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ISBN : 9791022608640
Éditeur : Métailié (21/03/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Deux ados sont étendus au milieu de la fête foraine, au pied de la grande roue. C’est l’aube. La bagarre a mal tourné, ils ont sorti les couteaux… Sous le ciel blanc et vide, les vies défilent, singulières et pareilles, et les mystérieux enchaînements qui ont mené au drame.
Pajarito Tamai et Marciano Miranda étaient pourtant amis. Tous deux fils de fabricants de briques, ils sont voisins, nés à quelques heures d’intervalle dans la même cli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  31 mars 2019
Deux familles, deux garçons , Pajarito Tamai et Marciano Miranda, voisins, amis d’une fois. Leurs pères, ennemis jurés, fabriquent des briques dans un bourg pauvre de l’Argentine du Nord. Almada dans ce troisième livre d'elle que je viens de lire, nous revient avec une histoire d'amour et de violence dans l'Argentine profonde, rembobinant le film du récit à l'envers.
Il s'ouvre sur les deux garçons ensanglantés, en fin de vie, gisant au petit matin sous la grande roue de la fête foraine du bourg. A partir de là on va apprendre leur histoire et la suivre jusqu'au dénouement final. Et c'est là que se déploie l'immense talent littéraire d'Almada. Mêlant la réalité au délire onirique des garçons vidés de leur sang, elle nous offre une chronique de l'Argentine rurale à travers un style aux mots précis et aux images puissantes, sur fond de paysage sec, épineux et plein de poussières. Y défile une galerie de personnages au sang chaud, dans une société de machos, où tout s'obtient par la force, tout se règle par la violence.
J'aime la prose de Selva Almada, que je vous invite à découvrir. Ces deux autres livres, “Après l'orage” et “Les jeunes mortes” sont aussi excellents.
Vive la littérature sud-américaine, rarement déçue !
“Sous la lumière blanche de l'aube, des taches sombres de boue et de sang....”

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viou1108
  21 mars 2019
Au pied de la grande roue, Pajarito et Marciano, 20 ans et quelque, sont étendus, agonisants. Au-dessus d'eux, le ciel est blanc, c'est l'aube. Le jour se lève sur une nuit au bout de laquelle les deux frères ennemis, après une énième et ultime provocation, se sont affrontés à couteaux tirés, au sens propre, eux qui jusque là ne se battaient qu'à mains nues. Dans les soubresauts hallucinés de leurs derniers instants, les flashs se bousculent derrière leurs paupières qui veulent se fermer, mêlant dans le chaos l'histoire de leurs vies et de celles de leurs pères respectifs. Marciano et Pajarito ont pourtant été amis pendant leur enfance. Même âge (à quelques heures près), même village, même quartier (à quelques mètres près), même école (assis l'un à côté de l'autre), ils étaient inséparables, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau en classe. Depuis lors, ils se livrent à une rivalité aussi acharnée que celle qui oppose leurs pères depuis toujours, sans que personne se rappelle exactement pourquoi. Leurs pères, justement, tous deux piliers de comptoir (comme tous les hommes du coin), tous deux briquetiers, l'un par héritage familial, l'autre par hasard et sans enthousiasme, l'un aimant son fils, l'autre le détestant (et le lui faisant comprendre à coups de ceinture) parce qu'il lui ressemble trop, l'un qui finira assassiné et l'autre qui s'en ira comme il est arrivé, juste parce qu'il en avait marre ou envie. Dans ce trou perdu du Chaco argentin écrasé par la chaleur, leurs fils auront du mal à résister à l'atavisme ambiant. Parce que dans ce pays machiste, il est obligatoire d'endosser le rôle du mâle dominant (ou de faire partie de sa meute hurlante), il faut savoir s'imposer, se battre comme un homme, un vrai, dompter les femmes, si nécessaire en les tabassant ou en les violant. Un pas hors de ce rang-là et il vous en coûtera. C'est ainsi que pour Marciano et Pajarito, la grande roue du destin s'est arrêté de tourner. Tout ça pour ça. Comme le dit l'inspecteur chargé d'enquêter sur la bagarre : "Quel gâchis, putain !"Cet ultime combat est donc l'épilogue dramatique d'une histoire de violence presque ordinaire, d'une lutte d'ego à la fois noble et stupide. Lorsque les esprits sont échauffés par la brutalité, l'alcool, la drogue, le sexe (l'amour aussi, un peu, quand même) et la convoitise, cela ne peut que se terminer en tragédie. Et comme dans "Après l'orage", avec une trame et un style épurés, Selva Almada fait de cette triste histoire un roman cinématographique, âpre et incisif, redoutable d'efficacité.
