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Critique de AlexLiernais


AlexLiernais
  17 avril 2012
Et voilà donc le petit troisième. J'ai donc lu ce mois "Eva Luna" de Isabel Allende. Première remarque : je l'ai mal lu ; par morceaux, sans véritable suivi, surtout au milieu, parfois quelque peu gris. de nouveau, chouette roman, mais qui ne peut atteindre "La maison aux esprits" et donc mes remarques devraient rejoindre "D'amour et d'ombre". Quelques mots sur l'histoire... Et puis non, je vais me laisser aller à la fainéantise de recopier la quatrième de couverture qui «excite» plus à la lecture qu'elle ne résume.
«Elle s'appelle Eva, qui veut dire vie, sa mère ayant voulu qu'elle y morde à belles dents ; Eva Luna, parce qu'elle fut conçue par un Indien de la tribu des Fils de la Lune piqué par un aspic, que sa mère arracha à l'agonie en lui faisant l'amour.» (Scène qui fait penser à la création du Garp d'Irving.) «Petite bonniche rebelle et émerveillée, écoutant aux portes et abreuvée de feuilletons radiophoniques, elle a le don d'inventer des histoires rocambolesques, improbables, renversantes, drôles et dramatiques comme la vie même, ce qui lui vaudra plus tard de sortir de la misère, de la servitude et de l'anonymat.
«Entre-temps, son destin aura croisé celui de dizaines de personnages plus hauts en couleur les uns que les autres -sa marraine, qui donnera le jour à un monstre à deux têtes, l'une blanche et l'autre noire ; grand-mère Elvira, qui couche dans son cercueil et sera sauvée par cette arche de fortune lors d'une inondation catastrophique ; la Madame, puissante maquerelle de la capitale, et Mimi, travesti promu star de la télévision nationale ; Huberto Naranjo, gosse de la rue qui grandira dans les maquis de la guérilla ; oncle Rupert et tante Burgel, aubergistes et fabricants de pendules à coucous dans un village danubien au coeur des montagnes tropicales ; leurs filles dodues à ravir et voluptueuses à souhait ; et un dictateur, un tortionnaire au gardénia à la boutonnière, un commerçant moyen-oriental au coeur tendre et aux caresses savantes, sa femme Zulema, vaincue par la fatigue de vivre, un gros journaliste sagace et épicurien, un ministre déféquant sur une chaise percée tendue de velours épiscopal...-, sans oublier Rolf en qui Eva reconnaîtra l'homme de sa vie, puisqu'à en vivre une, il faut bien concevoir que certaines histoires finissent bien.»
À noter qu'un des ressorts principaux de la narration consiste à raconter en parallèle (non systématique) la vie d'Eva et de Rolf, le lecteur se demandant : «Mais quand vont-ils bien pouvoir se rencontrer ?» L'énumération ci-dessus est quelque peu décevante dans la mesure où certains personnages y sont bien croqués du fait de leur brève apparition, tandis que d'autres, plus nuancés, se voient réduits à une caricature alors qu'ils apparaissent plus riches. Je pense notamment au marchand turc Riad Halabi et à son bec de lièvre, qui recueillera Eva.
Par ailleurs, si la dictature se trouve toujours là bien présente en arrière-plan, mais moins que dans le livre précédent, apparaît de nouveau une figure de militaire ambivalent, le général Tolomeo Rodriguez, qui tente de séduire Eva dans un restaurant chic (Eva à qui il plaît, mais auquel elle ne désirera pas céder), qui utilisera les persuasions de l'appareil de la dictature pour la contraindre, et qui l'avertira du danger que court le commandant Rogelio (Huberto Naranjo), lui proposant même de la faire incorporer dans l'armée. Voici comment se déroule leur dernier entretien, tout à la fin du livre (p.414) :

- Je me suis trompé sur vous, Eva. Pendant des mois, à bout de patience, j'ai espéré votre appel, mais je suis quelqu'un de très orgueilleux, et je tiens toujours parole. Je vous avais dit que je n'exercerais aucune pression sur vous, et je ne l'ai pas fait. Mais, aujourd'hui, je m'en mords les doigts.
- Vous faites allusion à Rolf Carlé ?
- Je suppose que c'est quelque chose qui ne durera pas ?
- Et moi, j'espère bien que c'est pour toujours.
- Rien n'est pour toujours, ma fille. Sauf la mort.
- J'essaie aussi de vivre la vie comme j'aimerais qu'elle soit... comme un roman.
- Vous ne me laissez donc aucun espoir ?
- Je crains bien que non. Ce qui ne m'empêche pas de vous dire merci pour votre galanterie, général Rodriguez.
Et, me haussant sur la pointe des pieds pour arriver au niveau de son visage martial, je lui plaquai un rapide baiser sur la joue.
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