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EAN : 9782253038047
540 pages
Le Livre de Poche (30/11/-1)
4.16/5   1855 notes
Résumé :
Une grande saga familiale dans une contrée qui ressemble à s'y méprendre au Chili. Entre les différentes générations, entre la branche des maîtres et celle des bâtards, entre le patriarche, les femmes de la maison, les domestiques, les paysans du domaine, se nouent et se dénouent des relations marquées par l'absolu de l'amour, la familiarité de la mort, la folie douce ou bestiale des uns et des autres, qui reflètent et résument les vicissitudes d'un pays passé en qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (155) Voir plus Ajouter une critique
4,16

sur 1855 notes
Ce livre est comme un torrent. Dès les premières phrases, tu es emporté par une verve torrentielle, un déchainement de mots, d'images, de couleurs, d'odeurs. Tu en prends plein la figure. On t'embarque sur une montagne russe ou tu passes brutalement d'un sentiment à un autre : franche hilarité, colère fulgurante, haine vive, amour passionné, ambition démesurée, folie de revanche, insouciance et gaieté des enfants, souffrance du coeur et du corps… le rythme est ébouriffant, tonitruant, et puis d'un seul coup, sans crier gare, il passe à la petite musique douce qui te serre le coeur, et à l'infini tristesse qui te fait pleurer. Ça n'arrête pas durant 530 pages.
Ce n'est pas une lecture de tout repos. À chaque fois que tu fermes le livre, tu as des étoiles plein les yeux, tu as le tournis, ou tu renifles, c'est selon ! Et pourtant, tu en redemandes, parce qu'une symphonie pareille, ce mélange de force, de vigueur, d'amour plein, de tendresse, d'incroyables loufoqueries, tu n'en rencontres pas beaucoup dans ta vie de lecteur…
On est dans un pays andin qui ressemble furieusement au Chili. « Plusieurs générations de toqués capables des pires extravagances » vont raconter son histoire durant les deux premiers tiers de ce XXème siècle furibond et sanguinaire. Ces légions de paysans presque esclaves et ces puissants hobereaux fiers et méprisants ; l'arrivée de la voiture et de l'électricité, les guerres et la libération des moeurs… le petit peuple misérable qui prend soudainement conscience de son nombre et de sa puissance, les terroristes de bistrot, les manoeuvres sournoises des grands propriétaires terriens, le train de la victoire, et au bout du compte l'élection d'un président de gauche reconnaissable grâce à ses grosses lunettes aux verres épais. Un pays qui se divise, qui se déteste, au bord de jours atroces. On connait la suite.
Je ne suis pas prêt d'oublier tous ces personnages haut en couleur qui croquent la vie à pleine dent. Clara ! La belle, la douce, l'ondoyante, la diaphane Clara. Clara l'extra lucide, un pied dans le monde des vivants, un autre dans celui des revenants. Esteban Trueba, avec sa grosse voix rugissante, sa canne au pommeau d'argent, son ambition démesuré, sa violence aveugle et son amour inconditionnel. Jaime le Saint, et l'autre Esteban, plein de fiel et fou de vengeance. D'autres encore que je ne cite pas. Une famille qui se déchire et finit par se haïr, à l'image de son pays.
Et pour finir Alba, l'aimante et héroïque Alba, unique survivante de cette famille de foldingues, qui prend le relais après avoir fermé leurs yeux, à toutes et tous.
Le livre commence et s'achève par ces mots : « Barrabas arriva dans la famille par voie maritime... »
Si tu ne l'as pas déjà lu, fais-le sans tarder ! le tourbillon est vertigineux, mais tu peux y aller sans crainte.
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Magnifique roman très bien écrit, avec une vraie et belle histoire.
Les personnages de temps à autre imaginaires, quelquefois très réalistes ne nous abandonnent plus et les suivre m'a été très agréable, tout comme ce voyage au Chili et la découverte de son Histoire.
Saga familiale à lire et à relire absolument.
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La Maison aux esprits serait presque un pléonasme pour certains. Parfois les maisons nous habitent, celle-ci m'a habité durant ces 540 pages... Et continue encore, lorsque j'y reviens, comme ce soir en vous écrivant cette chronique...
