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EAN : 9782253132349
1024 pages
Le Livre de Poche (13/11/1996)
4.42/5   58 notes
Résumé :
«Pour la première fois depuis sept siècles, et à vrai dire pour la première fois dans le monde, l'œuvre entière de Dante, prose et vers, écrits Latins comme écrits italiens, est présentée en un seul volume : constamment comparée à elle-même, et expliquée de page en page sans en manquer une seule. Et parfois le traducteur, dans sa longue étude, a été amené à renouveler l'interprétation de la pensée de Dante, voire à proposer des leçons nouvelles, peut-être hardies, m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Critiquer Dante Aligheri est une gageure, mission impossible, l'oeuvre d'une prétention monstre.
Je ne m'y risquerai donc pas.
Néanmoins, quelques commentaires, points de détails, et avis sur d'autres avis donnés ici ou là.
Lire les oeuvres complètes du génie Toscan est déjà en soi une belle aventure, une belle chose à entreprendre une fois dans sa vie, comme un rappel de toute la culture disponible en ce temps là.
On ressasse ses oeuvres grecques et latines, les premiers romans chevaleresques, la poésie des troubadours, la liturgie, l'oeuvre des pères de l'Église ; on y est plus tant habitués !
Concernant la traduction, à défaut de lire assez l'italien, la Pléiade propose ici la première traduction des oeuvres intégrale par un même et unique traducteur, et pas n'importe qui, André Pézard, spécialiste internationalement reconnu de l'Aligheri.
Son parti pris est de traduire en français archaïsant, avec force mots médiévaux, techniques, inventés à partir de racines provencalo_latines. Cela demande il est vrai une petit temps d'habituation, une certaine connaissance du vocabulaire moyenâgeux, liturgique et mythologique, et des bases en italien, latin et grec aident certainement. Elle reste en tous cas plus lisible que ne le laisse penser certains avis d'ici !
On peut néanmoins opposer que l'italien de Dante est, pour un italien contemporain un peu cultivé, tout à fait accessible, ce qui n'est pas le cas de poètes "français" du même siècle, loin s'en faut. Une traduction littérale aurait donc sans doute été plus proche de français moderne, sans être du tout du "français de rue" sauvagement élagué et appauvri. Il y a donc un parti pris de Pézard de se placer dans ce qu'est cette édition, c'est à dire une édition érudite, de référence en langue française. le mieux reste de faire l'effort de retrouver l'italien et de lire dans le texte.
Notons aussi la qualité des notes (ce qui va de pair avec ce que je relevais plus haut sur la qualité de l'édition) et de l'appareil critique, notes qui servent surtout pour une lecture complète de Dante, pour l(étudiant mais aussi pour le simple amateur qui fer de lui même le tri de ce qui l'intéresse, ou pas...
Mes préférences, sans surprise, vont à la Vita Nova et à la Divine Comédie, surtout à l'Enfer où Dante distribue les bons et mauvais points ; le Purgatoire et le Paradis étant plus axés sur la liturgie, la vraie foi et la pauvre Italie qui se divise...
Enfin, faites vous votre idée par vous même !
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Lorsque j'étais jeune étudiante chercheuse sans le sou travaillant sur Dante, mes soeurs m'avait offert cette édition qui disposait d'un important appareil critique (et oui, éventuel jeune lecteur babelien "je te parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître", où internet était un pur fantasme inaccessible ce qui rendait les recherches bibliographiques longues, ardues, fastidieuses...).
Mais "la joie se changea vite en pleurs" : quelle déception! La traduction de Pézard était vieille, lourde, et surtout, elle transformait totalement l'esprit de la langue de Dante et son rythme ; cette langue se caractérise par sa fluidité, sa modernité, sa proximité avec l'italien contemporain, sa simplicité familière ; Pézard en a fait une langue archaïque, obscure et lourde, en lui donnant un vernis médiéval... totalement artificiel.
Choisissez plutôt la très bonne traduction de Jacqueline Risset chez GF, dans une édition bien moins chère et bilingue qui plus est!
Jugez plutôt :

Traduction d'André Pézard (La Pléiade) :

"Par moi va-t-on dans la cité dolente,
Par moi va-t-on dans l'éterne douleur,
Par moi va-t-on emmi la gent perdue.
Justice mut mon souverain auteur :
Ouvrage suis de divine puissance,
Et très haute sagesse et prime amour.
Nulle chose avant moi ne fut créée
Sinon éterne, et je dure éternelle.
Vous qui entrez, laissez toute espérance."

