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EAN : 9791038803145
128 pages
Ex Aequo (20/03/2022)
4.22/5   16 notes
Résumé :
L’amour sous fond de fin du monde.

Christian est californien. Christian est blond et beau comme le soleil, vit sans filtre et rêve de la France. Il traverse l’océan Atlantique qui le sépare de l’Europe pour être assistant d’anglais dans un lycée français.

Jonathan est français ; il accumule les plans d’un soir, les amours éphémères et traîne sa vie.

Un soir gris et pluvieux d’octobre, les deux garçons se croisent sur une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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NicCarca
  30 avril 2022
Découvert via les réseaux sociaux, La garçon from L.A retrace la rencontre de deux hommes en pleine pandémie mondiale. L'un est français, prof de français dans un lycée l'autre est américain, avatar parfait des californiens à l'esthétique parfaite. Que va-t-il donc advenir de ce couple atypique ?
Pour la forme.
La plume de l'auteur est très fine, juste, presque poétique. Pour un premier roman, sur ce point précis, c'est plutôt une réussite. En revanche il faut savoir apprécier un certain mélange du champ lexical qui se veut par moment assez sophistiqué mais qui soudainement bifurque sur du vocabulaire cru. Très cru.
Deux points de vue dans la première partie : omniscient et externe : une narration à la troisième et première personne. le procédé est délicat à appréhender car il peut parfois vite donner le tournis mais ce n'est pas le cas ici. Les repères spatiaux temporels sont clairs donc là aussi chapeau bas.
L'originalité principale du livre repose sur une forme de narration éclatée si bien qu'on a plus l'impression de « regarder » un roman de photo qu'une histoire linéaire classique. Ce sont des fragments clés de la vie des personnages qui sont exposées. Des étapes charnières avant leur rencontre, le tout sur fond d'épidémie de covid-19.
À environ la moitié du livre le point de vue se focalise uniquement et judicieusement sur le protagoniste, Jonathan, en stricte narration interne (je) ce qui a pour effet de créer une immersion profonde et intime avec lui car nous avons un accès plein et entier à ses angoisses, ses peines, ses faiblesses, ses obsessions. Son obsession.
En revanche il y a, selon moi, un inconvénient inhérent à l'utilisation de la première personne comme technique de narration car elle établit, de façon générale, pas seulement dans ce livre, une promiscuité ambiguë entre le personnage principal et l'auteur si celui-ci ne s'efface pas au profit du récit. Et là force est de constater que ce n'est pas le cas. Si bien que par moment on se demande qui parle. Jonathan ou Tadzio ? Ils sont d'ailleurs tous les deux professeurs de français. Sont gay. C'est écrit sur la quatrième de couverture sous le résumé. D'ailleurs je m'interroge sur la nécessité de préciser que Tadzio Alicante est « un auteur gay ». Qu'est-ce qu'on en a à faire qu'il soit homo ? c'est une vraie question. Mais passons.
Qu'on s'entende bien, il est parfaitement admissible que l'auteur mette une partie de son coeur et ses tripes dans un personnage. Mais ici on a vraiment l'impression que le narrateur s'invite parfois littéralement dans l'histoire en s'adressant directement au lecteur.  P.49 « Cher lecteur, tu ne sauras pas… ». P.114 « J'aimerai écrire une belle fin ». Au-delà du fait qu'on a un peu l'impression d'être pris pour un idiot dans le sens ou une explication sur la suite de l'histoire mérite une explication directe de l'auteur, le point le plus dérangeant est que celle-ci brise l'immersion de façon très brutale. Imaginez-vous assister à une pièce de théâtre lorsque, entre deux actes, le metteur en scène se pointe sur les planches pour vous expliquer ce qui va se passer maintenant et comment. Dans certains de ses romans Joel Dicker interrompt subitement l'histoire pour vous conseiller, par exemple, d'aller dans ce restaurant où se passe la scène, parce que ça vaut vraiment le coup. C'est extrêmement désagréable. Vraiment.
La gêne est encore plus palpable lorsqu'on lit des « vérités » assénées : P.82 « La fidélité n'est bonne que pour les couples hétérosexuels qui se leurrent sur la nature humaine qui est trop encline au sexe, à baiser ». What ? Je me répète mais là… qui parle ? L'auteur ou le personnage ? Allez, bénéfice du doute, on va dire que c'est Jonathan.