En partenariat avec les Editions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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traversay
  21 juin 2019
La littérature contemporaine argentine au féminin se porte très bien et affiche une diversité de talents que bien des pays pourraient lui envier. Lucia Puenzo, Elsa Osorio, Samanta Schweblin, Eugenia Almeida et Claudia Pineiro en sont quelques unes des figures marquantes, sans oublier Selva Almada, dont on a déjà pu lire Après l'orage et Les jeunes mortes. S'il ne nous parvient qu'aujourd'hui, Sous la grande roue a été publié en Argentine entre les deux livres précités sous le titre Ladrilleros (briquetiers) qui fait allusion au métier des deux pères des jeunes "héros" du roman. Sous la grande roue commence comme une tragédie grecque ou encore un western, avec deux garçons qui gisent au beau milieu d'une fête foraine, se vidant peu à peu de leur sang. le style très visuel de la romancière, et souvent crue, accompagne alors une batterie de flashbacks, dans un savant désordre chronologique, afin de remonter aux sources du drame. L'action de l'ouvrage se situe dans la province d'Entre Rios, au nord de Buenos Aires et à l'ouest de l'Uruguay, sur une terre aride où chaleur et alcool exacerbent les animosités et les rancoeurs. Sous la grande roue est une histoire de violence et d'hérédité plus ou moins consciente et surtout de machisme, où l'on se bagarre souvent pour montrer aux autres et à soi-même que l'on est un homme, un vrai. La plume de Selva Almada est aiguisée et clinique, il y manque peut-être un semblant d'émotion et d'empathie pour ses personnages, voire d'humour, pour que l'on soit entièrement conquis. Mais elle ne dépare dans la constellation des autrices argentines et mérite que l'on suive attentivement la suite de sa production (elle a 46 ans).
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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yv1
  23 avril 2019
J'ai lu la première fois Selva Almada dans son récit sur les féminicides argentins : Les jeunes mortes. Un livre glaçant. Elle revient au roman avec Sous la grande roue. Un roman dur et âpre. La construction déroute un peu au départ, puis dès que le pli est pris et qu'on se repère bien dans les familles, impossible d'en sortir. Sur fond de misère, de galère dans les campagnes argentines, elle bâtit une tragédie dans laquelle les hommes sont comme prédestinés à payer et reproduire les actes de leurs pères. Car ce sont bien les hommes qui apportent et transmettent la violence et la haine, les femmes doivent se contenter d'élever les enfants, de faire tourner la maison lorsqu'elles ne sont pas obligées de travailler pour que leurs maris puissent sortir et aller boire avec leurs copains. Elles sont effacées et subissent le poids des traditions machistes et leurs enfants en pâtissent autant qu'elles, même si les garçons auront la chance (?) de vivre comme leurs pères.
