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Critique de ChaK_


ChaK_
  22 octobre 2018
Premier volet d'une serie de cinq romans consacré à l'Islam (Le quintet de l'Islam) et son influence à travers les âges, cet opus commence en 1153, en Sicile, terre somme toute assez tolérante, où les cultures Chrétienne, Juives et Musulmane se marient de façon relativement respectueuse, sous la tutelle du Sultan Rujari, ou Roi Roger II, descendant de conquérants Normands s'étant taillé un fief en Italie du sud.

Je suis extrêmement partagé sur ce bouquin… d'un côté l'Histoire, le meilleur des scénarios comme d'habitude. En fin de règne notre bon Roger II faibli, tant physiquement que mentalement, laissant peu à peu de la place pour les évêques chrétiens intégristes tolérant très mal cette cohabitation intelligente. Ce dernier vendra progressivement son âme pour maintenir sa succession au trône, sacrifiant un proche musulman sur l'autel de la bêtise humaine. Bien entendu ces derniers, pas franchement d'accord, finiront eux aussi par mettre le feu à quelques gens d'église, et une nouvelle phase de guerre reprendra de plus belle.

Ce contexte est bien documenté, bien narré (bien qu'étant tout sauf exhaustif), distillé au fil des pages de manière assez légère mais efficace, et permet une compréhension globale de cette Sicile au fragile équilibre du XIIeme siècle. Bon point donc.

Et puis de l'autre côté, l'histoire (petit h, grosse déception) qui brode une relation entre le souverain et le cartographe et savant Al-Idrisi, deux personnages ayant existé, et ayant eu des relations amicales et fortes, menant à l'écriture du “Livre de Roger”. Ça c'est la partie sympa.

Le reste est franchement pénible à lire, étant rempli de la libido envahissante et des atermoiements incessants du scientifique, mêlant volontiers échangisme et complaisance de cocu (avec un roi ou un émir quand même). Voila quoi, des femmes qui lui supplient de leur faire des gosses et dont il tombe amoureux, et qu'ils couchent 5 fois dans la nuit, pendant que la fille cachée jubile de tout ces mouvements de grande romance etc... sa vie, ses gosses, ses terres, ses innombrables aller/retour Syracuse/Palerme… Bref on s'en tape et ça n'a selon moi rien à faire ici, surtout que la vie privée d'al Idrisi est semble il très méconnue, à se demander d'où sort tout ce tumulte digne d'amour gloire et beauté. Quand bien même ce serait vrai ça reste vraiment peu passionnant, malgré la plume relativement agréable d'Ali.

Double effet de ce babillage : déjà fortement réduit dans le temps et l'espace, le livre stagne. Ça n'avance pas, la vie privée prend trop d'importance par rapport au reste, et on attend les passages intéressant avec grande impatience. J'ai franchement été frustré de pas pouvoir en lire plus sur les jeux de pouvoir autour du trône, des révoltes latentes ou d'autres choses liées à ce passage de l'Histoire.

Très sceptique aussi quand à l'impartialité de l'auteur. le chrétien en dehors de Roger II est malfaisant, ne pense qu'a asservir le musulman, le convertir ou le réduire en cendre, alors que ce dernier n'est qu'amour, se fait cramer bien volontiers pour le bien de ses coreligionnaires voir prête sa femme pour qu'on lui fasse des gosses, et est bien sûr la grande victime des méchants chrétiens. J'admet une certaine part de vérité dans tout ceci, m'enfin faut pas pousser quand même.

Bref, je n'ai pas aimé. Je n'ai rien trouvé qui m'intéressais dans ce livre en dehors du contexte historique (malheureusement sous exploité) qui aurait mérité une plus grosse part de texte, et j'irais jusqu'à dire que je me suis ennuyé les trois quarts du temps. Et je passe en plus gentiment sur l'anachronisme du canon, qui rappelons le n'arrivera que dans environ 200 ans.
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