Pour conclure sur la forme notons que le livre est fort de références littéraires ce qui n'est pas une mauvaise chose étant donné que les deux personnages ont une appétence certaine pour les livres.
Pour le fond.
Nous avons donc Jonathan et Christian. le premier est petit, mince, intello et introverti. le second solidement bâti, sûr de lui et extraverti. On est donc forcément curieux de savoir ce qui va arriver à ces deux antipodes. S'agissant d'une romance érotico-psychologique les piliers du livre s'articulent naturellement autour des thèmes et des personnages.
Individuellement parlant les personnages sont somme toute assez caricaturaux : ils baisent, picolent, se droguent, regardent des émissions sur les drag-queens et s'achètent des fringues. Ils bitchent sur tout et tout le monde, surtout Jonathan. Rien n'a de grâce à ses yeux : les gens qu'ils croisent sont moches, gros, cons et puent.
Nous avons peu accès aux ressentis de Christian, mais les rares chose que l'on sait de lui est qu'il est obsédé par le sexe et adore dépenser son argent. Soit. Il est blond, ses yeux sont azurs et a des dents parfaitement blanches et alignées. Au bout de la dixième répétions, on a compris.
La première partie relate leurs quotidiens avant leur rencontre. Alors certes il est toujours utile de connaitre le passé des personnages mais les péripéties n'ont que peu d'incidence sur le futur de leur relation hormis le fait qu'ils rencontrent des amants dont ils se séparent bien vite avant de les oublier totalement. La profondeur des personnages est très superficielle, qu'ils soient prof et assistant d'anglais, ou taxidermiste et concierge n'ont aucune importance car leurs métiers n'influent en rien sur leurs vies respectives. Pas besoin d'être enseignant ou assistant pour aimer la littérature.

Tous les défauts du livre sont alors exacerbés par cette fin qui consiste à cracher au visage du lecteur. Une confusion des genres si tardive me pousse à poser ces questions : Tadzio Alicante connaissait-il la fin de son histoire avant de commencer à l'écrire ? pourquoi la maison d'édition a accepté de publier une fin aussi extravagante ? Pardon mais c'est du foutage de gueule.
Sans ça j'aurai surement mis trois étoiles, mais là ça en vaut qu'une. Et encore.
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GabrielKevlec
  18 mars 2022
C'est la fin du monde.
La fin du monde tel qu'on le connaît.
Une pandémie décime l'espèce humaine, les morts font la une de tous les journaux, s'affichent sur toutes les chaînes. Dans ce décorum si terriblement réaliste, la caméra zoome. Sur Christian d'abord, un Californien avec le soleil de Los Angeles dans les cheveux. Il fait l'amour sur la plage. Il est beau. Sur Jonathan ensuite, un professeur français avec dans les iris les éclats de la Seine sous l'indifférence du ciel. Il parle de Duras et de Nabokov au garçon qui vient de jouir en lui.
Entre les deux hommes, un schisme océanique, mais aussi La mort à Venise, de Thomas Mann, tel un étrange lien de mots, la mise en abîme d'une obsession à venir.
Zoom arrière.
Sous la plume unique de Tadzio Alicante, les deux acteurs évoluent dans leurs mondes parallèles, des mondes de doutes et de sexe, de peur et de désirs, de futurs incertains semés de signes annonciateurs.
Transition par le vide, entracte. La scène se vide. Les deux acteurs restent dans la lumière. Épiphanie. Ils se rencontrent. Les fragments de leur histoire nous sont jetés tels des miettes de pain, des flashs. Désir puzzle, amour en morceaux, tessons de jouissance.
Entre Chalendon et Ernaux, entre Duras et Despentes, l'auteur nous livre l'histoire superbe et sans concessions de la jonction de ces deux trajectoires. Débarrassée de ses fioritures, déshabillée jusqu'au xylème, la poésie ici est brute, minérale. On retourne à l'essentiel : le mot. Sa valeur. Sa couleur. le poids de ses lettres sur la langue.
« Je ne fais pas que l'écrire, je le prononce également. Prononcer son prénom, CHRISTIAN, à chaque seconde. le scander encore CHRIS-TI-AN et encore CHRIS-TI-AN jusqu'à ce qu'il perde sa valeur (non) et sa signification (jamais) CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN.