L'ambiance est brûlante, le soleil tape fort, attise les passions. L'environnement est pauvre, la région aride. Tout cela mène doucement mais sûrement vers la tragédie, les esprits sont chauffés à blanc. Selva Almada décrit cela admirablement, on visualise très bien les scènes, le décor, même les silhouettes et attitudes de ses personnages. Une écriture simple et directe qui ne s'embarrasse pas d'effets, qui va coeur des hommes et des femmes de son histoire. On pourrait y voir un scénario de cinéma tant les images sont nombreuses, un film noir, tragique avec des gueules, des acteurs burinés, des actrices qui rêvent d'une belle vie avant de se confronter à la dure réalité. du cinéma réaliste.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   27 juin 2019
L’autrice argentine nous offre de très beaux passages empreints de réalisme magique quand, à l’article de la mort, les deux jeunes divaguent, passant en revue leur courte vie où leurs pères refont surface.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   14 juin 2019
Dans son troisième livre traduit en français, la romancière Selva Almada dissèque les pulsions violentes de deux jeunes ruraux argentins.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   06 mai 2019
Sous la grande roue est un roman du Sud, c’est-à-dire du Nord, puisqu’on est en Argentine ; un western latino-américain où les personnages, comme il se doit, sont prisonniers de leurs destins.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   06 mai 2019
Un western latino-américain où les personnages, comme il se doit, sont prisonniers de leurs destins.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   19 juin 2019
Les Tamai s’étaient mariés très jeunes, alors qu’ils attendaient déjà leur premier enfant. Avant de dire oui au prêtre, Celina avait dit oui à son fiancé, à l’urgence de ses baisers qui laissaient sur son cou et ses épaules plein de petites marques violacées. Et c’était aussi une manière d’envoyer balader son père, qui s’opposait à leur relation.
Leur première fois a été désagréable et douloureuse, loin des romans à l’eau de rose de Corín Tellado qui alimentaient ses rêves d’adolescente. C’était en plein bal, sur la piste du Hongrois. Au moment où le disc-jockey a cessé de mettre des chansons à la mode pour passer des milongas et des chamamés afin de réveiller les couples plus âgés, les mères et les vieilles tantes qui jouaient les chaperons, juste avant le groupe qui devait jouer ce soir-là.
Soudain, Tamai a pris Celina par le bras et il l’a emmenée dehors. Ils sont sortis dans la nuit chaude et se sont faufilés entre les voitures garées là. Furtivement, elle a vu des bras et des jambes s’agiter dans des voitures, flous, derrière des vitres embuées : des jeunes filles privilégiées, qui avaient au moins un espace privé pour se donner.
Ils ont gagné un endroit où il y avait quelques arbres et Tamai l’a collée contre un tronc. Elle a senti l’écorce âpre râper son dos, que sa petite robe à bretelles laissait dénudé. Dans une main, elle serrait sa culotte ; elle a mordu son autre main pour ne pas crier quand il s’est retrouvé entièrement en elle.
Quand ils eurent terminé, elle a remis ses vêtements, troublée. Lui, haletant, s’est adossé à l’arbre, a allumé une cigarette, l’a attirée à lui, puis il l’a embrassée sur le front avant de murmurer :
– Quand on fait ça debout, on ne risque pas de tomber enceinte.
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viou1108viou1108   19 mars 2019
Maintenant, il est tout en bas, ça bourdonne dans sa tête et le ciel est si blanc qu'on a mal rien qu'à le regarder. Ce n'est qu'une lumière aveuglante, comme dans les films de science-fiction qu'il allait voir avec ses potes, aux matinées du cinéma Cervantès. Il est fatigué. Trop de fête, pense-t-il. Allez, bouge-toi, secoue-toi donc un peu. Il veut fermer les yeux pour voir si sa tête va cesser de tourner. Il commence à baisser les paupières mais, soudain, il comprend ce qui est en train de se passer alors il les ouvre autant qu'il peut, il déploie des efforts surhumains pour garder ses yeux ouverts car il a enfin pigé, il est en train de crever.
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Video de Selva Almada (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Selva Almada
Salon du Livre dans le stand des Outre-Mer ? 23/03/2014 .Julien Delmaire revient sur l'actualité littéraire des Outre-Mer. Les invités : Selva Almada & Laura Alcoba. Retrouvez Tropismes tous les dimanches à 11h00 sur @FranceOtv et les chroniques sur Culture Box, 'Nous Laminaires' http://bit.ly/16dDg5M.
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