Traduction de Jacqueline Risset :

"Par moi on va dans la cité dolente,
par moi on va dans l'éternelle douleur,
par moi on va parmi la gent perdue.
Justice a mû mon sublime artisan,
puissance divine m'a faite,
et la haute sagesse et le premier amour.
Avant moi rien n'a jamais été créé
qui ne soit éternel, et moi je dure éternellement.
Vous qui entrez, laissez toute espérance."

L'original:

"Per me si va ne la città dolente,
per me si va ne l'etterno dolore,
per me si va tra la perduta gente.
Giustizia mosse il mio alto fattore:
fecemi la divina podestate,
la somma sapienza e 'l primo amore.
Dinanzi a me non fuor cose create
se non etterne, e io etterno duro.
Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate".

Inferno, Canto terzo
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Mont'e Prama



L'autre jour, au Mont'e Prama,
au milieu des adorateurs des nuits,
j'espèrais retrouver la Vénus
que j'avais vue à Macomer,
où elle était protégée par les boxeurs géants
contre les attaques des Cartaginois...
Hélas, aucun puits, aucun escalier
ne m'a mené sur les rives de l'Achéron
dans les fonds des nuraghes ;
nulle part je n'ai trouvé le moindre signe,
la moindre indication pour me rapprocher d'elle.
Un souffle du passé a murmuré
Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate …
puis il a ajouté:
'va dans la grande ville, suis les nouvelles voies du temps et tu la retrouveras'
Je l'ai écouté.
Et je l'ai retrouvée, Vénus,
coeur palpitant sous son armure de basalte,
désireuse du désir des boxeurs de grès...

et de mes rêves.


Peut-être quelques eclairsissements...
Nuraghes tours rondes en pierre bâties à partir du XVIII° siècle avant J.C. Il en reste un peu plus de 7 000 en Sardaigne; leur fonction n'est pas connue avec certitude: bâtiments religieux, militaires, réserves de grains...

Géants de Mont Prama statues de grès de 2 m à 2,50 m de hauteur et qui datent – probablement – du X° sièvle avant J.C.

La Vénus de Macomer petite statue (14 cm) trouvée près de Macomer; elle pourrait être âgée de 12 000 ans.

La Vénus et les géants sont dans le très beau musée archéologique de Cagliari, ils sont introduits pas les quatre prmiers vers de Tabaccheria de Alvaro de Campos (également connu sous le nom de Fernando P.)
Não sou nada.
Nunca serei nada.
Não posso querer ser nada.
À parte isso, tenho em mim todos os sonhos do mundo.
(Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne peux vouloir être rien.
À part ça, j'ai en moi tous les rêves du monde.)

La citation en Italien, bien sûr, Dante.

© Mermed
Lien : http://holophernes.over-blog..
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Face à un tel chef-d'oeuvre difficile de trouver quelque chose d'intelligent à dire ! On se sent tout petit mais tiré vers le haut, et c'est déjà pas mal. Pour ma part éblouissement total et impression d'être emportée, telle le narrateur, dans un autre monde. La lecture se déploie avec une aisance surprenante depuis les cercles infernaux jusqu'à la lumière insoutenable du Paradis et à l'explication finale : l'amour qui meut le monde. Un message simple mais intemporel. Mais il est parfois utile de l'accompagner de commentaires qui éclairent un sens et des allusions inaccessibles à notre époque. Je recommande l'édition bilingue de J. Risset. Sans être italophone, j'ai pris plaisir à découvrir le texte original si beau et si mélodieux.
On ne se lasse pas du sublime !!!
Quand on arrive au Paradis avec Dante (dont la dimension très humaine aide beaucoup à entrer dans le récit), on lit ceci (et je n'ai pu m'empêcher d'y voir un signe d'espérance : notre paradis terrestre à nous est peut-être proche !)
"Comme des gens restés sous le masque
paraissent autres s'ils se dépouillent
de l'aspect d'emprunt qui les cachait,
ainsi les fleurs et les étincelles
se changèrent pour moi en plus grande fête…"
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Géniale traduction de Christian Bec, très au dessus des autres. (même de celle d'André Pézard)
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
O créature gracieuse et bénigne,
qui vas cherchant dans les pourpres ténèbres
nous autres dont le sang teignit la terre,

si nous étions en grâce au roi des cieux,
nous le prierons de t’accorder sa paix
pour la pitié que tu as de nos peines.

De tout ce qu’il vous plaît ouïr et dire
nous parlerons à vous et entendrons,
puisqu’en ce point le vent semble se taire.