Puis j'ai cherché des mots pouvant rimer avec son prénom mais rien qui ne me satisfasse. Soudainement, comme une évidence, un trésor caché sous mon nez mais invisible : JonathAN — ChristiAN. Nous rimons. Joie hallucinée s'emparant de mon coeur et de mon corps. »
Alicante ne raconte pas : il montre, il dessine, il filme. Organiques à l'extrême, ses lignes sentent la mer, le sperme et cette chaleur inouïe, celle du ciel en feu, celle des corps qui se percutent, entre désir et amour – y a-t-il une différence ? Quelle importance après tout… – celle du brasier qui couve dans la poitrine de Jonathan. Elles portent la couleur dorée de Christian.
« L'alcool a endormi sa tête qui sommeille entre mes cuisses. Elle semble morte. Ses paupières qui tirent sur le violet couvrent le ciel bleu que son regard propage partout habituellement. À un moment, je cède et deviens hérétique. Je commets un sacrilège, je touche l'idole et passe une de mes mains dans ses cheveux d'or. Ils s'accrochent à elles et sont gluants comme du sperme frais. »
De la fulgurance du plaisir aux affres sans fin du manque, de l'acédie de l'obsession qui creuse les entrailles à l'ivresse extatique des retrouvailles, l'auteur dissèque les sentiments sous scialytique, coups de scalpel lyriques sur le corps de Jonathan, un corps en déroute, qui ne vit, ne pense, ne respire plus que pour lui, Christian, son Christ, son étoile.
« Christian, écris-moi davantage. Je ne veux pas qu'on ait pitié de moi car je sais ma fatalité, je la sais et je la répéterai comme une formule usée d'avoir été trop dite : je suis de la race de ceux qu'on abandonne, qui attendent et meurent. »
Il est de ces livres que l'on a du mal à décrire tant il déflore un territoire encore vierge ; le garçon from L.A. est de ceux-là. le style, la construction, tout ici porte une patte unique et nouvelle. Portée par une plume d'un talent inouï, ce roman se lit comme on regarde défiler des diapositives, comme on avale gorgée après gorgée un vin plein de soleil. Impossible de lâcher cette oeuvre, cette histoire qui vous transporte, vous bouleverse, au point de pouvoir ébranler ce que vous croyiez être vos goûts en matière de lecture. La qualité extrême de l'écriture d'Alicante, tour à tour tranchante, vibrante, et sensible, se révèle dans toutes ses nuances au sein de ce tout premier roman qui en appelle beaucoup d'autres. Chaque mot est à sa place, chaque phrase est dénudée sous nos yeux, et j'ai appris une nouvelle définition du beau en écriture. Nul besoin de verbiage quand on maîtrise le verbe, l'auteur nous le démontre avec maestria.
Une oeuvre magistrale, à lire un soir de canicule.
Un coup de coeur.
Un coup au coeur.
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Christinelachaume
  03 juillet 2022

EPOUSTOUFLANT...
Moi qui aime être surprise , j'avoue que pour le coup j'ai été totalement subjuguée.. Un roman difficile à résumer!
Voici une écriture hors sentiers battus.
Elle est vive, incisive et nous entraîne sans que l'on ne s'en rende compte d'un " Fragment à l'autre" avec une rapidité époustouflante, chaque moment vécu est en direct... d'où ce désir de ne rien lâcher on veut tout savoir rapidement.
Une histoire d'amour sur fond de fin du monde... Un virus incontrôlable...
C'est sous cette vision sans horizon que se rencontrent Jonathan, jeune prof Français et Christian Californien aux yeux azurs , venu travailler en France..
Leur rencontre est comme naturelle, mais elle va devenir quasi obsessionnelle pour Jonathan ... La peur, l'attente, jonathan tremble à chaque départ de Christian, , il se meurt de son absence... mais son coeur éclate de bonheur dés que Christian revient!
je vous laisse découvrir cette histoire exceptionnelle , qui se déroule au son des sirènes hurlantes qu'on a l'impression d'entendre...
( Jonathan et Christian ,ça rime, comme dit Jonathan c'est de bon augure ...)
L'auteur a une force d'écriture incroyable, des descriptions sans fioritures, vibrantes, extraordinaires surprenantes qui nous essoufflent presque.. tellement cette écriture est persuasive ...
Un premier roman fort parsemé de belles références littéraires et cinématographiques qui ne peuvent que nous interpeller...
Un jeune auteur à suivre.
