart de paroles ininterrompues, puis une gangue faite de préoccupations - Harley et Bailey, Nana, papa ... Resterait ensuite à éliminer une couche d'habitudes et de raisonnements provinciaux pour pouvoir aller plus loin, au plus profond, comme s'il ouvrait une poupée russe, et révéler enfin la vraie Jenny - celle qui disait, à plat ventre sur son lit en minijue de jean toute déchirée : "Si à dix-huit ans je me suis toujours pas tirée d'ici, achève-moi. Je t'en prie, achève-moi."
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joedijoedi   15 août 2011
- Tu m'as fait une remarque sur le tissage, un jour, je m'en souviens encore. Tu m'as dit que c'était un peu comme la vie : la trame va dans une direction, elle donne le dessin et la couleur ; et la chaîne, elle est constante. Papa ? Je ... des fois, j'ai l'impression ...
- C'est à cause de cette fille ? Lena ? Non, j'ai pas oublié. Ecoute, mon grand, il y a une chose que tu dois savoir : les fils cassent tout le temps. Un bon tisseur attend pas l'intervention du chef d'atelier ; il répare lui-même et il va de l'avant.
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HildeHilde   06 octobre 2010
Quand il regardait ses cuisines, il se sentait transporté par une émotion qu'il n'aurait sans doute pas appelée de l'amour mais qui lui gonflait néanmoins le cœur - une émotion inspirée par la vue de sa brigade, aussi concentrée sur sa tâche qu'un groupe de travail aux Nations unies.
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joedijoedi   12 août 2011
"Si ça ne vous dérange pas, chef, reprit Benny, je vais chanter un peu. Ça m'aide à travailler." Il se mit à chanter tout bas dans sa langue natale, les mots crevant la surface de la mélodie telles les bulles d'air d'un épais ragoût épicé qui mijote sur le feu.
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