Sur la marine où descend et s’apaise
le Po suivi d’un large train de fleuves
est assise la ville où je fus née ;

Amour qui tôt s’enflamme en gentil cœur
éprit cestui des beautés qui me furent
arrachées ; et sa force encor me blesse.

Amour qui onque à l’aimé ne fait grâce
d’aimer aussi, aux plaisances de lui
me prit si fort qu’encore n’en suis quitte.

Amour nous conduisit à même mort :
Caïne attend celui qui nous meurtrit »
Ce dit la voix qui pour les deux parlait.

Quand j’eus ouï ces âmes offensés,
tant longuement restai-je le front bas
qu’enfin mon maître dit : « Que songes-tu ? »

Quand me revint la voix : « Las ! » murmurai-je,
« combien de doux pensers, quel haut désir
mena ceux-ci au douloureux trépas ! »

Puis à eux me tournai, voulant répondre,
et commençai : « Françoise, tes martyres
me font triste à pleurer piteuses larmes.

Mais dis : en la saison des doux soupirs,
à quel signe et comment permit Amour
que connussiez vos incertains désirs ? »

Et elle à moi : « Il n’est plus grand douleur
que de se remembrer les jours heureux
dans la misère ; et ton docteur le sait.

Mais si tu as affection tant vive
à suivre notre amour dès la racine,
bien sais-je l’art de pleurer et de dire.

Ensemble, un jour, nous lisions par plaisance
de Lancelot, comme Amour l’étreignit :
seulets étions, et sans soupçons de nous.

A plusieurs coups nous fit lever les yeux
cette lecture et pâlir le visage ;
mais seul un point fut ce qui nous vainquit.

Quand la riante lèvre et désirée
vîmes baiser par un si preux amant,
cestui, dont il n’est sort qui me délie,

la bouche me baisa, tremblant d’angoisse.
Galehaut fut le livre et son trouvère :
et ce jour-là ne lûmes plus avant. »

Tandis que ce disait l’une des ombres,
l’autre pleurait ; si bien que de pitié
je pâmai, cuidant la mort sentir ;

et chus, comme corps mort à terre tombe.

(Paolo et Francesca, Enfer - chant V)
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Tout vrai amant désire par nature
faire son coeur à sa dame savoir ;
et par la vision que tu nous contes
c'est ce qu'Amour à toi voulut montrer,
en ce signal que, de ton coeur ardent,
avec humblesse il repaissait ta dame
qui longuement avait été dormante,
de cendral drapellée, hors de nos peines.
Allègre se montre Amour, venant
pour te donner ce que ton coeur souhaite
entreserrant deux courages ensemble ;
quand il connut l'amoureuse souffrance
dont il avait pris signe en cette dame,
il pleura, s'en allant, par pitié d'elle.
(Cino de Pistoie ou Terino de Castelfiorentino)
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Qu'Amour vous recommande
mon coeur servant, puisqu'il vous l'a donné
et qu'en regard Merci
de moi vous porte un brin la souvenance ;
car de votre valeur
avant que je me sois guère éloigné,
jà m'emplit et conforte
du revenir la souëve espérance.
Dieu, comme je ferais brève demeure
si je suivais mon gré !
car souvent la mémoire
me revire à chercher votre semblance.
Adonc en mon partir et séjourner,
ma gente dame, à vous je m'accommande.
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Alors, il répondit : Une conscience qui ressent
de la honte pour ce qu’elle est, ou pour ce que sont d’autres,
trouvera sans doute ton langage rude.
Mais néanmoins, bannissant tout mensonge,
rends manifeste tout ce que tu as vu ;
et tu n’as qu’à laisser gratter où est la gale.
Car si ton propos doit être désagréable
d’abord au goût, il se montrera ensuite,
une fois digéré, un aliment vital.
Ce cri de toi agira comme le vent,
qui frappe plus fort aux plus hauts sommets ;
et voilà qui est grandement honorable.
Paradis. Chant XVII
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et tous ceux de cette espèce sont les abominables méchants d'Italie qui tiennent pour vil ce précieux vulgaire, lequel s'il est vil en quelque chose ne l'est qu'en ceci, qu'il sonne dans la pute bouche de ces adultères ; sous la conduite desquels vont les aveugles que j'ai cités au premier chef d'accusation.
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Pour qualifier le pire de l'épouvante ou du macabre, on utilise souvent l'adjectif dantesque. Mais savez-vous d'où vient ce mot ?
« La divine comédie » de Dante, c'est à lire en poche chez GF.
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