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ValDoSau
  21 mars 2022
Pour commencer, je souhaitais remercier les éditions Ex Æquo pour l'envoi de ce service presse. Maison d'éditions qui sait dénicher des auteurs "Extraordinaires" qui nous sortent de notre confort, de nos habitudes livresques. Des "Ovnis", un mot galvaudé pour les décrire, mais tellement différents du commun des mortels...
Bienvenue dans un autre monde, celui de Tadzio Alicante.
Nous débutons l'histoire en alternant des deux côtés de l'océan. C'est le "Schisme".
Nous avons Christian, beau blond lumineux aux yeux bleus, en Californie et Jonathan, le narrateur, se disant insignifiant, de taille moyenne, « des yeux bleus vert huître » en région Parisienne.
C'est l'apocalypse, une pandémie ravage le globe.
Travelling. Tout est décrit au travers de l'oeil du narrateur, qui se fait réalisateur derrière sa caméra. On suit les personnages dans leur vie, leurs pensées, leurs émotions, les rencontres, leurs amis, leurs amants... et la mort qui les entoure.
Une pincée de Kubrick, de Godard, et de World War Z (excusez-moi pour mes pauvres références cinématographiques, celles de Tadzio sont plus étoffées, je pense)
Mais, la littérature reste bien présente, et souvent servant de modèle; une maison qui fait penser à Bret Easton Ellis, un amant qui lit De La Bruyère et De La Fontaine, un livre de Thomas Mann posé sur une table de nuit (référence importante à la construction de l'intrigue), et bien d'autres encore.
Et Christian veut revenir à ses premières amours de jeunesse qu'est la France, pour l'instant peu impactée par le virus, et décide de prendre un poste d'assistant d'anglais au Lycée.
Alors, viennent la rencontre, la confrontation, l'apparition et "l'épiphanie";
C'est une évidence entre ces deux personnages, ils sont compatibles jusque dans la rime Jonath.an et Christi.an.
Le narrateur va se focaliser sur leurs échanges, sur le Je et le lui. Leurs corps fusionnent dès la première rencontre, la caméra filme en champ, contre-champ, Jonathan vit la scène et hors champ il visionne la scène.
Jonathan devient accro à Christian le solaire, le fataliste, son étoile, apprend de lui des premières fois, au cannabis, à la construction de flocons de neige en papier... Il ne peut plus s'en détacher.
Des allers-retours, une escapade, et toujours des références littéraires; des adorées, Phèdre, Eluard, Sagan, et d'autres détestées, Vautier qui dégouline de bonheur, mais le narrateur, lui, veut se réclamer du malheur.
Des attentions de Christian à son good boy, qui lui offre entre autre un Dostoïevski. Tout cette partie est consacrée à ces deux êtres interstellaires.
Et c'est la fin du monde, "Eschatologie". La mort de Venise de Thomas Mann prendra tout son sens...
Chez Tadzio Alicante, aucun sentiment frileux, tout est décrit sans fioriture, c'est cru, naturel, lyrique souvent, à la lisière de la philosophie, poétique et introspectif. Pas de demi-mesure, on adore ou on abhorre, et bien moi j'ai adoré, même si parfois, il a remis en question certaines de mes certitudes, sans toutefois me les faire renier, j'ai adhéré à l'histoire, à sa plume, à son originalité, à sa personnalité et à l'extra-terrestre littéraire qu'il est.
Pour une première fois, ce livre est une réussite, et l'auteur a, pour ce qui me concerne, un avenir plus que certain.
À découvrir absolument
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nanonoel
  22 mars 2022
J'ai ouvert ce roman avec à l'esprit les diverses paroles élogieuses que j'avais pu glaner ici et là. Notez que c'est toujours plus compliqué quand on sait que la plupart des lecteurs ont adoré ! ça me donne la désagréable sensation d'une pression supplémentaire, comme s'il fallait absolument que j'entre dans un moule ! Et j'ai su que cela allait se compliquer encore plus lorsque j'ai lu la première phrase. Une phrase au présent. Et les suivantes plutôt lapidaires. Et je rigole alors en moi-même… Quand je pense que la veille je discutais justement avec un autre auteur de cette forme de narration avec laquelle j'ai beaucoup de difficultés ! Lire ce roman allait donc être un calvaire ??