La Maison aux esprits fut cette première fois où je suis entré dans l'univers d'Isabel Allende. Son nom est déjà un étendard et aussi une douleur, celle d'un Chili ensanglanté par la dictature de Pinochet... La Maison des esprits est le premier roman de la nièce de l'ancien président du Chili, Salvador Allende, dont le gouvernement fut renversé par la junte militaire un certain 11 septembre 1973 ; il se suicida tandis que l'aviation des putschistes bombardait le palais de la Moneda dans lequel il était réfugié.
La Maison aux esprits, c'est bien une saga qui retrace la vie d'une famille des années 1920 aux années 1970. Entre ces deux périodes, c'est comme un immense pont reliant les traditions ancestrales rurales tenaces jusqu'aux bouleversements politiques et l'horreur des tyrannies modernes dont je viens de vous évoquer un épisode tragique.
Les années 1970 sont sans doute les pires années qu'est connu le Chili. L'auteure ne pouvait pas en faire l'impasse.
Si le nom du Chili n'est jamais explicitement évoqué dans les pages de ce roman, on le devine pour autant. Ce n'est pas un roman engagé, militant, du moins au premier abord...
Mais la tyrannie peut être aussi familiale. Cette famille, c'est la famille Trueba tenue d'une main de maître par son chef de clan Esteban Trueba, riche propriétaire parti de rien, tyran familial et sénateur musclé, tandis que sa femme Clara est hypersensible et dialogue volontiers avec les esprits. C'est un peu le mariage du lièvre et de la carpe...
Ici, nous voyageons entre féérie et cauchemar...
Nous faisons leur connaissance quand ils sont jeunes... Nous allons suivre leur itinéraire durant quatre générations.
C'est une fresque sentimentale, politique et sociale sur l'amour, la famille, la mort, les fantômes, les promenades, la révolution, la politique, l'idéal et le merveilleux...
Mais le personnage central est bien celui de Clara... Tout part d'elle, tout commence aux prémices de sa vie... Celle qui sait bouger les objets d'un seul regard, celle qui a le don pour lire l'avenir, m'a envoûté...
Autour d'eux et se promenant comme une farandole parmi les pages enchantées, c'est une foule de personnages, enfants légitimes ou non, employés, paysans.
Nous voyageons entre réalisme et imaginaire, tel est le parti pris de l'auteure, tel est le parti pris de certaines familles aussi. Ne vous imaginez pas qu'une famille d'Amérique du Sud, étalée sur quatre générations, est un long Amazone tranquille.
On reconnaît là l'esprit, - si j'ose m'exprimer ainsi, propre à une certaine littérature d'Amérique du Sud qui m'a souvent jeté de l'ivresse dans les yeux et le coeur : il y a quelque chose forcément qui rappelle ici l'univers onirique de Cent ans de solitude de ce cher Federico Garcia Marquez, où le fantastique est souvent à fleur de peau, pour ne pas dire qu'il s'invite parfois comme une trappe qui s'ouvre devant les pas des personnages...
Ici c'est un cri d'amour. C'est bien connu, les fantômes reviennent souvent sur les lieux de leur amour.
C'est un roman tissé d'amours impossibles, comme souvent dans la vie.
L'histoire de cette famille m'a transportée durant quatre générations, mais également ô combien bouleversée.
Ne vous effrayez pas, oui c'est un long roman, mais il y a une féérie qui vous tirera par la main et vous montrera des chemins improbables pour entrer dans le coeur de cette maison et la visiter presque dans ces moindres recoins.
Ici j'ai trouvé un souffle qui porte cette famille jusqu'aux dernières pages. Parfois, j'aimerais tant retrouver Clara...
Ce roman est un long et retentissant cri d'amour qui se perpétue comme un écho crié dans un grotte sans fond.
C'est une famille qui ressemble un peu à l'océan ; pour celles et ceux qui savent regarder la mer, cela vous parlera peut-être. Et encore je ne parle pas des vagues. Mais il y a des remous, des tangages, le ressac qui efface et recommence les gestes, efface les pas sur le sable. Regarder la mer, c'est aussi vivre un moment parfois magique...
La Maison aux esprits est une île tourmentée, prise d'assaut par les eaux.
Je suis ressorti de cette lecture, comme un lecteur enchanté, habité par des voix, transformé peut-être le temps d'une lecture.
À présent, je vous transmets les clefs de cette maison, c'est à votre tour de vous laisser habiter...
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Je vais commencer par remercier infiniment Gwen 21 et son équipe pour leur invitation à lire un titre d'Isabel Allende dans le challenge solidaire. Je ne connaissais absolument pas cette autrice, et j'ai eu grand plaisir à découvrir ce roman.