Heureusement, on en est loin ! le style unique est déstabilisant et les phrases courtes comme des couperets tranchent dans le vif d'un récit dépouillé. Là une scène qui prend tout son temps, là juste un instant fugace. Là-bas Christian, un jeune californien, ici Jonathan, un professeur français. Et tout à coup, le premier contact. Une simple rencontre pour l'un, une apparition presque divine pour l'autre. Des instants volés à la vie avec des peaux qui claquent pour crier au monde leur besoin. Besoin de vivre et besoin de l'autre jusqu'à l'obsession. le tout sur fond de pandémie, accompagné du parfum de la mort et du bruit des sirènes hurlantes…
J'ai trouvé ce récit assez glauque dans le fond et l'obsession de Jonathan plutôt malsaine. Une bulle fragile dans un monde chaotique et des sentiments poussés à l'extrême jusqu'à l'idolâtrie, offrent cependant un récit surprenant. le narrateur observe un temps, caméra sur l'épaule puis il devient acteur. Et comme un film tourné au ralenti, on ressent, on goûte, on voit. D'abord à travers l'oeil de la caméra puis à travers les iris de Jonathan qui n'ont de cesse de dévorer cet homme sur son piédestal.
Un plan large et soudain. Lumière ! Action !
Stop ! Arrêt sur image. Plan rapproché de corps qui s'ébattent, oublieux de la tragédie qui se joue comme un bruit de fond.
Travelling arrière. Plan large sur un amant qui prend toute sa place dans un esprit qui ne voit plus que lui. Lui et sa peau bronzée. Lui et ses mèches dorées. Un astre qui illumine la vie du narrateur de toute sa beauté. Mais un soleil qui brille trop puissamment n'est-il pas le signe inéluctable de la fin ?
Panoramique sur une relation de dépendance, entre retrouvailles et absences déchirantes. Entre délires et jouissance. Et toujours ce doute lancinant d'un futur qui pourrait bien s'assombrir. La fin d'un monde.
Le plateau s'obscurcit. La lumière s'éteint.
Vous l'aurez compris, un jeune auteur à suivre. du talent au bout de la plume, une prose nue et un univers empreint de poésie lyrique ; un style atypique réjouissant qui s'éloigne des codes pour mieux nous imprégner de sa saveur unique. Un récit hors norme comme un film à jamais gravé sur les rétines.
En revanche, si je dois lancer un appel, c'est celui de songer à écrire des romans qui soient faciles à chroniquer… trois jours que je me casse les dents dessus… parce qu'il ne faut pas trop en dire mais en dire un peu quand même ! Parce que ce roman est inhabituel et que c'est terriblement difficile à rendre. Et que… mince ! Vous n'avez qu'à le lire et puis c'est tout !!!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
pdoc1991pdoc1991   03 avril 2022
Un élément déclencheur, une épiphanie. Une manifestation littéralement, mais de quoi au juste? Une manifestation, la découverte de son envie d'écrire et de coucher l'existence humaine sur feuilles (cette dernière formulation n'est pas de moi il me semble, mais alors de qui ?), l'envie de la transcender. je crois qu'il a réveillé ce qui dormait en moi et dont je connaissais tout de même l'existence. Je veillais cela comme une mère veille son enfant assoupi les très chauds après-midi d'été, la certitude ancrée dans le ventre de la pluie et de ses promesses à venir.
Christian est mon épiphanie.
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GabrielKevlecGabrielKevlec   18 mars 2022
Je ne fais pas que l’écrire, je le prononce également. Prononcer son prénom, CHRISTIAN, à chaque seconde. Le scander encore CHRIS-TI-AN et encore CHRIS-TI-AN jusqu’à ce qu’il perde sa valeur (non) et sa signification (jamais) CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN CHRIS-TI-AN.
Puis j’ai cherché des mots pouvant rimer avec son prénom mais rien qui ne me satisfasse. Soudainement, comme une évidence, un trésor caché sous mon nez mais invisible : JonathAN — ChristiAN. Nous rimons. Joie hallucinée s’emparant de mon cœur et de mon corps.
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Sh4deDSh4deD   30 mai 2022
Fragment 37
[...] Le sommeil est un rêve inaccessible, impossible. Mon corps réclame un calmant qu'on appelle communément amant. Un amant-somnifère au goût d'anxiolytique, aux lèvres bleues de sérotinine.
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GabrielKevlecGabrielKevlec   18 mars 2022
Christian, écris-moi davantage. Je ne veux pas qu’on ait pitié de moi car je sais ma fatalité, je la sais et je la répéterai comme une formule usée d’avoir été trop dite : je suis de la race de ceux qu’on abandonne, qui attendent et meurent.
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