Curieux roman, à l'écriture originale, avec deux fils conducteurs : la famille del Valle dont les parents seront à l'origine de descendants nombreux, dont Clara qui mettra à son tour des descendants qui deviendront les héros, le temps venu, et Esteban Trueba, parti chercher fortune dans les mines d'or, heureux propriétaire d'un filon qui lui permettra de se lancer dans la vie. Il se marie à Clara, non sans une pointe de regret que je ne pourrais expliquer sans divulgâcher.

Un roman qui dévoile la situation d'un pays, en prenant garde de ne fournir aucun renseignement sur la période durant laquelle se déroule l'histoire, ni sur les noms des acteurs de la politique intérieure, pour laisser le soin au lecteur de les deviner, car les événements cités rappellent fortement l'actualité du Chili et la violence qui s'y est déployée.

Ce roman, je l'ai bu comme du petit lait, de lecture aisée malgré la longueur du récit, Isabel Allende a su moduler l'ambiance des chapitres : certains longs passages possèdent un fond humoristique qui rendent le récit léger et plaisant, d'autres laissent amer, en fonction des personnages qui interviennent et selon leur tempérament.

La narration peut paraître surprenante, tantôt à la troisième personne du singulier, tantôt à la première, on comprendra que le personnage narrateur qui emploie le « je » n'est autre qu'Esteban qui livre son histoire et son ressenti. La transition entre ces deux narrations survient souvent brutalement, de façon surprenante au début.

On découvrira les personnages grâce aux contrastes qu'offrent leurs portraits, les calmes et les coléreux, les mystiques et les matérialistes, les gens de droite ou les communistes, les fragiles et ceux qui foncent tête baissée, les charitables, les originaux…

Un roman riche en action que j'ai eu bien du mal à refermer, et après les terribles événements cités, un apaisement tant pour les protagonistes que pour la lectrice que je suis , même si cet apaisement, on le sait, a lieu dans un contexte dramatique. Un roman qui marque parce que le récit repose sur des faits réels.

Je le recommande vivement !

Challenge Multi-défis
Challenge pavé
challenge solidaire
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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Adolescente, j'ai fait la connaissance d'un Chilien qui m'apprit qu'il était exilé politique de son pays. Je me souviens bien de ma réaction du moment ; je ne comprenais pas bien comment on pouvait quitter son pays tout simplement parce qu'on n'avait pas les mêmes idées que le gouvernement en place. Un nom m'était resté en tête, un nom proféré comme on crache un venin : celui de Pinochet.

Isabel Allende est la nièce de Salvador Allende, premier président socialiste en Occident élu dans un état de droit. Allende devra faire face à une grave crise politique, financière et économique mais sera toujours soutenu par les masses populaires. En 1973, le coup d'Etat de Pinochet met fin à son mandat et met en place une cruelle dictature.

Sans jamais vraiment mettre de noms historiques sur les personnages ayant réellement existé, Isabel Allende retrace la vie d'une famille des années 1920 aux années 1970 en proie aux traditions ancestrales rurales tenaces, aux bouleversements politiques et aux affrontements fratricides qui en ont découlé.
Cette magistrale saga familiale repose bien sur l'évolution des relations entre les personnages et les événements politiques mais elle est aussi un retentissant cri d'amour et d'appel à l'humanité.
Le lecteur suit avec passion les remous amoureux et familiaux qui ne cessent de troubler les personnages diablement attachants. Et des personnages dignes d'intérêt, il y en a une flopée dans cette histoire et notamment le couple formant le socle familial : Clara la douce qui communique avec les esprits et son fougueux mari, Esteban Trueba, violent conservateur et patriarche d'une famille qui ne cessera de s'opposer à ses idées.

Ce roman ne se dévore pas ; il est comme un de ces interminables fleuves qui sillonnent le sud de l'Amérique, ample, riche d'une biodiversité sans pareille, majestueux et fier au milieu des paysages magnifiques qu'il traverse.
« La maison aux esprits » tourmente, certes, mais rappelle, à chaque instant, que dans la vie, il convient de prendre la mesure des choses et de prendre son temps.
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Citations et extraits (153) Voir plus Ajouter une citation

C’était une longue semaine de pénitence et de jeûne, on ne jouait pas aux cartes, on ne faisait pas de musique, qui eût incité à la luxure et à l’oubli, et l’on observait dans les limites du possible les plus grandes tristesses et chasteté, quoiqu’en ces jours précis l’aiguillon du démon tentât avec plus d’insistance que jamais la faible chair catholique. Le jeûne consistait en de mœlleux feuilletés, de savoureuses ratatouilles de légumes, des omelettes bien baveuses et de larges fromages rapportés de la campagne, avec lesquels les familles commémoraient la Passion du Seigneur, se gardant de toucher le moindre morceau de viande ou de poisson gras, sous peine d’excommunication, ainsi que le proclamait instamment le père Restrepo. Nul ne se serait hasardé à lui désobéir. Le prêtre était pourvu d’un long doigt dénonciateur pour désigner publiquement les pécheurs et d’une langue bien entraînée à susciter les remords.
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"… c’est pourquoi je vous prie de faire quelque chose pour ma petite fille avant qu’il ne soit trop tard, car cela fait des semaines que je ne dors plus, j’ai couru tous les bureaux, tous les ministères, toutes mes anciennes relations sans que personne ait rien pu pour moi, à présent ils ne veulent plus me recevoir, ils m’obligent à faire le pied de grue pendant des heures, moi qui ai rendu tant de services à tous ces gens, par pitié, Transito, demandez-moi ce que vous voulez, je suis encore riche, même si les choses ont été plus difficiles pour moi du temps du communisme (…) je ne veux pas vous faire perdre votre temps, l’important est que ma situation est bonne, mes affaires ont le vent en poupe, aussi suis-je en mesure de vous donner ce que vous demanderez, n’importe quoi, pourvu que vous retrouviez ma petite-fille Alba avant qu’un fou furieux ne se remette à m’envoyer d’autres doigts coupés ou n’ait l’idée de m’expédier des oreilles et ne finisse par me rendre cinglé ou par me tuer d’un infarctus, excusez-moi de me mettre dans un état pareil, mes mains tremblent, je suis à bout de nerfs…"
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Un jour le vieux Pedro Garcia raconta à Blanca et Pedro III l'histoire des poules qui s'étaient mises d'accord pour faire face au vilain renard qui s'introduisait chaque nuit dans le poulailler en vue de chaparder les œufs et de dévorer les petts poussins.
Les poules décrétèrent qu'elles en avaient assez de supporter la loi du renard, elles s'organisèrent pour l'attendre, et, quand il pénétra dans le poulailler, elle lui barrèrent la route, l'encerclèrent et lui tombèrent dessus à becs raccourcis, jusqu'à le laisser plus mort que vif.
" Et on vit alors le renard s'enfuir la queue basse, poursuivi par toutes les poules", conclut le vieillard.
Blanca s'esclaffa à ce récit et déclara que c'était impossible, car les poules naissent stupides et sans défense, et les renards rusés et forts, mais Pedro III ne rit point. Il resta songeur tout l'après-midi, à ruminer la fable des poules et du renard, et peut-être fut-ce à cet instant que l'enfant se mit à devenir un homme.
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Tránsito ouvrit les jambes, séparant les douces colonnes de ses cuisses d'un mouvement fortuit, comme pour changer de position. Mes lèvres se mirent à la parcourir, aspirant, titillant, pourléchant, tant et si bien que je finis par oublier le deuil et le poids des années, que le désir me revint avec sa fougue d'autrefois, et, sans relâcher caresses ni baisers, je me débarrassai en hâte de mes vêtements, tirant dessus comme un désespéré, constatant avec bonheur la vigueur de ma virilité dans l'instant même où je m'enfouissais au creux du tiède et miséricordieux animal qui s'offrait à moi, bercé par la voix d'oiseau enroué, enlacé par des bras de déesse, tangué et roulé par l'impulsion de ces hanches, jusqu'à perdre toute notion des choses et exploser de plaisir.
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Esteban acquiesça. Il s'agenouilla au chevet de sa mère et enfouit son visage dans sa main boursouflée, mais l'odeur le fit battre en retraite. Férula le prit par le bras et le conduisit hors de cette chambre de désolation. Une fois sorti, il inspira profondément, les narines encore pleines de l'odeur, et il sentit alors la rage, cette rage si familière monter en lui comme une vague brûlante, lui injecter les yeux, lui mettre des blasphèmes de boucanier à la bouche, rage de tout ce temps passé sans penser à vous, mère, rage de vous avoir abandonnée, de ne pas vous avoir assez aimée, assez choyée, rage de n'être qu'un misérable fils de pute, non, je vous demande pardon, mère, ce n'est pas ce que je voulais dire, et puis merde, vous êtes en train de mourir, toute vieille, et je ne peux rien y faire, pas même apaiser vos souffrances, pas même vous épargner cette pourriture, vous débarrasser de cette odeur à faire fuir un régiment, vous sortir de ce bouillon de mort où vous mitonnez à petit feu, maman.
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Vidéo de Isabel Allende
Film documentaire sur Isabel Allende - 2007 - en espagnol avec des sous-titres en anglais
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